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jeudi 14 janvier 2016

​La Pravda ressuscite à Meylan

Imaginez que le maire de votre ville se présente à votre logis familial en fin d'année, au moment où pompiers et facteurs proposent leurs calendriers, exige que vous lui remettiez 50 € et vous promette la livraison d'un bon demi kilo de papier dans les semaines à venir.

Contrairement aux apparences, je ne suis pas devenu gâteux ou alcoolique car cette scène improbable se répète - à l'exclusion du déplacement domiciliaire de l'élu - depuis une grande lurette à Meylan, commune de la banlieue de Grenoble où je réside.


Une tonne de paplard pour l'ensemble de la commune

En effet, tous les 2 mois, ma boîte aux lettres reçoit "Meylan ma ville", le journal de la municipalité.

Ce canard de 24 pages en couleur propose 90 grammes d'informations municipales de haute volée.

Pesée avec une balance de cuisine du n°117 de "Meylan ma ville" : 91 grammes

Une ode au maire

Pas moins de 17 mentions ou photographies de Damien Guiguet, actuel maire de Meylan, apparaissent au fil des articles.
Son action désintéressée et novatrice au service du bien commun est mise en valeur dans ses moindres détails.

Dans la dernière livraison en date, on apprend que l'édile en chef a le 11 novembre dernier, "célébré le 97ème anniversaire de l'armistice de 1918".
Puis, le 16 novembre, il remettait le couvert pour honorer les "victimes des attentats de Paris".

Un peu plus loin, l'élu nous prie de ne "pas minimiser la délinquance" et proclame qu'il est "résolu à amplifier la fermeté".

Toutefois, probablement pour rester dans une veine patriote mais en aucun cas nationaliste, Damien Guiguet annonce, en page 3, cliché à l'appui, s'être débarrassé en Angleterre de son écharpe tricolore.

Un magazine littéraire

Le maire, aux talents polymorphes, est aussi critique de livres.
Il recommande, dans l'éditorial, la lecture du roman de Boualem Sansal intitulé 2084.

Pour un prochain numéro, je lui signale que je connais personnellement au moins un excellent auteur meylanais et que je peux, s'il le souhaite, les mettre en relation.

Des écologistes gaspillant du papier

Comme aux meilleures heures de la regrettée URSS ou du non moins regretté Ben Ali, l'opposition municipale reste bouche bée face aux réalisations indépassables de la majorité.
Aussi l'espace "d'expression politique" qui lui est réservé est tout simplement vide.

Dans la rubrique "expression politique" du n°117 de "Meylan ma ville" l'opposition est aphone

Une coûteuse propagande

Cette réclame politique aux ficelles usées jusqu'à la corde serait risible et dérisoire si elle n'était financée avec notre argent.

La feuille de chou de Damien Guiguet coûte grosso modo 200 000 € par an en deniers publics, soit 12 € par habitant, quasiment 50 € pour une famille de 4 personnes.

Ces chiffres sont reconstruits et approximatifs car, à ce jour, le site web de la mairie de Meylan ne propose pas de documents économiques détaillés explicitant l'emploi de nos taxes et impôts.
Malgré tout, je suis confiant dans l'ordre de grandeur de mon calcul.

Et si la réduction des dépenses publiques c'était maintenant ?

Qui à Meylan est prêt à débourser quelques dizaines d'euros annuels pour s'abonner à une réincarnation soft de la Pravda ?

Aussi, je met au défi la municipalité de réaliser, grandeur nature, une expérience de contraction budgétaire.
Pour ce faire, je lui propose de cesser, pendant un semestre, la publication et la diffusion de "Meylan ma ville" et de relever combien des 17 500 meylanais vont se plaindre de la disparition de cet Everest de la presse.

De surcroît, avec les sommes économisées, Damien Guiguet pourrait inviter les Chœurs de l'Armée Rouge à se produire dans notre ville !


Soviétiquement votre

Références et compléments
Voir aussi les autres chroniques sur Meylan, notamment "tout savoir (ou presque) des finances municipales".

L'auteur rappelle qu'il n'a aucune affiliation politique locale ou nationale. Cette chronique est celle d'un citoyen, contribuable et électeur ordinaire.

Le chiffre approximatif de 200 000 € annuels pour le journal "Meylan ma ville" a été obtenu comme suit :
  • Coûts de rédaction : 8 personnes sont citées dans "l'ours" du journal municipal (sans compter les photographes et l'élu chapeautant la publication).
    Elles ne travaillent certainement pas à plein temps pour cette publication. J'ai donc considéré l'équivalent de 2.5 personnes au coût salarial complet de 70 k€/an.
  • Coûts d'impression : j'ai consulté les sites de Saxoprint et Grandes Imprimeries.
    Leurs devis sont similaires, autour de 3 000 € pour un tirage à 11 000 exemplaires.
    Au passage, le lecteur attentif notera qu'il y a environ 10 000 foyers fiscaux à Meylan.
  • Coûts de distribution : les devis en ligne sont très variables.
    J'ai effectué une moyenne à 1 000 € par parution.
Je propose aux élus de Meylan (majorité et opposition) un droit de réponse sur ce blog à la condition impérative qu'ils en profitent pour diffuser des chiffres économiques fiables et vérifiables sur le coût de l'organe municipal de propagande.

La livraison de "Meylan ma ville" citée dans cette chronique est le n°117 (décembre 2015 - janvier 2016).
Les 8 élus d'opposition à l'expression politique vide sont Aurélie Alfonsi, Christophe Batailh, Philippe Cardin, Mélina Herenger, Antoine Jammes, Marie-Odile Novelli, Christel Refour, Michel Bernard.
Pour la majorité, en plus du maire Damien Guiguet, Jean-Claude Pétrone, Françoise Balas, Chantal Allouis et Jean-Claude Peyrin sont cités dans la Pravda meylanaise.

J'ai conscience que les deux photos de "Meylan ma ville" que j'ai réalisé ne respectent pas pleinement les règles de propriété intellectuelle en vigueur.
Toutefois comme je participe à l'insu de mon plein gré au financement de cette gazette, toute remarque sur ce point serait particulièrement déplacée.

La photo de la une de la Pravda de mai 1919 provient de Wikimedia Commons et est issue des archives de RIA Novosti.

dimanche 3 janvier 2016

Discrimination des gauchers à Meylan dans la banlieue de Grenoble

​Les voies et chemins de Meylan apportent au piéton de multiples occasions de méditation et d'étonnement.
Après avoir évoqué dans ces colonnes un trottoir philosophique et le multilinguisme des pancartes, je vous propose d'examiner en images le tropisme directionnel mis en place par les services techniques municipaux.

Serait-ce une piste cyclable discriminatoire autorisée aux seuls droitiers ?

Les gauchers cordialement invités à éviter la commune de Meylan

Renseignements pris, les agents de la municipalité ont cherché à tester l'acuité intellectuelle et visuelle du chroniqueur myope et gaucher afin qu'il puisse mettre un peu d'ambiance en ce début d'année.
Le lecteur de ce blog est, par voie de conséquence, invité, lui aussi, à challenger son acuité intellectuelle et visuelle en regardant attentivement à droite (et non à gauche) du N de Meylan.
Très bonne année 2016

Oxymoro-photographiquement votre

Références et compléments
- Photos prises par l'auteur à Meylan (sympathique commune du non moins sympathique département de l'Isère située dans la banlieue Est de Grenoble) le 3 janvier 2016.

