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mercredi 21 septembre 2016

Le métro de Barcelone concerné par le daltonisme

La signalétique du métro de Barcelone inamicale aux daltoniens a été le thème d'une récente chronique.
Soucieux d'aider la capitale de la Catalogne, j'avais poussé le zèle jusqu'à envoyer ma prose à TMB, la régie de transports en commun de la ville de Gaudí.
Trois semaines et demi après, je recevais, coup sur coup, deux mails de réponse...

Daltoniens linguistiques

Le site web de TMB est trilingue, catalan, espagnol et anglais.
Ma maîtrise des langues de Lluis Llach et de Cervantes laissant à désirer, j'avais transmis mon irritation chromatique dans l'idiome de Shakespeare.

TMB - très à l'écoute de ses clients - m'a fait un premier retour en espagnol et un second en catalan.

J'ai du faire appel à mes restes de latin (un peu) et à Google Translate (beaucoup) pour comprendre les messages du métro barcelonais.

Transfert chez les concernés

Le premier mail émane d'un service d'attention aux citoyens.



Ce qui veut dire en substance d'après l'impayable Google :
Nous répondons à la communication concernant la conception des cartes d'information et de signalisation service de métro.
Dans ce numéro, nous vous informons que vous que nous avons déplacé sa lettre du département concerné de prendre connaissance de leurs commentaires.
Nous avons remercié les considérations sans aucun doute nous aider à améliorer le service que nous offrons aux citoyens.
Désolé pour la gêne occasionnée.
Bien cordialement.
Je déduis donc entre les lignes que TMB est probablement la seule compagnie de transports publics au monde à avoir mis sur pied un département concerné par le daltonisme.

Répondre à la réponse

Le mail suivant est aussi rédigé par le service d'attention aux citoyens.



Soit en Googlangue :
Récemment, vous avez reçu une réponse à la communication que vous soumettez à Transports Metropolitans de Barcelona (TMB).
Afin d'améliorer le service, nous demandons votre aide pour répondre à un court sondage.
Cliquez ici pour accéder au sondage.
Nous vous remercions de votre coopération.
TMB est donc aussi le seul exploitant de métro à posséder un service concerné par les personnes dont l'avis a été transmis à un département concerné.

Pierre Dac sors de ce métro !

Pour conclure, je souhaite exprimer ma profonde gratitude à TMB.
Ses courriers auront eu le mérite de me remettre en mémoire une citation du regretté Pierre Dac :
Un concerné n'est pas forcément un imbécile en état de siège.

Daltoniquement votre

Références et compléments
Voir aussi la chronique à l'origine des messages de TMB "À Barcelone, les héritiers de Gaudí ne se soucient guère des daltoniens" ainsi que l'ensemble de mes billets sur le daltonisme.

Voir aussi deux chroniques en lien avec Lluis Llach, le grand chanteur catalan :
- "L'Estaca grande chanson et petit air entêtant de liberté"
- "Votre parole est libre, votre musique est belle - Message personnel à Emel Mathlouthi" à propos de sa reprise de la chanson l'Estaca.

Cette chronique est aussi l'occasion d'un clin d'oeil amical à mes collègues catalans de travail.

André Isaac, dit Pierre Dac (1893 - 1975), est un humoriste et comédien français.
Il a également été, pendant la Seconde Guerre mondiale, une figure de la Résistance contre l'occupation de la France par l'Allemagne nazie grâce à ses interventions sur Radio Londres.
Plus de détails sur Wikipedia.

lundi 1 août 2016

​À Barcelone, les héritiers de Gaudí ne se soucient guère des daltoniens

​Quand un gaucher daltonien se rend dans la capitale de la Catalogne...

Gaudí l'ergonome

L'architecte Antoni Gaudí est emblématique de Barcelone.
Ses œuvres qui parsèment le tissu urbain sont désormais inscrites au patrimoine mondial.

Dans chacune de ses réalisations, ce novateur - prototype des designers - a porté une attention particulière à l'esthétique mais aussi, simultanément, à l'usage et à l'ergonomie, jusque dans les plus petits détails.

Ainsi les poignées de porte très originales de la Casa Batlló - grande maison bourgeoise en centre-ville entièrement conçue par Antoni Gaudí - permettent indifféremment à un gaucher ou à un droitier de pousser ou tirer, sans réflexion ni effort.



Des bus pour pompiers écolos

Malheureusement, l'industrie touristique barcelonaise, dont, pourtant, une part de la prospérité est due au génial créateur, ne fait guère montre de préoccupations ergonomiques.

Par exemple, de flamboyants autobus rouges, à impériale décapotable, permettent au visiteur de découvrir rapidement et sans se fatiguer l'essentiel des points d'intérêts de la ville.

Deux circuits sont proposés.
Le premier est sensé arborer la même couleur que les bus.
Le second est soit-disant vert, mais d'une nuance que votre serviteur peine à distinguer de celle de la carosserie des fourgons anti-incendie.


Extrait du plan des bus "Barcelona City Tour".
En haut l'image d'origine, en bas la simulation de la perception visuelle par un daltonien deutéranope.
[Cliquez sur l'image pour zoomer]

Un métro pastel

Le réseau ferroviaire barcelonais est encore plus perturbant.
Les multiples lignes de métro sont repérées par des couleurs suaves qui, à mes yeux, se valent à peu près toutes.

De surcroît, peu est fait par ailleurs pour assister le Dalton désorienté.

La signalétique sur les quais et dans les couloirs est moins fréquente qu'à Paris ou à Berlin et manque parfois de cohérence.

