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lundi 23 septembre 2019
formation managez un projet d'innovation - Grenoble - novembre 2019
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mardi 18 juin 2019
Découvrir le marché du bâtiment - Grenoble - jeudi 4 juillet 2019
innotelos participera à Grenoble le jeudi 4 juillet 2019 à la rencontre marché du bâtiment organisée conjointement par Minalogic et Tenerrdis.
Anne Munchenbach et Didier Lebouc effectueront une une présentation sur les fondamentaux économiques ainsi que les chaînes de valeur de ce marché complexe qu'est le bâtiment.
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S'inscrire à cette rencontre marché du bâtiment organisée par Minalogic
Anne Munchenbach et Didier Lebouc effectueront une une présentation sur les fondamentaux économiques ainsi que les chaînes de valeur de ce marché complexe qu'est le bâtiment.
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vendredi 15 février 2019
le 28 mars 2019 venez expérimenter l'agilité
innotelos vous propose de venir découvrir et expérimenter l'agilité le jeudi 28 mars 2019 à St Vincent de Mercuze (environs de Grenoble et Chambéry) avec un vitagame jeu de gestion de projet agile
Anne Munchenbach et votre serviteur Didier Lebouc ont créé en 2017 à Grenoble, innotelos | vitamines pour l'innovation, cabinet de conseil et de formation en agilité, innovation, développement de produits nouveaux et stratégie.
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samedi 10 novembre 2018
Didier Lebouc en perruque à Agile Grenoble 2018
Le 14 novembre, je présenterai à Agile Grenoble 2018 une intervention intitulée : "l'agilité entre la perruque de Monsieur Jourdain et le casque de chantier".
En savoir plus en suivant ce lien
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| La perruque de Monsieur Jourdain agiliste méconnu |
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16 Rue Boucher de Perthes, 38000 Grenoble, France
mercredi 9 mai 2018
innotelos & ixiade 2 entreprises de Grenoble au coeur de l'innovation
innotelos, l'entreprise que j'ai cofondé avec Anne Munchenbach, et ixiade ont chacune l'innovation à coeur et au coeur.
Elles ont récemment publié un communiqué commun sur leurs activités en stratégie, design, marketing, gestion de projet et expérience utilisateur.
Elles ont récemment publié un communiqué commun sur leurs activités en stratégie, design, marketing, gestion de projet et expérience utilisateur.
innotelos est un cabinet de conseil établi à Grenoble fondé en 2017.
innotelos assiste les entreprises qui innovent dans la "sortie" leurs projets et dans le développement de leurs clients rentables.
En savoir plus sur le site web de innotelos.
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En savoir plus sur le site web de innotelos.
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Grenoble, France
jeudi 21 décembre 2017
innotelos | vitamines pour l'innovation
Je viens, avec Anne Munchenbach, de fonder l'entreprise innotelos | vitamines pour l'innovation.
Cette société située à Grenoble propose des vitamines aux entreprises ou organisations qui innovent !
Vitamines V comme chaînes de Valeur
Trouver puis développer des clients vraiment rentables, adresser les bons canaux d’accès aux marchés, mettre en place des partenariats, activer la prescription, piloter des études de marché...
Vitamines E comme Efficacité
Améliorer la rentabilité de la tarification, imaginer un positionnement marketing unique, segmenter les offres vis à vis des clients et des accès, optimiser coûts & investissements, effectuer une veille stratégique...
Vitamines P comme Projets
S'appuyer sur la motivation & l’auto-organisation de l'équipe de projet, améliorer délais & performances, accueillir avec agilité l’incertitude...
Ces vitamines proviennent directement de nos 2 x 35 ans d'expérience internationale de terrain dans le domaine des innovations, de la stratégie et du management.
Tous les détails & contacts sur le site web de innotelos
Cette société située à Grenoble propose des vitamines aux entreprises ou organisations qui innovent !
Vitamines V comme chaînes de Valeur
Trouver puis développer des clients vraiment rentables, adresser les bons canaux d’accès aux marchés, mettre en place des partenariats, activer la prescription, piloter des études de marché...
Vitamines E comme Efficacité
Améliorer la rentabilité de la tarification, imaginer un positionnement marketing unique, segmenter les offres vis à vis des clients et des accès, optimiser coûts & investissements, effectuer une veille stratégique...
Vitamines P comme Projets
S'appuyer sur la motivation & l’auto-organisation de l'équipe de projet, améliorer délais & performances, accueillir avec agilité l’incertitude...
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| Didier Lebouc & Anne Munchenbach cofondateurs de innotelos | vitamines pour l'innovation (Grenoble) |
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Grenoble, France
mardi 27 septembre 2016
J’ai testé le site internet de campagne électorale de François Hollande
Aujourd’hui, des sympathisants ont mis en ligne un site à la gloire de l’actuel président français, baptisé « notre idée de la France ».
Ce media clame « oui ça va mieux » et nous invite à le vérifier, chiffres à l’appui, département par département.
Les résultats pour l’Isère, où je réside, sont, pour le moins, maigrelets.
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| Extrait du site « notre idée de la France » |
Chômage
« 611 créations nettes d’emplois depuis 2012 »La population active de l’Isère avoisine 800 000 personnes.
Le gouvernement en place a donc accru l’emploi en 5 ans dans une proportion de 1 pour 1 300.
Mon professeur de physique de terminale aurait qualifié cet exploit d’épaisseur du trait.
Jeunesse
« 1 171 jeunes ont bénéficié d’un emploi d’avenir »La phrase complète n’étant pas très claire, il est difficile de déterminer si cette valeur se rapporte à la seule année 2015 ou à l’ensemble du mandat présidentiel.
Le trait a bien grossi, un jeune isérois sur 200 est concerné.
Enseignement
« 1 304 postes créés depuis 2012 dans l’académie de Grenoble »Le territoire départemental étant un peu étriqué, il a été étendu à l’académie, c’est à dire à 4 autres départements limitrophes.
Le trait devient poutre. Les effectifs de l’Éducation Nationale ont augmenté de 2% en 5 ans !
Entreprises
« 2 562 entreprises sont soutenues par BPI France », la banque publique d’investissement.La poutre se confirme à 2% des sociétés dauphinoises.
Retraites
« 8 972 retraités ont bénéficié d’un départ anticipé depuis 2012 »Le compteur s’emballe à 3.5% des pensionnés isérois !
Impôts
« 174 618 foyers ont bénéficié d’une baisse d’impôt sur le revenu en 2015 »Cette fois, le match se joue presque à guichets fermés. Près d’un ménage sur trois a été moins ponctionné par les percepteurs de l’Isère l’an dernier.
Il manque toutefois la statistique des augmentations de prélèvements obligatoires de 2012 à 2016.
Supporter une équipe reléguable ressemble parfois à un sacerdoce.
Factuellement votre
Références et compléments
L’image et les citations sont issues du site « notre idée de la France » le mardi 27 septembre 2016 vers 18 heures.
Les valeurs ayant permis l’étalonnage des données hollandaises proviennent de l’INSEE et de l’Académie de Grenoble.
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Isère, France
lundi 16 mai 2016
La journée des tuiles révolte conservatrice à Grenoble en 1788
Connaître et apprécier l'histoire est différent de la commémorer sans cesse.
Événements et personnages sont habituellement plus ambigus que leur célébration à grands renforts d'estrades, de fleurs et de drapeaux.
À moins que les commémorations ne révèlent les véritables pensées de leurs organisateurs.
Jugez sur pièces avec cet exemple simultanément révolutionnaire et grenoblois.
Cette commémoration plus que bicentenaire - prévue cours Jean Jaurès et cours de la Libération - "met en scène les audaces dont Grenoble déborde" grâce à "la thématique « en marche, la marche, ça marche »" ainsi "qu'au chant et à la danse comme axes artistiques".
Durant les années 1780, le roi Louis XVI et les plus éclairés de ses ministres, sentant que leur régime se fissurait, tentèrent d'imposer des réformes.
Notamment, en mai 1788, ils voulurent mettre fin aux parlements qui étaient, à la fois, des tribunaux et des chambres d'enregistrement des lois mais aussi de puissants bastions du conservatisme féodal et des particularismes locaux.
La noblesse de robe, arc-boutée sur ses privilèges ancestraux, engagea illico le bras de fer avec une royauté trop progressiste à ses yeux.
Une partie de la bourgeoisie lui emboîta le pas, pensant trouver une occasion de rejoindre le club par la reconnaissance des mérites de sa richesse.
Des échauffourées eurent lieu un peu partout, notamment à Paris et à Rennes. À Grenoble, la défense des parlementaires atteignit son paroxysme.
La capitale du Dauphiné était alors une petite ville d'à peine 20 000 personnes enserrée dans des remparts exigus.
L'essentiel de la population dépendait, directement ou indirectement, des activités de son parlement. Sa mise en vacances menaçait directement la survie de la bourgade.
Aussi le 7 juin 1788, alors que les représentants locaux du roi voulaient éloigner de Grenoble les parlementaires, une émeute conséquente éclatait, attisée par des troupes mal commandées et mal inspirées.
Celles-ci, après avoir fait usage de leurs fusils, furent soumises à une pluie de tuiles lancées par des habitants juchés sur les toits.
En fin de journée, 3 morts et plusieurs dizaines de blessés étaient à déplorer.
Pour mettre fin à une insurrection presque hors de contrôle, le gouverneur cédait et acceptait que les parlementaires, acclamés par les émeutiers, restent en ville.
Quelques semaines plus tard, afin de ramener un calme durable, la monarchie se résolut à réunir les états-généraux du Dauphiné, à Vizille puis à Romans sur Isère, après un siècle et demi d'interruption.
Dans la foulée, sous pression de toute part, trop affaibli pour réformer, Louis XVI convoqua pour le printemps 1789 des états-généraux nationaux.
La révolution française était en marche.
Contrairement à l'imagerie à la fin du 19ème siècle véhiculée par la troisième république naissante en mal de symboles, la journée des tuiles ne fut pas une révolte populaire spontanée revendiquant, un an avant Paris, l'égalité des droits.
À peine la réforme annoncée, les parlementaires grenoblois, avec à leur tête le très charismatique et très noble Albert de Bérulle, se sont crispés sur leurs prérogatives et privilèges vieux de plus de 3 siècles.
Des avocats issus de la bourgeoisie - notamment Antoine Barnave et Jean-Joseph Mounier - leur ont emboîté le pas espérant récupérer un bout du fromage et agirent efficacement pour entraîner la population urbaine dans leur sillage.
Les campagnes alentour n'ont pas participé à l'émeute.