- Voir aussi les chroniques :
Lettre ouverte à Barack Obama sur le rattachement de la Crimée de l'Isère aux USA
Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément

mercredi 28 octobre 2015

​Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément

​Depuis quelques jours, le chemin du Vieux Chêne, voie de circulation d'une zone industrielle de la commune de Meylan dans la banlieue de Grenoble, est affecté par un chantier.
Une entreprise spécialisée, manifestement mandatée par nos élus et payée par nos impôts, est en train d'y réaliser un trottoir d'une centaine de mètres de longueur.
Chantier du futur trottoir philosophique de Meylan partant de presque rien pour aller franchement vers nulle part et ayant nécessité l'abattage d'un arbre ancien
Une fois achevés, ces travaux - plaisamment qualifiés de publics probablement parce qu'ils sont financés par des fonds du même acabit - permettront à d'hypothétiques piétons d'aller en toute sécurité de la sortie d'un parking à un rond-point routier intraversable.
Le flâneur désireux d'effectuer ce curieux trajet pédestre sera bientôt dispensé d'emprunter un trottoir situé de l'autre coté de la rue et existant depuis des lustres.

Je profite donc de cette chronique pour solennellement remercier les élus de Grenoble-Alpes Métropole, connue aussi sous l'appellation paradoxalement parisienne de "La Métro".
Par leurs décisions avisées, ces champions des émoluments épais et de la transparence financière sont en train de doter la capitale du Dauphiné d'un cheminement méditatif digne des meilleurs jardins zen ou du Philosophenweg d'Heidelberg.
Permettre à des marcheurs inspirés, au sortir de leur travail, de relier sur leurs deux jambes l'improbable à l'impossible méritait bien l'abattage d'un vieil arbre et la dépense de quelques menus kilo-euros d'argent citoyen.

Enerviquement votre

Références et compléments
Voir aussi :
- mes autres chroniques sur Meylan

d'autres billets sur Grenoble-Alpes-Métropole / La Métro et ses gaspillages

vendredi 13 mars 2015

Que coûte vraiment la politique locale en France ?

Imaginez que chaque jour de l'année - dimanches, fêtes et vacances inclus - quatre vigiles fassent le planton devant l'entrée de votre domicile et réclament pour vous laisser passer que chaque membre de votre foyer - y compris les bébés et grabataires - leur verse quotidiennement un peu d'argent.
  • Le premier cerbère, vêtu aux couleurs de votre région, exige 1 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Pour faire bonne mesure, la seconde sentinelle, vêtue aux couleurs de votre département, exige 3 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Pour ne pas être en reste, le troisième garde, vêtu aux couleurs de votre communauté de communes ou de votre métropole, exige aussi 3 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Enfin, le quatrième guichetier, survitaminé et vêtu aux couleurs de votre ville, exige le double, 6 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
Au total, 13 € par jour. Avec ce système, une famille de 4 personnes débourserait en péages individuels chaque année, de l'ordre de 18 mois de SMIC.

Si une telle situation se produisait en France, à n'en pas douter, l'esprit de 1789, des 3 glorieuses de 1830, de 1848, de la Résistance et de mai 68 renaîtrait de ses cendres et balaierait, dans un grand soulèvement populaire, ces iniques percepteurs.

Pourtant, nous vivons chaque jour cet état de fait.
Les chiffres et les missions sont ceux de l'actuel mille-feuille administratif français, plus précisément de la région Rhône-Alpes, du département de l’Isère, de Grenoble-Alpes-Métropole et de la commune de Meylan où je réside.
Les ordres de grandeurs ailleurs dans l'Hexagone sont identiques ...

Localo-énerviquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique “Comment politiques et institutions pourraient sortir de leur discrédit ?”
- Mes remerciements sincères à l'internaute pieveml qui a su rectifier mes chiffres initialement déficients.

lundi 7 avril 2014

La politique française à marée basse

C'est à marée basse qu'on découvre ceux qui nagent sans maillot.
Warren Buffet
Les récentes élections municipales françaises sont un formidable désaveu de la classe politique dans son ensemble, avant d'être une défaite pour la majorité de gauche ou une victoire de la droite et de l'extrême-droite .

Pour en juger, j'ai recalculé les résultats, non pas en fonction des suffrages exprimés, mais d'après le nombre d'inscrits. J'ai aussi regroupé tous ceux qui se sont mis hors vote, soit en s'abstenant, soit en votant blanc ou nul.

Nationalement, au premier tour, 2 électeurs sur 5 ont déserté le scrutin.
La droite et le centre, qui se sont autoproclamés premier parti de France, n'ont rallié qu'un citoyen sur 3.
Les tenants de François Hollande n'ont pas dépassé 1 sur 6.
Les extrêmes et inclassables de tous poils n'ont attiré qu'une personne sur 10.

Résultats du 1er tour des élections municipales françaises de 2014

Dans presque chaque commune, les scores sont similaires et aux antipodes des titres de la presse.

Ainsi, en Isère, à Meylan où je réside, l'amère maire sortante a été réélue par un tout petit tiers des électeurs, presque autant que la liste de gauche.
Les hors vote ont représenté plus d'un inscrit sur 3.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Meylan (Isère)

À Grenoble, à écouter gazettes et gagnants, un raz de marée daltonien - vert et rouge - redessinerait les contours d'une nouvelle gauche.
Ce n'est pourtant qu'une vague vaguelette !
Seul un petit quart des grenoblois a soutenu la liste menée par Eric Piolle, alors que plus de 4 électeurs sur 10 ont boudé les urnes.
L'équipe sortante, totalement déconfite, n'a convaincu qu'un citoyen sur 6.
Quant aux candidats de droite, ils ont obtenu un résultat inversement proportionnel à leur performance judiciaire.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Grenoble (Isère)

À Béziers, le triomphe de l'extrême-droite n'est qu'une petite victoire aux points.
Robert Ménard, le reporter du front d'hier, n'a attiré que 2 biterrois sur 7.
Même dans cette ville où l'enjeu symbolique était élevé et où quatre listes se disputaient le second tour, un tiers des habitants a refusé le vote.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Béziers (Hérault)

Abstentionniquement votre

Références et compléments
- Les graphiques et pourcentages ont été déterminés à partir des chiffres officiels du ministère de l'intérieur français.

lundi 31 mars 2014

Lettre ouverte à Barack Obama sur le rattachement de la Crimée de l'Isère aux USA

Très cher Barack Obama

Vous l'ignorez probablement mais dans la banlieue nord-est de Grenoble, la petite commune de Montbonnot Saint Martin pratique une anglophonie et une américanophilie du meilleur aloi.
À l'instar des citoyens de Crimée qui se sont auto-rattachés à leur mère-patrie russe avec l'assistance musclée et bienveillante de Vladimir Poutine, les bonimontains aimeraient rallier vos glorieux États-Unis d'Amérique et devenir leur quatorzième territoire non incorporé.

Je vous propose de découvrir en images cette étonnante enclave.
À peine franchi le chemin des Chartreux qui marque la limite avec Meylan, les langues latines chères à Saint Bruno s'effacent pour laisser place à l'idiome d'Alan Turing et de John Von Neuman.

 

  
   
  

Afin de répondre à l'appel pressant de la majorité anglophone de Montbonnot cernée de toute part par d'agressifs et minoritaires francophones, je vous suggère de parachuter quelques GIs pour prendre possession de la base militaire française située au cœur de l'enclave.
Vos soldats ne devraient guère rencontrer d'opposition. À part un feu d'artifice annuel, les troupes qui occupent Montbonnot ne font guère montre d'esprit belliqueux.


Vos régiments devraient être accueillis en libérateurs par une très forte majorité de bonimontains. Néanmoins, vos hommes devront rester attentifs à ne pas succomber aux provocations de rares éléments asociaux très minoritaires.
Quelques crypto-basques risquent de faire de la résistance passive et les fameux Tatars de Saint Martin pourraient bien hisser encore plus haut leur vert étendard. Dès que votre autorité sera clairement établie sur Montbonnot, ces trublions rentreront dans le rang ou s'exileront à Meylan et Grenoble.


