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mercredi 10 mai 2017

Comment la calculatrice a pulvérisé la règle à calcul : histoire d'une innovation de rupture

Entre 1975 et 1980, alors que naissait Emmanuel Macron le nouveau président français, les règles à calcul ont été rayées de la carte par l'émergence des calculatrices électroniques.

L’histoire de cette rupture révèle 3 aspects essentiels de l’innovation, singulièrement qu’un développement réussi ne cible jamais les clients du produit qu’il veut mettre à mal.

Cette vidéo de la série "Le Projet Fait Rage" détaille cette révolution dans les méthodes de calcul.


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Compléments
Voir aussi l'épisode n°10 qui relate les façons d'appréhender les besoins des clients


Liens
LPFR Le Projet Fait Rage

mardi 21 mars 2017

J'accuse Émile Zola de troubler notre vision de l'économie

Nous sommes maintenant plus nombreux à exercer un travail intangible plutôt que matériel.
Avec pour conséquence que temps de travail et production ne sont plus proportionnels, comme ils pouvaient l'être dans l’usine de Taylor ou la mine de Zola.
Aussi, Germinal ou les Temps Modernes de Chaplin ne peuvent fonder notre compréhension de l’économie de la connaissance.

Cette vidéo de la série "Le Projet Fait Rage" se penche sur ses mutations radicales.


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Compléments
Voir aussi une première version écrite de cette réflexion, avec un angle d'attaque légèrement différent décortiquant les couts aujourd'hui et dans les années 1950.

Liens
LPFR Le Projet Fait Rage

dimanche 13 novembre 2016

Vidéos Le Projet Fait Rage

Je débute aujourd'hui de nouvelles chroniques - cette fois en vidéo - intitulées "Le Projet Fait Rage".

Ces petits films, publiés sur YouTube, traiteront d'innovation, de marketing et de développement de produits ou services.
Avec un parti-pris résolu : l'agilité, c'est à dire l'humain et l'imagination plutôt que les procédures préétablies !

Pour cette première livraison, un avant-goût du programme.



Références et compléments
LPFR Le Projet Fait Rage

dimanche 8 mai 2016

Ingénieuses ingénieures tunisiennes

​La série consacrée aux bouteilles semi-remplies et aux trains ponctuels se poursuit.
Après quelques rayons en France, je vous propose cette fois un peu de soleil de Tunisie.

Des ingénieures survitaminées

J'ai assisté, cette semaine, à un événement intitulé "femme ingénieure : défis et perspectives" organisé par l'ATFI, Association Tunisienne Femmes Ingénieures.
Au cœur d'une technopole de la banlieue de Tunis, durant une matinée, se sont succédé exposés généraux et témoignages devant un parterre composé essentiellement d'ingénieures et d'étudiantes, sans oublier quelques représentants de la gent masculine dont votre serviteur.

L'impression d'ensemble était énergisante et optimiste.
Des femmes de toutes générations ont transmis des images positives de leur activité.


La fabrique d'ingénieurs tourne au même régime en Tunisie qu'en France

Il faut dire que le regard historique donne le tournis.
Lors de l'indépendance de la Tunisie en 1956, il y avait très exactement 84 ingénieurs dans la toute jeune république.
Soixante ans plus tard, cette profession compte 70 000 membres, à peu près moitié moins qu'en France à population équivalente.

Toutefois, la progression est vertigineuse.
De 2000 à 2014, la Tunisie a multiplié par 15 ses diplômés en ingénierie pour atteindre 7 000 par an, presque 20 par jour.
Désormais, le taux de formation d'ingénieurs est similaire au pays du jasmin et dans celui des fromages.



Toujours plus de meufs

Femmes et engineering forment un bien meilleur ménage au sud qu'au nord de la Méditerranée : une ingénieure pour deux ingénieurs autour de Tunis, contre une pour quatre vers Paris.

Cette féminisation va continuer à croître et embellir.
Cette année, pour la première fois, les inscrites aux concours d'entrée dans les écoles d'ingénieurs tunisiennes dépassent légèrement les inscrits ...

