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samedi 25 avril 2015

Pourquoi ne pas confier les clefs de la Justice à des industriels ?

Le quartier japonais de Grenoble est injustement méconnu.
Pourtant, les numéros pairs de la rue Pierre Semard abritent un immense bâtiment digne de Tokyo.
À l'instar des bureaux nippons, beaucoup de fenêtres de ce building sont plaisamment décorées par des piles de papiers et de dossiers que le passant peut admirer à loisir. Ce spectacle de feuilles prenant nonchalamment le soleil de fin d'après-midi serait pittoresque s'il n'était financé par nos impôts.

En effet, ce splendide édifice de verre et de béton n'est autre que le Palais de Justice de la capitale des Alpes et la paperasse visible au dehors un petit échantillon des procédures en cours.
À l'heure où nous gérons notre compte en banque en ligne, où la prise en charge par l'assurance de la réparation d'une voiture gravement accidentée ne requiert ni formulaire, ni signature et où même le percepteur tient boutique sur internet, la basoche reste désespérément accro à la cellulose.

Malgré les reflets, les dossiers apparaissent derrière les fenêtres du Palais de Justice de Grenoble
Cette déforestation pénale ne serait qu'un péché véniel si elle n'était le symbole d'une justice de la vie courante totalement enlisée.
Un litige de permis de construire ou les conflits entre locataires et propriétaires mettent plusieurs mois, voire années, à être tranchés.
Quant aux procédures de divorce, elles laissent largement le temps aux futurs ex-conjoints de recomposer plusieurs fois leurs cellules familiales.

Magistrats et, parfois même, avocats se disent totalement débordés.
Or, paradoxalement, ils ne consacrent à chacun de ces dossiers que quelques heures à quelques jours cumulés de travail.

L'on retrouve ici un phénomène connu et analysé dans l'industrie depuis la seconde guerre mondiale. Les organisations peu efficientes ont généralement un "temps de traversée" très notablement supérieur au "temps ouvré".

Les piles de papier derrière les fenêtres du Palais de Justice de Grenoble
Le temps de traversée est la durée que met un objet - matériel ou immatériel - à être traité par un système.
Par exemple, dans une usine produisant des pièces en plastique, le temps de traversée sépare le moment où la matière première est livrée de celui où les produits finis sont expédiés.

Le temps ouvré est la somme des temps où de la valeur a été ajoutée à l'objet.
Dans notre illustration, le temps ouvré regroupe la fabrication sur une presse à injection, l'emballage, l'étiquetage, les différentes manutentions ainsi que les contrôles indispensables.

La différence entre temps de traversée et temps ouvré est constituée de périodes où la valeur de l'objet ne progresse pas, voire régresse : attentes, réparations et reprises, actions mal synchronisées car trop précoces ou trop tardives ou encore documentations et contrôles inutiles.

L'école de pensée dite du “lean manufacturing” - littéralement fabrication maigre, à ne pas confondre avec la production d'aliments “light” - se propose d'améliorer l'organisation des ateliers et, plus généralement, des entreprises.
Elle s'inspire des méthodes de production de Toyota, elles-mêmes mêmes hérités des pratiques mises au point au USA dans les années 1940 pour produire massivement des armements.

Le lean manufacturing consiste à repenser toute l'organisation pour une plus grande productivité, notamment en se donnant pour objectif de rendre le temps de traversée proche du temps ouvré.
De tels résultats s'obtiennent en repensant et en restructurant du sol au plafond toutes les opérations et non en accroissant les cadences de travail.
Ces dernières années, des magasins d'optique qui proposent de réaliser vos lunettes en 1 heure chrono ont popularisé auprès du grand public ces démarches jusqu'alors cantonnées aux ateliers, mais aussi aux bureaux, de l'industrie.

Une vraie réforme ambitieuse de la Justice menée par un ministre courageux et compétent cesserait de bricoler pour la énième fois l'arsenal pénal et de réclamer, en vain, une hausse budgétaire conséquente.
Au contraire, elle consisterait à mener une analyse lean fouillée des processus judiciaires et de s'acharner à rétrécir les temps de traversée. Quitte, si besoin, à se confronter aux conservatismes et corporatismes ambiants.

Il n'y a aucune raison qu'une séparation matrimoniale ou un conflit du travail ne puissent être jugés en une à deux semaines grand maximum, tout en respectant la loi et les droits de la défense.
Ce faisant, outre un bien meilleur service pour les citoyens et une dépense rationnelle d'argent public, les acteurs judiciaires, magistrats et avocats en tête, gagneraient aussi en sérénité et en reconnaissance publique.

Leaniquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique japonaise “Tiens, voilà du muda !” ainsi que d'autres billets évoquant le lean manufacturing.
- Les 2 photos ont été prises par l'auteur le 20 avril 2015 aux alentours de 17 heures, devant le Palais de Justice, rue Pierre Semard à Grenoble.

lundi 9 juin 2014

Faut-il remplir les prisons pour réduire la délinquance ?

L'examen parlementaire de la nouvelle loi pénale dite Taubira a ravivé le sempiternel débat entre les tenants de la répression et les supporters de l’humanisme.
Goûtant toujours aussi peu les dogmes et fidèles aux habitudes de ce blog, j’ai cherché à départager les deux camps grâce aux statistiques et aux comparaisons avec nos voisins européens.

En quelques clics, l'excellent site de la communauté européenne Eurostat fournit deux séries de données, le nombre de personnes incarcérées par pays ainsi que la quantité d’infractions déclarées annuellement aux forces de police.
En divisant ces chiffres par la population de chaque état, on peut comparer des politiques judiciaires et carcérales très diverses.

En Europe, en permanence, 1 personne sur 700 dort en prison, soit grosso modo un total de 800 000 taulards, l’analogue de Marseille, d’Amsterdam ou d’un petit Turin.

La France se situe nettement en dessous de la moyenne avec un ratio de 1/1 000, soit environ 65 000 détenus, l’équivalent de Troyes, Valence, Mérignac ou Levallois-Perret.
Belgique, Grèce, Italie, Portugal et Croatie font sensiblement aussi bien que la patrie des droits de l’homme.
Allemands et hollandais mettent en taule 20% moins souvent.

Slovènes et finlandais sont nettement moins répressifs. À Helsinki ou à Ljubljana, on n’enferme qu’une personne pour 1 700 habitants.

À l'inverse, Royaume-Uni, Espagne et Roumanie coffrent 1.5 plus fréquemment qu'en France.
La palme du bouclage est détenue par les baltes. En Lettonie et Lituanie, pourtant peu réputées pour leur ensoleillement, 1 habitant sur 300 est autoritairement mis à l'ombre.

Mesurer la délinquance est beaucoup plus compliqué que de compter les types retenus derrière des barreaux.
Grosso modo, deux méthodes existent pour évaluer la criminalité.

La première, que les spécialistes baptisent plaisamment enquêtes de victimation, consiste à demander à un échantillon, que l’on espère représentatif de la population, si on lui a fait du mal récemment.
Ce type d’analyse possède les avantages, mais surtout les défauts, des sondages d'opinion.
Seules les déclarations des personnes qui répondent sont prises en compte, sans possibilité de recouper leurs dires. Les biais sont nombreux et dans tous les sens possibles.
De surcroît, ces questionnaires ne concernent qu’un nombre limité de pays, avec des méthodologies variées, ce qui rend les comparaisons illusoires.