À court terme, la journée des tuiles permit de rétablir le statu quo au prix d'un affaiblissement de la royauté.
Un an plus tard, la révolution française débutait qui allait balayer les institutions monarchiques - à commencer par les parlements - et unifier les lois sur tout le territoire.
Néanmoins - en osant l'anachronisme du vocabulaire contemporain - ces deux politiques grenoblois n'étaient pas vraiment des gauchistes, bien au contraire.
Même si Mounier rédigea, à l'été 1789, les trois premiers articles de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, Barnave et lui furent vite parmi les meilleurs défenseurs, avec quelques nuances, de la monarchie constitutionnelle, du suffrage censitaire et même de l'inégalité entre blancs et noirs.
Antoine Barnave finit en 1793 ratiboisé par une guillotine à cause de sa trop grande proximité avec la reine Marie Antoinette.
Jean-Joseph Mounier, plus soucieux de son intégrité physique, alla faire du tourisme en Suisse dès 1790 avant d'être rappelé par Napoléon après 1800 qui le neutralisa sous les honneurs.
Il mourut courageusement dans son lit en 1806.
Historiquement votre
Références et compléments
Mes remerciements à Jean, une fois encore, initiateur de cette chronique.
Voir aussi d'autres chroniques sur les commémorations historiques douteuses
Événements et personnages sont habituellement plus ambigus que leur célébration à grands renforts d'estrades, de fleurs et de drapeaux.
À moins que les commémorations ne révèlent les véritables pensées de leurs organisateurs.
Jugez sur pièces avec cet exemple simultanément révolutionnaire et grenoblois.
À Grenoble des tuiles à gauche toute
L'actuelle municipalité daltonienne grenobloise - composée de verts et de rouges et menée par l'écologiste Eric Piolle - organise le 4 juin 2016, pour la seconde année, la "fête des tuiles" qui exalte la journée éponyme de 1788, "étincelle de la Révolution Française".Cette commémoration plus que bicentenaire - prévue cours Jean Jaurès et cours de la Libération - "met en scène les audaces dont Grenoble déborde" grâce à "la thématique « en marche, la marche, ça marche »" ainsi "qu'au chant et à la danse comme axes artistiques".
La journée des tuiles premier ébranlement de la monarchie française
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| La journée des tuiles peinte par Alexandre Debelle en 1890 |
Durant les années 1780, le roi Louis XVI et les plus éclairés de ses ministres, sentant que leur régime se fissurait, tentèrent d'imposer des réformes.
Notamment, en mai 1788, ils voulurent mettre fin aux parlements qui étaient, à la fois, des tribunaux et des chambres d'enregistrement des lois mais aussi de puissants bastions du conservatisme féodal et des particularismes locaux.
La noblesse de robe, arc-boutée sur ses privilèges ancestraux, engagea illico le bras de fer avec une royauté trop progressiste à ses yeux.
Une partie de la bourgeoisie lui emboîta le pas, pensant trouver une occasion de rejoindre le club par la reconnaissance des mérites de sa richesse.
Des échauffourées eurent lieu un peu partout, notamment à Paris et à Rennes. À Grenoble, la défense des parlementaires atteignit son paroxysme.
La capitale du Dauphiné était alors une petite ville d'à peine 20 000 personnes enserrée dans des remparts exigus.
L'essentiel de la population dépendait, directement ou indirectement, des activités de son parlement. Sa mise en vacances menaçait directement la survie de la bourgade.
Aussi le 7 juin 1788, alors que les représentants locaux du roi voulaient éloigner de Grenoble les parlementaires, une émeute conséquente éclatait, attisée par des troupes mal commandées et mal inspirées.
Celles-ci, après avoir fait usage de leurs fusils, furent soumises à une pluie de tuiles lancées par des habitants juchés sur les toits.
En fin de journée, 3 morts et plusieurs dizaines de blessés étaient à déplorer.
Pour mettre fin à une insurrection presque hors de contrôle, le gouverneur cédait et acceptait que les parlementaires, acclamés par les émeutiers, restent en ville.
Quelques semaines plus tard, afin de ramener un calme durable, la monarchie se résolut à réunir les états-généraux du Dauphiné, à Vizille puis à Romans sur Isère, après un siècle et demi d'interruption.
Dans la foulée, sous pression de toute part, trop affaibli pour réformer, Louis XVI convoqua pour le printemps 1789 des états-généraux nationaux.
La révolution française était en marche.
La journée des tuiles dernier soubresaut de l'ordre ancien
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| Albert de Bérulle premier président du parlement du Dauphiné lors de la journée des tuiles |
Contrairement à l'imagerie à la fin du 19ème siècle véhiculée par la troisième république naissante en mal de symboles, la journée des tuiles ne fut pas une révolte populaire spontanée revendiquant, un an avant Paris, l'égalité des droits.
À peine la réforme annoncée, les parlementaires grenoblois, avec à leur tête le très charismatique et très noble Albert de Bérulle, se sont crispés sur leurs prérogatives et privilèges vieux de plus de 3 siècles.
Des avocats issus de la bourgeoisie - notamment Antoine Barnave et Jean-Joseph Mounier - leur ont emboîté le pas espérant récupérer un bout du fromage et agirent efficacement pour entraîner la population urbaine dans leur sillage.
Les campagnes alentour n'ont pas participé à l'émeute.
À court terme, la journée des tuiles permit de rétablir le statu quo au prix d'un affaiblissement de la royauté.
Un an plus tard, la révolution française débutait qui allait balayer les institutions monarchiques - à commencer par les parlements - et unifier les lois sur tout le territoire.
Des révolutionnaires peu révolutionnaires
Les regrettés avocats grenoblois Barnave et Mounier, élus aux états-généraux de 1789, furent très actifs au commencement de la révolution.Néanmoins - en osant l'anachronisme du vocabulaire contemporain - ces deux politiques grenoblois n'étaient pas vraiment des gauchistes, bien au contraire.
Même si Mounier rédigea, à l'été 1789, les trois premiers articles de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, Barnave et lui furent vite parmi les meilleurs défenseurs, avec quelques nuances, de la monarchie constitutionnelle, du suffrage censitaire et même de l'inégalité entre blancs et noirs.
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| Barnave caricaturé en Janus à 2 faces : 1789 l'homme du peuple, 1791 l'homme de la cour |
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| Jean-Joseph Mounier |
Il mourut courageusement dans son lit en 1806.
Historiquement votre
Références et compléments
Mes remerciements à Jean, une fois encore, initiateur de cette chronique.
Voir aussi d'autres chroniques sur les commémorations historiques douteuses
- Exigeons une commémoration par jour !
- Jeanne d'Arc n'avait pas la peau lisse
- Les étranges hommages de Hollande à Marie Curie et Jules Ferry
- L'insoutenable ambiguïté des monuments aux morts
- L'insoutenable ambiguïté du défilé du 14 juillet
- Journée des tuiles de Grenoble du 7 juin 1788
- Parlement du Dauphiné
- Antoine Barnave
- Jean-Joseph Mounier
- Eric Piolle
- Tableau de la journée des tuiles peint par Alexandre Debelle
- Albert de Bérulle
- Antoine Barnave
- Jean-Joseph Mounier
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dimanche 1 mai 2016
Deux rayons de soleil dans un ciel européen grisâtre
Trop souvent nous préférons porter notre attention sur les déraillements plutôt que sur les trains qui arrivent à l’heure à bon port.
Les colonnes de ce blog ne font pas, en ce domaine, exception.
Aussi, une fois n’est pas coutume, je voudrais relater deux rayons de soleil ayant dardé cette semaine. Bien que ténus et fragiles, ils possèdent l’immense mérite de contraster avec la morosité de l’heure.
Le néologisme « doctorant » désigne un étudiant en train de réaliser une thèse de doctorat, c’est à dire d’approfondir durant environ trois ans un sujet de recherche très précis qui n’a encore été défriché par personne.
Optimisme et dynamisme se dégageaient de ces exposés variés.
Demain bouillonne et émerge dès aujourd'hui dans les laboratoires de recherche.
Des jeunes des quatre coins de la planète, s’exprimant indifféremment en anglais ou en français, s’acharnent à faire émerger des caméras sans fil ni pile, des trains plus économes, des bâtiments plus agréables et moins énergivores, des puces en diamant, des accès encore plus aisés à internet ou des avions plus surs, pour ne citer que quelques uns des thèmes des 500 doctorats en « electrical engineering » en cours dans la région de Grenoble.
Bien entendu, certaines de ces recherches ne déboucheront pas mais la plupart - directement mais aussi de manière inattendue - modifieront dans le futur nos quotidiens personnels et professionnels.
Notre avenir apparaissait, au cours de cette conférence, déjà palpable.
Je m’excuse auprès de mes amis transalpins mais, jusqu’alors, j’ignorais l’existence de Sandro Gozi qui est un professeur et homme politique italien, actuellement secrétaire d’état aux affaires européennes.
Dans son entretien, ce ministre polyglotte explique que les premiers étudiants à avoir bénéficié du programme universitaire européen Erasmus - il fut l’un d’entre eux dans les années 1990 à Paris et Bruxelles - occupent désormais des postes de responsabilité et « qu’ils doivent sauver l’Europe ».
Plus étonnant et plus énergisant, il rappelle aussi qu’Erasmus a eu pour conséquence la formation de nombreux couples transfrontaliers qui ont « l’Europe inscrite dans leur ADN ».
Environ un quart des étudiants ayant bénéficié de ce programme vit avec une personne d’une autre nationalité que la sienne.
Désormais presque 500 000 couples - sensiblement 1 ménage européen sur 200 - doivent leur rencontre à Erasmus.
Le chiffre du million de bébés Erasmus rendu public par la commission de Bruxelles et repris par Sandro Gozi n’est pas encore atteint mais devrait l’être d’ici 5 ans.
Tous comptes faits, les « deux oncles » de Brassens sont en passe de « devenir des soldats inconnus ».
Optimistement votre
Références et compléments
Je remercie Gérard Meunier pour m’avoir invité à la journée des doctorants de EEATS.
Toutes les informations sur les doctorats en « electrical engineering » dans la région de Grenoble sont disponibles sur le site de l’école doctorale EEATS.
La chanson « les deux oncles » de Georges Brassens - qui choqua beaucoup lors de sa sortie en 1964 - prône la réconciliation européenne après les deux conflits mondiaux.
Le texte met en scène deux oncles décédés à la guerre, l’un « ami des Tommies » c’est à dire des anglais, l’autre autre « ami des Teutons » autrement dit des allemands, dont l’auteur se sert pour appeler à dépasser leur opposition passée « maintenant que vos controverses se sont tues ».