Afin de limiter les risques de réactions diplomatiques défavorables, les chancelleries raffolant du poisson, je vous suggère d'intervenir dès demain 1er avril.
Pour faire bonne mesure, un référendum le week-end de Pâques démontrerait la ferveur populaire vis à vis de l'Amérique et entérinerait définitivement la situation.

Je sais pouvoir compter sur votre détermination ainsi que sur votre sens des responsabilités et espère vous saluer très bientôt sur l'ex-avenue de l'Europe, rebaptisée USA avenue, lors de votre triomphal défilé marquant la fusion de la Crimée du Dauphiné avec le pays de Georges Washington.

Annexiquement votre

Références et compléments
- Billet spécialement dédié à Jean de Bayonne et de Montbonnot réunis.
- Les photos (non retouchées) ont toutes été réalisées par l'auteur samedi 29 mars 2014 dans la zone d'activités "Inovallée" de Montbonnot Saint Martin.
- Dans la même veine, voir aussi mon reportage photo aux confins de l'Union Européenne.
- Le drapeau de l'Arabie Saoudite n'est qu'à quelques encablures de ce prytanesque pensionnat militaire.

lundi 13 janvier 2014

Le politburo du soviet suprême de Grenoble nouvelle nomenklatura

Vendredi 10 janvier 2014, le soviet suprême de Grenoble, pardon le conseil de la communauté de communes Grenoble-Alpes-Métropole alias "La Métro", pour fêter l'arrivée de 21 nouvelles municipalités, a renouvelé les cadres de son politburo.

Cet organisme, expression de la volonté populaire unanime, est dirigé par un secrétaire général, pardon président, et 40 secrétaires généraux adjoints, pardon vice-présidents, choisis parmi les plus estimables personnalités dauphinoises.

En échange de leur abnégation et de leur engagement sans limite pour l'essor de l'Y grenoblois, ces méritants citoyens-élus du peuple ne reçoivent qu'une microscopique indemnité de 1558 € mensuels.

Le scrutin municipal approchant à grands pas, le blog Humeurs Mondialisées, avant-garde toujours désireuse d'éclairer les masses, dresse ci-après la liste exhaustive de ces leaders inspirés afin que les citoyens de leurs communes leur assurent des scores électoraux à la hauteur de leurs valeureuses actions et dignes de la regrettée URSS.
Ce triomphe annoncé sera le signe indiscutable de l'attachement du peuple envers ses visionnaires dirigeants.

Habitants de Grenoble et des environs, voici l'héroïque et vaillante nomenklatura, essentiellement masculine, qui vous devez impérativement réélire massivement en mars prochain :

- Marc BAÏETTO, leader du soviet municipal d'Eybens et secrétaire général du soviet suprême de Grenoble (5845 €/mois)

- Jérôme SAFAR, leader désigné du soviet municipal de Grenoble et premier premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (7737 €/mois)

- Renzo SULLI, leader du soviet municipal d'Échirolles et deuxième premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (4979 €/mois)

- Daniel BROCARD, délégué du soviet municipal du Sappey-en-Chartreuse et troisième premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Norbert GRIMOUD, leader du soviet municipal de Saint Georges de Commiers et quatrième premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Yannik OLLIVIER, leader du soviet municipal de Saint Martin le Vinoux et deuxième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (3649 €/mois)

- Christophe FERRARI, leader du soviet municipal de Pont-de-Claix et troisième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (4029 €/mois)

- Jacques NIVON, leader du soviet municipal de Champ-sur-Drac et quatrième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Georges CLAVERI, délégué du soviet municipal de Vizille et cinquième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Jean-Philippe MOTTE, délégué du soviet municipal de Grenoble et sixième premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Christiane RAFFIN, leader du soviet municipal de Proveysieux et septième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Yannick BOULARD, leader du soviet municipal de Fontaine et huitième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (4979 €/mois)

- Gilles MOULIN, leader du soviet municipal de Murianette et neuvième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (3193 €/mois)

- Marcel REPELLIN, commissaire politique aux incendies, leader du soviet municipal de Seyssinet-Pariset et dixième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Gilles STRAPPAZZON, leader du soviet municipal de Saint-Barthélémy-de-Séchilienne et onzième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Michel DOFFAGNE, commissaire politique pour le Sud Grenoblois, délégué du soviet municipal de Jarrie et douzième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Olivier NOBLECOURT, délégué du soviet municipal de Grenoble et treizième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- René PROBY, leader du soviet municipal de Saint-Martin-d'Hères et quatorzième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Morad BACHIR-CHÉRIF, délégué du soviet municipal de Grenoble et quinzième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Gérard CRET, leader du soviet municipal de Séchilienne et seizième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Gérard DARCUEIL DREYFUS,  délégué du soviet municipal de Vaulnaveys-le-Bas et dix-septième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Michel BAFFERT, délégué du soviet municipal de Seyssins et dix-huitième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Eric GRASSET, délégué du soviet municipal de Grenoble et dix-neuvième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Catherine KAMOWSKI, leader du soviet municipal de Saint-Égrève et vingtième secrétaire générale adjointe du soviet suprême de Grenoble (4029 €/mois)

- François DIAZ, leader du soviet municipal de Saint-Paul-de-Varces et vingt-et-unième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (3193 €/mois)

- Claude GABELLE, délégué du soviet municipal de Vaulnaveys-le-Haut et vingt-deuxième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Francis CARRÉ, commissaire politique au tri sélectif, délégué du soviet municipal de Notre-Dame-de-Mésage et vingt-troisième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Guy JULLIEN, leader du soviet municipal de Veurey-Voroize et vingt-quatrième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (3193 €/mois)

- Christophe MAYOUSSIER, commissaire politique aux eaux pluviales, leader du soviet municipal du Gua et vingt-cinquième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Michel DESTOT, commissaire politique aux relations avec les pays frères, membre du soviet suprême de la république française, futur-ex-leader du soviet municipal de Grenoble et vingt-sixième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (9857 €/mois)

- Robert MEYER, leader du soviet municipal de Brié-et-Angonnes et vingt-septième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Jean-Luc POULET, délégué du soviet municipal de Quaix-en-Chartreuse et vingt-huitième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Abderrahmane DJELLAL, délégué du soviet municipal de Grenoble et vingt-neuvième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Pierre VERRI, leader du soviet municipal de Gières et trentième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Alberte DESSARTS, commissaire politique aux sentiers,  déléguée du soviet municipal de Gières et trente-et-unième secrétaire générale adjointe du soviet suprême de Grenoble

- Georges GADUEL, délégué du soviet municipal de Saint-Paul-de-Varces et trente-deuxième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Jean-Pierre AMPHOUX, délégué du soviet municipal du Gua et trente-troisième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Fabrice HUGELÉ, commissaire politique à l'extension du territoire, leader du soviet municipal de Seyssins et trente-quatrième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Françoise GERBIER, leader du soviet municipal de Venon et trente-cinquième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Luc PUISSAT, leader du soviet municipal de Miribel-Lanchâtre et trente-sixième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Françoise CLOTEAU, commissaire politique à la biodiversité, déléguée du soviet municipal de Champagnier et trente-septième secrétaire générale adjointe du soviet suprême de Grenoble

Résidant personnellement à Meylan, je suis profondément dépité que les délégués de la commune au soviet suprême ne soit pas assez méritants pour obtenir au moins un poste de secrétaire général adjoint.
J'exhorte donc solennellement le peuple à tirer, sans faillir, les conclusions qui s'imposent lors du prochain scrutin.

En conclusion, plusieurs maires du Dauphiné ont réussi l'exploit de s'octroyer une pension alimentaire et de se la faire payer rubis l'ongle.