Le souffle d'Antoni Gaudí a aussi omis de passer sur l'application pour smartphone de TMB, la régie barcelonaise de transports en commun.
La seule manière de vérifier son trajet lorsqu'on n'entrave rien aux pastels serait de pouvoir passer rapidement du plan général du réseau au diagramme d'une seule ligne pour vérifier le nom des stations.
Hélas, cela relève de l'exploit olympique. Pas étonnant dans ces conditions que Barcelone ait accueilli les Jeux en 1992 !

Extrait du plan de métro de TMB.
En haut l'image d'origine, en bas la simulation de la perception visuelle par un daltonien deutéranope.
[Cliquez sur l'image pour zoomer]

La règle de la photocopie

Pour être utile à chacun, une signalétique devrait rester compréhensible après une distorsion de ses couleurs et même après une photocopie monochrome.

La compagnie de bus qui n'a que 2 trajets à distinguer aurait tout simplement pu utiliser le blanc et le noir plutôt que le rouge et le vert.
De surcroît, l'un des deux parcours pourrait être rehaussé d'un élégant pointillé.

Faciliter la navigation des daltoniens dans le métro barcelonais sans changer la palette de couleurs est aisé.
Adjoindre à la représentation de chaque ligne une forme différente de trait (épais, maigre, double, triple, pointillé...) ajoute un élément de repérage indépendant des couleurs qui ne gêne en rien les personnes dotées d'une vision standard.

Modernismement votre

Références et compléments
Antoni Gaudí a vécu de 1852 à 1926.
Il est le principal représentant du courant artistique et architectural dit du modernisme catalan. Plus de détails sur sa vie et ses réalisation sur Wikipedia.
Site web et article Wikipedia sur la Casa Batlló construite entre 1904 et 1906.

La dyschromatopsie, couramment baptisée daltonisme, est une anomalie de la vision dans laquelle un ou plusieurs des 3 types de cônes de la rétine oculaire, responsables de la perception des couleurs, sont déficients.
Environ 1 homme sur 12 et seulement 1 femme sur 200 ont les cônes qui déconnent. Ces statistiques diffèrent toutefois grandement en fonction des origines ethniques.
Pour plus de détails se reporter aux articles Wikipedia sur le daltonisme en français et en anglais.

Voir aussi les autres chroniques de ce blog traitant du daltonisme.
 
Les images simulant la perception visuelle d'un daltonien deutéranope (c'est à dire avec une vision déficiente de la couleur verte) ont été réalisées avec l'application pour smartphone iDaltonizer.

Site web de Barcelona City Tour.
Le plan des bus touristiques vient de ce site.
​À l'exclusion de la couleur de ses lignes, je recommande cette excursion bien conçue et bien opérée.

Site web de TMB l'exploitant du métro de Barcelone.
Le plan de métro est issu de ce service peu ergonomique et tout aussi peu polyglotte.

mercredi 28 octobre 2015

​Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément

​Depuis quelques jours, le chemin du Vieux Chêne, voie de circulation d'une zone industrielle de la commune de Meylan dans la banlieue de Grenoble, est affecté par un chantier.
Une entreprise spécialisée, manifestement mandatée par nos élus et payée par nos impôts, est en train d'y réaliser un trottoir d'une centaine de mètres de longueur.
Chantier du futur trottoir philosophique de Meylan partant de presque rien pour aller franchement vers nulle part et ayant nécessité l'abattage d'un arbre ancien
Une fois achevés, ces travaux - plaisamment qualifiés de publics probablement parce qu'ils sont financés par des fonds du même acabit - permettront à d'hypothétiques piétons d'aller en toute sécurité de la sortie d'un parking à un rond-point routier intraversable.
Le flâneur désireux d'effectuer ce curieux trajet pédestre sera bientôt dispensé d'emprunter un trottoir situé de l'autre coté de la rue et existant depuis des lustres.

Je profite donc de cette chronique pour solennellement remercier les élus de Grenoble-Alpes Métropole, connue aussi sous l'appellation paradoxalement parisienne de "La Métro".
Par leurs décisions avisées, ces champions des émoluments épais et de la transparence financière sont en train de doter la capitale du Dauphiné d'un cheminement méditatif digne des meilleurs jardins zen ou du Philosophenweg d'Heidelberg.
Permettre à des marcheurs inspirés, au sortir de leur travail, de relier sur leurs deux jambes l'improbable à l'impossible méritait bien l'abattage d'un vieil arbre et la dépense de quelques menus kilo-euros d'argent citoyen.

Enerviquement votre

Références et compléments
Voir aussi :
- mes autres chroniques sur Meylan

d'autres billets sur Grenoble-Alpes-Métropole / La Métro et ses gaspillages

vendredi 13 mars 2015

Que coûte vraiment la politique locale en France ?

Imaginez que chaque jour de l'année - dimanches, fêtes et vacances inclus - quatre vigiles fassent le planton devant l'entrée de votre domicile et réclament pour vous laisser passer que chaque membre de votre foyer - y compris les bébés et grabataires - leur verse quotidiennement un peu d'argent.
  • Le premier cerbère, vêtu aux couleurs de votre région, exige 1 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Pour faire bonne mesure, la seconde sentinelle, vêtue aux couleurs de votre département, exige 3 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Pour ne pas être en reste, le troisième garde, vêtu aux couleurs de votre communauté de communes ou de votre métropole, exige aussi 3 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Enfin, le quatrième guichetier, survitaminé et vêtu aux couleurs de votre ville, exige le double, 6 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
Au total, 13 € par jour. Avec ce système, une famille de 4 personnes débourserait en péages individuels chaque année, de l'ordre de 18 mois de SMIC.

