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dimanche 15 juin 2014

Notre système politique date des diligences

La démocratie parlementaire représentative qui, au fil de l’histoire, s'est imposée en Europe, en Amérique du Nord et dans bon nombre d’autres pays est désormais à bout de souffle. La montée généralisée des populismes en est le symptôme le plus flagrant.

Ce système, après de longues prémisses en Islande et surtout en Angleterre, s'est généralisé au XVIIIème siècle à partir de la Suède, des tous neufs États-Unis et de la France.
Sa forme actuelle a émergé grosso modo entre 1720 et 1800. Le XIXème siècle a raffiné et stabilisé les modes de fonctionnement qui n’ont plus guère évolué par la suite.

Beaucoup d'états, à l’instar de la France, ont connu plusieurs constitutions successives.
Toutefois, ces différentes moutures ont toujours conservé l'architecture générale du parlementarisme, se contentant de modifier à la marge les modes de scrutin et la répartition exacte des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires.

Vers 1780, lors de la naissance des régimes parlementaires, l’Europe était encore très proche du Moyen-Âge.

L'économie, essentiellement agricole, reposait sur les grands propriétaires fonciers et les corporations.
Le capitalisme moderne restait encore balbutiant et la Révolution Industrielle n'avait véritablement commencé qu’en Grande-Bretagne.

Les médias se limitaient aux gazettes et aux livres, à la diffusion lente et coûteuse.
En France, ils ne pouvaient toucher que 4 hommes et 2 femmes sur 10. Le reste de la population ne savait ni lire, ni écrire.
Moins d'un homme sur 100 accédait à ce que nous nommons aujourd'hui l'éducation supérieure.

Le cheval et la diligence étaient les seuls moyens de transport sur longue distance. Lyon et Marseille se situaient alors respectivement à 5 et 9 jours de Paris. Les communications étaient limitées à la malle-poste qui utilisait les même moyens d’acheminement.

La France comptait alors entre 20 et 25 millions d’habitants, dont plus de 4 sur 5 vivaient à la campagne. Désormais, 5 français sur 6 habitent en zone urbaine.
L'espérance de vie à la naissance oscillait entre 30 et 40 ans, contre presque 85 maintenant.

Dans les familles, épouse et enfants se soumettaient à l’autorité du chef de famille qui décidait de la vie de tous ceux qui logeaient sous son toit.
Domesticité ainsi que fermages et métayages aux conditions très dures mettaient plus des deux tiers des français en situation de sujétion et de dépendance.
Si la Révolution Française a beaucoup fait évoluer le droit dans ces domaines, elle n'a que peu changé la réalité quotidienne. Ce n'est qu’au XXème siècle que le salariat et le travail industriel sont devenus majoritaires.

Dans les années 1800, la réunion d’assemblées parlementaires en sessions régulières et leurs mécanismes d'élection, d'élaboration des textes législatifs, de décision et de censure représentaient une vraie modernité bien adaptée à la société et au rythme d'alors.
Ils mirent fin, avec beaucoup de cahots et de chaos, à l'absolutisme féodal et permirent aux libertés et aux protections sociales de se développer.

Aujourd'hui, nous évoluons dans un univers très différent, en mutation constante, marqué par l’explosion urbaine, l'universalité du capitalisme, l'abolition des distances, l'accélération du temps, l'abondance de l’information et la montée de l’individu.
L'ADN du parlementarisme traditionnel ne recèle que peu de maillons aptes à relever ces défis.

Une mise à jour en profondeur du code génétique de nos institutions s'avère indispensable.
Je souhaite de tout cœur que la génération des “digital natives” ne se limite pas à mettre notre société cul par dessus tête mais en profite aussi pour inventer, dare-dare, de nouvelles organisations politiques adaptées à notre temps. Nous en avons un urgent besoin.

Démofuturiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
. Une voiture est-elle moins chère qu'un cheval sous Louis XV ?
La nourriture est-elle moins chère que sous Louis XV ?
Généalogie de la croissance. Quand l'histoire familiale raconte l'économie et la démographie
Quelles sont les professions menacées par la troisième révolution industrielle ?
Quelles sont les racines de l'extrême-droite populiste ? Comment la faire reculer ?

lundi 9 juin 2014

Faut-il remplir les prisons pour réduire la délinquance ?