La seconde manière de procéder est de dénombrer les déclarations officielles déposées par les victimes supposées auprès des services de police.
Là encore, les biais sont légion.
La confiance dans la police, sa probité et son efficacité varie grandement en Europe.
De surcroît, les incitations à porter plainte sont très diverses. Par exemple, le signalement des cambriolages à la maréchaussée dépend de la couverture d’assurance et de l’exigence ou non par les compagnies d’un papier officiel pour procéder à l’indemnisation.
Malgré tous ses défauts, le taux d’infractions déclarées par habitant est le seul indicateur statistique réellement international.

Annuellement, les européens indiquent à la police de l’ordre de 30 millions d’infractions, près de 2.5 fois la quantité de voitures neuves immatriculées.
Autrement dit, une personne sur 20 se rend chaque année dans un commissariat pour porter plainte, soit un ratio de 50 faits délictueux déclarés pour 1 000 habitants.
L’entourage familial, amical et professionnel de chacun d'entre nous comprend, en moyenne, entre 100 et 300 personnes. Aussi, trimestriellement, voire mensuellement, nous connaissons personnellement quelqu'un ayant contacté les forces de l’ordre pour un dommage ou une agression.
Cette fréquence relationnelle nourrit le sentiment d’insécurité.

Dans ce domaine, la France, à l’instar de l’Italie, du Portugal, de l’Espagne ou de la Hongrie, se situe juste sur la moyenne européenne.
Anglais et allemands se rendent plus souvent chez les pandores, avec des taux respectivement de 65 et 75 plaintes pour 1 000 têtes de pipe.

La Suède est championne d’Europe de la plainte avec 150 déclarations pour 1 000 habitants. Chaque année, les collègues du commissaire Wallander reçoivent un citoyen sur 7. Pas étonnant qu’ils apparaissent légèrement neurasthéniques dans les romans policiers.

À l’autre extrémité de l'échelle, les policiers grecs, bulgares, roumains et baltes ne sont que modérément interpellés par leur population. À peu près une personne sur 50 seulement consent chaque année à leur donner du travail.

En croisant les statistiques européennes de prisonniers et d’infractions déclarées, on obtient une vue d’ensemble passablement hétérogène.

Comparaison européenne des ratios pour 1 000 habitants de prisonniers et d'infractions déclarées à la police (chiffres Eurostat 2012)
[Cliquer sur l'image pour l'agrandir]
Sans lunettes, le nuage de points donne l’impression que beaucoup coffrer diminue les plaintes.
Toutefois, à y regarder de plus près, les exceptions pullulent.
Suède et Norvège ont le même taux d’incarcération, alors que les plaintes y varient d’un facteur 3.
Autre exemple, on emprisonne 3 fois plus en Lituanie qu'en Grèce avec un ratio similaire d'infraction déclarées.

Avec des chiffres aussi peu probants et autant sujets à caution, les discussions enflammées sur le degré nécessaire de répression pénale ne vont pas se tarir de sitôt.
Peut-être s'agit-il d’un sujet trop passionnel pour que nous l'abordions sereinement ...

Sarkotaubiriquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
. Quand sondage rime avec bidonnage
. Pauvre Claude G. !

- Les valeurs présentées dans cette chronique proviennent des chiffres 2012 d'Eurostat. Les ratios ont été arrondis pour faciliter leur compréhension.

- Les pays européens sont nommés sur le graphique par leurs codes ISO.

dimanche 27 avril 2014

Comment politiques et institutions pourraient sortir de leur discrédit ?

Politiques, syndicalistes et, dans une moindre mesure, appareil judiciaire souffrent d'un discrédit exacerbé par les bouleversements technologiques et sociétaux induits par l'informatique et les télécommunications.

Les digital natives - les homo sapiens informaticus - sont désormais des adultes accomplis. Les plus vieux d'entre eux ont de 25 à 30 ans et commencent à avoir des enfants.
Dans moins de 10 ans, cette génération aura définitivement transformé notre présent et sera aux manettes ou, plus exactement, sera les manettes.
Les manière de vivre, de travailler et d'appréhender le monde de ces défricheurs sont contagieuses et irriguent l'ensemble de notre société.

Le rapport à l'espace-temps se modifie sous nos yeux.
"Partout et maintenant" est la nouvelle devise. Nous entrons dans un monde compact, rapide, mouvant.
À titre d'exemple, je rédige ce billet à Tunis, à l'aide de deux applications hébergées dans deux clouds différents, bien calé dans un canapé où une télévision diffusée par internet transmet une série américaine doublée en français et un match de football au Qatar avec des joueurs japonais et allemands.

Parallèlement, les intermédiaires traditionnels sont soumis à rude épreuve.
Tous ceux que leurs connaissances ou leurs statuts transformaient en points de passage obligés, sont systématiquement remis en cause. Des places de marché et des agoras numériques, interconnectées et de tailles très variées, les supplantent.
Ainsi, vous lisez ces lignes parce que je les ai publiées sur un de ces nombreux forums. Ni vous, ni moi n'avons eu besoin des services d'un éditeur ou d'une rédaction pour être mis en contact.

Agences de voyage, marchands de musique, journaux ont été, depuis de nombreuses années, les premiers sur la ligne de front.
Désormais, plus un seul intermédiaire n'est à l'abri.
Les technologies numériques permettent de contourner aisément les réglementations et les monopoles enserrés dans les frontières des vieilles nations.
Les taxis parisiens en font l'amère expérience. Une société localisée au Luxembourg, en Irlande, voire en Papouasie Nouvelle Guinée, peut, sans difficulté majeure, géolocaliser et vendre des prestations de transport dans l'antique Lutèce.
Ne pas savoir où sont stockées et comment sont distribuées mes humeurs mondialisées n'est pas un obstacle pour les lire ou les écrire.

Politiques, syndicalistes et juristes, au sens large de ces termes, sont des intermédiaires ancestraux qui commencent à sentir le vent des boulets.
Les digital natives ne toléreront plus très longtemps des pratiques et méthodes forgées aux XVIIIème et XIXème siècles.
Les manières de fonctionner de nos élus ainsi que de nos juges et avocats ne sont plus adaptées à notre époque. Sans réforme d'envergure, ils connaîtront sous peu le sort funeste des disquaires et des libraires.

Pour se transformer, ils doivent, tout d'abord, nettement accélérer.
Que des décisions concernant un divorce ou un permis de construire soient engluées plusieurs mois, alors qu'elles nécessitent un travail juridique cumulé de quelques heures, n'est plus acceptable.
De même, indépendamment de l'approbation ou des critiques qu'il suscite, le "pacte de responsabilité" annoncé par François Hollande 4 mois en arrière n'est toujours pas concrétisé par une seule mesure effectivement en application.
Ce train de sénateur n'est pas celui du web. Politique et justice ne sont pas assez lean et agiles.