Si une telle situation se produisait en France, à n'en pas douter, l'esprit de 1789, des 3 glorieuses de 1830, de 1848, de la Résistance et de mai 68 renaîtrait de ses cendres et balaierait, dans un grand soulèvement populaire, ces iniques percepteurs.

Pourtant, nous vivons chaque jour cet état de fait.
Les chiffres et les missions sont ceux de l'actuel mille-feuille administratif français, plus précisément de la région Rhône-Alpes, du département de l’Isère, de Grenoble-Alpes-Métropole et de la commune de Meylan où je réside.
Les ordres de grandeurs ailleurs dans l'Hexagone sont identiques ...

Localo-énerviquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique “Comment politiques et institutions pourraient sortir de leur discrédit ?”
- Mes remerciements sincères à l'internaute pieveml qui a su rectifier mes chiffres initialement déficients.

lundi 13 janvier 2014

Le politburo du soviet suprême de Grenoble nouvelle nomenklatura

Vendredi 10 janvier 2014, le soviet suprême de Grenoble, pardon le conseil de la communauté de communes Grenoble-Alpes-Métropole alias "La Métro", pour fêter l'arrivée de 21 nouvelles municipalités, a renouvelé les cadres de son politburo.

Cet organisme, expression de la volonté populaire unanime, est dirigé par un secrétaire général, pardon président, et 40 secrétaires généraux adjoints, pardon vice-présidents, choisis parmi les plus estimables personnalités dauphinoises.

En échange de leur abnégation et de leur engagement sans limite pour l'essor de l'Y grenoblois, ces méritants citoyens-élus du peuple ne reçoivent qu'une microscopique indemnité de 1558 € mensuels.

Le scrutin municipal approchant à grands pas, le blog Humeurs Mondialisées, avant-garde toujours désireuse d'éclairer les masses, dresse ci-après la liste exhaustive de ces leaders inspirés afin que les citoyens de leurs communes leur assurent des scores électoraux à la hauteur de leurs valeureuses actions et dignes de la regrettée URSS.
Ce triomphe annoncé sera le signe indiscutable de l'attachement du peuple envers ses visionnaires dirigeants.

Habitants de Grenoble et des environs, voici l'héroïque et vaillante nomenklatura, essentiellement masculine, qui vous devez impérativement réélire massivement en mars prochain :

- Marc BAÏETTO, leader du soviet municipal d'Eybens et secrétaire général du soviet suprême de Grenoble (5845 €/mois)

- Jérôme SAFAR, leader désigné du soviet municipal de Grenoble et premier premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (7737 €/mois)

- Renzo SULLI, leader du soviet municipal d'Échirolles et deuxième premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (4979 €/mois)

- Daniel BROCARD, délégué du soviet municipal du Sappey-en-Chartreuse et troisième premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Norbert GRIMOUD, leader du soviet municipal de Saint Georges de Commiers et quatrième premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Yannik OLLIVIER, leader du soviet municipal de Saint Martin le Vinoux et deuxième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (3649 €/mois)

- Christophe FERRARI, leader du soviet municipal de Pont-de-Claix et troisième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (4029 €/mois)

- Jacques NIVON, leader du soviet municipal de Champ-sur-Drac et quatrième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Georges CLAVERI, délégué du soviet municipal de Vizille et cinquième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Jean-Philippe MOTTE, délégué du soviet municipal de Grenoble et sixième premier secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Christiane RAFFIN, leader du soviet municipal de Proveysieux et septième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Yannick BOULARD, leader du soviet municipal de Fontaine et huitième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (4979 €/mois)

- Gilles MOULIN, leader du soviet municipal de Murianette et neuvième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (3193 €/mois)

- Marcel REPELLIN, commissaire politique aux incendies, leader du soviet municipal de Seyssinet-Pariset et dixième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Gilles STRAPPAZZON, leader du soviet municipal de Saint-Barthélémy-de-Séchilienne et onzième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Michel DOFFAGNE, commissaire politique pour le Sud Grenoblois, délégué du soviet municipal de Jarrie et douzième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Olivier NOBLECOURT, délégué du soviet municipal de Grenoble et treizième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- René PROBY, leader du soviet municipal de Saint-Martin-d'Hères et quatorzième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Morad BACHIR-CHÉRIF, délégué du soviet municipal de Grenoble et quinzième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Gérard CRET, leader du soviet municipal de Séchilienne et seizième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Gérard DARCUEIL DREYFUS,  délégué du soviet municipal de Vaulnaveys-le-Bas et dix-septième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Michel BAFFERT, délégué du soviet municipal de Seyssins et dix-huitième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Eric GRASSET, délégué du soviet municipal de Grenoble et dix-neuvième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Catherine KAMOWSKI, leader du soviet municipal de Saint-Égrève et vingtième secrétaire générale adjointe du soviet suprême de Grenoble (4029 €/mois)

- François DIAZ, leader du soviet municipal de Saint-Paul-de-Varces et vingt-et-unième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (3193 €/mois)

- Claude GABELLE, délégué du soviet municipal de Vaulnaveys-le-Haut et vingt-deuxième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Francis CARRÉ, commissaire politique au tri sélectif, délégué du soviet municipal de Notre-Dame-de-Mésage et vingt-troisième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Guy JULLIEN, leader du soviet municipal de Veurey-Voroize et vingt-quatrième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (3193 €/mois)