Le regretté Louis Aragon, s'il revenait parmi nous du côté de l'antique Carthage, modifierait certainement son poème pour proclamer que la femme est aussi l'avenir de la technologie.

Tout ne va pas mal.

Fémino-ingéniéro-tunisiquement votre

Références et compléments
Tous mes chaleureux remerciements à Wafa Kedous et à l'ATFI pour leur invitation.

Pour en savoir plus sur l'ATFI Association Tunisienne Femmes Ingénieures, rendez-vous sur la page Facebook de cette association.

Voir aussi la chronique "2 rayons de soleil dans un ciel européen grisâtre" ainsi que les très (trop ?) nombreux autres billets sur la Tunisie.

L'ATFI a fait le choix heureux de l'orthographe plutôt québécoise ingénieure plutôt que de la formulation française asexuée ingénieur ou encore de l'hideuse appellation technocratique ingénieur-femme.

Les photos ont été prises à la journée "femme ingénieure : défis et perspectives" de l'ATFI le 7 mai 2016 organisée à la technopole El Ghazala de l'Ariana.

mardi 15 mars 2016

Le livre va-t-il connaître le sort enviable du balai ?

Un dessin circulant sur le web a retenu mon attention.

Un balai et un livre légèrement éméchés sont accoudés à un bar devant des bières.
À l’arrière plan, des passants dans la rue ont le regard vissé sur leur smartphone.
Le balai dit à son camarade manifestement dubitatif « relax mon ami, ils ont inventé l’aspirateur et pourtant je suis encore là … ».

Ce croquis illustre la difficulté de transformer une nouvelle technologie en succès commercial.



L’aspirateur n’a pas su balayer le balai

Jusqu’au début du XXème siècle, le balai jouissait depuis des lustres immémoriaux d’une exclusivité sur le marché de la lutte contre la poussière.

L’aspirateur électrique, invention des ingénieurs britanniques Booth et Griffiths, a changé la donne. Plumeaux et autres brosses ont du céder du terrain.
Toutefois, un bon siècle plus tard, force est de constater qu’il n’y a toujours pas un aspirateur par logement, à l’inverse des balais.

La résistance des écouvillons s’explique aisément.
Pour être acheté, un produit doit persuader ses futurs clients que les avantages d’usage, d’image ou d’estime qu’il va leur procurer dépasseront les inévitables inconvénients, au premier rang d’entre eux le prix.

À cette aune, le balai excelle.
Il rend un service basique avec une mise en route instantanée et un espace de stockage réduit pour un coût modique.
En quelque sorte, du nettoyage low cost, l’EasyJet de la chasse aux moutons !

Son concurrent électrique est plus extrémiste.
Bien qu’étant un véritable aimant à poussière, il vaut toutefois 10 à 100 fois plus cher que son compétiteur ancestral.
Plus lourd à manier, il doit être branché ou rechargé mais aussi vidé régulièrement. De surcroît, il requiert un rangement.
Le bilan avantages - inconvénients n’est pas aisé à établir. L’efficacité de nettoyage est contrebalancée par un usage moins aisé et un prix plus élevé.
Tous comptes faits, Dyson ressemble plus à Audi qu’à Google.

L’automobile a aspiré les fiacres

Nombreux sont les produits ou services ancestraux que les révolutions industrielles successives ont expédié aux oubliettes.

Lorsque l’automobile sort des limbes à la fin du XIXème siècle, les véhicules hippomobiles ont à leur actif sensiblement 3 000 ans de bons et loyaux services dans le transport.
Dans les grandes villes, les fiacres, particulièrement bien adaptés aux boulevards nouvellement tracés connaissent le succès d’Uber aujourd’hui.
Et pourtant, en peu de temps, les taxis les balaient. En 1914, ils jouent même un rôle décisif à la bataille de la Marne, acheminant en un temps record des troupes au plus près de la ligne de feu.

La raison de cette victoire par KO est là encore à rechercher dans le bilan avantages - inconvénients.