Soviétiquement votre

Références et compléments
- Sur l'opacité budgétaire de "La Métro" voir aussi la chronique "Merci aux élus locaux et à l'équipe de rugby de Grenoble".

- La liste des membres du bureau de la communauté de communes Grenoble-Alpes-Métropole, dite La Métro, provient du site web de cette fringante et dépensière collectivité publique. Cette chronique est conforme à la liste en ligne le 13 janvier 2014.

- Les revenus issus de leurs activités électives des principaux politiques de la région grenobloise a été publiée par Capital entre le 12 et le 15 avril 2013.

- L'élection des quarante nouveaux vice-présidents de la Métro et leur copieuse indemnité ont été rendues publiques par le site GreNews Grenoble City Local News le 11 janvier 2014.

jeudi 2 janvier 2014

Tout savoir (ou presque) sur les finances municipales de Meylan

En ces temps de crise aiguë et de déficit public abyssal, j'ai empoigné le petit bout de la lorgnette pour analyser les finances de Meylan, la sympathique commune où je réside, à proximité de Grenoble dans le département de l'Isère.

Fidèle aux us et coutumes de ce blog, je me suis rendu sur le site de la mairie pour tenter de récupérer des données du budget 2014.
À l'instar de la communauté de communes "la Métro" alpaguée dans une précédente chronique, les informations financières communales sont pour le moins fractionnées et filandreuses. Le document de présentation du budget comporte plus de texte que de chiffres.
Meylan, qui ne compte pourtant que 17 500 habitants, dispose quand même de 4 budgets distincts : un pour le "fonctionnement", un pour les "investissements", un pour des opérations immobilières dans une zone d'activités économiques et un petit dernier pour l'eau potable.
Sensiblement 1 euro sur 5 dépensés par la mairie est répertorié dans des "annexes".
À croire que la municipalité sortante souhaite entourer sa gestion d'un écran de fumée.

Dans un souci de clarté, j'ai donc effectué les additions jugées inutiles par les élus de la majorité comme de l'opposition et regroupé les finances meylanaises en un seul compte.
Emporté par mon élan, j'ai aussi commis quelques divisions afin d'exprimer les valeurs en euros mensuels par meylanais afin de pouvoir les comparer à des revenus et dépenses familiales.

Le budget 2014 de Meylan est légèrement inférieur à 37 millions d'euros.
Cette somme représente pour chaque habitant, 2 100 €, soit 2 SMIC mensuels, environ 175 € par mois.

Les recettes municipales proviennent à quatre cinquièmes de notre fiscalité, 140 € mensuels par meylanais.
Les impôts dits locaux fournissent la plus grosse part, 120 € par mois.
Les 20 € restants sont assurés par des dotations de l'état et quelques très menues subventions, dont le financement, ne l'oublions jamais, est aussi fiscal.

20% des recettes, 35 € mensuels par tête, sont issus des ventes de services ou de biens effectuées par la mairie.

Recettes municipales 2014 de Meylan en euros mensuels par habitant
La rémunération du personnel communal représente la moitié des dépenses, 90 € mensuels par habitant.
Les achats ainsi que les dépenses inclassables sont le second poste, un petit tiers du budget, 50 € mensuels par habitant.
Les véritables investissements ne pèsent qu'un dixième des dépenses communales, 20 € par mois.
Ils sont suivis de près par les intérêts d'emprunt, 12 € mensuels par meylanais, et par le remboursement de la dette communale, 6 € par mois.

Dépenses municipales 2014 de Meylan en euros mensuels par habitant
La dette de Meylan s'élève à environ 25 millions d'euros, 1 400 € par tête, un mois et demi de SMIC.
Le budget étant légèrement excédentaire, ces emprunts devraient baisser d'environ 1 million en 2014, après un accroissement d'un quart depuis 2008.
Les emprunts municipaux représentent 8 mois des recettes de la ville, à comparer à l'ensemble de la dette publique française qui culmine presque deux ans d'impôts et cotisations.

Dette publique de Meylan et de la France exprimée en mois de recettes
L'éducation, essentiellement maternelle et primaire, est la première dépense municipale, un gros cinquième du budget, 40 € mensuel par habitant.

Immédiatement derrière vient le fonctionnement de la mairie, ce que l'on nomme dans les entreprises frais généraux ou frais de structure.
Tous les mois, chaque meylanais fournit 35 € - un peu plus d'un euro par jour - pour assurer la marche des services municipaux.
La mairie de Meylan auto-consomme un cinquième de ses recettes.

En troisième et quatrième position arrivent les aménagements urbains et la culture avec 25 et 20 € par mois et par tête.

Le développement économique n'est guère une priorité. Il ne représente qu'un quatorzième du budget de Meylan, 12 € mensuels par habitant.
Le sport suit de près avec 9 € par mois.

La sécurité, l'action sociale et l'habitat sont les parents pauvres des finances communales avec respectivement 7, 5 et 4 euros par mois et par meylanais. Moins de 10% de l'activité communale pour l'ensemble de ces trois politiques !

Dépenses municipales 2014 de Meylan en euros mensuels par habitant
Les élections municipales approchant à grands pas, j'espère que ces quelques données économiques permettront à chacun de préciser son opinion sur le mandat de l'équipe sortante et sur les propositions des futurs candidats à la mairie de Meylan.

Meylanaisement votre

Références et compléments
- Chronique rédigée et publiée début janvier 2014.

- Voir aussi d'autres chroniques
- Les chiffres cités dans cette chronique proviennent de regroupements et recoupements effectués par mes soins d'après le trop verbeux document "Budgets primitifs 2014" présenté au conseil municipal de Meylan le 16 décembre 2013 mis en ligne sur le site meylan.fr.
Les valeurs ont été arrondies dans un souci de lisibilité.

- L'auteur, citoyen libre, est totalement indépendant, n'est membre d'aucune formation politique et ne soutient aucun candidat aux élections municipales de Meylan.
Les 4 graphiques de ce billet ne sont pas libres de droit et ne peuvent, en aucun cas, être utilisés sans autorisation à des fins électorales ou journalistiques.
Le texte de la chronique y compris ses chiffres sont mis à disposition conformément à un contrat de licence Creative Commons 2.0 (paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique). Le respect de cette licence libre est particulièrement impératif en cas d'usage électoral ou journalistique.

- Comme à chaque fois que j'épingle des politiques sur ce blog, je rappelle que ces colonnes leur sont ouvertes pour un droit de réponse.

samedi 21 décembre 2013

Le choc de simplification était une carabistouille hollandaise

Le 28 mars dernier, François Hollande proclamait télévisuellement un "choc de simplification" administrative censé aider la France de sortir du marasme dans lequel elle barbote depuis trop longtemps.
À en croire le locataire de l'Élysée, avant la fin de l'année, tel un Attila moderne, partout où son cheval simplificateur passerait, la complexité ne repousserait pas !

Dès le lendemain, je me précipitais à la mairie de Meylan, dans la banlieue de Grenoble, pour tester les annonces présidentielles par le biais du renouvellement de ma carte nationale d'identité.

Comme les directives hollandaises n'avaient pas eu d'effet immédiat dans le département de l'Isère, j'avais pu écrire une chronique sur l'absurdité de l'établissement de papiers désormais en plastique. Je relevais, notamment, que 5 millions d'actes administratifs inutiles pourraient être évités annuellement.

Bien entendu, mon esprit civique m'avait aussitôt conduit à avertir Marie-Christine Tardy, maire de Meylan, Olivier Véran, député de l'Isère et François Hollande de ma publication et des trouvailles qu'elle contenait.

N'ayant reçu aucun retour de la part de ces trois éminentes personnalités et 2013 approchant de son terme, j'ai entrepris de vérifier si les instructions de notre premier magistrat avait fini par s'appliquer dans le Dauphiné.
Que les fidèles lecteurs de ce blog se rassurent, il n'en est rien !