L'espace embrassé par le politique est trop petit pour être vraiment utile.
Malgré les crispations populistes très fortes - qui sont un symptôme et en aucun cas une solution - la nation traditionnelle n'est plus un cadre adapté au monde interconnecté.
Entreprises, consommation, travail et loisirs sont devenus transnationaux. Par contre, nos cadres de régulation n'ont pas suivi le mouvement.

Politiciens et syndicalistes manquent aussi d'efficacité.
Leur mission devrait être de penser les changements en cours afin de les rendre intelligibles et d'en atténuer les effets néfastes.
Pour ce faire, l'anticipation est, de loin, plus importante que la conservation de l'existant.
Les élus de tous bords peinant de plus en plus dans cette activité, leurs émoluments, privilèges et faiblesses deviennent intolérables.
La classe politique actuelle n'est probablement pas plus malhonnête que du temps de Stavisky ou des ventes de légions d'honneur. Par contre, sa légitimité qui découle de sa performance en berne, fond à vue d'œil.

Nos institutions n'ont guère besoin d'un surcroît d'éthique mais surtout de reprendre la main sur les enjeux et les mutations de la troisième révolution industrielle.
Si les pouvoirs publics ne réussissent pas cette transformation, je suis prêt à parier que les digital natives feront très vite émerger des substituts privés, numériques et, peut-être même, a-nationaux.
De la crowd politics en quelque sorte ...

Agilopolitiquement votre

Références et compléments
- N'étant pas à un paradoxe près, je remercie la sénatrice Nathalie Goulet pour avoir suggéré le thème de cette chronique.

dimanche 20 avril 2014

Politiciens, fonctionnaires, 2 poids, 2 mesures

Au hasard de mes pérégrinations sur le web, j'ai visité une page de l'excellent site Service-Public.fr intitulée "Quelles sont les conditions d'accès à la fonction publique ?".

J'y ai appris que pour devenir fonctionnaire en France, il est nécessaire, entre autres exigences, de ne pas avoir fait l'objet de condamnations inscrites au bulletin numéro 2 du casier judiciaire.
Autrement dit, pour pouvoir enseigner la métallurgie dans un lycée technique, mieux vaut ne jamais avoir fait de tôle.

Sensiblement dans le même temps, les gazettes nous apprenaient que Jean-Christophe Cambadélis, jusqu'alors député sériel de Paris, remplaçait à la direction du parti socialiste un apparatchik nommé Désir, promu au gouvernement pour avoir conduit son mouvement à une déculottée en règle aux dernières élections.

Une rapide lecture de la biographie du nouveau numéro 1 socialiste sur Wikipedia nous indique que cet élu répétitif a été condamné, en 2000, à 5 mois de prison avec sursis et 100 000 francs d'amende puis, en 2006, à 6 mois de prison avec sursis et 20 000 € d'amende pour des faits de recel d'abus de biens sociaux et de confiance.
Pour les très rares lecteurs de ce blog peu férus de droit français, je tiens à préciser que ce type de condamnation figure, tel le nez au milieu de la figure, sur le bulletin numéro 2 du casier judiciaire.

La France est ce merveilleux pays millénaire où un repris de justice n'a pas le droit d'entretenir les parcs et jardins d'une municipalité ou encore d'éteindre un incendie mais peut, sans entrave et sans états d'âme, représenter le peuple dans les plus hautes instances de l'état.

Exaspériquement votre

samedi 14 décembre 2013

Les fumeurs vont payer la pénalisation des clients de la prostitution

Le récent vote par l'assemblée nationale d'une proposition de loi "renforçant la lutte contre le système prostitutionnel" illustre, à la limite de la caricature, l'essoufflement du système politique français.
Jugez sur pièces.

Déni de réalité
Peu de personnes contestent l'objectif de la nouvelle loi, lutter contre la traite des êtres humains et l'esclavage sexuel.
Toutefois sa mesure phare - la pénalisation des clients des péripatéticiennes et péripatéticiens - risque de ne pas produire l'effet escompté.
La Suède et la Norvège appliquent cette disposition depuis plus d'une dizaine d'années. Les études sérieuses et indépendantes sur son effet réel sont rares et surtout peu probantes.
Les prostituées ont disparu de l'écran radar scandinave mais personne ne peut affirmer dans quel sens leur activité et leur nombre ont évolué.
D'une manière générale, depuis que le monde est monde, les prohibitions de l'alcool, des drogues ou du sexe ont, avant tout, servi à enrichir les réseaux criminels.
Nos députés ont donc adopté un texte à l'efficacité inconnue, en se contentant de demander au gouvernement de pondre un vague rapport après deux ans d'application.

Efficacité absente
Même si la menace pénale comporte un caractère dissuasif, tout nouveau délit entraîne inévitablement de nouveaux contrevenants.
A titre d'exemple, en se basant sur les annonces internet et la présence récurrente de jeunes femmes court vêtues au bord des routes et boulevards, de l'ordre de 150 à 300 prostituées exercent leur art ancestral dans la région de Grenoble.
Quelques multiplications rapides conduisent à évaluer leur activité à plus de 100 000 prestations payantes de services sexuels par an.
En 2012, à titre de comparaison, les cambriolages recensés dans l'ensemble du département de l'Isère ont été légèrement inférieurs à 45 000.
La police et la justice étant pour le moins encombrées, la pénalisation des michetons soit sera exceptionnelle, soit s'obtiendra aux dépens de la poursuite d'autres délinquants.
Nos sympathiques parlementaires ne se sont, en aucune manière, souciés de ces menues contingences matérielles, qu'il est pourtant facile d'estimer avec de simples règles de trois.

Logique peu cartésienne
Nos élus ont décidé de rendre hors la loi l'achat d'un service dont la vente reste légale.
Pourquoi ne pas faire la même chose avec l'héroïne, laisser commercer les dealers et coffrer exclusivement les toxicos ?
De surcroît, la publicité pour les amours tarifées, plaisamment appelée racolage, un temps interdite, va même être à nouveau autorisée.

Procédures législatives surannées
L'élaboration de ce brillant texte a été laborieuse.
Il est d'ailleurs dommage que Marcel Proust n'ait pas confié la rédaction de sa "recherche du temps perdu" au parlement français. Des générations de bacheliers auraient ainsi évité de disserter sur les états d'âme d'un riche oisif neurasthénique. Écrite à un train de sénateur, sa pesante œuvre de 2400 pages se serait limitée à sa première phrase.
Pour accoucher d'un texte de 2035 mots, environ deux fois cette chronique, il aura fallu réunir :
- 1 grosse centaine de députés signataires,
- 1 commission ad hoc de 88 membres,
- 1 rapporteuse se fendant d'un filandreux rapport,
- la rédaction d'un copieux et indigeste exposé des motifs,
- 66 amendements,
- 3 séances plénières,
- 1 vote solennel auquel, toutefois, 171 députés, un petit tiers de l'hémicycle, au nom probablement de l'exemplarité civique, n'ont pas participé.
Bien entendu, tout cela n'est que la première escarmouche.
La balle est désormais dans le camp du sénat qui mettra en branle, à une date non encore planifiée, le même processus qui devrait ensuite déboucher sur une commission paritaire puis sur une seconde lecture.
A ce stade, il n'est pas non plus exclu que conseil constitutionnel ajoute son grain de sel et censure une partie du texte ...

