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samedi 20 avril 2013

La main gauche de l'Hercule de Grenoble

Hercule - héros mythologique schizophrène qui peinait à aller de l'avant - a désormais quitté sa Grèce natale pour les Alpes.
Pour preuve, trois exemplaires de la même statue de ce travailleur compulsif trônent simultanément dans le musée et le jardin de ville à Grenoble ainsi que dans le parc du château de Vizille.

Ce bronze représente un athlétique barbu au regard fuyant, dans le plus simple appareil - la mythologie est la mère du naturisme - et portant négligemment un gourdin sur son épaule droite.
Un vague tissu s'enroule en haut d'une de ses cuisses pour préserver une décence de bon aloi.
La main gauche recèle deux objets arrondis indéfinis, visibles uniquement lorsqu'on observe le personnage par l'arrière.
Deux explications contradictoires se concurrencent pour décrypter les symboles de cette sculpture.

Les historiens d'art patentés attribuent l'œuvre à un anonyme de la Renaissance italienne qui aurait honoré une commande de François de Bonne Duc de Lesdiguières, militaire protestant et gouverneur du Dauphiné sous Henri IV et Louis XIII.
Le chiffon entourant la jambe d'Hercule serait la dépouille du lion de Némée dont le safari fut le premier des douze travaux accomplis en CDD pour Eurysthée, le roi d'Argolide.
Quant à la main gauche, elle tiendrait deux pommes d'or du Jardin d'Hespérides que le héros infanticide avait été chargé de cueillir du côté de Gibraltar, malgré les patrouilles d'un serpent et d'un dragon.
Si les interprétations des spécialistes sont exactes alors les fruits mythologiques sont très surfaits. Je me demande quelle mouche a piqué Eurysthée pour qu'il expédie son plus fidèle garde du corps à l'autre bout du bassin méditerranéen afin de récupérer des goldens n'ayant même pas la taille de mandarines.

La tradition orale, que j'ai découverte en arrivant à Grenoble comme étudiant au début des années 1980, préfère une toute autre thèse.
Le Duc de Lesdiguières n'était pas seulement un militaire hardi. C'était aussi un politicien roué, un affairiste de haut-vol et un coureur de jupons invétéré. Un synthèse, en quelque sorte, du général Bigeard, de Jérôme Cahuzac et de DSK ...
Devenu gouverneur du Dauphiné, aveuglé par le pouvoir et l'argent, François de Bonne se serait lancé dans une spéculation encore plus risquée qu'à l'ordinaire. Pour rassurer son entourage, inquiet de sa hardiesse financière, il paria qui si son deal échouait, il procéderait illico à l'ablation de ses bijoux de famille.
Malheureusement pour le capitaine huguenot reconverti en golden boy, les vents du Dow Jones et du CAC 40 d'alors ne lui furent pas favorables. Soucieux de ne pas ajouter du scandale au scandale, de respecter sa parole et de conserver intacte la partie la plus intime de son anatomie, il choisit d'effectuer en effigie l'opération de soustraction de sa masculinité, en se faisant représenter sous les traits d'un Hercule musclé et maussade.
Le voile pudique couvrant le bas-ventre du héros grec a évité au sculpteur de sombrer dans le graveleux et l'explicite.
Quant aux sphères présentes dans la paume gauche, Georges Brassens nous dirait "vous avez deviné j'espère !" ...
L'Hercule de Grenoble
A gauche, vue de la statue en bronze dans le jardin de ville à Grenoble, avec à l'arrière-plan, le bâtiment du téléphérique de la Bastille aux célèbres bulles (sans o).
A droite, gros plan sur la main gauche et son contenu sphérique et indéterminé.
Je laisse chaque lecteur méditer sur les motifs qui ont pu pousser le sculpteur de l'Hercule de Grenoble à déposer dans la main gauche - pourtant celle du cœur - des fruits flétris ou bien les restes d'une virilité mise à mal par la cupidité.