L'examen parlementaire de la nouvelle loi pénale dite Taubira a ravivé le sempiternel débat entre les tenants de la répression et les supporters de l’humanisme.
Goûtant toujours aussi peu les dogmes et fidèles aux habitudes de ce blog, j’ai cherché à départager les deux camps grâce aux statistiques et aux comparaisons avec nos voisins européens.

En quelques clics, l'excellent site de la communauté européenne Eurostat fournit deux séries de données, le nombre de personnes incarcérées par pays ainsi que la quantité d’infractions déclarées annuellement aux forces de police.
En divisant ces chiffres par la population de chaque état, on peut comparer des politiques judiciaires et carcérales très diverses.

En Europe, en permanence, 1 personne sur 700 dort en prison, soit grosso modo un total de 800 000 taulards, l’analogue de Marseille, d’Amsterdam ou d’un petit Turin.

La France se situe nettement en dessous de la moyenne avec un ratio de 1/1 000, soit environ 65 000 détenus, l’équivalent de Troyes, Valence, Mérignac ou Levallois-Perret.
Belgique, Grèce, Italie, Portugal et Croatie font sensiblement aussi bien que la patrie des droits de l’homme.
Allemands et hollandais mettent en taule 20% moins souvent.

Slovènes et finlandais sont nettement moins répressifs. À Helsinki ou à Ljubljana, on n’enferme qu’une personne pour 1 700 habitants.

À l'inverse, Royaume-Uni, Espagne et Roumanie coffrent 1.5 plus fréquemment qu'en France.
La palme du bouclage est détenue par les baltes. En Lettonie et Lituanie, pourtant peu réputées pour leur ensoleillement, 1 habitant sur 300 est autoritairement mis à l'ombre.

Mesurer la délinquance est beaucoup plus compliqué que de compter les types retenus derrière des barreaux.
Grosso modo, deux méthodes existent pour évaluer la criminalité.

La première, que les spécialistes baptisent plaisamment enquêtes de victimation, consiste à demander à un échantillon, que l’on espère représentatif de la population, si on lui a fait du mal récemment.
Ce type d’analyse possède les avantages, mais surtout les défauts, des sondages d'opinion.
Seules les déclarations des personnes qui répondent sont prises en compte, sans possibilité de recouper leurs dires. Les biais sont nombreux et dans tous les sens possibles.
De surcroît, ces questionnaires ne concernent qu’un nombre limité de pays, avec des méthodologies variées, ce qui rend les comparaisons illusoires.

La seconde manière de procéder est de dénombrer les déclarations officielles déposées par les victimes supposées auprès des services de police.
Là encore, les biais sont légion.
La confiance dans la police, sa probité et son efficacité varie grandement en Europe.
De surcroît, les incitations à porter plainte sont très diverses. Par exemple, le signalement des cambriolages à la maréchaussée dépend de la couverture d’assurance et de l’exigence ou non par les compagnies d’un papier officiel pour procéder à l’indemnisation.
Malgré tous ses défauts, le taux d’infractions déclarées par habitant est le seul indicateur statistique réellement international.

Annuellement, les européens indiquent à la police de l’ordre de 30 millions d’infractions, près de 2.5 fois la quantité de voitures neuves immatriculées.
Autrement dit, une personne sur 20 se rend chaque année dans un commissariat pour porter plainte, soit un ratio de 50 faits délictueux déclarés pour 1 000 habitants.
L’entourage familial, amical et professionnel de chacun d'entre nous comprend, en moyenne, entre 100 et 300 personnes. Aussi, trimestriellement, voire mensuellement, nous connaissons personnellement quelqu'un ayant contacté les forces de l’ordre pour un dommage ou une agression.
Cette fréquence relationnelle nourrit le sentiment d’insécurité.

Dans ce domaine, la France, à l’instar de l’Italie, du Portugal, de l’Espagne ou de la Hongrie, se situe juste sur la moyenne européenne.
Anglais et allemands se rendent plus souvent chez les pandores, avec des taux respectivement de 65 et 75 plaintes pour 1 000 têtes de pipe.