Lois illisibles
Le résultat de ce travail forcené de nos députés manque de clarté.
Ainsi le texte débute par :
"Le 7 du I de l’article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique est ainsi modifié : au troisième alinéa, après la dernière occurrence du mot : « aux », sont insérées les références : « 225-4-1, 225-5, 225-6 »."
Cependant, si cette loi démarre difficilement, elle se termine nettement mieux.
L'avant-dernier article, soucieux de lutter contre les discriminations dont sont victimes les belles de nuit tahitiennes ou kanaks, nous rassure en stipulant que :
"la présente loi est applicable à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie".
Fumeuse augmentation des impôts
Si la pipe vénale va bientôt être hors la loi, la consommation de tabac reste, par contre, fortement encouragée.
La nouvelle loi, de la bouche du pauvre tapin retirant le morceau de pain, a prévu de soutenir les filles de joie en mal de revenus et de clientèle.
Pour ce faire, le prix des cigarettes va être accru comme le précise explicitement l'article 21 :
"les charges pour l’État, [...] les charges pour les collectivités territoriales [...] et les charges pour Pôle Emploi sont compensées à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits mentionnés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts".
Amis fumeurs, vous l'ignoriez surement, mais la taxation de votre goudron et de vos volutes bleutées se nomme dans le langage fleuri des gabelous 575 & 575A !
Frapper dans la même réglementation le sexe et les cigarettes frise le chef d'œuvre.
J'espère ardemment que les sénateurs, afin de parachever ce bel édifice législatif, réussiront à y adjoindre une petite redevance sur le vin ainsi que sur les grosses berlines allemandes à 4 roues motrices.

Tapiniquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique "racolage champêtre près de Grenoble"
- Je conseille à Jean le détonateur, que je remercie pour ses échanges vivifiants, de s'asseoir et de mettre un casque avant la lecture de cette chronique. Merci aussi à Laurent qui m'avait suggéré ce thème plusieurs semaines en arrière.
- Le lecteur attentif aura reconnu un extrait de la chanson de Georges Brassens "concurrence déloyale".
- Les chiffres de la délinquance en France sont publiés par le ministère de l'intérieur dans un rapport annuel.
- Rue89 a récapitulé et décortiqué les études sur la pénalisation des michetons suédois dans un article fouillé du 25 juillet 2013.

samedi 28 septembre 2013

Travail de nuit et du dimanche : camarades législateurs encore un effort !

Ces derniers jours, deux décisions de justice ont montré avec éclat que, dans notre beau pays de France, il reste suffisamment de magistrats intègres et que la délinquance ne saurait menacer durablement l'ordre républicain.

Les deux sinistres malfaiteurs que les tribunaux ont courageusement exposés au banc d'infamie et condamnés à faire amende honorable sont les parfumeries Sephora et l'enseigne de bricolage Castorama. Au mépris de la Législation et des Droits Élémentaires de la Personne Humaine, ces commerces avaient l'outrance de rester ouverts respectivement nuitamment et dominicalement.

Personnellement, je me réjouis que dans une époque où nos valeurs vont à vau-l'eau, un coup d'arrêt ait pu être mis à des dérives délétères.
Les repos nocturnes et dominicaux sont essentiels et doivent être défendus bec et ongles par les pouvoirs publics.

Soutenu par l'impulsion récente donnée par les juges de Paris et de Bobigny, je profite de cette tribune pour lancer un appel pressant à nos parlementaires de tous bords à voter, d'urgence et dans un sursaut d'union nationale, un réarmement de notre arsenal législatif pour que chaque français puisse profiter de ses nuits et dimanches.

Afin d'aider nos députés et sénateurs dans cette noble tâche, voici les principales dispositions que cette nouvelle Loi sur le Repos Dominical et Nocturne devrait contenir.

- Les restaurants devront cesser d'accueillir de nouveaux clients après 18H30 afin que le personnel ait le temps de faire la vaisselle et de ranger la salle avant le couvre-feu de 21H00.
Les individus asociaux, prisant peu les joies simples d'un repas pris dans son foyer au sein de son cercle familial réuni après une journée de labeur, devront désormais se contenter de goûter vers 16H00 et non pas de dîner.
Bien entendu, cette mesure s'appliquera aussi aux cinémas, théâtres, musées, débits de tabac et autres cabarets.
De la même façon, radios et télévisions s'abstiendront de toute émission en direct passé neuf heures du soir.

- Les enseignants des écoles, collèges, lycées et universités devront cesser de donner des devoirs et des programmes de révision forçant élèves et étudiants à bachoter durant les veillées et le week-end.
Cette réorganisation de l'emploi du temps de la jeunesse pourrait aussi doper la croissance en relançant l'industrie du jeu vidéo et du smartphone, voire aussi celle du préservatif.

- Les pyromanes et terroristes ne pourront plus déposer leurs engins de mort après 16H00 de manière à ce que SAMU, pompiers, policiers et médecins légistes puissent, après avoir nettoyé la scène de crime, bénéficier, comme n'importe quel travailleur, de leur soirée.
Par voie de conséquence, les revendications expédiées après 17H00 ne seront plus acceptées et les attentats commis en dehors de l'horaire légal ne seront plus considérés comme valides.

- La prostitution sera légalisée en échange du charte horaire stricte.
Les tapins n'auront le droit d'exercer leur activité ancestrale qu'en matinée du lundi au jeudi afin qu'aucune excitation superflue ne viennent troubler les périodes d'accalmie collective.

- Les églises catholiques, réformées et orthodoxes seront priées d'adapter leurs cultes afin de cesser cette pratique d'un autre âge qui soumet leurs salariés à un pic d'activité professionnelle le dimanche.
Pour ce faire, curés, pasteurs et popes seront incités via une allocation spéciale à se rapprocher des imams musulmans, qui en exerçant leur ministère hebdomadaire le vendredi en début d'après-midi, ont de longue date rendu sacré le repos dominical.
A tout le moins, les chrétiens pourraient s'aligner sur le judaïsme et accomplir leurs dévotions le samedi.
La République se réserve le droit d'employer à l'encontre des églises récalcitrantes les mesures coercitives expérimentées avec bonheur et succès en 1904.

- Enfin, le dernier article de la nouvelle Loi sera consacré aux parlementaires eux-mêmes.
Leurs interminables séances de nocturnes seront désormais illégales.
Afin d'éviter tout risque d’empiétement horaire, l'Assemblée Nationale et le Sénat se réuniront exclusivement le premier mercredi de chaque mois à 13H30 pour approuver à main levée et en moins de 10 minutes l'intégralité des mesures décrétées par le gouvernement depuis la précédente session.
De même, les élections, qui se tiennent systématiquement un dimanche, seront supprimées. Nos députés actuels deviendront titulaires d'un mandat définitif transmissible à leur conjoint ou à leurs enfants en cas de décès.
Il en sera de même pour le président de la république. François Hollande, Combattant Suprême de la Corrèze, rejoindra ainsi le regretté Habib Bourguiba dans le club très fermé des présidents à vie.