Une visite du site Service-Public.fr et un coup de téléphone à la mairie de Meylan suffisent pour s'assurer qu'aucune évolution n'a eu lieu depuis le printemps et que les regrettés Franz Kafka & Alfred Jarry continuent à inspirer l'administration française.

Le changement c'est quand ?
Et la fin des carabistouilles ?

Simplement votre

Addendum du 22 décembre 2013
Le gouvernement français, probablement surmotivé par cette présente chronique et désireux de me mettre en défaut, vient juste de décider de passer, à partir de la prochaine Saint Sylvestre, la validité des cartes nationales d'identité des personnes majeures de 10 à 15 ans.
C'est enfin un petit pas dans la bonne direction même s'il est tardif et manque d'audace.
À quand la carte d'identité à vie comme en Tunisie ?
À quand la suppression des justificatifs de domicile ?
Osons !

Références et compléments
- Voir aussi la chronique initiale du 29 mars 2013 "j'ai testé le choc de simplification".
- Carabistouille, mot employé généralement au pluriel, est un belgicisme signifiant calembredaine, galéjade.
 

mercredi 4 septembre 2013

Merci aux élus locaux et à l'équipe de rugby de Grenoble

Depuis dimanche dernier, comme la plupart des habitants de l'agglomération de Grenoble, je suis à la fois heureux et exaspéré.
Malgré la rentrée scolaire, la capitale du Dauphiné croule littéralement sous les visiteurs. Hôtels et restaurants sont complets, les délais d'attente pour accéder au musée ou au téléphérique de la Bastille dépassent deux heures. Rocade et boulevards sont embouteillés encore plus que de coutume et la gare est quasi-inaccessible.
Plus étonnant, la chambre de commerce et les différentes institutions de recherche ont, dans l'urgence, embauché des standardistes et du personnel d'accueil pour faire face à l'afflux de demandes de renseignements professionnels et de projets d'implantations dans la région.
Cela augure d'une activité économique soutenue dans mon bassin d'emploi préféré mais rend le quotidien pénible, les déplacements et l'accès aux commerces étant devenu très difficiles.

La cause de cette affluence massive dans l'Y grenoblois est une campagne de communication très efficace menée par les élus de la communauté d'agglomération, plaisamment baptisée Métro.
L'audacieux président métropolitain, entouré de ses 20 vice-présidents, de ses 12 conseillers délégués et des 42 conseillers communautaires ordinaires, a eu la riche idée d'utiliser les deniers publics qu'il gère pour parrainer le match de rugby Grenoble-Toulon du 31 août.
Le slogan imaginé pour cette occasion était particulièrement percutant "avancer ensemble pour gagner ensemble".
Cette sentence indépassable, couplée au logo ornithologique emblème officiel de l'agglomération dauphinoise, a été affichée régulièrement au cours durant la rencontre.


L'effet a été immédiat. L'immense cohorte de téléspectateurs de la chaîne payante qui retransmettait l’événement, éblouie par tant de hardiesse communicante et d'esthétique d'avant-garde, n'a eu de cesse, une fois le match remporté par l'équipe iséroise, de se précipiter dans la ville de Lesdiguières, pour tourisme, affaires et plus si affinités.

Perpétuellement soucieux du développement économique de ma région, je tiens à remercier ses élus pour leur vision, leur hardiesse et leur efficacité.
En cette période de l'année où les feuilles d'impôts se succèdent à rythme soutenu, je constate avec plaisir et satisfaction qu'au moins mes taxes d'habitation et foncières ne sont pas dépensées en pure perte au sein d'une bureaucratie grisâtre mais investies au service d'une véritable stratégie de soutien à l'activité locale.

Bien sur, cette ardeur de la Métro a aussi pour conséquences quelques menus travers qu'il serait injuste de ne pas tolérer. Toute omelette nécessite le bris de quelques œufs.

Totalement engagés au service du bien commun, les 75 dirigeants et les 850 employés de la communauté de communes n'ont guère de temps disponible pour mettre à jour leur site web.
Ainsi le budget de près de 350 millions d'euros, grosso modo 900 € annuels par grenoblois, y est expédié en 8 petites lignes dans lesquelles la communication et le sponsoring n'apparaissent pas. Cela n'a guère d'importance vu le succès incroyable de ces démarches.

De même, je comprends que le FCG, club de rugby grenoblois, soit soucieux de ne pas mettre ses parrains en porte-faux avec des pages internet plus informatives que celles de la Métro. Aussi, bien que recevant de l'argent public, prudemment, il se garde bien de publier le moindre état financier.

J'approuve aussi qu'édiles et dirigeants sportifs, dans un souci de rayonnement de Grenoble, entretiennent imperturbablement deux grands stades afin que les fiers rugbymen rouges et bleus ne prennent pas le risque de marcher sur les pieds de l'équipe de football pensionnaire de division 4.

Pour conclure, j'espère, un peu égoïstement, que la Métro, sur sa lancée, ne répétera pas la même opération de promotion avec les équipes de volley-ball ou de badminton de Meylan et des autres communes de banlieue.
L'affluence dans l'agglomération risquerait de continuer à croître, ce qui me forcerait à coucher au boulot pour éviter la thrombose de la rocade.

Fiscalo-rugbystiquement votre

Références et compléments
Cette chronique, sous une forme légèrement remaniée, fait désormais partie du recueil disponible en ligne "Humeurs Économiques".

- Une excellente vidéo d'une conférence du Réseau Citoyen de Grenoble décortiquait en 2013 les subventions de la municipalité de Grenoble (et non pas de la Métro). Le sport professionnel arrivait en tête, le ruban bleu revenant au GF38 club de football de division 4 dont les maillots de joueurs devait être recouverts de platine rhodié.

- J'ai reçu l'image présentée dans cette chronique le 30 août 2013 dans un mail promotionnel envoyé par le FCG qui m'incitait à acheter une place pour la rencontre Grenoble-Toulon en mettant bizarrement en avant le sponsoring de la Métro.

- Site web de la Métro, communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole, avec sa description budgétaire très sommaire et la présentation de sa gouvernance qui fait pâlir d'envie les forces armées du Mexique.

- Site web du FCG Grenoble Rugby, dans lequel je n'ai pas réussi à dégoter un quelconque élément financier.
Fort heureusement, le soutien fiscal aux rugbymen grenoblois leur a au moins permis de battre les champions d'Europe toulonnais 28 à 26.

- Comme à chaque fois que j'alpague des politiques sur ce blog, je rappelle que ces colonnes leur sont ouvertes pour un droit de réponse.
De même, si par extraordinaire, le FCG souhaitait publier ses états financiers, je me ferai un devoir de les reproduire.

vendredi 26 juillet 2013

Justice moyenâgeuse et magouilles présumées à Meylan

Le 23 juillet 2013, à l'issue de plus de 30 heures de garde à vue, Marie-Christine Tardy, maire de Meylan, bourgade de la banlieue de Grenoble où je réside, a été mise en examen, ainsi que son mari, pour prise illégale d'intérêts. 
Cette action judiciaire fait suite à une plainte déposée fin avril par un conseiller de la majorité municipale accusant l'édile d'avoir favorisé le cabinet d'architecte de son époux pour des programmes immobiliers réalisés dans la commune.

Je n'ai jamais fait mystère de ne pas porter dans mon cœur l'actuelle première magistrate de Meylan.
Néanmoins, je n'ai pas la moindre idée si Marie-Christine Tardy et son mari ont, de près ou de loin, commis les faits qui leur sont reprochés. Aussi je n'évoquerais pas le fond du dossier dans ce billet.
Toutefois, cette réplique dauphinoise des scandales politico-financiers nationaux est une double illustration de l'inefficacité de notre machinerie publique.