- Christophe MAYOUSSIER, commissaire politique aux eaux pluviales, leader du soviet municipal du Gua et vingt-cinquième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Michel DESTOT, commissaire politique aux relations avec les pays frères, membre du soviet suprême de la république française, futur-ex-leader du soviet municipal de Grenoble et vingt-sixième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble (9857 €/mois)

- Robert MEYER, leader du soviet municipal de Brié-et-Angonnes et vingt-septième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Jean-Luc POULET, délégué du soviet municipal de Quaix-en-Chartreuse et vingt-huitième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Abderrahmane DJELLAL, délégué du soviet municipal de Grenoble et vingt-neuvième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Pierre VERRI, leader du soviet municipal de Gières et trentième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Alberte DESSARTS, commissaire politique aux sentiers,  déléguée du soviet municipal de Gières et trente-et-unième secrétaire générale adjointe du soviet suprême de Grenoble

- Georges GADUEL, délégué du soviet municipal de Saint-Paul-de-Varces et trente-deuxième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Jean-Pierre AMPHOUX, délégué du soviet municipal du Gua et trente-troisième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Fabrice HUGELÉ, commissaire politique à l'extension du territoire, leader du soviet municipal de Seyssins et trente-quatrième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Françoise GERBIER, leader du soviet municipal de Venon et trente-cinquième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Luc PUISSAT, leader du soviet municipal de Miribel-Lanchâtre et trente-sixième secrétaire général adjoint du soviet suprême de Grenoble

- Françoise CLOTEAU, commissaire politique à la biodiversité, déléguée du soviet municipal de Champagnier et trente-septième secrétaire générale adjointe du soviet suprême de Grenoble

Résidant personnellement à Meylan, je suis profondément dépité que les délégués de la commune au soviet suprême ne soit pas assez méritants pour obtenir au moins un poste de secrétaire général adjoint.
J'exhorte donc solennellement le peuple à tirer, sans faillir, les conclusions qui s'imposent lors du prochain scrutin.

En conclusion, plusieurs maires du Dauphiné ont réussi l'exploit de s'octroyer une pension alimentaire et de se la faire payer rubis l'ongle.

Soviétiquement votre

Références et compléments
- Sur l'opacité budgétaire de "La Métro" voir aussi la chronique "Merci aux élus locaux et à l'équipe de rugby de Grenoble".

- La liste des membres du bureau de la communauté de communes Grenoble-Alpes-Métropole, dite La Métro, provient du site web de cette fringante et dépensière collectivité publique. Cette chronique est conforme à la liste en ligne le 13 janvier 2014.

- Les revenus issus de leurs activités électives des principaux politiques de la région grenobloise a été publiée par Capital entre le 12 et le 15 avril 2013.

- L'élection des quarante nouveaux vice-présidents de la Métro et leur copieuse indemnité ont été rendues publiques par le site GreNews Grenoble City Local News le 11 janvier 2014.

jeudi 2 janvier 2014

Tout savoir (ou presque) sur les finances municipales de Meylan

En ces temps de crise aiguë et de déficit public abyssal, j'ai empoigné le petit bout de la lorgnette pour analyser les finances de Meylan, la sympathique commune où je réside, à proximité de Grenoble dans le département de l'Isère.

Fidèle aux us et coutumes de ce blog, je me suis rendu sur le site de la mairie pour tenter de récupérer des données du budget 2014.
À l'instar de la communauté de communes "la Métro" alpaguée dans une précédente chronique, les informations financières communales sont pour le moins fractionnées et filandreuses. Le document de présentation du budget comporte plus de texte que de chiffres.
Meylan, qui ne compte pourtant que 17 500 habitants, dispose quand même de 4 budgets distincts : un pour le "fonctionnement", un pour les "investissements", un pour des opérations immobilières dans une zone d'activités économiques et un petit dernier pour l'eau potable.
Sensiblement 1 euro sur 5 dépensés par la mairie est répertorié dans des "annexes".
À croire que la municipalité sortante souhaite entourer sa gestion d'un écran de fumée.

Dans un souci de clarté, j'ai donc effectué les additions jugées inutiles par les élus de la majorité comme de l'opposition et regroupé les finances meylanaises en un seul compte.
Emporté par mon élan, j'ai aussi commis quelques divisions afin d'exprimer les valeurs en euros mensuels par meylanais afin de pouvoir les comparer à des revenus et dépenses familiales.

Le budget 2014 de Meylan est légèrement inférieur à 37 millions d'euros.
Cette somme représente pour chaque habitant, 2 100 €, soit 2 SMIC mensuels, environ 175 € par mois.

Les recettes municipales proviennent à quatre cinquièmes de notre fiscalité, 140 € mensuels par meylanais.
Les impôts dits locaux fournissent la plus grosse part, 120 € par mois.
Les 20 € restants sont assurés par des dotations de l'état et quelques très menues subventions, dont le financement, ne l'oublions jamais, est aussi fiscal.

20% des recettes, 35 € mensuels par tête, sont issus des ventes de services ou de biens effectuées par la mairie.

Recettes municipales 2014 de Meylan en euros mensuels par habitant
La rémunération du personnel communal représente la moitié des dépenses, 90 € mensuels par habitant.
Les achats ainsi que les dépenses inclassables sont le second poste, un petit tiers du budget, 50 € mensuels par habitant.
Les véritables investissements ne pèsent qu'un dixième des dépenses communales, 20 € par mois.
Ils sont suivis de près par les intérêts d'emprunt, 12 € mensuels par meylanais, et par le remboursement de la dette communale, 6 € par mois.