L’interview de Sandro Gozi a été évoquée par Jacques Munier sur France Culture dans son billet quotidien « le journal des idées ».
Elle est disponible en ligne sur le site du Point (consultation payante).
Page sur le site des Éditions Plon au sujet du livre de Sandro Gozi « Génération Erasmus - Ils sont déjà au pouvoir ».
Articles Wikipedia sur Erasmus et sur Sandro Gozi.
La photo extraite du film de Cédric Klapisch « casse-tête chinois » a été trouvée dans un article de Libération sur le million de bébés Erasmus et provient de StudioCanal.
Les colonnes de ce blog ne font pas, en ce domaine, exception.
Aussi, une fois n’est pas coutume, je voudrais relater deux rayons de soleil ayant dardé cette semaine. Bien que ténus et fragiles, ils possèdent l’immense mérite de contraster avec la morosité de l’heure.
Des docteurs qui changent le monde
« Mais soyons vrais, docteur, quand la jeunesse et l'amour sont d'accord … »La semaine dernière, j’ai eu l’opportunité et la chance d’assister à des présentations par des « doctorants » grenoblois de leurs travaux et d’échanger avec plusieurs d’entre eux.
Beaumarchais - Le barbier de Séville
Le néologisme « doctorant » désigne un étudiant en train de réaliser une thèse de doctorat, c’est à dire d’approfondir durant environ trois ans un sujet de recherche très précis qui n’a encore été défriché par personne.
Optimisme et dynamisme se dégageaient de ces exposés variés.
Demain bouillonne et émerge dès aujourd'hui dans les laboratoires de recherche.
Des jeunes des quatre coins de la planète, s’exprimant indifféremment en anglais ou en français, s’acharnent à faire émerger des caméras sans fil ni pile, des trains plus économes, des bâtiments plus agréables et moins énergivores, des puces en diamant, des accès encore plus aisés à internet ou des avions plus surs, pour ne citer que quelques uns des thèmes des 500 doctorats en « electrical engineering » en cours dans la région de Grenoble.
Bien entendu, certaines de ces recherches ne déboucheront pas mais la plupart - directement mais aussi de manière inattendue - modifieront dans le futur nos quotidiens personnels et professionnels.
Notre avenir apparaissait, au cours de cette conférence, déjà palpable.
Erasmus ou l’amour saute-frontières
« Vos filles et vos fils vont la main dans la mainÀ peu près au même moment, Sandro Gozi donnait une interview au magazine français Le Point à l’occasion de la sortie de son livre « Génération Erasmus - Ils sont déjà au pouvoir ».
Faire l'amour ensemble et l'Europe de demain »
Georges Brassens - Les deux oncles
Je m’excuse auprès de mes amis transalpins mais, jusqu’alors, j’ignorais l’existence de Sandro Gozi qui est un professeur et homme politique italien, actuellement secrétaire d’état aux affaires européennes.
Dans son entretien, ce ministre polyglotte explique que les premiers étudiants à avoir bénéficié du programme universitaire européen Erasmus - il fut l’un d’entre eux dans les années 1990 à Paris et Bruxelles - occupent désormais des postes de responsabilité et « qu’ils doivent sauver l’Europe ».
Plus étonnant et plus énergisant, il rappelle aussi qu’Erasmus a eu pour conséquence la formation de nombreux couples transfrontaliers qui ont « l’Europe inscrite dans leur ADN ».
Environ un quart des étudiants ayant bénéficié de ce programme vit avec une personne d’une autre nationalité que la sienne.
Désormais presque 500 000 couples - sensiblement 1 ménage européen sur 200 - doivent leur rencontre à Erasmus.
Le chiffre du million de bébés Erasmus rendu public par la commission de Bruxelles et repris par Sandro Gozi n’est pas encore atteint mais devrait l’être d’ici 5 ans.
Tous comptes faits, les « deux oncles » de Brassens sont en passe de « devenir des soldats inconnus ».
« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore »
Anatole France
Optimistement votre
Références et compléments
Je remercie Gérard Meunier pour m’avoir invité à la journée des doctorants de EEATS.
Toutes les informations sur les doctorats en « electrical engineering » dans la région de Grenoble sont disponibles sur le site de l’école doctorale EEATS.
La chanson « les deux oncles » de Georges Brassens - qui choqua beaucoup lors de sa sortie en 1964 - prône la réconciliation européenne après les deux conflits mondiaux.
Le texte met en scène deux oncles décédés à la guerre, l’un « ami des Tommies » c’est à dire des anglais, l’autre autre « ami des Teutons » autrement dit des allemands, dont l’auteur se sert pour appeler à dépasser leur opposition passée « maintenant que vos controverses se sont tues ».
L’interview de Sandro Gozi a été évoquée par Jacques Munier sur France Culture dans son billet quotidien « le journal des idées ».
Elle est disponible en ligne sur le site du Point (consultation payante).
Page sur le site des Éditions Plon au sujet du livre de Sandro Gozi « Génération Erasmus - Ils sont déjà au pouvoir ».
Articles Wikipedia sur Erasmus et sur Sandro Gozi.
La photo extraite du film de Cédric Klapisch « casse-tête chinois » a été trouvée dans un article de Libération sur le million de bébés Erasmus et provient de StudioCanal.
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samedi 26 mars 2016
Easyjet sévissait déjà sous Napoléon III
Le journal « Le Dauphiné - revue littéraire et artistique - courrier des eaux thermales de la région » est une mine d’information sur le quotidien du second empire, alors que la première révolution industrielle battait son plein.
Ainsi le numéro du jeudi 25 juillet 1867, nous annonce que l’établissement thermal d’Uriage à une douzaine de kilomètres de Grenoble pratique désormais, à l’instar de nos compagnies aériennes ou ferroviaires modernes, une tarification flexible des bains.
Bien entendu, cette introduction du yield management est encore timide.
Loin des excès de Ryanair et Easyjet, la différence de prix entre heures creuses et heures de pointe n’est que de 17%.
Cette innovation marketing s’accompagne d’un petit cadeau destiné à faire passer la pilule auprès d’une clientèle rétive au changement : une serviette gratuite est incluse dans la prestation.
Le prix du bain - 1.5 francs - équivalait en 1867 à 8 heures de salaire ouvrier.
Autant dire que seuls quelques privilégiés pouvaient se permettre de barboter dans les eaux revigorantes d’Uriage .
D’ailleurs, chaque exemplaire du Dauphiné publie la listes des « étrangers », presque tous français, en villégiature. En pleine saison, leur effectif oscillait entre 150 et 200.
Désormais, les spas sont nettement plus abordables.
Une séance de piscine « thermo-forme » à Uriage coûte aux alentours de 7 €, trois quart d’heures de SMIC, 10 fois moins que sous le règne du regretté Napoléon III.
Il faut recourir aux soins du corps et massages qui se sont beaucoup développés pour atteindre les prix acquittés par les « baigneurs » du second empire.
Débourser 8 heures de SMIC permet de s’offrir en 2016 une heure de massage « modelage aux pierres chaudes vocaniques » ou bien une épilation poussée « sourcils + aisselles + maillot intégral + jambes complètes ».
Jacuzziquement votre
Merci à Roland qui a dégotté la collection complète du journal Le Dauphiné de 1867.
Les tarifs de 2016 de l'Établissement Thermal d'Uriage proviennent de sa brochure en ligne intitulée "Centre d'Hydrothérapie".
L'idée d'étalonner les prix dans la longue durée avec les temps salariaux provient du livre de Jean Fourastié et Béatrice Bazil "Pourquoi les prix baissent ?" (Editions Hachette 1984).
Ainsi le numéro du jeudi 25 juillet 1867, nous annonce que l’établissement thermal d’Uriage à une douzaine de kilomètres de Grenoble pratique désormais, à l’instar de nos compagnies aériennes ou ferroviaires modernes, une tarification flexible des bains.
« Sous le régime de l’ancien tarif, le prix du bain était invariable.
Il en résultait un encombrement inévitable aux heures préférées du public. de là des plaintes et des récriminations.
[…]
Avec le nouveau tarif, cet inconvénient doit disparaitre.
Et nous nous hâtons de dire que l’expérience de ces vingt jours a déjà suffi pour confirmer la justesse de la prévision.
La légère augmentation de prix aux heures plus commodes a suffi pour en écarter un certain nombre de baigneurs plus soucieux de l’équilibre de leur budget que de leur commodité.
Le service moins encombré se fait mieux et en définitive tout le monde y gagne. »
Bien entendu, cette introduction du yield management est encore timide.
Loin des excès de Ryanair et Easyjet, la différence de prix entre heures creuses et heures de pointe n’est que de 17%.
Cette innovation marketing s’accompagne d’un petit cadeau destiné à faire passer la pilule auprès d’une clientèle rétive au changement : une serviette gratuite est incluse dans la prestation.
Le prix du bain - 1.5 francs - équivalait en 1867 à 8 heures de salaire ouvrier.
Autant dire que seuls quelques privilégiés pouvaient se permettre de barboter dans les eaux revigorantes d’Uriage .
D’ailleurs, chaque exemplaire du Dauphiné publie la listes des « étrangers », presque tous français, en villégiature. En pleine saison, leur effectif oscillait entre 150 et 200.
Désormais, les spas sont nettement plus abordables.
Une séance de piscine « thermo-forme » à Uriage coûte aux alentours de 7 €, trois quart d’heures de SMIC, 10 fois moins que sous le règne du regretté Napoléon III.
Il faut recourir aux soins du corps et massages qui se sont beaucoup développés pour atteindre les prix acquittés par les « baigneurs » du second empire.
Débourser 8 heures de SMIC permet de s’offrir en 2016 une heure de massage « modelage aux pierres chaudes vocaniques » ou bien une épilation poussée « sourcils + aisselles + maillot intégral + jambes complètes ».
Jacuzziquement votre
Références et compléments
Voir aussi d'autres billets sur l'évolution des prix au fil du temps :- "La nourriture est-elle moins chère que sous Louis XV ?"
- "Le prix de l'alcool chute, celui de la convivialité s'envole"
- "Une voiture est-elle moins chère qu'un cheval sous Louis XV ?"
- "Les Trains Express Régionaux étaient bien pires sous Napoléon III"
- "Le coût de l'écrit s'effondre"
- "Timbres-poste, iPhone et salaires ouvriers"
- "Des encyclopédies et de l'iPhone au fil des présidences"
- "Le prix de l'essence et des voitures en forte baisse"
- "Comme l'essence, l'immobilier baisse"
Merci à Roland qui a dégotté la collection complète du journal Le Dauphiné de 1867.