Gauloisement votre

Références et compléments
- Page décrivant la statue d'Hercule sur le site du musée de Grenoble, avec une photo de face.
- Article sur François de Bonne Duc de Lesdiguières sur Wikipedia
- Finalement, Grenoble et Bergamo / Bergame sont des villes assez similaires. Comprend qui peut !
  

jeudi 11 avril 2013

Jean-François Copé n'est pas le seul bénéficiaire de l'argent du trafic d'armes

Le cas Cahuzac a fait réapparaître sur le devant de la scène médiatique nombre d'affaires politico-financières.
Ainsi, les photos de Jean-François Copé en vacances en compagnie du businessman Ziad Takieddine et d'avenantes jeunes femmes ont, à nouveau, largement circulé sur les réseaux sociaux.
Les internautes reprochent au maire de Meaux, non pas de bronzer son crâne d'œuf de concert avec plus chauve que lui, mais de bénéficier des largesses d'un trafiquant d'armes.
S'en prendre ainsi exclusivement au patron bourreur d'urnes de l'UMP est parfaitement injuste !
Le comportement du sieur Copé est aussi celui, malheureusement, de nombreuses autres personnalités françaises jusqu'ici insoupçonnées.

Prenant exemple sur d'autres gazettes électroniques, après une enquête minutieuse sur internet, Humeurs Mondialisées est en mesure de révéler une liste explosive de plusieurs noms ayant reçu directement de l'argent gagné par un marchand de mort :

- Serge Haroche, Georges Charpak, Pierre-Gilles de Gennes et Louis Néel, physiciens
- Jules Hoffmann, immunologue
- Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, inventeurs du virus du SIDA
- Maurice Allais, économiste équilibriste
- Albert Schweitzer, prototype du médecin humanitaire
- J.M.G. Le Clézio, Albert Camus, François Mauriac et André Gide, écrivains
- La famille Curie, scientifiques en série

Ces célébrités ont, au sens strict, tiré profit de la guerre et du terrorisme.
En effet, elles ont toutes été récompensées par au moins un Prix Nobel. La somme conséquente remise à chaque récipiendaire provient directement de l'héritage d'Alfred Nobel, décédé sans enfant.
Cet inventeur et industriel suédois a fait, dans la seconde partie du XIXème siècle, fructifier et prospérer la fabrique familiale d'armements et de munitions.
Plus soucieux de la sécurité de ses employés que de celle de ses clients, ce grand philanthrope a mis au point la dynamite, beaucoup moins dangereuse à fabriquer et à transporter que le fulmicoton ou la nitroglycérine alors utilisés pour pulvériser son prochain.
La commercialisation de cette éclatante innovation ainsi que de quelques autres pétards et escopettes rendit les sociétés Nobel et Bofors florissantes et fit la fortune d'Alfred.

A la fin de sa vie - à l'instar d'un Takieddine s'offrant les services de relations publiques de Copé pour redorer son blason terni - Alfred Nobel, taraudé par l'envie de laisser à la postérité une image humaniste, a institué par testament le prix éponyme destiné à honorer physiciens, chimistes, médecins, économistes, écrivains et, pirouette suprême, hommes de paix.

L'argent de l'armement corrompt tous les milieux.
Une exception toutefois, Jean-Paul Sartre fut le seul français à avoir eu le courage de refuser de croquer les fruits de la dynamite Nobel.
Quant à Jean-François Copé, personnellement, il me donne souvent la nausée ...

Explosivement votre

Références et compléments
- Merci à Jean qui mérite assurément le Prix Nobel du détonateur
- Voir aussi les chroniques "Mon premier Prix Nobel", "De Cahuzac, du téléphone et de la passion des archives" et "Petit bulletin de prévisions des fraudes et plagiats à venir"
- En tout, pas moins de 57 personnalités françaises ont tiré profit des activités explosives d'Alfred Nobel. Leur liste peut être consultée dans son intégralité en suivant ce lien.
- Biographies sur Wikipedia d'Alfred Nobel et de Jean-François Copé

dimanche 7 avril 2013

Petit bulletin de prévisions des fraudes et plagiats à venir

Au bout d'une allée de faux buis,
On apercevait un faux puits
Du fond duquel la vérité
N'avait jamais dû remonter.
Georges Brassens - Histoires de faussaires
Décidément l'époque est aux fraudes et plagiats.

Dernier épisode en date, nous avons appris, coup sur coup, que Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, a pompé son dernier bouquin dans l'ouvrage d'une universitaire américaine Élisabeth Weber et n'a jamais décroché l'agrégation de philosophie qu'il se targuait de posséder.
A ce rythme, plus que quelques jours avant d'apprendre que sa judéité est falsifiée ...
Il est regrettable que ces pots aux roses n'aient pas été découverts avant le décès en 2007 du Cardinal Jean-Marie Lustiger, plus haute autorité catholique hexagonale. Ce prélat chrétien était vraiment juif et aurait pu aisément assurer l'intérim du rabbin mythomane.