Dépenses municipales 2014 de Meylan en euros mensuels par habitant
La dette de Meylan s'élève à environ 25 millions d'euros, 1 400 € par tête, un mois et demi de SMIC.
Le budget étant légèrement excédentaire, ces emprunts devraient baisser d'environ 1 million en 2014, après un accroissement d'un quart depuis 2008.
Les emprunts municipaux représentent 8 mois des recettes de la ville, à comparer à l'ensemble de la dette publique française qui culmine presque deux ans d'impôts et cotisations.

Dette publique de Meylan et de la France exprimée en mois de recettes
L'éducation, essentiellement maternelle et primaire, est la première dépense municipale, un gros cinquième du budget, 40 € mensuel par habitant.

Immédiatement derrière vient le fonctionnement de la mairie, ce que l'on nomme dans les entreprises frais généraux ou frais de structure.
Tous les mois, chaque meylanais fournit 35 € - un peu plus d'un euro par jour - pour assurer la marche des services municipaux.
La mairie de Meylan auto-consomme un cinquième de ses recettes.

En troisième et quatrième position arrivent les aménagements urbains et la culture avec 25 et 20 € par mois et par tête.

Le développement économique n'est guère une priorité. Il ne représente qu'un quatorzième du budget de Meylan, 12 € mensuels par habitant.
Le sport suit de près avec 9 € par mois.

La sécurité, l'action sociale et l'habitat sont les parents pauvres des finances communales avec respectivement 7, 5 et 4 euros par mois et par meylanais. Moins de 10% de l'activité communale pour l'ensemble de ces trois politiques !

Dépenses municipales 2014 de Meylan en euros mensuels par habitant
Les élections municipales approchant à grands pas, j'espère que ces quelques données économiques permettront à chacun de préciser son opinion sur le mandat de l'équipe sortante et sur les propositions des futurs candidats à la mairie de Meylan.

Meylanaisement votre

Références et compléments
- Chronique rédigée et publiée début janvier 2014.

- Voir aussi d'autres chroniques
- Les chiffres cités dans cette chronique proviennent de regroupements et recoupements effectués par mes soins d'après le trop verbeux document "Budgets primitifs 2014" présenté au conseil municipal de Meylan le 16 décembre 2013 mis en ligne sur le site meylan.fr.
Les valeurs ont été arrondies dans un souci de lisibilité.

- L'auteur, citoyen libre, est totalement indépendant, n'est membre d'aucune formation politique et ne soutient aucun candidat aux élections municipales de Meylan.
Les 4 graphiques de ce billet ne sont pas libres de droit et ne peuvent, en aucun cas, être utilisés sans autorisation à des fins électorales ou journalistiques.
Le texte de la chronique y compris ses chiffres sont mis à disposition conformément à un contrat de licence Creative Commons 2.0 (paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique). Le respect de cette licence libre est particulièrement impératif en cas d'usage électoral ou journalistique.

- Comme à chaque fois que j'épingle des politiques sur ce blog, je rappelle que ces colonnes leur sont ouvertes pour un droit de réponse.

mardi 15 octobre 2013

Rugby opaque et dans le rouge à Grenoble

En France, les collectivités dites locales - communes, métropoles, départements et région - sont des acteurs incontournables de l'emploi, des déficits publics et de la fiscalité.
Pourtant, opacité, gestion hasardeuse et clientélisme y règnent en maîtres, beaucoup plus qu'au sommet de l'état, paradoxalement plus surveillé et mieux administré.

A titre d'illustration et à la demande involontaire de plusieurs twittonautes, je vous propose de revenir sur le cas du rugby professionnel à Grenoble. La situation y est, à première vue, similaire à celle d'autres agglomérations possédant une équipe de sport professionnel de haut niveau.

Avant de développer, je tiens à préciser que je ne nourris aucune ire particulière à l'encontre du jeu à XV. Bien au contraire, j'apprécie ce sport que je regarde régulièrement et je me rends 2 à 3 fois l'an à des matchs du FCG.

Le club de rugby grenoblois est une société privée, dûment immatriculée depuis août 2006. Cette entreprise de spectacle n'est guère florissante et reste durablement dans le rouge.
Son chiffre d'affaire 2011-2012 a été d'un peu plus de 9 millions d'Euros, 14 € de recettes par habitant de l'agglomération dauphinoise.
Les dépenses ayant dépassé les rentrées, en fin d'exercice, le FCG a accumulé une perte annuelle de 350 000 €, 4% du chiffre d'affaire.
Les saisons précédentes, avec une équipe alors en division 2, les pertes oscillaient entre 3% et 10%.

Cette mauvaise santé récurrente confère un bilan très fragile à l'entreprise.
Les dettes atteignent presque 5 fois les capitaux propres, de quoi faire frémir tout prêteur normalement constitué.
Par voie de conséquence, les actionnaires du club - dont la liste est introuvable sur le web - remettent tous les ans plusieurs centaines de milliers d'euros au pot pour maintenir la société à flot.
Que ce mystérieux groupe de donateurs rugbyphiles et philanthropes cesse, ne serait-ce qu'une saison, de cracher au bassinet et le fragile édifice financier s'écroule comme un château de cartes.
De même, une descente en seconde division, dont les rugbymen grenoblois étaient encore pensionnaire il y a 18 mois et qui a arithmétiquement 1 chance sur 7 de se produire, serait probablement fatale au club dans sa structure actuelle.