Les tarifs de 2016 de l'Établissement Thermal d'Uriage proviennent de sa brochure en ligne intitulée "Centre d'Hydrothérapie".
L'idée d'étalonner les prix dans la longue durée avec les temps salariaux provient du livre de Jean Fourastié et Béatrice Bazil "Pourquoi les prix baissent ?" (Editions Hachette 1984).
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Uriage les Bains, 38410 Vaulnaveys-le-Haut, France
samedi 20 février 2016
Les Trains Express Régionaux étaient bien pires sous Napoléon III
Aux dires de beaucoup de leurs passagers, les Trains Express Régionaux de Rhône-Alpes - plaisamment acronymisés TER - sont un modèle de service déplorable et d'irrégularité.
Toutefois un coup d'œil vers le passé permet de relativiser quelque peu ...
Le numéro du dimanche 12 mai 1867 du journal "Le Dauphiné - revue littéraire et artistique - courrier des eaux thermales de la région" nous informe en dernière page des horaires et tarifs de train entre Grenoble et Lyon.
Aujourd'hui, lorsque la voie est libre de conflits sociaux et d'incidents, 80 minutes suffisent à des trains électriques décarbonés, presque exclusivement nucléaires et hydrauliques.
Sous le second empire, il n'y avait que 4 départs depuis la gare de Grenoble : 6H00, 10H05, 15H42 et 17H45.
Désormais, pas moins de 30 circulations ferroviaires quotidiennes sont assurées.
Il va sans dire que les charges sociales et l'impôt sur le revenu étaient inexistants et qu'ainsi ce salaire était vraiment "net net".
Le ticket de troisième classe coûtait 7.45 francs, c'est à dire 37 heures de labeur, presque 4 jours !
Pas étonnant qu'avec de tels prix, le départ des habitants des Alpes vers Paris - comme le fit mon arrière-arrière-grand-mère - prenaient des allures d'émigration définitive.
La première classe était le refuge des riches. Les tarifs doublés éloignaient efficacement les prolétaires des banquettes en velours.
En 2016, le billet de seconde classe de TER sans aucune réduction ou abonnement vaut 22.5 €, c'est à dire 2.3 heures de SMIC, 16 fois moins que sous Napoléon III.
Les nouveaux bus impulsés par Emmanuel Macron, le sémillant ministre français de l'économie, font encore mieux. La plupart de leurs billets sont à 9 €, juste en dessous de l'heure de travail ouvrier.
Une économie d'un facteur 40 par rapport aux débuts du chemin de fer.
Empiriquement votre
Références et compléments
Voir aussi la chronique "un destin français : Françoise Arbenne-Reinier migrante" ainsi que d'autres billets sur l'évolution des prix au fil du temps :
Merci à Roland qui a dégotté la collection complète du journal Le Dauphiné de 1867.
L'idée d'étalonner les prix dans la longue durée avec les temps salariaux provient du livre de Jean Fourastié et Béatrice Bazil "Pourquoi les prix baissent ?" (Editions Hachette 1984).
Toutefois un coup d'œil vers le passé permet de relativiser quelque peu ...
Le numéro du dimanche 12 mai 1867 du journal "Le Dauphiné - revue littéraire et artistique - courrier des eaux thermales de la région" nous informe en dernière page des horaires et tarifs de train entre Grenoble et Lyon.
Un train de sénateur
Relier par le rail la capitale des Alpes à celle des Gaules grâce à une locomotive à vapeur émettant des doses conséquentes de CO2 et de particules demandait alors près de 4.5 heures.Aujourd'hui, lorsque la voie est libre de conflits sociaux et d'incidents, 80 minutes suffisent à des trains électriques décarbonés, presque exclusivement nucléaires et hydrauliques.
Sous le second empire, il n'y avait que 4 départs depuis la gare de Grenoble : 6H00, 10H05, 15H42 et 17H45.
Désormais, pas moins de 30 circulations ferroviaires quotidiennes sont assurées.
Des tarifs prohibitifs
Vers 1867, un ouvrier était rémunéré 2 francs pour une journée de travail de 10 heures qui se répétait 6 fois par semaine.Il va sans dire que les charges sociales et l'impôt sur le revenu étaient inexistants et qu'ainsi ce salaire était vraiment "net net".
Le ticket de troisième classe coûtait 7.45 francs, c'est à dire 37 heures de labeur, presque 4 jours !
Pas étonnant qu'avec de tels prix, le départ des habitants des Alpes vers Paris - comme le fit mon arrière-arrière-grand-mère - prenaient des allures d'émigration définitive.
La première classe était le refuge des riches. Les tarifs doublés éloignaient efficacement les prolétaires des banquettes en velours.
En 2016, le billet de seconde classe de TER sans aucune réduction ou abonnement vaut 22.5 €, c'est à dire 2.3 heures de SMIC, 16 fois moins que sous Napoléon III.
Les nouveaux bus impulsés par Emmanuel Macron, le sémillant ministre français de l'économie, font encore mieux. La plupart de leurs billets sont à 9 €, juste en dessous de l'heure de travail ouvrier.
Une économie d'un facteur 40 par rapport aux débuts du chemin de fer.
Empiriquement votre
Références et compléments
Voir aussi la chronique "un destin français : Françoise Arbenne-Reinier migrante" ainsi que d'autres billets sur l'évolution des prix au fil du temps :
- "La nourriture est-elle moins chère que sous Louis XV ?"
- "Le prix de l'alcool chute, celui de la convivialité s'envole"
- "Une voiture est-elle moins chère qu'un cheval sous Louis XV ?"
- "Le coût de l'écrit s'effondre"
- "Timbres-poste, iPhone et salaires ouvriers"
- "Des encyclopédies et de l'iPhone au fil des présidences"
- "Le prix de l'essence et des voitures en forte baisse"
- "Comme l'essence, l'immobilier baisse"
Merci à Roland qui a dégotté la collection complète du journal Le Dauphiné de 1867.
L'idée d'étalonner les prix dans la longue durée avec les temps salariaux provient du livre de Jean Fourastié et Béatrice Bazil "Pourquoi les prix baissent ?" (Editions Hachette 1984).
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Grenoble, France
jeudi 14 janvier 2016
La Pravda ressuscite à Meylan
Imaginez que le maire de votre ville se présente à votre logis familial en fin d'année, au moment où pompiers et facteurs proposent leurs calendriers, exige que vous lui remettiez 50 € et vous promette la livraison d'un bon demi kilo de papier dans les semaines à venir.
Contrairement aux apparences, je ne suis pas devenu gâteux ou alcoolique car cette scène improbable se répète - à l'exclusion du déplacement domiciliaire de l'élu - depuis une grande lurette à Meylan, commune de la banlieue de Grenoble où je réside.
Ce canard de 24 pages en couleur propose 90 grammes d'informations municipales de haute volée.
Son action désintéressée et novatrice au service du bien commun est mise en valeur dans ses moindres détails.
Dans la dernière livraison en date, on apprend que l'édile en chef a le 11 novembre dernier, "célébré le 97ème anniversaire de l'armistice de 1918".
Puis, le 16 novembre, il remettait le couvert pour honorer les "victimes des attentats de Paris".
Un peu plus loin, l'élu nous prie de ne "pas minimiser la délinquance" et proclame qu'il est "résolu à amplifier la fermeté".
Toutefois, probablement pour rester dans une veine patriote mais en aucun cas nationaliste, Damien Guiguet annonce, en page 3, cliché à l'appui, s'être débarrassé en Angleterre de son écharpe tricolore.
Il recommande, dans l'éditorial, la lecture du roman de Boualem Sansal intitulé 2084.
Pour un prochain numéro, je lui signale que je connais personnellement au moins un excellent auteur meylanais et que je peux, s'il le souhaite, les mettre en relation.
Aussi l'espace "d'expression politique" qui lui est réservé est tout simplement vide.
La feuille de chou de Damien Guiguet coûte grosso modo 200 000 € par an en deniers publics, soit 12 € par habitant, quasiment 50 € pour une famille de 4 personnes.
Ces chiffres sont reconstruits et approximatifs car, à ce jour, le site web de la mairie de Meylan ne propose pas de documents économiques détaillés explicitant l'emploi de nos taxes et impôts.
Malgré tout, je suis confiant dans l'ordre de grandeur de mon calcul.
Aussi, je met au défi la municipalité de réaliser, grandeur nature, une expérience de contraction budgétaire.
Pour ce faire, je lui propose de cesser, pendant un semestre, la publication et la diffusion de "Meylan ma ville" et de relever combien des 17 500 meylanais vont se plaindre de la disparition de cet Everest de la presse.
De surcroît, avec les sommes économisées, Damien Guiguet pourrait inviter les Chœurs de l'Armée Rouge à se produire dans notre ville !
Soviétiquement votre
Références et compléments
Voir aussi les autres chroniques sur Meylan, notamment "tout savoir (ou presque) des finances municipales".
L'auteur rappelle qu'il n'a aucune affiliation politique locale ou nationale. Cette chronique est celle d'un citoyen, contribuable et électeur ordinaire.
Le chiffre approximatif de 200 000 € annuels pour le journal "Meylan ma ville" a été obtenu comme suit :
La livraison de "Meylan ma ville" citée dans cette chronique est le n°117 (décembre 2015 - janvier 2016).
Les 8 élus d'opposition à l'expression politique vide sont Aurélie Alfonsi, Christophe Batailh, Philippe Cardin, Mélina Herenger, Antoine Jammes, Marie-Odile Novelli, Christel Refour, Michel Bernard.
Pour la majorité, en plus du maire Damien Guiguet, Jean-Claude Pétrone, Françoise Balas, Chantal Allouis et Jean-Claude Peyrin sont cités dans la Pravda meylanaise.
J'ai conscience que les deux photos de "Meylan ma ville" que j'ai réalisé ne respectent pas pleinement les règles de propriété intellectuelle en vigueur.
Toutefois comme je participe à l'insu de mon plein gré au financement de cette gazette, toute remarque sur ce point serait particulièrement déplacée.
La photo de la une de la Pravda de mai 1919 provient de Wikimedia Commons et est issue des archives de RIA Novosti.
Contrairement aux apparences, je ne suis pas devenu gâteux ou alcoolique car cette scène improbable se répète - à l'exclusion du déplacement domiciliaire de l'élu - depuis une grande lurette à Meylan, commune de la banlieue de Grenoble où je réside.