La voiture a provoqué une rupture en termes de vitesse et de rayon d’action.
Si la bagnole est plus chère à l’achat qu’un bourrin et une carriole, son entretien est beaucoup plus frugal que celui d’un canasson. Pour le dire avec les anglicismes actuels, le total cost of ownership a été très rapidement en faveur de l’automobile.
De plus, l’auto a contribué à rehausser le statut de son conducteur.
Ajoutons aussi au rayon des avantages le ramassage du crottin dans les rue devenu inutile.
Excepté les émissions de CO2 qui ne nous intéressent que depuis peu, le cheval n’a rien eu à opposer à la voiture, d’où sa relégation.

Le livre papier, future lampe à pétrole ou futur balai ?

Les becs de gaz, le papier carbone, les porteurs d’eau ainsi que bien d’autres produits et professions ont connu des coups de balai tragiquement analogues.

Quel sera le sort du livre face aux alternatives digitales ?
Difficile à dire mais il est probable que si les prix des e-books ne baisse pas plus et que les verrous numériques qui plombent la facilité d’usage subsistent, la bibliothèque rejoindra le placard à balai.

Balayagiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique « l'irrésistible attrait du livre électronique » qui propose un éclairage très différent voire contradictoire.

- Je n’ai pas réussi à déterminer avec certitude l’origine du dessin. Il semblerait qu’il s’agisse du site espagnol chistes21.com.

- Article Wikipedia en anglais sur l’histoire de l’aspirateur.

- Les premières traces archéologiques de voitures à cheval sont celtiques. Elles datent du premier âge du fer, un sympathique millier d'années avant notre ère.

lundi 10 novembre 2014

Les innovations réussies ne sont presque jamais technologiques

Les innovations, que beaucoup appellent de leurs vœux pour relancer l’économie ou améliorer société et modes de vie, sont souvent perçues comme synonymes d'avancées technologiques.

Pourtant les succès commerciaux sont rarement le fruit de percées techniques. La plupart du temps, il s'agit de cocktails originaux d'éléments préexistants.

Pour tenter de vous en convaincre, examinons ensemble quelques cas emblématiques des quarante dernières années.

Gel douche
Jusqu'à la fin des années 1970, les détergents pour l'hygiène corporelle étaient exclusivement solides.
Lors de la décennie suivante, ce marché, actuellement trois fois plus vaste que celui des smartphones, a subi un cataclysme. Marketing et usage nous ont conduit à plébisciter l'amollissement généralisé des savonnettes.
Désormais on passe plus souvent des savons dans les commissariats que dans les rayons des hypermarchés.
Je suppose que fabriquer du gel douche ou du savon n'est guère différent sur le plan strictement physico-chimique. De toute éternité, les savonniers ont su régler la mollesse de leurs produits.
Tout s'est joué dans nos têtes et nos salles de bain, pas dans des laboratoires.
Collectivement, nous avons choisi l'achat de produits plus volumineux et souvent plus chers.
Les entreprises qui ont su incorporer de l'eau à leur savon pour le rendre gluant, ont prospéré. Celles restées exclusivement accrochées à leurs produits compacts ont disparu avec l'eau du bain.

Ronds-points routiers
Les carrefours circulaires avec priorité au véhicule engagé, populaires en Angleterre depuis les années 1920, sont apparus en France sensiblement au moment où le gel douche remportait sa victoire sur le savon. Il s'agit de la trace la plus durable du premier septennat de François Mitterrand.
Auparavant, les ronds-points étaient rares et favorisaient le nouvel arrivant, comme sur la place de l'Étoile à Paris.
Lorsque j'ai passé le permis de conduire en 1981, l'agglomération de Grenoble n'était dotée que d'un seul de ces carrefours dont l'utilité principale était de satisfaire le sadisme des inspecteurs.
La vogue de l'époque était l'intersection dotée de feux tricolores sophistiqués, modulant  leur tempo en fonction des flux de voitures, par l'entremise de microprocesseurs alors balbutiants et de boucles de mesure noyées dans le sol.
Les ronds-points ont chahuté le business des luminaires programmables. Une innovation exclusivement basse technologie aux ingrédients au moins aussi vieux que l'automobile - un tracé circulaire, des bordures de trottoir, un peu de macadam et quelques panneaux triangulaires - a durablement plombé la croissance prometteuse de systèmes nettement plus élaborés.
Les élus locaux et les entreprises de travaux publics n'ont pas vraiment la transparence chevillée au corps aussi l'impact économique des ronds-points est difficile à évaluer. Selon toute vraisemblance, le chiffre d'affaire annuel des intersections circulaires est 2 à 5 fois plus fort que celui des smartphones.