Malgré cette indéniable fragilité, le FCG envisagerait d'emprunter autour de 6 millions d'euros, 10 fois ses capitaux propres, pour construire de nouvelles tribunes dans le stade Lesdiguières où il joue habituellement.
Il semblerait même que des banques aient accepté d'avancer l'argent et que des montages immobiliers alambiqués permettraient de financer une partie de cette rénovation.
Malheureusement, je n'ai rien trouvé en ligne de probant et factuel sur ce thème.

Opacité et précarité de la situation financière du FCG n'impressionnent pas les élus de la ville de Grenoble et de la communauté d'agglomération plaisamment baptisée "Métro". Ils injectent massivement et régulièrement des fonds publics dans le club.
Le montants exact de nos impôts engloutis dans les cadrages-débordements est réparti - oserai-je dire, camouflé - en de multiples opérations.
La plupart sont noyées dans un verbiage et un classement administratif que la regrettée URSS n'aurait pas désavoué. Plusieurs même sont absentes d'internet, comme les contributions de la "Métro" et les comptes du FCG.
En 2013, il est encore possible de disperser ou de disposer de l'argent des contribuables sans rendre de comptes sur la toile !

Tentons toutefois d'établir un ordre de grandeur du soutien public au rugby professionnel privé grenoblois.

La mairie de Grenoble verse sensiblement 500 000 € de subvention, non au club directement mais à "l'association FCG", officiellement sans but lucratif. Dans d'autres domaines, un tel montage serait qualifié de structure de blanchiment.
Faute de chiffres disponibles en ligne, et en se basant sur la taille des logos publicitaires sur le site du FCG, on peut présumer que la "Métro" octroie un montant similaire au club.

A cela, il faut ajouter la location du stade Lesdiguières.
La municipalité grenobloise s'apprête à accorder un bail emphytéotique de 25 ans d'une générosité absolue puisque le loyer s'élèvera, pour un stade de plus de 10 000 places et ses parages, à un peu plus de 6 000 € mensuels, sans même une clause de révision. Les locataires parmi les lecteurs de ce blog apprécieront.
On peut raisonnablement supposer qu'il manque au moins un zéro au montant de la location. La collectivité fait cadeau d'environ 700 000 € annuels supplémentaires au rugby rouge et bleu, 1 € par habitant.

La facture totale avoisine, en toute opacité, 1.7 millions d'euros par an, 2.6 € par personne résidant dans l'agglomération de Grenoble. Grosso modo, autour d'un cinquième du chiffre d'affaire de l'entreprise privée FCG est assuré par le contribuable dauphinois.

Pour que le tableau soit complet, il faut y adjoindre le coût exorbitant de l'autre enceinte sportive grenobloise - le très récent et très onéreux stade des Alpes - rarement rempli et hébergeant une équipe de football de division 4.
Apparemment - là encore les chiffres étayés manquent - la "Métro" verserait au concessionnaire au moins 1 million d'euros annuels, presque 3 € par contribuable "métropololitain".

Pour faire bonne mesure, il faut toutefois reconnaître que cet argent public crée des emplois, 54 durant la dernière saison pour être précis.
Une rapide division nous indique que chacun de ces jobs, du stadier au pilier, requiert  plus de 50 000 € annuels, 5 SMIC, ponctionnés sur nos impôts.

En conclusion, je suis presque certain que le sport professionnel n'est pas un cas isolé. Je pourrais, hélas, écrire la même chronique mettant en avant la même opacité et la même inefficacité crasse des fonds publics à la fois sur les grands travaux, sur l'urbanisme et sur l'action culturelle.

Rugbystico-contribuablement votre

Références et compléments
- Voir aussi ma précédente chronique "Merci aux élus locaux et à l'équipe de rugby de Grenoble"

- Mes remerciements les plus vifs au Réseau Citoyen de Grenoble qui a recueilli et fourni la documentation ayant servi à la rédaction de cette chronique. Cette association contribue à limiter l'opacité dont nos élus locaux aimeraient s'entourer pour clientéliser en paix.
J'encourage vivement la visite de son site web 2014grenoble.fr.
Le billet "Grenoble a-t-elle besoin d'un nouveau stade prestigieux ?" y détaille le montage complexe et opaque de la rénovation du stade Lesdiguières.

- Ma gratitude va aussi aux twittonautes - ils se reconnaîtront - qui ont défendu, dans un débat passionné en ligne, leurs clubs de football et de rugby favoris. Sans eux, je n'aurais pas repris la plume, pardon le clavier, sur ce thème.

- Sources (et même absence de sources) :
. Site web du club de rugby grenoblois FCG
. Sites web de la Métro et de la mairie de Grenoble
. Données sur la SASP FC GRENOBLE RUGBY (FCG RUGBY) sur le site societe.com. Les chiffres trouvés sur ce site ont été arrondis pour faciliter la compréhension.
. Les données démographiques proviennent de Wikipedia.