Une tonne de paplard pour l'ensemble de la commune
En effet, tous les 2 mois, ma boîte aux lettres reçoit "Meylan ma ville", le journal de la municipalité.Ce canard de 24 pages en couleur propose 90 grammes d'informations municipales de haute volée.
| Pesée avec une balance de cuisine du n°117 de "Meylan ma ville" : 91 grammes |
Une ode au maire
Pas moins de 17 mentions ou photographies de Damien Guiguet, actuel maire de Meylan, apparaissent au fil des articles.Son action désintéressée et novatrice au service du bien commun est mise en valeur dans ses moindres détails.
Dans la dernière livraison en date, on apprend que l'édile en chef a le 11 novembre dernier, "célébré le 97ème anniversaire de l'armistice de 1918".
Puis, le 16 novembre, il remettait le couvert pour honorer les "victimes des attentats de Paris".
Un peu plus loin, l'élu nous prie de ne "pas minimiser la délinquance" et proclame qu'il est "résolu à amplifier la fermeté".
Toutefois, probablement pour rester dans une veine patriote mais en aucun cas nationaliste, Damien Guiguet annonce, en page 3, cliché à l'appui, s'être débarrassé en Angleterre de son écharpe tricolore.
Un magazine littéraire
Le maire, aux talents polymorphes, est aussi critique de livres.Il recommande, dans l'éditorial, la lecture du roman de Boualem Sansal intitulé 2084.
Pour un prochain numéro, je lui signale que je connais personnellement au moins un excellent auteur meylanais et que je peux, s'il le souhaite, les mettre en relation.
Des écologistes gaspillant du papier
Comme aux meilleures heures de la regrettée URSS ou du non moins regretté Ben Ali, l'opposition municipale reste bouche bée face aux réalisations indépassables de la majorité.Aussi l'espace "d'expression politique" qui lui est réservé est tout simplement vide.
| Dans la rubrique "expression politique" du n°117 de "Meylan ma ville" l'opposition est aphone |
Une coûteuse propagande
Cette réclame politique aux ficelles usées jusqu'à la corde serait risible et dérisoire si elle n'était financée avec notre argent.La feuille de chou de Damien Guiguet coûte grosso modo 200 000 € par an en deniers publics, soit 12 € par habitant, quasiment 50 € pour une famille de 4 personnes.
Ces chiffres sont reconstruits et approximatifs car, à ce jour, le site web de la mairie de Meylan ne propose pas de documents économiques détaillés explicitant l'emploi de nos taxes et impôts.
Malgré tout, je suis confiant dans l'ordre de grandeur de mon calcul.
Et si la réduction des dépenses publiques c'était maintenant ?
Qui à Meylan est prêt à débourser quelques dizaines d'euros annuels pour s'abonner à une réincarnation soft de la Pravda ?Aussi, je met au défi la municipalité de réaliser, grandeur nature, une expérience de contraction budgétaire.
Pour ce faire, je lui propose de cesser, pendant un semestre, la publication et la diffusion de "Meylan ma ville" et de relever combien des 17 500 meylanais vont se plaindre de la disparition de cet Everest de la presse.
De surcroît, avec les sommes économisées, Damien Guiguet pourrait inviter les Chœurs de l'Armée Rouge à se produire dans notre ville !
Soviétiquement votre
Références et compléments
Voir aussi les autres chroniques sur Meylan, notamment "tout savoir (ou presque) des finances municipales".
L'auteur rappelle qu'il n'a aucune affiliation politique locale ou nationale. Cette chronique est celle d'un citoyen, contribuable et électeur ordinaire.
Le chiffre approximatif de 200 000 € annuels pour le journal "Meylan ma ville" a été obtenu comme suit :
- Coûts de rédaction : 8 personnes sont citées dans "l'ours" du journal municipal (sans compter les photographes et l'élu chapeautant la publication).
Elles ne travaillent certainement pas à plein temps pour cette publication. J'ai donc considéré l'équivalent de 2.5 personnes au coût salarial complet de 70 k€/an. - Coûts d'impression : j'ai consulté les sites de Saxoprint et Grandes Imprimeries.
Leurs devis sont similaires, autour de 3 000 € pour un tirage à 11 000 exemplaires.
Au passage, le lecteur attentif notera qu'il y a environ 10 000 foyers fiscaux à Meylan. - Coûts de distribution : les devis en ligne sont très variables.
J'ai effectué une moyenne à 1 000 € par parution.
La livraison de "Meylan ma ville" citée dans cette chronique est le n°117 (décembre 2015 - janvier 2016).
Les 8 élus d'opposition à l'expression politique vide sont Aurélie Alfonsi, Christophe Batailh, Philippe Cardin, Mélina Herenger, Antoine Jammes, Marie-Odile Novelli, Christel Refour, Michel Bernard.
Pour la majorité, en plus du maire Damien Guiguet, Jean-Claude Pétrone, Françoise Balas, Chantal Allouis et Jean-Claude Peyrin sont cités dans la Pravda meylanaise.
J'ai conscience que les deux photos de "Meylan ma ville" que j'ai réalisé ne respectent pas pleinement les règles de propriété intellectuelle en vigueur.
Toutefois comme je participe à l'insu de mon plein gré au financement de cette gazette, toute remarque sur ce point serait particulièrement déplacée.
La photo de la une de la Pravda de mai 1919 provient de Wikimedia Commons et est issue des archives de RIA Novosti.
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dimanche 3 janvier 2016
Discrimination des gauchers à Meylan dans la banlieue de Grenoble
Les voies et chemins de Meylan apportent au piéton de multiples occasions de méditation et d'étonnement.
Après avoir évoqué dans ces colonnes un trottoir philosophique et le multilinguisme des pancartes, je vous propose d'examiner en images le tropisme directionnel mis en place par les services techniques municipaux.
Oxymoro-photographiquement votre
Références et compléments
- Photos prises par l'auteur à Meylan (sympathique commune du non moins sympathique département de l'Isère située dans la banlieue Est de Grenoble) le 3 janvier 2016.
- Voir aussi les chroniques :
. Lettre ouverte à Barack Obama sur le rattachement de la Crimée de l'Isère aux USA
. Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément
Après avoir évoqué dans ces colonnes un trottoir philosophique et le multilinguisme des pancartes, je vous propose d'examiner en images le tropisme directionnel mis en place par les services techniques municipaux.
| Serait-ce une piste cyclable discriminatoire autorisée aux seuls droitiers ? |
| Les gauchers cordialement invités à éviter la commune de Meylan |
Oxymoro-photographiquement votre
Références et compléments
- Photos prises par l'auteur à Meylan (sympathique commune du non moins sympathique département de l'Isère située dans la banlieue Est de Grenoble) le 3 janvier 2016.
- Voir aussi les chroniques :
. Lettre ouverte à Barack Obama sur le rattachement de la Crimée de l'Isère aux USA
. Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément
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samedi 19 décembre 2015
Comment sexuer sans sexualiser ?
Contrairement à ce que pense le grand public, la profession de dessinateur de pictogrammes est une des plus exigeantes qui soit, bien plus que commando parachutiste, astronaute ou chirurgien cardiaque.
Je vous propose d'en juger par vous-même avec un exemple vécu récemment.
Alors que, dans ma bonne ville de Grenoble, j'étais de passage dans un bâtiment public tout neuf "dédié à l'enseignement supérieur et à la recherche", un appel peu répressible de la nature m'a conduit à rechercher des toilettes.
Assez rapidement, j'ai dégotté, au fond d'un hall - plaisamment baptisé agora - deux portes identiques ornées de quelques traits du meilleur aloi.
Si manifestement, les chiottes se trouvaient bien là, comprendre quel huis je devais franchir pour satisfaire mes besoins sans heurter les bonnes mœurs n'a pas été immédiat.
Les WC réservés aux hommes se situaient-ils derrière un V à l'envers surmonté d'un O et reposant sur deux L minuscules ou bien derrière le même hiéroglyphe avec un U retourné ?
Fort heureusement, une étudiante aux cheveux courts, en manteau et en pantalon a franchi la vantail orné d'un V tête bêche m'indiquant ainsi que je devais suivre le U inversé.
Une fois ma vessie soulagée, mon esprit ainsi libéré a pu prendre la mesure du défi auquel fait face l'auteur de pictogrammes.
Le plus simple, pour lui, serait de désigner les genres par une reproduction plus ou moins stylisée des organes génitaux.
Cela aurait le mérite de la simplicité et de l'efficacité mais risquerait de mettre en péril pudeur et ordre public.
Pire même, cela rabaisserait le designer au niveau du collégien tourmenté taguant le mur des gogues avec des graffitis de braquemarts et de nichons.
Remplacer les dessins par les mentions écrites hommes et femmes serait une fausse bonne idée.
Les personnes ne maîtrisant pas la langue de George Sand seraient désorientées et le dessinateur perdrait sa raison d'être.
La manière employée de longue date par les créateurs de pictogrammes consiste à ne conserver que la représentation des signes extérieurs de genre que la société a développé au fil du temps.
Cheveux longs ainsi que jupes ou robes signent la féminité et leur absence la masculinité.
Bizarrement, barbes et moustaches sont rarement retenues, probablement parce que trop anatomiques.
Un coup d'œil rapide dans l'agora de cette université suffit à relever l'inadaptation de cette symbolique ancestrale.
Les cheveux masculins et féminins sont moins différenciés qu'auparavant et le pantalon est bien adapté, pour tous les sexes, au climat des Alpes en décembre.
J'en ai donc déduit que les portes de chiottes avaient été décorées de pictogrammes prévus pour l'été lorsque les filles sont en mini-jupes et que les T-shirts des mecs recouvrent leurs shorts.
Seul inconvénient de ce choix météorologique, la période estivale est celle des vacances universitaires.
Pictogrammo-sexuellement votre
Je vous propose d'en juger par vous-même avec un exemple vécu récemment.
Alors que, dans ma bonne ville de Grenoble, j'étais de passage dans un bâtiment public tout neuf "dédié à l'enseignement supérieur et à la recherche", un appel peu répressible de la nature m'a conduit à rechercher des toilettes.
Assez rapidement, j'ai dégotté, au fond d'un hall - plaisamment baptisé agora - deux portes identiques ornées de quelques traits du meilleur aloi.
Si manifestement, les chiottes se trouvaient bien là, comprendre quel huis je devais franchir pour satisfaire mes besoins sans heurter les bonnes mœurs n'a pas été immédiat.
Les WC réservés aux hommes se situaient-ils derrière un V à l'envers surmonté d'un O et reposant sur deux L minuscules ou bien derrière le même hiéroglyphe avec un U retourné ?