La Suède est championne d’Europe de la plainte avec 150 déclarations pour 1 000 habitants. Chaque année, les collègues du commissaire Wallander reçoivent un citoyen sur 7. Pas étonnant qu’ils apparaissent légèrement neurasthéniques dans les romans policiers.

À l’autre extrémité de l'échelle, les policiers grecs, bulgares, roumains et baltes ne sont que modérément interpellés par leur population. À peu près une personne sur 50 seulement consent chaque année à leur donner du travail.

En croisant les statistiques européennes de prisonniers et d’infractions déclarées, on obtient une vue d’ensemble passablement hétérogène.

Comparaison européenne des ratios pour 1 000 habitants de prisonniers et d'infractions déclarées à la police (chiffres Eurostat 2012)
[Cliquer sur l'image pour l'agrandir]
Sans lunettes, le nuage de points donne l’impression que beaucoup coffrer diminue les plaintes.
Toutefois, à y regarder de plus près, les exceptions pullulent.
Suède et Norvège ont le même taux d’incarcération, alors que les plaintes y varient d’un facteur 3.
Autre exemple, on emprisonne 3 fois plus en Lituanie qu'en Grèce avec un ratio similaire d'infraction déclarées.

Avec des chiffres aussi peu probants et autant sujets à caution, les discussions enflammées sur le degré nécessaire de répression pénale ne vont pas se tarir de sitôt.
Peut-être s'agit-il d’un sujet trop passionnel pour que nous l'abordions sereinement ...

Sarkotaubiriquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
. Quand sondage rime avec bidonnage
. Pauvre Claude G. !

- Les valeurs présentées dans cette chronique proviennent des chiffres 2012 d'Eurostat. Les ratios ont été arrondis pour faciliter leur compréhension.

- Les pays européens sont nommés sur le graphique par leurs codes ISO.

mardi 22 avril 2014

Ikea géant vulnérable

Autant le dire de but en blanc, je déteste, j'abomine, j'exècre le bricolage.
Aucun mot n'est assez fort pour exprimer ma répugnance viscérale envers cette activité pour laquelle je n'ai ni ni goût, ni talent.
Toutefois, les nécessités pratiques et économiques faisant loi, je suis malheureusement obligé de sacrifier, de temps à autres, à ce qui serait le loisir préféré des français.

Il y a grosso modo un quart de siècle, Ikea fut, dans ce domaine honni, une évolution remarquable.
L'entreprise suédoise était la première à proposer des meubles à livrer et monter soi-même, de qualité correcte, de prix abordable et dont conception & notices permettaient au gauche gaucher que je suis, de s'en sortir, si ce n'est avec les honneurs, à tout le moins honorablement.
Ainsi, une part importante de mon logis familial est équipée des créations de la firme d'Älmhult.

À l'issue de cette campagne réussie, mon amour plus que modéré pour l'assemblage de kits m'a conduit à me placer en mode pause pendant une quinzaine d'années.
Mais, le temps ayant fait son œuvre, j'ai du me résoudre à reprendre - un bon mois avant la nomination du nouveau premier ministre - les travaux manuels.
Tout naturellement et sans trop réfléchir, je me suis à nouveau tourné vers Ikea.

J'ai eu la désagréable surprise de découvrir que cette world company n'avait pas changé d'un iota en plusieurs décennies.
Visiter l'enseigne bleue et jaune est un voyage dans le temps qui ramène à la charnière des années 1980-1990.

Chaque magasin continue de présenter le même arrangement immuable.
Le client doit d'abord surmonter l'épreuve du labyrinthe en enchaînant des halls d'exposition dont l'ordre ne varie jamais. Jusqu'alors j'ignorais que Dédale appartenait à la mythologie viking.
Vient ensuite la traversée interminable d'un libre-service tout aussi zigzaguant où s'empilent les objets les plus improbables.
Enfin, la sortie n'est autorisée qu'après le franchissement d'un sinistre hall de stockage à l'étiquetage nécessitant une vision bionique.