Les faits reprochés au couple Tardy sont anciens, exclusivement économiques et sans aucune violence.
La plainte ayant mis en marche le lourd paquebot judiciaire date de près de 3 mois.
De plus, tant qu'aucun jugement ne sera définitif, ces deux personnes resteront présumées innocentes.
Dans ces conditions, la garde à vue qui jette en cabane pendant 48 heures le premier suspect venu et soumet son emploi du temps au bon vouloir des policiers est une pratique infamante d'un autre âge qui fleure bon l'inquisition et l'ancien régime. Son but manifeste est de faire avouer le coupable putatif et pas de confronter des versions contradictoires.
La patrie des Droits de l'Homme s'honorerait à limiter l'usage de cette contrainte moyenâgeuse exclusivement aux cas de violence et de flagrance.
Pour toutes les autres circonstances, l'appareil judiciaire devrait se contenter de convoquer les mis en cause, avec un préavis suffisant, toujours en présence d'avocats, uniquement durant des heures sensiblement ouvrées et avec une limitation raisonnable des durées d'interrogatoire.
Il ne s'agit, en aucune façon, de vouloir punir moins durement les coupables avérés mais de respecter, dans la phase transitoire où le statut de personnes soupçonnées est incertain, leur droit à se défendre et leur présomption d'innocence.
De surcroît, pousser la justice à s'appuyer plus sur des faits que sur des témoignages ou des aveux toujours sujets à caution limiterait les risques d'erreur.

L'autre point étonnant des malheurs de Marie-Christine Tardy est que, malgré les milliers de pages de textes juridiques en tous genres régissant le fonctionnement des communes et des marchés publics, des conflits, voire même des prises illégales, d'intérêts peuvent survenir sans que cela soit immédiatement visible et vérifiable.
Comment se fait-il que gouvernements, cabinets, administrations, parlementaires et organes judiciaires centraux ne soient pas fichus de pondre un système qui soit simultanément simple à opérer et aisé à vérifier ?
La plupart des personnes travaillant dans la sphère publique et devant réaliser des achats s'arrachent les cheveux face à la lourdeur des procédures.
Malgré, ou peut-être à cause de, cela, peu d'entre nous sont étonnés qu'un maire soit suspecté de bricolage à son profit.
A moins de recruter nos futurs élus dans abbayes ou des ashrams (et encore !), il est illusoire de penser que le personnel politique puisse plus résister aux tentations que la moyenne de ses électeurs. Il serait plus efficace de rendre nos représentants non soupçonnables via une transparence notablement accrue !

Une fois de plus, je suggère d'étendre les pratiques de l'industrie, plaisamment baptisées lean et agilité, à l'état et aux collectivités locales.
Des processus limpides et rapides, dotés de contrôles clairs aux bons niveaux, permettraient, simultanément, de réduire les dépenses publiques et de rétablir un peu de confiance vis à vis du personnel politique.
La complexité induit la lourdeur et l'opacité qui créent la défiance.
Une bonne façon de réussir cette transformation serait de forcer le parlement à diviser par quatre ou cinq, avant la fin de la législature actuelle, le nombre de pages dans le code des marchés publics.

Meylaniquement votre

Références et compléments
- Les articles du Dauphiné Libéré et de Place Gre'Net relatant les derniers épisodes judiciaires en date du couple Tardy.

jeudi 18 avril 2013

Les Justes de Meylan

J'ai découvert dans le bulletin municipal de Meylan - la commune de la banlieue de Grenoble où je réside - que, durant la seconde guerre mondiale, un couple de maraîchers, André et Angèle Burlon-Artaud, avait caché et hébergé deux enfants juifs exfiltrés d'un sinistre camp de transit du sud de la France.
Cette action courageuse a permis de sauver David Korn et Ralph Meier d'une mort certaine à laquelle l'essentiel de leurs familles n'a pas échappé.
André et Angèle Burlon-Artaud, les Justes de Meylan (Isère)
Ce n'est que 60 ans après, au début des années 2000, que les deux rescapés ont pu retrouver la trace de leur famille d'accueil.
Malheureusement, leurs bienfaiteurs étaient déjà décédés. En 2004, à titre posthume, ces deux meylanais furent nommés "Justes parmi les Nations".

Cette histoire simple est un superbe message d'espoir.
Au milieu des pires barbaries et saloperies, des personnes, à l'instar d'André et Angèle Burlon-Artaud, trouvent, envers et contre tout, la force de résister à l'ignominie et de conserver leur dignité, malgré les risques et les menaces.
Ces anonymes, par leurs actes, nous montrent que le choix de la justesse et de la justice s'offre à chacun d'entre nous.
Mettre en jeu son existence et celle de ses proches pour sauver d'autres vies suppose une véritable force d'âme. Ceux qui, confrontés à des circonstances tragiques, ont su franchir ce terrible pas, méritent notre respect et notre gratitude, par delà les années écoulées.
Nous restons humains grâce à eux.

Admirativement votre

Références et compléments
- Notices sur les "Justes parmi les Nations" Angèle Burlon-Artaud et André Burlon-Artaud sur le site ajpn.org. Les deux photos ci-dessus proviennent de cette source.
- Bulletin municipal "Meylan ma ville" d'avril-mai 2013 n°104 : l'article sur Angèle et André Burlon-Artaud se situe page 22

mardi 9 avril 2013

Votre parole est libre, votre musique est belle - Message personnel à Emel Mathlouthi

Chère Emel

Hier soir, au théâtre de l'Hexagone à Meylan, vous m'avez doublement comblé.
Tout d'abord, votre concert était juste magnifique.
Ensuite, vous avez eu la gentillesse de me dédier - ou plutôt de dédier à "René" - la chanson l'Estaca / Dima dima que j'avais eu l'audace de vous demander d'interpréter via une autre chronique et les réseaux sociaux.
Ce moment m'a beaucoup touché car je me remémorais, simultanément, un concert de Lluis Llach vers 1976 à la fin du franquisme, l'aventure du syndicat polonais Solidarność de Lech Wałęsa dans les années 1980 et l'incroyable révolution de Tunisie de janvier 2011.
Alors que la salle reprenait en chœur le refrain avec vous, mes cordes vocales peinaient à se dénouer.
Final de concert à l'Hexagone de Meylan le 8 avril 2013 : Emel Mathlouthi chante Klemti horra avec le drapeau tunisien
Votre prestation ne s'est pas limitée à cette seule chanson. Votre énergie est débordante et, musicalement, vous carburez au mélange. Vous proposez un tourbillon de genres, d'ambiances et de langues différentes avec, notamment, des morceaux en arabe littéraire et tunisien ainsi que la reprise de Hallelujah de Leonard Cohen et d'une chanson macédonienne.

Votre final fut éblouissant avec 500 spectateurs debout battant la mesure, chantant et dansant avec vous, d'abord sur un air traditionnel, puis sur deux chansons emblématiques de la Tunisie libre "Klemti horra / Ma parole est libre" et "Yezzi ! / Ça suffit !".

Pour cette belle soirée, merci / شكرا

Didier alias "René", prénom de mon grand-père et mon pseudonyme sur Facebook.

Références et compléments
- Pour les très rares lecteurs de ce blog qui ne connaîtraient pas Emel Mathlouthi : son site officiel, sa page Facebook et ses vidéos sur Youtube.