Fort heureusement, une étudiante aux cheveux courts, en manteau et en pantalon a franchi la vantail orné d'un V tête bêche m'indiquant ainsi que je devais suivre le U inversé.
Une fois ma vessie soulagée, mon esprit ainsi libéré a pu prendre la mesure du défi auquel fait face l'auteur de pictogrammes.
Le plus simple, pour lui, serait de désigner les genres par une reproduction plus ou moins stylisée des organes génitaux.
Cela aurait le mérite de la simplicité et de l'efficacité mais risquerait de mettre en péril pudeur et ordre public.
Pire même, cela rabaisserait le designer au niveau du collégien tourmenté taguant le mur des gogues avec des graffitis de braquemarts et de nichons.
Remplacer les dessins par les mentions écrites hommes et femmes serait une fausse bonne idée.
Les personnes ne maîtrisant pas la langue de George Sand seraient désorientées et le dessinateur perdrait sa raison d'être.
La manière employée de longue date par les créateurs de pictogrammes consiste à ne conserver que la représentation des signes extérieurs de genre que la société a développé au fil du temps.
Cheveux longs ainsi que jupes ou robes signent la féminité et leur absence la masculinité.
Bizarrement, barbes et moustaches sont rarement retenues, probablement parce que trop anatomiques.
Un coup d'œil rapide dans l'agora de cette université suffit à relever l'inadaptation de cette symbolique ancestrale.
Les cheveux masculins et féminins sont moins différenciés qu'auparavant et le pantalon est bien adapté, pour tous les sexes, au climat des Alpes en décembre.
J'en ai donc déduit que les portes de chiottes avaient été décorées de pictogrammes prévus pour l'été lorsque les filles sont en mini-jupes et que les T-shirts des mecs recouvrent leurs shorts.
Seul inconvénient de ce choix météorologique, la période estivale est celle des vacances universitaires.
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mercredi 28 octobre 2015
Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément
Depuis quelques jours, le chemin du Vieux Chêne, voie de circulation d'une zone industrielle de la commune de Meylan dans la banlieue de Grenoble, est affecté par un chantier.
Une entreprise spécialisée, manifestement mandatée par nos élus et payée par nos impôts, est en train d'y réaliser un trottoir d'une centaine de mètres de longueur.
Une fois achevés, ces travaux - plaisamment qualifiés de publics probablement parce qu'ils sont financés par des fonds du même acabit - permettront à d'hypothétiques piétons d'aller en toute sécurité de la sortie d'un parking à un rond-point routier intraversable.
Le flâneur désireux d'effectuer ce curieux trajet pédestre sera bientôt dispensé d'emprunter un trottoir situé de l'autre coté de la rue et existant depuis des lustres.
Je profite donc de cette chronique pour solennellement remercier les élus de Grenoble-Alpes Métropole, connue aussi sous l'appellation paradoxalement parisienne de "La Métro".
Par leurs décisions avisées, ces champions des émoluments épais et de la transparence financière sont en train de doter la capitale du Dauphiné d'un cheminement méditatif digne des meilleurs jardins zen ou du Philosophenweg d'Heidelberg.
Permettre à des marcheurs inspirés, au sortir de leur travail, de relier sur leurs deux jambes l'improbable à l'impossible méritait bien l'abattage d'un vieil arbre et la dépense de quelques menus kilo-euros d'argent citoyen.
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Références et compléments
Voir aussi :
- mes autres chroniques sur Meylan
- d'autres billets sur Grenoble-Alpes-Métropole / La Métro et ses gaspillages
Une entreprise spécialisée, manifestement mandatée par nos élus et payée par nos impôts, est en train d'y réaliser un trottoir d'une centaine de mètres de longueur.
| Chantier du futur trottoir philosophique de Meylan partant de presque rien pour aller franchement vers nulle part et ayant nécessité l'abattage d'un arbre ancien |
Le flâneur désireux d'effectuer ce curieux trajet pédestre sera bientôt dispensé d'emprunter un trottoir situé de l'autre coté de la rue et existant depuis des lustres.
Je profite donc de cette chronique pour solennellement remercier les élus de Grenoble-Alpes Métropole, connue aussi sous l'appellation paradoxalement parisienne de "La Métro".
Par leurs décisions avisées, ces champions des émoluments épais et de la transparence financière sont en train de doter la capitale du Dauphiné d'un cheminement méditatif digne des meilleurs jardins zen ou du Philosophenweg d'Heidelberg.
Permettre à des marcheurs inspirés, au sortir de leur travail, de relier sur leurs deux jambes l'improbable à l'impossible méritait bien l'abattage d'un vieil arbre et la dépense de quelques menus kilo-euros d'argent citoyen.
Références et compléments
Voir aussi :
- mes autres chroniques sur Meylan
- d'autres billets sur Grenoble-Alpes-Métropole / La Métro et ses gaspillages
- Le Politburo du Soviet Suprême de Grenoble nouvelle Nomenklatura
- Merci aux élus locaux et à l'équipe de rugby de Grenoble
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Chemin du Vieux Chêne, 38240 Meylan, France
mardi 22 septembre 2015
Plaidoyer d'un chauffard en faveur de Volkswagen
Tel un bachelier pris en flagrant délit de stockage d'anti-sèches dans ses sous-vêtements, le constructeur de voitures populaires "Volkswagen" vient de se faire pincer à traficoter les mesures de pollution.
Depuis la révélation de ce passe-passe normatif, partout dans le monde, médias, politiques et citoyens crient haro sur le baudet teuton, ami des coccinelles.
Des poursuites judiciaires viennent d'être diligentées par le Département de la Justice du gouvernement américain.
Pourtant, il n'y a pas si longtemps, ce même gouvernement n'a pas hésité à affirmer, urbi et orbi, que le regretté Sadam Hussein possédait un puissant arsenal chimique et bactériologique.
En France, Ségolène Royal, ci-devant ministre de la verdure, est apparue outrée et a exigé, sans délai, une enquête approfondie.
Pourtant, il n'y a pas si longtemps, cette pasionaria du carbone, n'a pas hésité, avec sa consœur Martine Aubry, à bidouiller le scrutin interne du Parti Socialiste qu'elle souhaitait diriger.
Les médias de toute nature publient moult analyses et prises de positions indignées, appelant à l'exemplarité des entreprises.
Pourtant, encore actuellement, l'essentiel de la presse en ligne n'hésite pas à recourir à différents stratagèmes, dont l'achat de clics, pour gonfler artificiellement son audience et ainsi doper les tarifs publicitaires.
Dans les conversations et sur les réseaux sociaux, Volkswagen est devenu synonyme de tricheur.
Pourtant, encore tout à l'heure, sur la rocade de Grenoble, nous étions nombreux à ralentir devant l'unique radar automatique et à réaccélérer au delà de la limite autorisée une fois ce dispositif derrière-nous.
En effet - comme, parait-il, un haut dirigeant de Volkswagen l'aurait affirmé sous serment - consommation de carburant, pollution, bruit et, surtout, risques d'accidents graves n'augmentent pas du tout avec la vitesse.
VWiquement votre
Références et compléments
- Voir aussi la chronique "Ich bin Volkswagen"
Depuis la révélation de ce passe-passe normatif, partout dans le monde, médias, politiques et citoyens crient haro sur le baudet teuton, ami des coccinelles.
Pourtant, il n'y a pas si longtemps, ce même gouvernement n'a pas hésité à affirmer, urbi et orbi, que le regretté Sadam Hussein possédait un puissant arsenal chimique et bactériologique.
En France, Ségolène Royal, ci-devant ministre de la verdure, est apparue outrée et a exigé, sans délai, une enquête approfondie.
Pourtant, il n'y a pas si longtemps, cette pasionaria du carbone, n'a pas hésité, avec sa consœur Martine Aubry, à bidouiller le scrutin interne du Parti Socialiste qu'elle souhaitait diriger.
Les médias de toute nature publient moult analyses et prises de positions indignées, appelant à l'exemplarité des entreprises.
Pourtant, encore actuellement, l'essentiel de la presse en ligne n'hésite pas à recourir à différents stratagèmes, dont l'achat de clics, pour gonfler artificiellement son audience et ainsi doper les tarifs publicitaires.
Dans les conversations et sur les réseaux sociaux, Volkswagen est devenu synonyme de tricheur.
Pourtant, encore tout à l'heure, sur la rocade de Grenoble, nous étions nombreux à ralentir devant l'unique radar automatique et à réaccélérer au delà de la limite autorisée une fois ce dispositif derrière-nous.
En effet - comme, parait-il, un haut dirigeant de Volkswagen l'aurait affirmé sous serment - consommation de carburant, pollution, bruit et, surtout, risques d'accidents graves n'augmentent pas du tout avec la vitesse.
VWiquement votre
Références et compléments
- Voir aussi la chronique "Ich bin Volkswagen"
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Pays/territoire :
Grenoble, France
jeudi 7 mai 2015
Je suis un crétin des Alpes catholique et islamophobe
Cette semaine, grâce à deux vedettes médiatiques paradoxales, que je remercie, j'en ai plus appris sur ma personnalité profonde qu'au cours des 54 premières années de mon existence.
Ainsi, avec cette technique anthropométrique dernier cri, ce brillant édile a pu mesurer que 68.1% des enfants de sa bourgade pratiquaient les rites de la Musulmanie.
Mes parents m'ayant appelé Didier, je suis, en vertu de la méthode Ménard, indéniablement catholique.
En effet, ce prénom est celui du saint très catholique Didier, évêque de Vienne en Isère, canonisé pour être malencontreusement décédé d'un accident de travail dans l'exercice de ses fonctions aux alentours de l'an 608.
En effet, Brunehaut, alors reine des Francs, pourtant convertie au catholicisme, appréciait peu que son management du royaume, belliqueux et brouillon, soit critiqué par un ecclésiastique volubile.
Telle Daech, elle a embauché des repris de justice qui ont cloué le bec du prélat trop bavard en le lapidant.
Il y a juste un détail qui m'échappe dans la manière biterroise de ficher la religiosité de la population.
Comme sensiblement deux tiers des français se déclarent hors religion, je n'ai pas compris comment détecter un prénom athée.
Si le très savant Robert Ménard souhaite nous éclairer sur ce point, je me ferai un devoir de reproduire ses prescriptions éclairées.
Au début de cette année, comme de millions d'autres français, j'ai eu le grand tort d'être "Charlie" et d'avoir manifesté les 7 et 11 janvier.