Ventes en ligne de voyages
Comme dirait le poète, guichets et agences de voyage n'en finissent pas de mourir.
Désormais, pour se rendre à Carcassonne ou à Kuala Lumpur, plus d'une fois sur deux, c'est sur le web que nous dégottons le précieux sésame nous permettant d'embarquer dans un train ou un avion. Les ventes de tourisme sur internet sont comparables aux ventes de smartphones.
Pourtant les commerçants en ligne n'ont pas inventé internet, loin s'en faut. Les premiers voyagistes virtuels sont apparus plusieurs années après la naissance de toile, au départ pour solder les invendus des circuits traditionnels de commercialisation.
Les agences de voyage avaient depuis les années 1970 accès à des services informatiques à distance - on disait alors télématiques - de réservation. Au détour de l'an 2000, le web a rendu possible leur usage par un public non professionnel, à toute heure et en tout lieu.
Là encore, le mariage, par des innovateurs concentrés sur les clients et les usages, de technologies déjà existantes a bouleversé une activité centenaire.

iPhone
Cet emblème de la high-tech est un splendide cocktail.
Lorsqu'en 2007, Steve Jobs lançait son premier iPhone, toutes les technologies existaient déjà et étaient de longue date employées par ses compétiteurs : communications radio, codages et décodages du son ou du signal téléphonique, processeurs, mémoires, logiciels en tous genres, écrans tactiles, batteries, hauts-parleurs, microphones, sans oublier la vente par correspondance sur le web évoquée ci-dessus.
Ce qu'a réussi Apple avec l'iPhone et qui, par voie de conséquence, a précipité la chute des fabricants historiques de téléphones mobiles comme Nokia, est un mélange inédit de ces différents éléments.
Ainsi l'écran tactile couplé à un clavier virtuel permet de disposer d'un affichage sur toute la surface du téléphone.
De même, la firme au logo fruité réalise une part importante de son chiffre d'affaire et de sa marge en revendant, à distance, des applications installables sur ses engins développées par d'autres.
L'entreprise de Cupertino, en se concentrant sur le design, l'usage et l'image s'est construit une position enviable, alors que ses concurrents focalisés sur les technologies ont définitivement perdu pied.

Ces quatre exemples, qu'une multitude d'autres pourrait compléter, doivent nous conduire à réfléchir sur les politiques de promotion de l'innovation menées par les entreprises et l'état.
Ainsi, le soutien public très fort en France à la R&D technologique, par l'entremise, notamment, du crédit d'impôt recherche, est discutable. Un coup de pouce pour développer stratégie, marketing et design serait probablement plus efficace.
Amazon, Apple, eBay, Facebook, Google, Microsoft, Oracle, Twitter, pour ne citer qu'eux, dominent l'internet mondial. Ils ne sont pourtant à l'origine directe d'aucune nouvelle technologie, ils n'ont bénéficié d'aucune subvention et une forte part des logiciels qu'ils emploient sont libres, c'est à dire à la disposition de chacun.

Innovatiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique "Automobilistes préférez-vous les carrefours libéraux ou administrés ?"
- Tous mes remerciements à Mehdi et aux étudiants du Master IMN de Grenoble. Les échanges avec eux sont particulièrement vivifiants.

samedi 30 août 2014

En Europe, le lobbying aspire les économies d'énergie

Les frasques sentimentales d'Arnaud Valls et de Manuel Montebourg ont rejeté dans l'ombre la nouvelle la plus intéressante de la semaine écoulée.
L'Union Européenne a décidé d'interdire les aspirateurs excédant 1 600 watts dès ce lundi 1er septembre 2014 et ceux dépassant 900 watts en 2018.