- Quatre chroniques en lien avec la musique et l'univers d'Emel Mathlouthi :
. "L'Estaca grande chanson et petit air entêtant de liberté"
. "Plaidoyer pour la Tunisie de toujours" (septembre 2012)
. "Il y a un an, la révolution de Tunisie vue de Grenoble" (janvier 2012)
. "Tunisie sur Balkans" à propos des fanfares Hassinya de Kelibia


vendredi 29 mars 2013

J'ai testé le choc de simplification

Hier soir, jeudi 28 mars 2013, François Hollande a annoncé dans son intervention télévisuelle un "choc de simplification" des démarches administratives afin de donner le coup de fouet salutaire dont l'économie française a cruellement besoin.

A peine l'émission terminée, soucieux d'apporter aux lecteurs de ce blog une information de terrain, j'ai souhaité vérifier personnellement l'application des directives présidentielles en tentant de renouveler ma carte nationale d'identité.

Le locataire de l'Élysée ayant fait la promotion de la "dématérialisation", j'ai commencé par visiter le site web Service-Public.fr en espérant pouvoir, à tout le moins, initier en ligne le processus.
Las ! J'y ai juste appris les pièces à fournir et que, seule, la mairie de mon domicile pouvait recevoir ma demande d'établissement d'un document pourtant national.

Fort de ces informations, je me suis rendu ce matin à l'Hôtel de Ville de Meylan, dans la banlieue de Grenoble, après avoir été, au préalable, me faire tirer le portrait par une machine produisant des photos dites "normalisées".
L'employée de permanence m'a remis un formulaire à remplir de façon manuscrite à l'encre noire. Je me suis donc farci une page d'écriture totalement matérialisée avec des cases beaucoup trop petites pour ma graphie de gaucher emphatique.
Les informations demandées sont exactement les mêmes qu'il y a 10 ans lors du précédent renouvellement. Pourtant mon nom, mes prénoms, ma date et mon lieu de naissance ainsi que ceux de mes parents n'ont aucune chance d'avoir évolué dans l'intervalle !
D'ailleurs, à quoi sert le remplacement décennal des cartes d'identités des adultes puisque les informations qui y sont authentifiées sont invariables ?
Environ 5 millions d'acte administratifs seraient économisés chaque année. La France pourrait, en ce domaine, prendre exemple sur la Tunisie.

Bizarrement, les papiers d'identité comportent aussi l'adresse personnelle, donnée qui, à l'inverse du patronyme, est susceptible d'importantes fluctuations. Dès l'émission du titre, le lieu de résidence peut devenir obsolète.
Le site web gouvernemental précisait que pour justifier d'un domicile l'impression sur une très matérielle feuille de papier d'une facture électronique de téléphone portable faisait l'affaire.
Malheureusement, le logo de Bouygues Telecom n'a pas eu l'heur de satisfaire l'employée communale. J'ai du exhiber la carte grise de ma voiture, pourtant établie il y a 3 ans, pour confirmer ma résidence.
Comment font piétons et cyclistes pour obtenir des papiers ?

J'ai du aussi imprimer, moyennant quelques menues finances, une toujours très matérielle photocopie de ma carte actuelle, bien que la liste des pièces à fournir ne le mentionnait pas.
Pendant que je m'escrimais avec le monnayeur municipal, l'agent d'état-civil a dûment et matériellement complété à la main le formulaire avec des indications figurant explicitement sur les documents remis. Elle a, tout aussi matériellement, découpé et collé mes photos "normalisées".

Seul élément immatériel, d'ici environ quatre semaines, je devrais recevoir un SMS indiquant ma nouvelle carte d'identité est disponible.
Toutefois, "certaines personnes ne recevant pas les SMS", il m'a été conseillé de téléphoner afin que mon nouveau sésame ne dorme pas à la mairie.
En bon industriel, je suis particulièrement surpris de ce délai pharamineux. Les opérations de saisie, de vérification et d'impression ne doivent pas excéder 15 minutes. Aussi, en tenant compte des temps d'acheminement entre mairie et préfecture, un processus raisonnablement optimisé et lean devrait permettre de renouveler ses papiers en moins de 5 jours.

Je vais transmettre cette chronique à la présidence de la République ainsi qu'au maire de Meylan et à Olivier Véran député de ma circonscription. Si l'onde du choc de simplification a bien quitté l'Elysée hier soir, elle n'a pas encore fait sentir ses effets dans le département de l'Isère.

Simplement votre

Références et compléments
- Voir aussi désormais la chronique du 21 décembre 2013 "le choc de simplification était une carabistouille hollandaise".
- Le lean manufacturing - littéralement fabrication maigre, à ne pas confondre avec la production d'aliments light - est une école de pensée, désormais très commune, sur l'organisation des ateliers et, plus généralement, des entreprises.
Elle s'inspire des méthodes mises au point par Toyota après la seconde guerre mondiale. Elle vise à éliminer toutes les actions directement ou indirectement inutiles et, ainsi, améliorer fortement coûts et délais.
D'après le livre Brèves de Couloir de René Lenoir
- Sur le site Service-Public.fr : "Carte nationale d'identité d'une personne majeure : renouvellement" et "Comment justifier de votre domicile pour une demande de titre d'identité ?"
 

lundi 3 décembre 2012

La sémantique déjoue un complot du Grand Capital

Grâce à la sémantique, j'ai pu, aujourd'hui en fin d'après-midi, mettre à jour un complot économique.
Voici les faits.

Désireux d'effectuer quelques emplettes, je me suis rendu dans le grand magasin libre-service que je fréquente régulièrement et dont la marque fleure bon l'intersection routière.
Habituellement, je récupère à l'entrée un petit dispositif qui permet de relever soi-même les prix de ses achats et de payer à une machine d'encaissement automatique juste avant de sortir. Cette façon de procéder est plus rapide que le recours aux services d'une caissière.
Ce soir, le présentoir distribuant les appareils de relève de prix était inaccessible. Une grande pancarte proclamait que le système était hors service pour toute la journée en raison d'un "versionnage correctif". Du fait de cette indisponibilité, j'ai effectué mes courses de manière traditionnelle, ce qui n'était pas survenu depuis une sacrée lurette.

Rendu perplexe par l'expression "versionnage correctif", à peine rentré chez moi, j'ai compulsé dare-dare les meilleurs dictionnaires du moment.
Le mot correctif ne pose guère de problèmes : "qui apporte une correction à quelque chose, une amélioration à un fonctionnement défectueux ; qui vise à redresser une déviation". De ces définitions, il est aisé de supposer que le relevé des prix devait cafouiller quelque peu et que le magasin avait probablement choisi de faire appel à un réparateur patenté.
Par contre, le vocable versionnage, mais aussi le verbe versionner, sont inconnus au bataillon et laissent perplexes. Seul, le terme version est clairement spécifié : "action de traduire un texte d'une langue dans une autre ; texte qui en résulte".
Diantre ! Quel rapport entre la traduction et un bidule qui compte les achats que je réalise ?

En y réfléchissant un peu, j'ai fini par dégoter une explication plausible.
Depuis un peu moins de onze ans, la France a abandonné le Franc, sa monnaie séculaire, au profit de l'Euro, la devise européenne. Toutefois, la très grave crise économique et financière que nous subissons depuis 2008 laisse planer le spectre d'un effondrement de l'Euro et d'un retour au Franc.
Il est probable que les patrons de l'entreprise où je fais mes courses - naguère membres des "deux cent familles" - disposent d'informations privilégiées sur l'imminence d'un changement monétaire et qu'il s'y préparent subrepticement, sans daigner avertir leurs prolétaires de clients qu'ils saignent aux quatre veines.
Ils ont lâchement profité que, le lundi, l'affluence est réduite, pour mettre en place dans leurs machines, non pas une traduction, mais une conversion entre l'Euro et le futur nouveau nouveau Franc.
Fort heureusement, la sémantique a permis de débusquer cette odieuse entourloupe du Grand Capital ! Je vous encourage à faire largement connaître autour cette manœuvre éhontée qui risque, une fois de plus, de spolier les travailleurs et les classes populaires.