Ce faisant, je me suis "menti à moi-même". Je n'ai pas réagi à une attaque barbare contre nos libertés et valeurs mais, au contraire, j'ai affirmé haut et fort mon appartenance à une oxymorique "oligarchie de masse" et fait la promotion d'une "domination" de la "France blanche".
Tout cela parce que j'habite dans une région "périphérique" où "perdure une subculture catholique".
Cette dernière a le même effet sur moi que le dopage sur le peloton cycliste.
À l'insu de mon plein gré, je suis, comme beaucoup trop d'habitants de Rhône-Alpes, un "catholique zombie".
D'après le distingué anthropologue, la proximité de Notre-Dame de la Salette et du Saint-Suaire de Turin, les ondes telluriques alpines et le manque d'iode réunis me pousseraient à revêtir un masque d'apparence laïque et libertaire pour mieux mettre en avant mes véritables sentiments "religieux", "vichyssois et anti-dreyfusards" et ainsi opprimer sans vergogne les "musulmans minoritaires".
Au vu du diagnostic du docteur Todd, les membres de mon entourage avec qui j'ai arpenté les rues de Grenoble le 11 janvier dernier gagneraient à annuler leurs prochains pèlerinages, à consulter rapidement un spécialiste de la thyroïde ou encore à songer sérieusement à transférer leur domicile dans une région de subculture républicaine.
Si j'étais venu au monde un Jedi, j'aurais avec moi une Force sans limite pour décupler les effets islamophobes de mon crétinisme alpestre.
Iodiquement votre (Yodiquement votre ?)
Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
- Tentative d'explication de la laïcité française à mes amis hors de l'Hexagone
- Les musulmans en France, combien de divisions ?
- Les religions, combien de divisions ? Statistiques de la foi
Prénom catholique = religion catholique
Tout d'abord, Robert Ménard - maire d'extrême-droite de la ville de Béziers après avoir été le défenseur de la liberté d'expression "sans frontières" - nous a doctement expliqué que "les prénoms disent les confessions" et "qu'affirmer l'inverse c'est nier une évidence".Ainsi, avec cette technique anthropométrique dernier cri, ce brillant édile a pu mesurer que 68.1% des enfants de sa bourgade pratiquaient les rites de la Musulmanie.
Mes parents m'ayant appelé Didier, je suis, en vertu de la méthode Ménard, indéniablement catholique.
En effet, ce prénom est celui du saint très catholique Didier, évêque de Vienne en Isère, canonisé pour être malencontreusement décédé d'un accident de travail dans l'exercice de ses fonctions aux alentours de l'an 608.
En effet, Brunehaut, alors reine des Francs, pourtant convertie au catholicisme, appréciait peu que son management du royaume, belliqueux et brouillon, soit critiqué par un ecclésiastique volubile.
Telle Daech, elle a embauché des repris de justice qui ont cloué le bec du prélat trop bavard en le lapidant.
Il y a juste un détail qui m'échappe dans la manière biterroise de ficher la religiosité de la population.
Comme sensiblement deux tiers des français se déclarent hors religion, je n'ai pas compris comment détecter un prénom athée.
Si le très savant Robert Ménard souhaite nous éclairer sur ce point, je me ferai un devoir de reproduire ses prescriptions éclairées.
Je suis Charlie = je discrimine les musulmans
Ensuite, Emmanuel Todd - autrefois analyste subtil des structures familiales, désormais défenseur autoproclamé de l'esprit de Valmy face aux hordes germano-libéralo-cosmopolites - a, tout aussi doctement que son confrère Ménard, démontré que le catholicisme de mon prénom couplé à mon lieu de résidence avait des influences délétères sur mon comportement et mon libre-arbitre.Au début de cette année, comme de millions d'autres français, j'ai eu le grand tort d'être "Charlie" et d'avoir manifesté les 7 et 11 janvier.
Ce faisant, je me suis "menti à moi-même". Je n'ai pas réagi à une attaque barbare contre nos libertés et valeurs mais, au contraire, j'ai affirmé haut et fort mon appartenance à une oxymorique "oligarchie de masse" et fait la promotion d'une "domination" de la "France blanche".
Tout cela parce que j'habite dans une région "périphérique" où "perdure une subculture catholique".
Cette dernière a le même effet sur moi que le dopage sur le peloton cycliste.
À l'insu de mon plein gré, je suis, comme beaucoup trop d'habitants de Rhône-Alpes, un "catholique zombie".
D'après le distingué anthropologue, la proximité de Notre-Dame de la Salette et du Saint-Suaire de Turin, les ondes telluriques alpines et le manque d'iode réunis me pousseraient à revêtir un masque d'apparence laïque et libertaire pour mieux mettre en avant mes véritables sentiments "religieux", "vichyssois et anti-dreyfusards" et ainsi opprimer sans vergogne les "musulmans minoritaires".
Au vu du diagnostic du docteur Todd, les membres de mon entourage avec qui j'ai arpenté les rues de Grenoble le 11 janvier dernier gagneraient à annuler leurs prochains pèlerinages, à consulter rapidement un spécialiste de la thyroïde ou encore à songer sérieusement à transférer leur domicile dans une région de subculture républicaine.
Çà aurait pu être pire !
Pour conclure, une petite lueur d'espoir dans mon malheur : je suis né un dimanche.Si j'étais venu au monde un Jedi, j'aurais avec moi une Force sans limite pour décupler les effets islamophobes de mon crétinisme alpestre.
Iodiquement votre (Yodiquement votre ?)
Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
- Tentative d'explication de la laïcité française à mes amis hors de l'Hexagone
- Les musulmans en France, combien de divisions ?
- Les religions, combien de divisions ? Statistiques de la foi
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Pays/territoire :
Place de la Gare, 38000 Grenoble, France
samedi 25 avril 2015
Pourquoi ne pas confier les clefs de la Justice à des industriels ?
Le quartier japonais de Grenoble est injustement méconnu.
Pourtant, les numéros pairs de la rue Pierre Semard abritent un immense bâtiment digne de Tokyo.
À l'instar des bureaux nippons, beaucoup de fenêtres de ce building sont plaisamment décorées par des piles de papiers et de dossiers que le passant peut admirer à loisir. Ce spectacle de feuilles prenant nonchalamment le soleil de fin d'après-midi serait pittoresque s'il n'était financé par nos impôts.
En effet, ce splendide édifice de verre et de béton n'est autre que le Palais de Justice de la capitale des Alpes et la paperasse visible au dehors un petit échantillon des procédures en cours.
À l'heure où nous gérons notre compte en banque en ligne, où la prise en charge par l'assurance de la réparation d'une voiture gravement accidentée ne requiert ni formulaire, ni signature et où même le percepteur tient boutique sur internet, la basoche reste désespérément accro à la cellulose.
Cette déforestation pénale ne serait qu'un péché véniel si elle n'était le symbole d'une justice de la vie courante totalement enlisée.
Un litige de permis de construire ou les conflits entre locataires et propriétaires mettent plusieurs mois, voire années, à être tranchés.
Quant aux procédures de divorce, elles laissent largement le temps aux futurs ex-conjoints de recomposer plusieurs fois leurs cellules familiales.
Magistrats et, parfois même, avocats se disent totalement débordés.
Or, paradoxalement, ils ne consacrent à chacun de ces dossiers que quelques heures à quelques jours cumulés de travail.
L'on retrouve ici un phénomène connu et analysé dans l'industrie depuis la seconde guerre mondiale. Les organisations peu efficientes ont généralement un "temps de traversée" très notablement supérieur au "temps ouvré".
Le temps de traversée est la durée que met un objet - matériel ou immatériel - à être traité par un système.
Par exemple, dans une usine produisant des pièces en plastique, le temps de traversée sépare le moment où la matière première est livrée de celui où les produits finis sont expédiés.
Le temps ouvré est la somme des temps où de la valeur a été ajoutée à l'objet.
Dans notre illustration, le temps ouvré regroupe la fabrication sur une presse à injection, l'emballage, l'étiquetage, les différentes manutentions ainsi que les contrôles indispensables.
La différence entre temps de traversée et temps ouvré est constituée de périodes où la valeur de l'objet ne progresse pas, voire régresse : attentes, réparations et reprises, actions mal synchronisées car trop précoces ou trop tardives ou encore documentations et contrôles inutiles.
L'école de pensée dite du “lean manufacturing” - littéralement fabrication maigre, à ne pas confondre avec la production d'aliments “light” - se propose d'améliorer l'organisation des ateliers et, plus généralement, des entreprises.
Elle s'inspire des méthodes de production de Toyota, elles-mêmes mêmes hérités des pratiques mises au point au USA dans les années 1940 pour produire massivement des armements.
Le lean manufacturing consiste à repenser toute l'organisation pour une plus grande productivité, notamment en se donnant pour objectif de rendre le temps de traversée proche du temps ouvré.
De tels résultats s'obtiennent en repensant et en restructurant du sol au plafond toutes les opérations et non en accroissant les cadences de travail.
Ces dernières années, des magasins d'optique qui proposent de réaliser vos lunettes en 1 heure chrono ont popularisé auprès du grand public ces démarches jusqu'alors cantonnées aux ateliers, mais aussi aux bureaux, de l'industrie.
Une vraie réforme ambitieuse de la Justice menée par un ministre courageux et compétent cesserait de bricoler pour la énième fois l'arsenal pénal et de réclamer, en vain, une hausse budgétaire conséquente.
Au contraire, elle consisterait à mener une analyse lean fouillée des processus judiciaires et de s'acharner à rétrécir les temps de traversée. Quitte, si besoin, à se confronter aux conservatismes et corporatismes ambiants.
Il n'y a aucune raison qu'une séparation matrimoniale ou un conflit du travail ne puissent être jugés en une à deux semaines grand maximum, tout en respectant la loi et les droits de la défense.
Ce faisant, outre un bien meilleur service pour les citoyens et une dépense rationnelle d'argent public, les acteurs judiciaires, magistrats et avocats en tête, gagneraient aussi en sérénité et en reconnaissance publique.
Leaniquement votre
Références et compléments
- Voir aussi la chronique japonaise “Tiens, voilà du muda !” ainsi que d'autres billets évoquant le lean manufacturing.
- Les 2 photos ont été prises par l'auteur le 20 avril 2015 aux alentours de 17 heures, devant le Palais de Justice, rue Pierre Semard à Grenoble.
Pourtant, les numéros pairs de la rue Pierre Semard abritent un immense bâtiment digne de Tokyo.
À l'instar des bureaux nippons, beaucoup de fenêtres de ce building sont plaisamment décorées par des piles de papiers et de dossiers que le passant peut admirer à loisir. Ce spectacle de feuilles prenant nonchalamment le soleil de fin d'après-midi serait pittoresque s'il n'était financé par nos impôts.