L'argument pour justifier cette relégation est la sauvegarde de notre planète.
En réduisant à marchés forcés la puissance de nos instruments de ménage, Bruxelles aspire à diminuer la consommation énergétique de l'Europe.

Malheureusement, cette belle intention ne résiste pas à une analyse sommaire. Comme à l'accoutumée, jugez sur pièces.

Il y a, grosso modo, en Europe, 200 millions d'aspirateurs, autant que de ménages.
En comptant très large, on peut estimer leur puissance moyenne à 1 500 watts et leur durée hebdomadaire d'utilisation à 30 minutes, constamment à pleine charge.
En mettant tous ces chiffres bout à bout, lorsque, dans une douzaine d'années, tout le parc européen aura été remplacé par des aspirateurs bridés, l'économie annuelle d'électricité devrait être de 3 térawattheures.
Cette valeur, d'apparence astronomique, est en fait ridicule.
L'ostracisation des gros aspirateurs n'abaissera la consommation énergétique européenne que de 1 pour 50 000.
Autant vider un puits de pétrole saoudien avec une petite cuiller !

Deux facteurs complémentaires peuvent expliquer cette réglementation inutile.

Tout d'abord, un souffle de bêtise collective parcourt parfois (souvent ?) la machine administrative et politique européenne.
Ce petit monde technocratique gagnerait à potasser à nouveau ses cours de physique de lycée qui sont d'excellents dopants du pragmatisme.

Il ne faut toutefois pas négliger la force du lobbying d'entreprise.
Imaginez que vous soyez un spécialiste de l'électroménager - par exemple, doté d'une marque commençant par un dy et finissant par un son - et que vous conceviez des aspirateurs plus chers que la moyenne et ne nettoyant pas notablement mieux le tapis hérité de votre bisaïeule.
Néanmoins, vos engins au design futuriste ont le bon goût d'être dotés d'une puissance nominale réduite.
Ce mix marketing original rend probablement la vente de vos moulins à vents un peu compliquée au delà du cercle restreint des gadgetophiles.
Dans ces conditions, quoi de mieux, pour accroître votre chiffre d'affaire, que d'envoyer dans les couloirs de Bruxelles de preux militants qui, la main sur le cœur et la larme à l'œil, vont appeler à la défense de l'avenir réuni de notre belle Terre et des actionnaires européens ?

Oups, j'ai un peu dérapé sur la fin de ma dernière phrase, je voulais, bien entendu, évoquer les technologies et non pas les actionnaires.

Venteusement votre

Références et compléments
- Les très rares lecteurs de ce blog qui douteraient des explications ci-dessus sont invités à savourer le communiqué de presse de l'entreprise qui commence par un dy et finit par un son.
Les nombreux amateurs d'électrotechnique et de traductions approximatives y apprécieront à sa juste valeur le paragraphe où il est question de brosses de carbone.
  

jeudi 1 mai 2014

Les nouvelles technologies entretiennent la spéculation immobilière

J'ignore qu'elles vont être les décisions du groupe PSA et de la municipalité d'Aulnay sous Bois à propos du devenir des terrains de l'ancienne usine Citroën.
Si, comme il est probable, des bureaux prennent la place des ateliers, les emplois dans cette banlieue de Paris seront paradoxalement plus nombreux et mieux payés que du temps de la fabrication de voitures.
Quelques kilomètres plus au sud, les alentours du Stade de France, naguère territoire ouvrier, sont devenus l'apanage des cols blancs.

Alors qu'informatique et télécommunications ont "tertiarisé" une bonne part de l'activité économique et qu'il est désormais possible d'accomplir ces tâches à peu près n'importe où sur la planète, le travail à distance ou nomade peine à prendre un essor définitif.
Si quelques sages et pionniers opèrent depuis la Corrèze ou le Zambèze, en pratique, une cinquantaine de très grands centres urbains concentrent mondialement l'essentiel des nouveaux emplois.
Les meilleurs informaticiens, ingénieurs, communiquants ou financiers semblent avoir une allergie planétaire à la province.
Les facilités offertes par les réseaux connectent les mégapoles plutôt que de de faire travailler ensemble des individus éparpillés.
Les fonctions sociales et créatives de la machine à café et des tableaux désormais blancs semblent n'avoir pas encore trouvé leur substitut en ligne.