Bien entendu, Ikea a fait semblant de se mettre à la page internet et possède désormais un site web.
J'y ai tenté de choisir une armoire à l'aide d'une application à l'ergonomie et à la stabilité laissant plus qu'à désirer.
Je conseille au lecteur tenté par cette expérience d'étudier attentivement la technologie des meubles suédois préalablement au passage de toute commande et de ne pas se fier à l'automate ikéen qui place allègrement des tiroirs au cœur des charnières.
De surcroît, la livraison, assez onéreuse, est proposée avec des délais dépassant la semaine pour des articles en stock à 5 km de mon domicile.

Le configurateur en ligne des armoires Ikea autorise le placement de tiroirs dans des charnières (mars - avril 2014, les croix rouges ont été ajoutées par l'auteur).
Dans le magasin, la configuration sur ordinateur n'est guère plus aisée.
La version du logiciel mise à disposition des clients ayant triomphé du labyrinthe vérifie la position des charnières mais ne permet pas de réaliser l'armoire de démonstration placée juste devant l'écran.
Fort heureusement, de sympathiques vendeuses vous aident à définir le placard de vos rêves. Dotées d'une informatique hors d'âge, elles établissent, tant bien que mal, la liste, longue comme un jour sans pain à la cannelle, des composants à acheter ou à récupérer soi-même.
Rentré chez moi, j'ai découvert que 2 tiroirs ainsi que les poignées de porte étaient restés enfouis au cœur du système d'information viking. Je n'ai pu obtenir les manquants qu'après une nouvelle épreuve du labyrinthe

Quant au montage, inutile de s'étendre. Les gauches gauchers sont manifestement sortis de la cible des successeurs d'Ingvar Kamprad.
La pose des glissières et charnières a été un grand moment de solitude où je me suis senti très gond.
À l'issue de cet épisode, je n'ai toujours pas l'amour du bricolage chevillé au corps.

Novateur lors de son installation en France, Ikea semble s'être figé sur son modèle d'offre très standardisée et de magasin massif dans lequel le client est retenu, souvent contre son gré, le plus longtemps possible.
A l'heure du web, de la fabrication flexible et de la logistique du dernier kilomètre, ce business très fordiste est de moins en moins en phase avec l'air du temps et ne devrait pas tarder de s'essouffler.

Le colosse suédois repose sur des pieds en sciure.

K(r)itiquement votre

samedi 14 décembre 2013

Les fumeurs vont payer la pénalisation des clients de la prostitution

Le récent vote par l'assemblée nationale d'une proposition de loi "renforçant la lutte contre le système prostitutionnel" illustre, à la limite de la caricature, l'essoufflement du système politique français.
Jugez sur pièces.

Déni de réalité
Peu de personnes contestent l'objectif de la nouvelle loi, lutter contre la traite des êtres humains et l'esclavage sexuel.
Toutefois sa mesure phare - la pénalisation des clients des péripatéticiennes et péripatéticiens - risque de ne pas produire l'effet escompté.
La Suède et la Norvège appliquent cette disposition depuis plus d'une dizaine d'années. Les études sérieuses et indépendantes sur son effet réel sont rares et surtout peu probantes.
Les prostituées ont disparu de l'écran radar scandinave mais personne ne peut affirmer dans quel sens leur activité et leur nombre ont évolué.
D'une manière générale, depuis que le monde est monde, les prohibitions de l'alcool, des drogues ou du sexe ont, avant tout, servi à enrichir les réseaux criminels.
Nos députés ont donc adopté un texte à l'efficacité inconnue, en se contentant de demander au gouvernement de pondre un vague rapport après deux ans d'application.

Efficacité absente
Même si la menace pénale comporte un caractère dissuasif, tout nouveau délit entraîne inévitablement de nouveaux contrevenants.
A titre d'exemple, en se basant sur les annonces internet et la présence récurrente de jeunes femmes court vêtues au bord des routes et boulevards, de l'ordre de 150 à 300 prostituées exercent leur art ancestral dans la région de Grenoble.
Quelques multiplications rapides conduisent à évaluer leur activité à plus de 100 000 prestations payantes de services sexuels par an.
En 2012, à titre de comparaison, les cambriolages recensés dans l'ensemble du département de l'Isère ont été légèrement inférieurs à 45 000.
La police et la justice étant pour le moins encombrées, la pénalisation des michetons soit sera exceptionnelle, soit s'obtiendra aux dépens de la poursuite d'autres délinquants.
Nos sympathiques parlementaires ne se sont, en aucune manière, souciés de ces menues contingences matérielles, qu'il est pourtant facile d'estimer avec de simples règles de trois.