En effet, ce splendide édifice de verre et de béton n'est autre que le Palais de Justice de la capitale des Alpes et la paperasse visible au dehors un petit échantillon des procédures en cours.
À l'heure où nous gérons notre compte en banque en ligne, où la prise en charge par l'assurance de la réparation d'une voiture gravement accidentée ne requiert ni formulaire, ni signature et où même le percepteur tient boutique sur internet, la basoche reste désespérément accro à la cellulose.
![]() |
| Malgré les reflets, les dossiers apparaissent derrière les fenêtres du Palais de Justice de Grenoble |
Un litige de permis de construire ou les conflits entre locataires et propriétaires mettent plusieurs mois, voire années, à être tranchés.
Quant aux procédures de divorce, elles laissent largement le temps aux futurs ex-conjoints de recomposer plusieurs fois leurs cellules familiales.
Magistrats et, parfois même, avocats se disent totalement débordés.
Or, paradoxalement, ils ne consacrent à chacun de ces dossiers que quelques heures à quelques jours cumulés de travail.
L'on retrouve ici un phénomène connu et analysé dans l'industrie depuis la seconde guerre mondiale. Les organisations peu efficientes ont généralement un "temps de traversée" très notablement supérieur au "temps ouvré".
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| Les piles de papier derrière les fenêtres du Palais de Justice de Grenoble |
Par exemple, dans une usine produisant des pièces en plastique, le temps de traversée sépare le moment où la matière première est livrée de celui où les produits finis sont expédiés.
Le temps ouvré est la somme des temps où de la valeur a été ajoutée à l'objet.
Dans notre illustration, le temps ouvré regroupe la fabrication sur une presse à injection, l'emballage, l'étiquetage, les différentes manutentions ainsi que les contrôles indispensables.
La différence entre temps de traversée et temps ouvré est constituée de périodes où la valeur de l'objet ne progresse pas, voire régresse : attentes, réparations et reprises, actions mal synchronisées car trop précoces ou trop tardives ou encore documentations et contrôles inutiles.
L'école de pensée dite du “lean manufacturing” - littéralement fabrication maigre, à ne pas confondre avec la production d'aliments “light” - se propose d'améliorer l'organisation des ateliers et, plus généralement, des entreprises.
Elle s'inspire des méthodes de production de Toyota, elles-mêmes mêmes hérités des pratiques mises au point au USA dans les années 1940 pour produire massivement des armements.
Le lean manufacturing consiste à repenser toute l'organisation pour une plus grande productivité, notamment en se donnant pour objectif de rendre le temps de traversée proche du temps ouvré.
De tels résultats s'obtiennent en repensant et en restructurant du sol au plafond toutes les opérations et non en accroissant les cadences de travail.
Ces dernières années, des magasins d'optique qui proposent de réaliser vos lunettes en 1 heure chrono ont popularisé auprès du grand public ces démarches jusqu'alors cantonnées aux ateliers, mais aussi aux bureaux, de l'industrie.
Une vraie réforme ambitieuse de la Justice menée par un ministre courageux et compétent cesserait de bricoler pour la énième fois l'arsenal pénal et de réclamer, en vain, une hausse budgétaire conséquente.
Au contraire, elle consisterait à mener une analyse lean fouillée des processus judiciaires et de s'acharner à rétrécir les temps de traversée. Quitte, si besoin, à se confronter aux conservatismes et corporatismes ambiants.
Il n'y a aucune raison qu'une séparation matrimoniale ou un conflit du travail ne puissent être jugés en une à deux semaines grand maximum, tout en respectant la loi et les droits de la défense.
Ce faisant, outre un bien meilleur service pour les citoyens et une dépense rationnelle d'argent public, les acteurs judiciaires, magistrats et avocats en tête, gagneraient aussi en sérénité et en reconnaissance publique.
Leaniquement votre
Références et compléments
- Voir aussi la chronique japonaise “Tiens, voilà du muda !” ainsi que d'autres billets évoquant le lean manufacturing.
- Les 2 photos ont été prises par l'auteur le 20 avril 2015 aux alentours de 17 heures, devant le Palais de Justice, rue Pierre Semard à Grenoble.
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Rue Pierre Semard, 38000 Grenoble, France
vendredi 13 mars 2015
Que coûte vraiment la politique locale en France ?
Imaginez que chaque jour de l'année - dimanches, fêtes et vacances inclus - quatre vigiles fassent le planton devant l'entrée de votre domicile et réclament pour vous laisser passer que chaque membre de votre foyer - y compris les bébés et grabataires - leur verse quotidiennement un peu d'argent.
Si une telle situation se produisait en France, à n'en pas douter, l'esprit de 1789, des 3 glorieuses de 1830, de 1848, de la Résistance et de mai 68 renaîtrait de ses cendres et balaierait, dans un grand soulèvement populaire, ces iniques percepteurs.
Pourtant, nous vivons chaque jour cet état de fait.
Les chiffres et les missions sont ceux de l'actuel mille-feuille administratif français, plus précisément de la région Rhône-Alpes, du département de l’Isère, de Grenoble-Alpes-Métropole et de la commune de Meylan où je réside.
Les ordres de grandeurs ailleurs dans l'Hexagone sont identiques ...
Localo-énerviquement votre
Références et compléments
- Voir aussi la chronique “Comment politiques et institutions pourraient sortir de leur discrédit ?”
- Mes remerciements sincères à l'internaute pieveml qui a su rectifier mes chiffres initialement déficients.
- Le premier cerbère, vêtu aux couleurs de votre région, exige 1 € par personne et par jour.
En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
- Pour faire bonne mesure, la seconde sentinelle, vêtue aux couleurs de votre département, exige 3 € par personne et par jour.
En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
- Pour ne pas être en reste, le troisième garde, vêtu aux couleurs de votre communauté de communes ou de votre métropole, exige aussi 3 € par personne et par jour.
En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
- Enfin, le quatrième guichetier, survitaminé et vêtu aux couleurs de votre ville, exige le double, 6 € par personne et par jour.
En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
Si une telle situation se produisait en France, à n'en pas douter, l'esprit de 1789, des 3 glorieuses de 1830, de 1848, de la Résistance et de mai 68 renaîtrait de ses cendres et balaierait, dans un grand soulèvement populaire, ces iniques percepteurs.
Pourtant, nous vivons chaque jour cet état de fait.
Les chiffres et les missions sont ceux de l'actuel mille-feuille administratif français, plus précisément de la région Rhône-Alpes, du département de l’Isère, de Grenoble-Alpes-Métropole et de la commune de Meylan où je réside.
Les ordres de grandeurs ailleurs dans l'Hexagone sont identiques ...
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samedi 3 janvier 2015
Une météo agréable aux daltoniens
Le site meteo-grenoble.com et ses déclinaisons dans une vingtaine de villes européennes font partie de mes favoris pour au moins deux raisons.
Tout d'abord, ils ont le bon goût de nous annoncer gratuitement la pluie et le beau temps de manière moins imprécise que leurs confrères.
Ensuite, ce service météorologique fait l'effort d'être sympathique aux daltoniens.
Le site propose des prévisions à 15 jours. Toutefois, soucieux de ne pas être confondu avec Madame Irma, il indique “à confirmer” ou bien “très incertain” lorsque les modèles météorologiques ne permettent pas de pronostiquer le temps avec une probabilité décente.
Initialement, une pastille ronde jaune signifiait “à confirmer” et la même en rouge “très incertain”.
Malheureusement, lorsque, comme votre serviteur ainsi que 8% à 10% des lecteurs mâles de ces chroniques, on est affecté d'une vision défaillante des couleurs, les deux icônes sont difficiles à distinguer.
meteo-grenoble.com a modifié ses pictogrammes pour prendre en compte le daltonisme.
Il utilise toujours le rond jaune pour “à confirmer” mais a transformé “très incertain” en carré rouge.
Les personnes dotées d’une vision standard bénéficient désormais d'un double moyen de distinguer les deux états : la couleur plus la forme.
Les daltoniens se reposent exclusivement sur l’aspect géométrique sans se soucier de la couleur.
Cette astuce très simple - emploi groupé d'une double distinction par la couleur et par la forme - est similaire à celle utilisée par Apple dans son service cartographique d’informations routières décrite dans une autre chronique. Elle devrait faire systématiquement partie des bonnes pratiques ergonomiques de tout bon site web.
Merci, bravo et excellente année à meteo-grenoble.com !
Daltoniquement votre
Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
Environ 1 homme sur 12 et 1 femme sur 200 ont les cônes qui déconnent.
Pour plus de détails se reporter aux articles Wikipedia sur le daltonisme en français et en anglais.
- Les sites de prévisions météorologiques
Tout d'abord, ils ont le bon goût de nous annoncer gratuitement la pluie et le beau temps de manière moins imprécise que leurs confrères.
Ensuite, ce service météorologique fait l'effort d'être sympathique aux daltoniens.
Le site propose des prévisions à 15 jours. Toutefois, soucieux de ne pas être confondu avec Madame Irma, il indique “à confirmer” ou bien “très incertain” lorsque les modèles météorologiques ne permettent pas de pronostiquer le temps avec une probabilité décente.
Initialement, une pastille ronde jaune signifiait “à confirmer” et la même en rouge “très incertain”.
Malheureusement, lorsque, comme votre serviteur ainsi que 8% à 10% des lecteurs mâles de ces chroniques, on est affecté d'une vision défaillante des couleurs, les deux icônes sont difficiles à distinguer.
meteo-grenoble.com a modifié ses pictogrammes pour prendre en compte le daltonisme.
Il utilise toujours le rond jaune pour “à confirmer” mais a transformé “très incertain” en carré rouge.
Les personnes dotées d’une vision standard bénéficient désormais d'un double moyen de distinguer les deux états : la couleur plus la forme.
Les daltoniens se reposent exclusivement sur l’aspect géométrique sans se soucier de la couleur.
| Extrait du site meteo-grenoble.com du 6 janvier 2015 avec les pictogrammes "à confirmer" et "très incertain". |
Merci, bravo et excellente année à meteo-grenoble.com !
Daltoniquement votre
Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
- Orange lauréat du Dalton d'or
- Les sites d'information trafic co-lauréats du Dalton d'or
- Les Baux de Provence récompensés par le Dalton d'or
Environ 1 homme sur 12 et 1 femme sur 200 ont les cônes qui déconnent.
Pour plus de détails se reporter aux articles Wikipedia sur le daltonisme en français et en anglais.
- Les sites de prévisions météorologiques
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