- Comme à chaque fois que j'alpague des politiques sur ce blog, je rappelle que ces colonnes leur sont ouvertes pour un droit de réponse. J'invite, notamment, les élus de la Métro à communiquer clairement et totalement les montants alloués au FCG.
De même, si par extraordinaire, le FCG souhaitait publier ses états financiers complets et détaillés, je me ferai un devoir de les reproduire.

mercredi 4 septembre 2013

Merci aux élus locaux et à l'équipe de rugby de Grenoble

Depuis dimanche dernier, comme la plupart des habitants de l'agglomération de Grenoble, je suis à la fois heureux et exaspéré.
Malgré la rentrée scolaire, la capitale du Dauphiné croule littéralement sous les visiteurs. Hôtels et restaurants sont complets, les délais d'attente pour accéder au musée ou au téléphérique de la Bastille dépassent deux heures. Rocade et boulevards sont embouteillés encore plus que de coutume et la gare est quasi-inaccessible.
Plus étonnant, la chambre de commerce et les différentes institutions de recherche ont, dans l'urgence, embauché des standardistes et du personnel d'accueil pour faire face à l'afflux de demandes de renseignements professionnels et de projets d'implantations dans la région.
Cela augure d'une activité économique soutenue dans mon bassin d'emploi préféré mais rend le quotidien pénible, les déplacements et l'accès aux commerces étant devenu très difficiles.

La cause de cette affluence massive dans l'Y grenoblois est une campagne de communication très efficace menée par les élus de la communauté d'agglomération, plaisamment baptisée Métro.
L'audacieux président métropolitain, entouré de ses 20 vice-présidents, de ses 12 conseillers délégués et des 42 conseillers communautaires ordinaires, a eu la riche idée d'utiliser les deniers publics qu'il gère pour parrainer le match de rugby Grenoble-Toulon du 31 août.
Le slogan imaginé pour cette occasion était particulièrement percutant "avancer ensemble pour gagner ensemble".
Cette sentence indépassable, couplée au logo ornithologique emblème officiel de l'agglomération dauphinoise, a été affichée régulièrement au cours durant la rencontre.


L'effet a été immédiat. L'immense cohorte de téléspectateurs de la chaîne payante qui retransmettait l’événement, éblouie par tant de hardiesse communicante et d'esthétique d'avant-garde, n'a eu de cesse, une fois le match remporté par l'équipe iséroise, de se précipiter dans la ville de Lesdiguières, pour tourisme, affaires et plus si affinités.

Perpétuellement soucieux du développement économique de ma région, je tiens à remercier ses élus pour leur vision, leur hardiesse et leur efficacité.
En cette période de l'année où les feuilles d'impôts se succèdent à rythme soutenu, je constate avec plaisir et satisfaction qu'au moins mes taxes d'habitation et foncières ne sont pas dépensées en pure perte au sein d'une bureaucratie grisâtre mais investies au service d'une véritable stratégie de soutien à l'activité locale.

Bien sur, cette ardeur de la Métro a aussi pour conséquences quelques menus travers qu'il serait injuste de ne pas tolérer. Toute omelette nécessite le bris de quelques œufs.

Totalement engagés au service du bien commun, les 75 dirigeants et les 850 employés de la communauté de communes n'ont guère de temps disponible pour mettre à jour leur site web.
Ainsi le budget de près de 350 millions d'euros, grosso modo 900 € annuels par grenoblois, y est expédié en 8 petites lignes dans lesquelles la communication et le sponsoring n'apparaissent pas. Cela n'a guère d'importance vu le succès incroyable de ces démarches.

De même, je comprends que le FCG, club de rugby grenoblois, soit soucieux de ne pas mettre ses parrains en porte-faux avec des pages internet plus informatives que celles de la Métro. Aussi, bien que recevant de l'argent public, prudemment, il se garde bien de publier le moindre état financier.

J'approuve aussi qu'édiles et dirigeants sportifs, dans un souci de rayonnement de Grenoble, entretiennent imperturbablement deux grands stades afin que les fiers rugbymen rouges et bleus ne prennent pas le risque de marcher sur les pieds de l'équipe de football pensionnaire de division 4.

Pour conclure, j'espère, un peu égoïstement, que la Métro, sur sa lancée, ne répétera pas la même opération de promotion avec les équipes de volley-ball ou de badminton de Meylan et des autres communes de banlieue.
L'affluence dans l'agglomération risquerait de continuer à croître, ce qui me forcerait à coucher au boulot pour éviter la thrombose de la rocade.

Fiscalo-rugbystiquement votre

Références et compléments
Cette chronique, sous une forme légèrement remaniée, fait désormais partie du recueil disponible en ligne "Humeurs Économiques".

- Une excellente vidéo d'une conférence du Réseau Citoyen de Grenoble décortiquait en 2013 les subventions de la municipalité de Grenoble (et non pas de la Métro). Le sport professionnel arrivait en tête, le ruban bleu revenant au GF38 club de football de division 4 dont les maillots de joueurs devait être recouverts de platine rhodié.

- J'ai reçu l'image présentée dans cette chronique le 30 août 2013 dans un mail promotionnel envoyé par le FCG qui m'incitait à acheter une place pour la rencontre Grenoble-Toulon en mettant bizarrement en avant le sponsoring de la Métro.

- Site web de la Métro, communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole, avec sa description budgétaire très sommaire et la présentation de sa gouvernance qui fait pâlir d'envie les forces armées du Mexique.

- Site web du FCG Grenoble Rugby, dans lequel je n'ai pas réussi à dégoter un quelconque élément financier.
Fort heureusement, le soutien fiscal aux rugbymen grenoblois leur a au moins permis de battre les champions d'Europe toulonnais 28 à 26.

- Comme à chaque fois que j'alpague des politiques sur ce blog, je rappelle que ces colonnes leur sont ouvertes pour un droit de réponse.
De même, si par extraordinaire, le FCG souhaitait publier ses états financiers, je me ferai un devoir de les reproduire.

mardi 2 novembre 2010

Tokyo capitale francophone

Tous comptes faits, inutile de maîtriser l'une des trois graphies nippones pour se sentir à l'aise dans la capitale du Japon.