Les salaires sans cesse plus élevés offerts par les firmes high tech pour attirer les meilleurs talents réels ou supposés font d'abord flamber les prix des logements des très grandes villes avant d'augmenter le reste du train de vie de leurs heureux récipiendaires.
Par effet de contagion et de manque, la cote des bureaux suit le même mouvement.

Ce n'est pas le moindre des paradoxes induits par les mutations en cours : une très grande part de la productivité des nouvelles technologies alimente deux secteurs ancestraux, low tech et à la moralité parfois chancelante : spéculation immobilière et construction.
Alors que les intermédiaires en tous genres vacillent sous les coups d'internet, promoteurs et agences continuent de prospérer autour de cette nouvelle ressource rare que sont les terrains des mégapoles.

Bétoniquement votre

lundi 16 septembre 2013

Humeurs Économiques - Déchiffrer les mutations

Face au monde qui bouge, mieux vaut penser le changement que changer le pansement !
Francis Blanche


- Combien coûte une loi ?
- Pourquoi autant de déficit public ?
- Un cheval sous Louis XV était-il moins cher qu'une voiture aujourd'hui ? Et la nourriture ?
- Pourquoi le livre électronique va-t-il devenir irrésistible ?
- Un monde sans droits d'auteur ni brevets est-il possible ?
Voici quelques unes des interrogations qui composent mon nouveau livre Humeurs Économiques.

Humeurs Economiques - Déchiffrer les mutations

L'économie, avec ou sans É majuscule, au singulier comme au pluriel, a une influence prépondérante sur nos vies.
Les médias s'en font d'ailleurs massivement l'écho en nous abreuvant de chiffres et d'informations brutes. Malheureusement, trop souvent, la prise de recul et la mise en référence manquent.

Trouvant rarement les réponses aux questions que je me pose, je me suis attelé à rechercher données et éléments permettant de les éclairer.

Afin de rester le plus possible concret, j'ai transcrit les chiffres astronomiques dont raffolent les économistes en valeurs proches de notre quotidien. Par exemple, les impôts collectés par l'état ne sont pas exprimés en milliards mais en euros par personne et par mois, comme nos salaires, nos bourses ou nos retraites.

Chaque billet d'Humeurs Économiques prend pour point de départ notre vie courante ou l'actualité et s'amuse à les décortiquer sous l'angle économique et dans la longue période. Cette méthode, d'apparence assez froide, possède l'avantage du regard détaché sur les changements qui nous touchent.
Sont abordés, tour à tour et avec un léger soupçon de mauvaise foi, les évolutions technologiques et sociétales, l'amélioration insoupçonnée de notre pouvoir d'achat au fil du temps et les coûts, souvent absurdes, de la machine étatique.

Ce livre n'échappe pas aux mutations dans lesquelles nous sommes plongés.
Il est édité par Leanpub, plateforme d'édition en ligne, qui souhaite remettre auteurs et lecteurs au cœur des processus de création et de commercialisation des livres par le pari de l'agilité, de la commercialisation directe et des systèmes ouverts.

Disponible exclusivement sous forme électronique, Humeurs Économiques peut être téléchargé sous les 3 formats les plus courants :
- EPUB version optimisée pour iPhone, iPad & la plupart des liseuses,
- MOBI adapté aux liseuses Kindle d'Amazon
- PDF format universel lisible sur n'importe quelle machine, notamment PC & Mac, et aisé à imprimer.

Quel que soit le format, le livre ne comporte aucun verrou électronique, les trop fameux et stupides DRM. Vous pouvez ainsi lire Humeurs Économiques, sans aucune opération préalable ou paiement additionnel, sur plusieurs appareils simultanément ou bien le prêter à qui vous le souhaitez.