Logique peu cartésienne
Nos élus ont décidé de rendre hors la loi l'achat d'un service dont la vente reste légale.
Pourquoi ne pas faire la même chose avec l'héroïne, laisser commercer les dealers et coffrer exclusivement les toxicos ?
De surcroît, la publicité pour les amours tarifées, plaisamment appelée racolage, un temps interdite, va même être à nouveau autorisée.

Procédures législatives surannées
L'élaboration de ce brillant texte a été laborieuse.
Il est d'ailleurs dommage que Marcel Proust n'ait pas confié la rédaction de sa "recherche du temps perdu" au parlement français. Des générations de bacheliers auraient ainsi évité de disserter sur les états d'âme d'un riche oisif neurasthénique. Écrite à un train de sénateur, sa pesante œuvre de 2400 pages se serait limitée à sa première phrase.
Pour accoucher d'un texte de 2035 mots, environ deux fois cette chronique, il aura fallu réunir :
- 1 grosse centaine de députés signataires,
- 1 commission ad hoc de 88 membres,
- 1 rapporteuse se fendant d'un filandreux rapport,
- la rédaction d'un copieux et indigeste exposé des motifs,
- 66 amendements,
- 3 séances plénières,
- 1 vote solennel auquel, toutefois, 171 députés, un petit tiers de l'hémicycle, au nom probablement de l'exemplarité civique, n'ont pas participé.
Bien entendu, tout cela n'est que la première escarmouche.
La balle est désormais dans le camp du sénat qui mettra en branle, à une date non encore planifiée, le même processus qui devrait ensuite déboucher sur une commission paritaire puis sur une seconde lecture.
A ce stade, il n'est pas non plus exclu que conseil constitutionnel ajoute son grain de sel et censure une partie du texte ...

Lois illisibles
Le résultat de ce travail forcené de nos députés manque de clarté.
Ainsi le texte débute par :
"Le 7 du I de l’article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique est ainsi modifié : au troisième alinéa, après la dernière occurrence du mot : « aux », sont insérées les références : « 225-4-1, 225-5, 225-6 »."
Cependant, si cette loi démarre difficilement, elle se termine nettement mieux.
L'avant-dernier article, soucieux de lutter contre les discriminations dont sont victimes les belles de nuit tahitiennes ou kanaks, nous rassure en stipulant que :
"la présente loi est applicable à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie".
Fumeuse augmentation des impôts
Si la pipe vénale va bientôt être hors la loi, la consommation de tabac reste, par contre, fortement encouragée.
La nouvelle loi, de la bouche du pauvre tapin retirant le morceau de pain, a prévu de soutenir les filles de joie en mal de revenus et de clientèle.
Pour ce faire, le prix des cigarettes va être accru comme le précise explicitement l'article 21 :
"les charges pour l’État, [...] les charges pour les collectivités territoriales [...] et les charges pour Pôle Emploi sont compensées à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits mentionnés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts".
Amis fumeurs, vous l'ignoriez surement, mais la taxation de votre goudron et de vos volutes bleutées se nomme dans le langage fleuri des gabelous 575 & 575A !
Frapper dans la même réglementation le sexe et les cigarettes frise le chef d'œuvre.
J'espère ardemment que les sénateurs, afin de parachever ce bel édifice législatif, réussiront à y adjoindre une petite redevance sur le vin ainsi que sur les grosses berlines allemandes à 4 roues motrices.

Tapiniquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique "racolage champêtre près de Grenoble"
- Je conseille à Jean le détonateur, que je remercie pour ses échanges vivifiants, de s'asseoir et de mettre un casque avant la lecture de cette chronique. Merci aussi à Laurent qui m'avait suggéré ce thème plusieurs semaines en arrière.
- Le lecteur attentif aura reconnu un extrait de la chanson de Georges Brassens "concurrence déloyale".
- Les chiffres de la délinquance en France sont publiés par le ministère de l'intérieur dans un rapport annuel.
- Rue89 a récapitulé et décortiqué les études sur la pénalisation des michetons suédois dans un article fouillé du 25 juillet 2013.

jeudi 11 avril 2013

Jean-François Copé n'est pas le seul bénéficiaire de l'argent du trafic d'armes

Le cas Cahuzac a fait réapparaître sur le devant de la scène médiatique nombre d'affaires politico-financières.
Ainsi, les photos de Jean-François Copé en vacances en compagnie du businessman Ziad Takieddine et d'avenantes jeunes femmes ont, à nouveau, largement circulé sur les réseaux sociaux.
Les internautes reprochent au maire de Meaux, non pas de bronzer son crâne d'œuf de concert avec plus chauve que lui, mais de bénéficier des largesses d'un trafiquant d'armes.
S'en prendre ainsi exclusivement au patron bourreur d'urnes de l'UMP est parfaitement injuste !
Le comportement du sieur Copé est aussi celui, malheureusement, de nombreuses autres personnalités françaises jusqu'ici insoupçonnées.

Prenant exemple sur d'autres gazettes électroniques, après une enquête minutieuse sur internet, Humeurs Mondialisées est en mesure de révéler une liste explosive de plusieurs noms ayant reçu directement de l'argent gagné par un marchand de mort :

- Serge Haroche, Georges Charpak, Pierre-Gilles de Gennes et Louis Néel, physiciens
- Jules Hoffmann, immunologue
- Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, inventeurs du virus du SIDA
- Maurice Allais, économiste équilibriste
- Albert Schweitzer, prototype du médecin humanitaire
- J.M.G. Le Clézio, Albert Camus, François Mauriac et André Gide, écrivains
- La famille Curie, scientifiques en série

Ces célébrités ont, au sens strict, tiré profit de la guerre et du terrorisme.
En effet, elles ont toutes été récompensées par au moins un Prix Nobel. La somme conséquente remise à chaque récipiendaire provient directement de l'héritage d'Alfred Nobel, décédé sans enfant.
Cet inventeur et industriel suédois a fait, dans la seconde partie du XIXème siècle, fructifier et prospérer la fabrique familiale d'armements et de munitions.
Plus soucieux de la sécurité de ses employés que de celle de ses clients, ce grand philanthrope a mis au point la dynamite, beaucoup moins dangereuse à fabriquer et à transporter que le fulmicoton ou la nitroglycérine alors utilisés pour pulvériser son prochain.
La commercialisation de cette éclatante innovation ainsi que de quelques autres pétards et escopettes rendit les sociétés Nobel et Bofors florissantes et fit la fortune d'Alfred.

A la fin de sa vie - à l'instar d'un Takieddine s'offrant les services de relations publiques de Copé pour redorer son blason terni - Alfred Nobel, taraudé par l'envie de laisser à la postérité une image humaniste, a institué par testament le prix éponyme destiné à honorer physiciens, chimistes, médecins, économistes, écrivains et, pirouette suprême, hommes de paix.

L'argent de l'armement corrompt tous les milieux.
Une exception toutefois, Jean-Paul Sartre fut le seul français à avoir eu le courage de refuser de croquer les fruits de la dynamite Nobel.
Quant à Jean-François Copé, personnellement, il me donne souvent la nausée ...

Explosivement votre

Références et compléments
- Merci à Jean qui mérite assurément le Prix Nobel du détonateur
- Voir aussi les chroniques "Mon premier Prix Nobel", "De Cahuzac, du téléphone et de la passion des archives" et "Petit bulletin de prévisions des fraudes et plagiats à venir"
- En tout, pas moins de 57 personnalités françaises ont tiré profit des activités explosives d'Alfred Nobel. Leur liste peut être consultée dans son intégralité en suivant ce lien.
- Biographies sur Wikipedia d'Alfred Nobel et de Jean-François Copé