L'alphabet latin est omniprésent : pas une marque qui ne s'affiche avec les caractères servant à rédiger cette chronique.
Ainsi, les immeubles de bureau devant l'hôtel portent fièrement les enseignes "d'AIU Insurance Company", de "BIC", de "Suntory" et de "Mory Trust". Et les taxis qui montent la garde devant la porte écrivent sur leurs flancs "Oikawa Taxis" ou "Nihon Kotzu Group".

L'inénarrable Eric Besson - le chantre essoufflé de l'identité nationale de la France - devrait venir se ressourcer au Japon car la langue de Molière y est du dernier chic.
Le français semble être un support commercial efficace, au moins pour la nourriture et la mode. Jugez sur pièces.

Le centre commercial devant la fenêtre s'appelle "belle Vie" alors qu'une boutique de croissants installée dans le métro aguiche l'usager avec un tricolore "Vie de France".

Bien entendu, il est possible de se restaurer dans de multiples "bistro" tantôt "lyonnais", tantôt à "vins et charcuterie". La palme étant détenue par le "bistrot de nord allée d'accès au temple".
A en croire les publicités dans le métro, ces "bistro" devraient connaître leur jour de gloire le 18 Novembre (et non pas le 7) avec l'arrivée annoncée du "Beaujolais Village". Il sera possible d'acheter ce nectar au magasin "Côtes du Rouge".
Dans cette même rubrique gastronomique, un "restaurant régional" accueille ses clients avec un incongru "chien méchant" et le cholestérol se renouvelle à la "maison du beurre" (sans aucun rapport avec le sinistre ministre précité).

Une "galerie La Moniale" expose des tableaux de paysage et des sculptures abstraites ne provenant visiblement pas d'une abbaye.

Les jeunes femmes en mal d'idées pour s'accoutrer - cela n'a pas l'air d'être le cas pour la plupart des nénettes tokyoïtes - trouvent dans le magazine "25 ans" d'excellentes suggestions. Elles peuvent aussi se procurer des couvre-chefs au "salon de chapeau".
Mais, au rayon mode, ma préférée est la ligne de vêtements d'intérieur "Du fond du cœur" qui proclame "Goûtez à une vie sucrée en vous souhaitant une douce nuit. Décontractez-vous, dégustez nos robes de chambres délicieuses comme un dessert" et intime un ordre dangereux par ces temps de sécurité renforcée : "Ouvrez ce paquet le plus vite possible !".

Francophoniquement votre …

lundi 1 novembre 2010

Narita, Roissy, Carthage même art martial

Contrairement aux idées reçues, arriver à l'aéroport Narita de Tokyo en fin d'après-midi n'est absolument pas dépaysant.

Tout se déroule exactement de la même manière qu'à Roissy, Carthage ou tout autre aéroport international de grande métropole.
Une fois sorti de l'avion vous enchainez une enfilade de couloirs interminables et, comme toutes les compagnies aériennes planétaires ont eu la bonne idée de faire atterrir leurs appareils en même temps, vous vous retrouvez englué dans une queue copieuse préalable au contrôle de police.
Comme à l'accoutumée, vous partagez cette attente piétinante avec une foule cosmopolite : quelques inévitables Sujets de Sa Très Gracieuse Majesté, de jeunes scandinaves ou teutons nourris au grain, des compatriotes d'Obama à la dégaine inimitable et une cinquantaine de judokas brésiliens préférant manifestement le dojo à Dilma.
La suite des opérations devant vous conduire à votre hôtel en centre-ville se déroule aussi de manière parfaitement convenue .

Comme partout, une dame fort courtoise et munie d'un brassard officiel remonte la file afin de vérifier que les formulaires de débarquement sont correctement remplis.

Comme partout, le policier en service au guichet vous accueille en souriant et se penche d'environ 25 degrés en direction de son clavier pour vous saluer.

Comme partout, la saisie par les autorités des informations de votre passeport est automatisée et ne nécessite aucune frappe.

Comme partout, vos empreintes digitales et votre photo sont enregistrés avec un appareil qui affiche ses instructions dans votre propre langue : si vous êtes brésilien en portugais, si vous venez de la Communauté Européenne dans la langue de Shakespeare.


Comme partout, les formalités de police durent moins d'une minute et se terminent par une nouvelle courbette du keuf en faction.

Comme partout, personne ne s'agglutine autour des tapis à bagages et la ligne d'attente n'est franchie que pour récupérer sa propre valise.

Comme partout, deux compagnies concurrentes de trains de banlieue acheminent les passagers vers le centre-ville. Bien entendu, on ne peut monter à bord de ces RER que muni d'une place numérotée réservée au guichet.

Comme partout, si vous avez oublié de prendre un reçu lors de l'achat de votre billet, il suffit, à la sortie, de demander à un employé de la compagnie de chemin de fer de vous ouvrir le portillon afin de pouvoir conserver votre titre de transport.

Comme partout, les distributeurs de billets de métro s'expriment dans la langue de la Communauté Européenne.

Comme partout, si vous avez malencontreusement perdu votre ticket lors d'un trajet en métro, il vous suffit de l'indiquer à l'employé en uniforme présent à la sortie afin qu'il vous laisse obligeamment passer (courbette à la clef, cela va sans dire).

Comme partout, le réceptionniste de l'hôtel vous donne l'impression de n'attendre que vous et met dangereusement en péril ses vertèbres lombaires pour vous dire bonjour.

Bref, tous ceux qui vous disent que le Japon est un pays "différent" n'y sont probablement jamais allés.

Nipponiquement votre …