Le lecteur, qui est le client de l'auteur et de l'éditeur, est au cœur de l'ADN de Leanpub.
Il décide librement du prix de son achat et connait avec exactitude ce que l'auteur va gagner. L'achat donne droit aux trois formats du fichier qui peuvent être téléchargés à tout instant.
De surcroît, quand l'auteur effectue des évolutions de son livre, les lecteurs sont avertis et ont accès gratuitement à la nouvelle version.
Les Éditions Leanpub proposent aussi sur tous leurs livres une garantie de satisfaction à 100%. Dans les 45 jours suivant votre achat, vous pouvez être remboursé intégralement, quelle qu'en soit la raison et sans justificatif.

Je vous invite donc, via le livre Humeurs Économiques et à l'instar du regretté Francis Blanche, à penser (panser ?) le changement et, pourquoi pas, à en rire un peu ...

Références et compléments
- Page d'accueil et d'achat du livre Humeurs Économiques
- Lire en ligne un extrait d'Humeurs Économiques
 
- Le "making of" du livre électronique Humeurs Économiques

- Le site des Éditions Leanpub


lundi 9 avril 2012

Conserver les savoirs obsolètes ?

Récemment, lors d'un dîner entre amis, j'ai participé à une discussion passionnée entre des partisans de l'enseignement d'un socle de savoirs traditionnels et des tenants d'un abandon de disciplines rendues obsolètes par les progrès de l'informatique et des réseaux : calcul mental, orthographe et certains apprentissages par coeur comme les cartes muettes de géographie ...

Cette controverse me parait ancestrale. Quelques exemples :

- A Sumer, trois mille ans avant notre ère, les adeptes de la tradition orale ont du s'opposer aux promoteurs de l'écriture récemment inventée, au prétexte que cette nouvelle technologie d'information et de communication allait mettre à mal la développement de la mémoire.

- Plus tard, à chaque évolution technique - papyrus, parchemin, papier puis imprimerie - les supporters de la qualité traditionnelle de l'information ont essayé de résister aux promoteurs de la quantité.

- Plus récemment, au milieu des années 1970, la règle à calcul, qui ne datait pourtant que de 1654, mena, dans les lycées, une résistance aussi acharnée que désespérée aux calculatrices.

- De même, au début de ma vie professionnelle, vers 1985, dans les bureaux d'études, la Conception Assistée par Ordinateur (CAO) alors balbutiante s'est pris de plein fouet l'inertie, un temps triomphante, des planches à dessin et des "dessinateurs industriels".

Chaque évolution améliorant la communication ou facilitant la mémorisation en dehors du cerveau humain semble s'être heurtée aux défenseurs de l'ordre ancien.
Alors que l'éducation consiste à inculquer aux enfants des connaissances et des savoir-faire utiles leur vie entière, un consensus conservateur se maintient au fil des ans pour continuer des enseignements rendus obsolètes par les progrès techniques.
Que nos rejetons puissent maîtriser des compétences qui nous échappent est une perspective effrayante contre laquelle nous tentons vainement de lutter en nous raccrochant à ce que nous connaissons. Même nos cours d'histoire, pourtant archétype des "humanités", ne sont apparemment d'aucun recours pour éviter ce réflexe très ancré.

En guise de conclusion, une petite interrogation rétrospective pour déculpabiliser les conservateurs pédagogiques que nous sommes tous peu ou prou : qui aurait réussi à expliquer au plutôt francophone Guillaume le Conquérant en septembre 1066, alors qu'il s'apprêtait à envahir les Iles Britanniques, que la langue anglaise allait quelques siècles plus tard dominer le monde ?

Traditionnellement votre

Références et compléments
- Ces chroniques doivent beaucoup aux "technologies récentes" que sont Wikipedia et le dictionnaire des synonymes du CRISCO de l'Université de Caen
- Article Wikipedia sur l'écriture
- Article Wikipedia sur Guillaume II de Normandie dit le Conquérant
- Article sur le "middle english" du site de Jacques Leclerc sur l'aménagement linguistique dans le monde