Linguistico-carrefouriquement votre

Post Scriptum
Je me suis astreint à n'employer dans cet exercice de style, à l'exclusion du barbarisme versionnage correctif, que des termes compréhensibles par un français des années 1950.
En quelque sorte, j'ai tenté de faire une version entre la langue actuelle et celle d'il y a 60 ans en arrière.

Références et compléments
- Les "scannettes" de l'hypermarché Carrefour de Meylan dans la banlieue de Grenoble étaient réellement hors d'usage lundi 3 décembre 2012 pour cause officielle de "versionnage correctif".
- Les dictionnaires consultés au sujet de "versionnage correctif" sont les huit mis en ligne par le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales).
Versionnage est, à mon sens, une adaptation française un peu trop littérale de l'anglais versioning dont une meilleure traduction serait gestion des versions, voire simplement version.
- A propos des "deux cent familles" se reporter à la chronique "Besoin d'argumenter ? Les nombres de 1 à 500 !".

vendredi 16 novembre 2012

Lettre ouverte à Olivier Véran, député de Grenoble

Avertissement aux lecteurs
La chronique ci-dessous est très inhabituelle puisqu'elle dit plutôt du bien d'un homme politique. Elle risque donc de heurter les personnes sensibles ou fragiles.
Âmes délicates, passez votre chemin !


J'ai découvert sur internet, un peu par hasard, une émission de télévision où Olivier Véran, le député de ma circonscription, visite et, surtout, travaille toute une journée devant les caméras chez Clappaz et Locker, petite entreprise d'usinage de Meylan dans la banlieue de Grenoble.
Ce reportage est original et intéressant à plusieurs titres.

J'ai apprécié le courage d'Olivier Véran de se confronter publiquement et physiquement aux réalités de l'industrie et de l'entreprise. Ce médecin et député s'est littéralement sali les mains plusieurs heures d'affilée. Ce type d'attitude est suffisamment rare pour être soulignée.
La capacité d'écoute et de dialogue du parlementaire m'a agréablement surpris. Au fil de la journée, l'élu échange avec de nombreuses personnes : ouvriers usineurs, chef d'atelier, secrétaire, projeteurs du bureau d'études, dirigeant de l'entreprise. Les paroles qui lui sont adressées diffèrent sensiblement des discours convenus des appareils politiques et des syndicats de tout poil.

L'émission a surtout le mérite rarissime de montrer de manière longue et non caricaturale l'industrie. Ce coeur de l'économie dont la productivité assure le fonctionnement du reste de la société, y compris la santé et les services publics, est tragiquement absent des médias et même, désormais, des représentations collectives.
Les caméras qui suivent Olivier Véran dans l'atelier et au bureau d'études dévoilent la réalité complexe et contradictoire des entreprises industrielles.
On y voit tour à tour :

- La grande interdépendance des entreprises qui forment le tissus industriel, ainsi Clappaz et Locker a vu son chiffre d'affaire baisser de 40% lors de la crise de 2008.

- La très forte concurrence et, par voie de conséquence, la compétition permanente pour la qualité, les délais courts et les baisses de coût.

- La combinaison indispensable de travail manuel et de technologies.

- Le professionnalisme et la passion du travail bien fait qui sont le point commun entre les ouvriers, le bureau d'études, l'encadrement et la direction.

- L'écart important et ancestral, y compris dans une petite structure familiale, entre les points de vue des dirigeants, de l'encadrement et des ouvriers.
La lutte des classes n'est pas qu'un concept marxiste mais une réalité ancrée dans le quotidien des personnes travaillant dans l'industrie. Plusieurs fois dans le reportage, les paroles contraires des uns et des autres surprennent le député.

Sur ce dernier point, la position d'Olivier Véran relève, de mon point de vue, du vœu pieu puisqu'il en appelle au dialogue et au consensus entre partenaires dits sociaux, c'est à dire entre syndicats de salariés et d'employeurs.
Malheureusement, ces derniers - et c'est un sujet que je connais de l'intérieur - sont des appareils bureaucratiques sans réelle représentativité, particulièrement dans l'industrie compétitive et les petites entreprises. Messieurs Thibaut et Chérèque ainsi que Madame Parisot ne sont pas les porte-paroles des salariés et des entreprises, mais des permanents syndicaux qui les élisent.
Pour que cette situation évolue, trois conditions sont nécessaires à défaut d'être suffisantes :
- Les élections professionnelles doivent devenir véritablement démocratiques, c'est à dire ouvertes à toutes les candidatures, y compris en dehors des syndicats patentés.
- La législation sociale doit donner sur certains sujets clefs un pouvoir décisionnel, et non consultatif, aux représentants élus du personnel. Comme contrepartie, beaucoup de procédures très lourdes où seul un avis est requis pourraient être allégées voire supprimées.
- Les accords d'entreprise, pour être applicables, devraient être réellement majoritaires et non minoritaires comme aujourd'hui.

Industriellement votre

Références et compléments
- Emission de LCP "J'aimerais vous y voir" - Episode "Olivier Véran dans une PME"
- Olivier Véran est député socialiste de la première circonscription de l'Isère (une partie de Grenoble ainsi que banlieue nord-est). Il est le suppléant de Geneviève Fioraso devenue ministre dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
Je précise que je ne le connais pas personnellement et que je ne fais pas (encore ???) partie de ses électeurs. Si Olivier Véran souhaite apporter un commentaire ou une réponse à cette chronique, les colonnes de ce blog lui sont naturellement ouvertes.
- Site web d'Olivier Véran

lundi 18 juin 2012

Ségolène charcutée

Dimanche, à la Rochelle, un oxymore - un apparatchik dissident - a sèchement taclé la reine des ex en réunissant 70% de suffrages de plus que sa concurrente.
La diva du Poitou peut, à juste titre, crier à l'injustice et à la trahison. Avec les 22 667 suffrages qu'elle a recueillis, madame Royal aurait pu être une fois et demi élue députée de Belfort et ainsi prendre la place dans l'hémicycle de Damien Meslot ou de Michel Zumkeller, surtout connus de leurs familles.

Le découpage en circonscriptions est totalement inique. Le principe constitutionnel "d'égalité devant la loi de tous les citoyens" n'est pas respecté pour les élections législatives.
98 751 électeurs étaient inscrits en Charente Maritime pour départager Ségolène Royal et Olivier Falorni. Dans les deux circonscriptions du Territoire de Belfort, comme en Corse du Sud, environ 47 000 électeurs suffisent pour faire un député.
La palme de l'électeur mal représenté revient, en métropole, à la troisième circonscription de Vendée avec plus de 113 000 inscrits.
Toutefois, que les habitants des Sables d'Olonne se rassurent, nos compatriotes émigrés au Canada ou aux Etats-Unis sont 157 000 pour un seul élu.

Pour peser au parlement, mieux vaut être philatéliste et résider dans un timbre-poste.
Le député de Wallis et Futuna représente 8 984 de ses concitoyens et celui de Saint Pierre et Miquelon seulement 4 926.
A l'assemblée nationale, votre serviteur, au même titre que les autres habitants de Meylan (Isère), pèse 16 fois moins que nos amis pêcheurs de morue de Miquelon-Langlade.

Aussi pour clore ces trop longues campagnes électorales, je rebondirais sur ma chronique du 4 mars 2012 en posant la question clef de ces scrutins : le charcutage électoral est-il halal ?

Electoralement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chronique "Sarkozy et le Halal" et "cambriolages civiques".
- Les statistiques électorales proviennent des sites Le Monde et, surtout, Politiquemania.
- Miquelon-Langlade est, avec Saint-Pierre, une des deux seules communes du territoire de Saint-Pierre et Miquelon.