J'arrête ici mes propositions car il est hors de question que je publie cette chronique à la nuit tombée ou bien encore un dimanche.

Nocturnement votre

Références et compléments
- Voir aussi le banc d'essai des textes réglementant le travail du dimanche
- Merci à Myriam qui m'a soufflé, hier soir juste avant le couvre-feu, le thème de cette chronique.
  

vendredi 26 juillet 2013

Justice moyenâgeuse et magouilles présumées à Meylan

Le 23 juillet 2013, à l'issue de plus de 30 heures de garde à vue, Marie-Christine Tardy, maire de Meylan, bourgade de la banlieue de Grenoble où je réside, a été mise en examen, ainsi que son mari, pour prise illégale d'intérêts. 
Cette action judiciaire fait suite à une plainte déposée fin avril par un conseiller de la majorité municipale accusant l'édile d'avoir favorisé le cabinet d'architecte de son époux pour des programmes immobiliers réalisés dans la commune.

Je n'ai jamais fait mystère de ne pas porter dans mon cœur l'actuelle première magistrate de Meylan.
Néanmoins, je n'ai pas la moindre idée si Marie-Christine Tardy et son mari ont, de près ou de loin, commis les faits qui leur sont reprochés. Aussi je n'évoquerais pas le fond du dossier dans ce billet.
Toutefois, cette réplique dauphinoise des scandales politico-financiers nationaux est une double illustration de l'inefficacité de notre machinerie publique.

Les faits reprochés au couple Tardy sont anciens, exclusivement économiques et sans aucune violence.
La plainte ayant mis en marche le lourd paquebot judiciaire date de près de 3 mois.
De plus, tant qu'aucun jugement ne sera définitif, ces deux personnes resteront présumées innocentes.
Dans ces conditions, la garde à vue qui jette en cabane pendant 48 heures le premier suspect venu et soumet son emploi du temps au bon vouloir des policiers est une pratique infamante d'un autre âge qui fleure bon l'inquisition et l'ancien régime. Son but manifeste est de faire avouer le coupable putatif et pas de confronter des versions contradictoires.
La patrie des Droits de l'Homme s'honorerait à limiter l'usage de cette contrainte moyenâgeuse exclusivement aux cas de violence et de flagrance.
Pour toutes les autres circonstances, l'appareil judiciaire devrait se contenter de convoquer les mis en cause, avec un préavis suffisant, toujours en présence d'avocats, uniquement durant des heures sensiblement ouvrées et avec une limitation raisonnable des durées d'interrogatoire.
Il ne s'agit, en aucune façon, de vouloir punir moins durement les coupables avérés mais de respecter, dans la phase transitoire où le statut de personnes soupçonnées est incertain, leur droit à se défendre et leur présomption d'innocence.
De surcroît, pousser la justice à s'appuyer plus sur des faits que sur des témoignages ou des aveux toujours sujets à caution limiterait les risques d'erreur.

L'autre point étonnant des malheurs de Marie-Christine Tardy est que, malgré les milliers de pages de textes juridiques en tous genres régissant le fonctionnement des communes et des marchés publics, des conflits, voire même des prises illégales, d'intérêts peuvent survenir sans que cela soit immédiatement visible et vérifiable.
Comment se fait-il que gouvernements, cabinets, administrations, parlementaires et organes judiciaires centraux ne soient pas fichus de pondre un système qui soit simultanément simple à opérer et aisé à vérifier ?
La plupart des personnes travaillant dans la sphère publique et devant réaliser des achats s'arrachent les cheveux face à la lourdeur des procédures.
Malgré, ou peut-être à cause de, cela, peu d'entre nous sont étonnés qu'un maire soit suspecté de bricolage à son profit.
A moins de recruter nos futurs élus dans abbayes ou des ashrams (et encore !), il est illusoire de penser que le personnel politique puisse plus résister aux tentations que la moyenne de ses électeurs. Il serait plus efficace de rendre nos représentants non soupçonnables via une transparence notablement accrue !

Une fois de plus, je suggère d'étendre les pratiques de l'industrie, plaisamment baptisées lean et agilité, à l'état et aux collectivités locales.
Des processus limpides et rapides, dotés de contrôles clairs aux bons niveaux, permettraient, simultanément, de réduire les dépenses publiques et de rétablir un peu de confiance vis à vis du personnel politique.
La complexité induit la lourdeur et l'opacité qui créent la défiance.
Une bonne façon de réussir cette transformation serait de forcer le parlement à diviser par quatre ou cinq, avant la fin de la législature actuelle, le nombre de pages dans le code des marchés publics.

Meylaniquement votre

Références et compléments
- Les articles du Dauphiné Libéré et de Place Gre'Net relatant les derniers épisodes judiciaires en date du couple Tardy.

samedi 23 mars 2013

Tous égaux devant la loi ? Voire !

Je suis particulièrement fier d'être citoyen d'un pays - la France - où l'appareil judiciaire et policier a placé la défense des victimes d'actes de délinquance au sommet de ses priorités.

Ainsi, en octobre dernier, les forces de l'ordre, toujours aux aguets, volaient au secours de parieurs sportifs injustement lésés par des compagnes de handballeurs en mal de liquidités.

Dans la même veine, avant-hier, un sympathique juge bordelais, dont le dossier le plus important est la protection d'une multimilliardaire sénile et de son unique héritière, présumait officiellement innocent un ancien président de la république d'avoir extorqué un cent millième du patrimoine de la propriétaire de L'Oréal.

Pourtant, si le même politicien en retraite se rend chez moi et profite, lâchement, de ma fascination envers son maniement de l'argot et sa chanteuse engagée d'épouse pour me subtiliser quelques fourchettes Ikea - c'est à dire sensiblement la même fraction de ma fortune personnelle que celle supposément soustraite à l'héritage à venir de la petite-fille du fondateur de l'entreprise de cosmétiques - il n'y a aucune chance que la plainte, pourtant légitime, de mes enfants soit reçue par le procureur.

Pour conclure, j'adresse modestement une supplique personnelle au bienveillant juge girondin.
Je souhaiterais, lorsqu'il en aura terminé avec les figures emblématiques de Neuilly sur Seine, qu'il consacre une petite part de sa diligence à traiter les nombreux dossiers en souffrance concernant des licenciements et des fermetures d'usine abusifs.
S'il lui reste quelques loisirs, il peut aussi tenter de retrouver et - soyons fous ! - punir les types qui, il y a deux ans, ont nuitamment volé les quatre roues de ma voiture.

Justiciablement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique d'octobre 2012 "Nos impôts ne doivent pas servir à financer la chasse aux handballeurs".
- D'après un article de Rue89 de juillet 2010, la fortune de Liliane Bettencourt s'élèveraient grosso modo à 20 milliards d'euros. Ses revenus mensuels culmineraient à 34 millions d'euros par mois, soit sensiblement 30 000 SMIC.
- L'estimation moyenne avancée par diverses gazettes des largesses supposées de Liliane Bettencourt en faveur de Nicolas Sarkozy et de sa campagne électorale est d'environ 150 000 €.
- Bordeaux n'a pas pour seule spécialité les juge avenants. On y trouve aussi d'excellents vins, notamment ceux de Régis Chaigne, à consommer, comme il se doit, avec la modération requise par la loi et les bonnes moeurs.
   

mardi 13 novembre 2012

Sommes-nous des web-justiciers ?

J'ai récemment visionné une courte vidéo où, sur un chantier de construction, un homme très en colère agonit d'injures, dans un anglais de caserne, les ouvriers présents. Les propos ont un net caractère raciste et le successeur du Capitaine Haddock finit par s'emparer d'une plaque de tôle ondulée qu'il lance en direction de la personne qui le filme.
Le site des Observateurs de France 24 qui rapporte cette vidéo, en plus de fournir une traduction française des invectives, indique que la scène a eu lieu fin octobre à Singapour et que son héros est le prototype du sale con : un expatrié français plein aux as, trader de haut vol dans une banque anglo-saxonne d'envergure internationale.
Le chantier aurait troublé la quiétude matutinale de la maison familiale de mon vociférant compatriote.
L'article se termine par la mention que la banque, citée sur internet, a licencié illico presto le golden boy gaulois.

Spontanément, en découvrant ce film, j'ai pris fait et cause en faveur des ouvriers qui ont filmé les saillies du trader. La lecture de l'article a renforcé cette opinion qui s'est transformé en exultation quand j'ai appris que l'arroseur avait terminé arrosé. Je me suis aussitôt empressé de poster un lien vers le billet de France 24 sur plusieurs réseaux sociaux.

Toutefois, quelques temps après, j'ai été pris d'un sentiment de malaise.
Qu'avais-je vraiment vu ? Une scène assez banale de la vie quotidienne où une personne très énervée en insulte d'autres dans un registre, hélas, raciste.
Que savais-je de vraiment fiable du contexte et des personnes en présence ? Pas grand chose !

En fouillant sur internet, j'ai retrouvé le site où cette vidéo a été initialement mise en ligne. Il s'agit d'un média singapourien très racoleur auquel tout un chacun peut envoyer des films scandaleux ou salaces. Environ un article sur six de ce site propose un contenu relevant le comportement "inapproprié" des étrangers à Singapour.
Le court texte qui accompagne la vidéo du trader a été écrit par le chef de chantier qui, dès la seconde phrase, souligne - peut-être pour faciliter le décryptage des images par les daltoniens - que le héros hurleur est un blanc.

Je n'ai pas réussi à trouver d'éléments rapportés par des personnes tierces sur les évènements avant et après les soixante secondes qui ont été filmées.
Il est donc possible que notre ami le trader soit véritablement un sale con raciste ayant agressé verbalement des ouvriers faisant normalement leur travail.
Mais, il est tout aussi plausible que le personnel du chantier ait provoqué, sciemment ou pas, l'expatrié français déclenchant ainsi un pétage de plomb dans les règles de l'art !

Internet, en nous amenant sur un plateau des images et des informations fortes faisant appel à nos émotions, tend à faire sauter nos digues.
Les injures racistes d'un surexcité sont choquantes. Toutefois, les livrer en pature sur le web sans aucune contre-vérification expose leur auteur à la vindicte publique sans qu'il puisse se défendre.
L'employeur du trader, très soucieux de son image, a choisi de se débarrasser du boulet de manière expéditive et l'a fait savoir dans la presse économique par le biais de commentaires courageusement anonymes.

Un justicier sommeille en chacun de nous.
Quelques images, quelques larmes ou un peu d'adrénaline suffisent à le réveiller et à nous faire jeter aux orties les principes de présomption d'innocence et de droit à une défense équitable.
Tel la langue d'Esope, internet est la meilleure et la pire des choses ...

Zorroiquement votre

La vidéo objet de cette chronique.
Oreilles sensibles et adversaires du mot anglais en F****** s'abstenir.

Références et compléments

mercredi 3 octobre 2012

Nos impôts ne doivent pas servir à financer la chasse aux handballeurs

J'habite l'agglomération de Grenoble qui s'est illustrée ces dernières semaines par des faits divers violents et, désormais, barbares.
Dans le même temps, votre serviteur et plusieurs de ses connaissances dauphinoises ont été victimes d'actes plaisamment appelés de "petite délinquance" qui oscillent entre l'énervant et le franchement ennuyeux.
Pour prévenir et diminuer ces crimes et délits, des actions supplémentaires de police et justice sont indispensables. Malheureusement, à en croire les discours des politiques et des syndicalistes, ces deux institutions sont à court d'effectifs et d'argent. Aussi, aucune amélioration notable de la situation sécuritaire n'est à envisager.
Je serais prêt à croire ces belles et tristes paroles, si les unes des médias ne leur apportaient pas, depuis trois jours, un cinglant démenti.

Au bas mot, une bonne trentaine de policiers, un procureur, un juge d'instruction et quelques auxiliaires de justice sont mobilisés, toutes affaires cessantes, pour démêler une sombre histoire de paris sportifs présumés truqués.

Je n'ai toujours pas compris la raison de l'intervention de responsables de l'ordre public dans un domaine exclusivement privé.
Aucune personne ou bien n'a été menacé, l'atteinte aux droits fondamentaux n'est pas manifeste et la régularité des compétitions n'est pas une prérogative régalienne.

Les joueurs et dirigeants sont tous des professionnels produisant un divertissement d'apparence sportive. Un travailleur du handball qui estimerait que son activité pèche par manque d'éthique conserve la possibilité de changer de métier, ce que peu de smicards ont le loisir de faire.
Un spectacle sportif est financé par son public des stades et de la télévision qui, si le show ne lui convient pas, peut, à tout moment, choisir de dépenser son temps et son argent différemment.

Une escroquerie à l'encontre des parieurs n'est pas non plus envisageable. Les fans du Loto Sportif ou de Betclic, humanitaires méconnus, apportent volontairement leur contribution à un marché de dupes : plus du tiers de leurs mises sont dirigées vers l'état, les salariés et les actionnaires des bookmakers.
La véritable motivation du parieur ne réside pas dans un banal appât du gain mais dans la satisfaction intérieure de participer anonymement à la lutte contre les déficits et le chômage.

S'il est avéré que les frères Karabatic et leurs dulcinées ont tripoté le résultat d'un match sans intérêt pour beurrer leurs épinards, la très versatile morale sportive aura subi une légère éraflure mais l'appareil d'état, que nos impôts peinent à entretenir, n'est, en aucune manière, concerné.

Notre redémarrage économique suppose un assainissement profond et rapide des comptes publics. Pour ce faire, l'augmentation des prélèvements est insuffisante et probablement peu efficace.
Seul, un état moins dépensier réalisant avec diligence ses missions de base peut nous éviter la spirale dépressive infernale.
Afin de donner l'exemple, la police devrait, dare dare, se concentrer sur les meurtres, agressions et cambriolages et cesser la chasse aux téléchargeurs de musique, aux chaptaliseurs de vin, aux cyclistes dopés et aux handballeurs spéculateurs ...
Cela suppose que nos coûteux parlementaires abrogent d'urgence quelques articles de loi stupides voire scélérats.

Libertariquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques "Combien coûte une loi ?", "Appel à François Hollande pour qu'il gracie le condamné d'Hadopi" et "Tour de France, carnaval des transgressions".
- Le chiffre du tiers de prélèvements sur les paris provient du rapport d'activité 2011 de la Française des Jeux.
- Betclic est une société enregistrée à Malte qui, bien qu'affichant une ancienne gloire du football et de la morale sportive, ne communique ni sur son actionnariat ni sur ses comptes.
Il y a fort à parier, si j'ose m'exprimer ainsi, que sa ponction sur les mises est, a minima, du même ordre de grandeur que celle de la Française des Jeux.


jeudi 13 septembre 2012

Appel à François Hollande pour qu'il gracie le condamné d'Hadopi

Les censeurs stériles d'Hadopi viennent de réussir leur première sanction.
Cette machine kafkaïenne a obtenu qu'un habitant de Belfort soit condamné par le tribunal de police à 150 Euros d'amende.
Revenons sur des faits qui auraient fait les délices du père Ubu.

La personne jugée n'a rien fait de légalement interdit.
Sa future ex-femme - le couple était en instance de divorce - a récupéré gratuitement sur le web quelques chansons. Probablement peu versée en informatique, elle n'a pris aucune des précautions basiques permettant d'éviter les radars d'Hadopi.
La communication entre époux qui se séparent étant généralement un peu difficile, la téléchargeuse n'a jamais eu conscience des mails d'avertissement et le titulaire de l'abonnement internet ne s'est pas préoccupé de la navigation sur le web de son ancienne dulcinée.

La loi n° 2009-669 du 12 juin 2009 qui a créé la Hadopi est véritablement scélérate. Elle a mené sur le banc d'infamie réservé aux délinquants un citoyen ordinaire en le faisant passer pour un voleur alors qu'il n'y a pas eu de vol !
Si je rentre dans une boulangerie, que je subtilise une baguette et que je pars en courant, c'est un vol car personne d'autre ne pourra profiter du pain que je me suis approprié.
De même, si, nuitamment, je m'introduis dans votre logis et en ressort avec votre coffret de CD regroupant l'intégrale des enregistrements d'Oum Kalthoum, c'est un vol car vous n'avez plus la possibilité d'utiliser ce support physique pour entendre votre musique préférée.
A l'inverse, si, amateur de bruit anglo-saxon, en furetant sur internet, vous dégottez deux morceaux de Rihanna et que vous les déposez sur votre ordinateur, vous ne volez personne ! Les fichiers originaux restent sur leur serveur et d'autres internautes peuvent, à leur tour, récupérer les œuvres impérissables de la pseudo-cantatrice de la Barbade.

L'absurde atteint des sommets, si, lassé par les borborygmes syncopés de Rihanna, vous préférez admirer sa plastique avenante. Les sites gratuits de vidéos en ligne proposent légalement les musiques dont le téléchargement attire les foudres d'Hadopi, agrémentées d'images plaisamment animées où la native de Saint-Michael s'exhibe dans des bikinis suggestifs !

En ces temps de déficit public excessif, je rappelle que la Hadopi consomme annuellement 12 millions d'Euros de notre dette.
Avec ce budget, en 18 mois, cette commission Théodule a expédié environ un million de mails. Chez Hadopi, le message électronique revient donc à près de 15 Euros, plus cher qu'une lettre recommandée !

Pour mettre fin à cet amoncellement de stupidité, je demande solennellement à François Hollande de gracier sans délai notre ami belfortain, en vertu de l'article 17 de la Constitution de la République Française. 
J'invite aussi les députés et sénateurs de tout bord à déposer rapidement une proposition de loi abolissant la Hadopi et faisant cesser les poursuites en justice des téléchargeurs.

Comment est-il possible de tolérer certaines consommations personnelles de stupéfiants, de faire mollement la chasse aux cambrioleurs et, dans le même temps, d'occuper l'appareil policier et judiciaire à poursuivre les amateurs de mélodies caraïbes ?
Si les gens de spectacle, fussent-ils de la Barbade, veulent gagner leur vie, qu'ils montent sur scène !

Téléchargiquement votre

Références et compléments
- Dans la même veine, la chronique "Chevaux, acier, journaux, disques, livres … à qui le tour ?"
- Article du Monde du 13 septembre 2012 relatant la mésaventure judiciaire de l'internaute divorcé de Belfort.
- Loi n° 2009-669 du 12 juin 2009
- Constitution de la République Française (rechercher article 17 dans Titre II)
- Article Wikipedia sur Rihanna, la bruiteuse de la Barbade ainsi qu'une de ses vidéo bikinesque sur Youtube (je vous conseille de couper le son).

vendredi 13 avril 2012

Cambriolages civiques

Amis voleurs, vous devez impérativement profiter des quelques jours nous séparant de l'élection présidentielle française. C'est le moment où jamais de mettre votre art en pratique !
En effet, pandores et juges ont beaucoup mieux à faire pour le moment que de vous courir après. Ils sont mobilisés exclusivement pour établir des procurations électorales.
Aussi surprenant que cela puisse paraitre, si s'inscrire comme électeur s'effectue en mairie, désigner un mandataire pour éviter de s'abstenir nécessite de "se présenter au commissariat de police, à la brigade de gendarmerie ou au tribunal d'instance de son domicile ou de son lieu de travail".

Déléguer son vote contribue aussi à creuser le déficit de l'Etat car les envois des formulaires de procuration s'effectuent en franchise postale dument remboursée à La Poste.

Plus que 998 idées à trouver pour résorber le gouffre national et améliorer l'efficacité de l'action publique ...

Electoralement votre

Références et compléments
- Site Service-Public.fr : Vote par procuration
Circulaire du 28 février 2012 relative aux élections du Président de la République et aux élections législatives : Établissement des procurations - Inscription sur les listes électorales
- Précédente chronique avec l'idée n°1000 : identité nationale déficitaire
 

lundi 6 février 2012

Pauvre Claude G. !

Au risque de vous surprendre, en France, l'action conjointe de la gendarmerie, de la police, de la justice, de Claude G. et de ses prédécesseurs au Ministère de l'Intérieur est remarquable.
En quinze ans, les "atteintes volontaires à l'intégrité physique" ou "aux biens" ont diminué de près de 20%. En 1996, les gardiens de l'ordre avaient enregistré 51.6 "faits" pour mille habitants. En 2011, ce ratio a chuté à 41.4.

Pourtant, notre perception est très différente, la délinquance nous parait stable voire croissante.
Pourquoi une telle divergence entre réalité statistique et ressenti quotidien ?

Pour tenter de comprendre, prenons l'exemple d'un foyer standard de français dits moyens : un couple avec deux enfants. Cette famille possède un cercle de connaissances d'au moins deux cent personnes :
- Une quarantaine de relations familiales.
- Au moins dix couples d'amis ou de voisins, soit environ quarante personnes en incluant leurs familles.
- Les deux enfants de ce foyer fréquentent une dizaine de copains proches, c'est à dire une autre quarantaine de personnes.
- Ajoutons une dizaine de relations de travail et autant dans les activités sportives ou associatives, ce qui vient rajouter de l'ordre de quatre-vingt personnes.
Cela signifie qu'en 2011, notre famille-type a eu connaissance d'environ huit faits de délinquance, un toutes les six semaines !
En 1996, les connaissances de ce même foyer auraient été victimes de dix actes délictueux, soit un toutes les cinq semaines.

Nous attachons beaucoup d'importance à l'intégrité et à la sécurité de nos proches. Aussi lorsqu'un membre de notre entourage subit une agression, un vol ou une dégradation, nous le savons très vite, nous en parlons autour de nous et surtout nous nous souvenons de cet évènement pendant de nombreux mois voire années.
En prenant l'hypothèse d'une mémorisation d'un an, nous avons en permanence à l'esprit une huitaine d'actes de délinquance. En 1996, nous en avions une dizaine. La différence n'est pas flagrante, compte tenu de la non régularité de ces évènements.
Pour que l'action de la police et de la justice devienne perceptible, il faudrait, a minima, une diminution de moitié des faits délictueux, obtenue en moins de trois ans, afin que notre mémoire puisse être "vidée" rapidement.

Le même type d'impression persistante existe à propos des retards de train ou d'avion et des pannes de voiture ou d'ordinateur. Seules des divisions rapides par plus de deux ou trois des taux "de défaut" permettent de changer notre ressenti.

Pauvre Claude G., tant d'efforts pour si peu de reconnaissance !
Peut-être, afin de gagner un peu de reconnaissance bien méritée, notre futur ex-ministre de l'Intérieur devrait-il migrer vers une civilisation préférant les statistiques aux perceptions. Je lui recommande, notamment, de choisir la civilisation arabe qui a, au Moyen-Age, popularisé en Europe l'usage et la manipulation des grands nombres ...

Délictueusement votre ...

Références

dimanche 5 février 2012

Le ministre de la Justice serait-il un admirateur de Brassens ?

J'ai l'honneur de
Ne pas te demander ta main,
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin.
Extrait de la non demande en mariage - Georges Brassens


Plus de trente ans après la mort de Georges Brassens, de nombreux aficionados - j'en suis - maintiennent vivace le souvenir du chanteur moustachu.

Toutefois le barde sétois ayant été allergique toute sa vie aux autorités en tous genres, notamment police et justice, il est étonnant de trouver sur le site officiel du Garde des Sceaux un écho à sa célèbre "non demande en mariage".
Jugez sur pièces.

Le titre en lettres capitales de la page consacrée au mariage civil est "espace en construction".

Cet aveu d'inachèvement est pour le moins étonnant. Le mariage civil a été créé en France par la Convention en septembre 1792, les textes législatifs actuels datent du 27 mars 1803 et leur dernier époussetage de 2006. En plus deux siècles, le webmaster de la Justice devrait avoir eu le temps de mettre à jour son site.

Toutefois, à bien chercher sur internet, l'explication est probablement à chercher dans la vie privée du ministre. En parcourant diverses biographies en ligne de Michel Mercier, politicien illustrement inconnu et actuel justicier en chef, on apprend qu'il est père de cinq enfants mais on ne trouve aucune trace d'une quelconque épouse, présente ou passée.
Ce centriste fugace aurait donc mis en pratique la conduite matrimoniale de Brassens et profiterait de son passage discret ministère de la Justice pour faire l'apologie subliminale de l'union libre. J'espère juste qu'il ne va pas, en plus, nous pousser la chansonnette lorsque, très prochainement, il transmettra les Sceaux à son successeur.

Matrimonialement votre
Page web du Ministère de la Justice et des Libertés consacrée au mariage civil : "espace en construction" (cliché du 5 février 2012)
Références
- Article de Wikipedia sur le mariage en France

dimanche 7 novembre 2010

Hauts les voiles et bas les masques !

L'avion du retour du Japon volant à une altitude propice à la réflexion d'ensemble, je propose un problème juridique nippo-français à votre sagacité.

Il y a peu, le gouvernement français, soucieux de lutter contre les dérives sectaires, a fait voter une loi interdisant le voile dit intégral - plaisamment appelé burqa en langue pachtoune - dans l'espace public.
Comme au Pays des Droits de l'Homme et de la Laïcité, il ne saurait être question de cogner directement sur une pratique religieuse, ce sont des motifs d'ordre et de sécurité qui ont été évoqués. Chacun, homme ou femme, a le devoir de ne pas dissimuler son visage en présence d'autrui afin de rester reconnaissable en permanence.

Petit souci : environ 5% des japonais portent un masque de protection couvrant tout le visage sauf les yeux, à la fois pour ne pas partager leurs miasmes avec leurs voisins et pour ne pas bénéficier d'éventuels germes en suspension.
Ainsi, le policier ayant vérifié mon passeport à Narita m'a fait l'effet d'un Zorro passé à la chaux. Autre exemple, en ce moment, mes deux voisines dans l'avion arborent une étoffe m'empêchant de détailler leur figure.

Comment la police et la justice françaises - réputées pour leur amabilité et leur efficience - vont-elles faire appliquer cette nouvelle réglementation sur la visibilité publique du visage ?

Première hypothèse : appliquer sans état d'âme cette loi récente que nul - fût-il étranger - n'est censé ignorer et renvoyer immédiatement chez eux les contrevenants nippons.
Après tout, le masque peut dissimuler un yakuza pasteurisé.
Impossible ! L'incident diplomatique avec la seconde économie mondiale serait terrible.
De surcroît, déporter de braves visiteurs venus résorber le déficit de notre commerce extérieur ne serait pas du meilleur goût en cette "période de sortie de crise mondiale d'une ampleur inégalée".

Seconde possibilité : ne pas verbaliser les touristes japonais masqués.
Ce serait faire ouvertement une application sélective à caractère racial ou religieux de la loi. Impossible au pays de l'Egalité !
Et puis, comment distinguer, sans les démasquer, les nippons aux sympathiques motivations hygiéniques d'éventuelles japonaises totalement voilées à la démarche religieuse inquiétante ? (Eh oui ! la burqa peut cacher une ninja !)

Troisième alternative : n'appliquer cette loi que dans les banlieues dites "à problèmes" car il est peu probable qu'un japonais s'y risque vu qu'il aura déjà du mal à quitter Roissy (se reporter à la chronique précédente).
Une variante serait une clause d'extraterritorialité s'appliquant aux Galeries Lafayette, aux boutiques Hermès, à la Tour Eiffel et à Versailles.
Impossible avec un gouvernement qui se targue de "faire appliquer la loi partout sur le territoire de la République" ! La ville de Louis XIV pourrait devenir à cette occasion une banlieue intégriste (peut être l'est-elle déjà ?).

Quatrième option : ne verbaliser aucune personne au visage masqué, car en plus des disciples ultra-religieuses du Commandant Cousteau et des japonais soucieux de leur santé, le carnaval de Dunkerque pourrait entrer au Guinness Book comme la plus gigantesque "garde à vue party".
Impossible car toute loi se doit d'être appliquée !

Bref, ce problème pratique de droit positif me paraît insoluble aussi vos lumières sont, par avance, les bienvenues.
Je remets mon masque afin de cesser de vous contaminer avec mes élucubrations juridiques et me courbe mentalement pour accueillir vos sagaces réflexions ...

Aériennement votre …