La déferlante actuelle de révélations en tous genres ne semble pas prête de se tarir et il est aisé d'imaginer le contenu des gazettes dans les semaines à venir.
Voici donc, en avant-première, un petit échantillon de ces nouvelles histoires de faussaires qui auraient enchanté Georges Brassens.

- Christine Boutin, soulagée, confesse publiquement son homosexualité !
Elle annonce son intention de divorcer de son cousin de mari et de convoler en justes noces, dès que la loi le permettra, avec son amour de jeunesse, rencontrée au pensionnat Sainte Marie de l'Enfant Jésus.

- Moncef Marzouki, le provisoire président de la république tunisienne, rachète la clinique parisienne des ex-époux Cahuzac !
L'établissement de chirurgie capillaire sera délocalisé sur les Berges du Lac de Tunis où il luttera simultanément contre la chute des cheveux et des hélicoptères.
Le premier client de cette officine sera d'ailleurs le locataire du palais de Carthage qui fait montre d'un sérieux besoin de se faire regarnir l'extérieur - ne parlons pas de l'intérieur ! - de la tête.
A ce jour, on ignore encore si la nouvelle clinique s'appellera Cahuzouki ou Marzoukac et si elle opérera aussi la myopie.

- Zlatan Ibrahimovic renonce au football et se consacrera désormais à l'opéra !
Le suédois a toujours rêvé d'être ténor. Seule la pression sociale et familiale de son quartier natal de Götebörg l'a orienté vers le ballon rond, activité qui l'ennuie profondément.
Ses camarades de club sont, par ailleurs, exaspérés par sa manie d'entonner les plus grandes arias du répertoire dans les douches du Camp des Loges, le centre d'entrainement du Paris Saint-Germain.
Libéré de ses obligations footballistiques, il montera sur scène dès le mois de juin pour interpréter Don Giovanni dans le tout neuf Opéra de Qatar, en compagnie de l'hirsute rugbyman Sébastien Chabal et de l'inusable cycliste Jeannie Longo.
Zlatan Ténor se rendra ensuite à Barcelone où il se produira au stade du Camp Nous dans le Messi de Haendel.

- Carla Bruni, la troisième épouse de l'ancien président français Nicolas Sarkozy, va se mettre à la chanson !
Quant à son mari, il se prépare à renoncer définitivement à la politique. Il projetterait de devenir procureur de la république afin de pouvoir successivement s'auto-poursuivre et s'auto-blanchir dans un maximum de dossiers politico-financiers.

- Rached Ghannouchi, sémillant leader d'Ennadha le parti islamiste tunisien, remplace Gilles Bernheim au grand rabbinat français !
Le bouillant prédicateur profite du trouble suscité par les palinodies du tenancier actuel de la synagogue de la rue des Victoires pour laisser éclater au grand jour ses quatre véritables passions qu'ils cèle depuis trop longtemps : le port de chapeaux à large bords, la France, la langue hébraïque et la religion de Moïse.
Sa première action, dès qu'il sera en poste à Paris, sera d'organiser un concert de charité en hommage à Chokri Belaïd dont il ne cesse depuis deux mois de pleurer en secret la disparition.
A ce propos, la fausse enquête diligentée par le pseudo-ministère de l'intérieur tunisien n'a, bizarrement, toujours pas permis de démasquer les vrais coupables et véritables commanditaires ...

- Dès la semaine prochaine, les Humeurs Mondialisées de votre serviteur seront réellement amusantes !
Politique, économie et religion ainsi que la situation en France et en Tunisie ne seront plus jamais abordées.

Frauduleusement votre

Références et compléments
- Quelques précédentes chroniques :
. De Cahuzac, du téléphone et de la passion des archives
. Si le pape était remplacé par un capitaine d'industrie
. Mercredi noir en Tunisie sur l'assassinat de Chokri Belaïd
. Plaidoyer pour la Tunisie de toujours
. Lunettes hollandaises sur les très bigleux et très crânes d'oeuf François Hollande et Moncef Marzouki

 - Article du journal Le Monde sur les sincérités successives et relatives du Grand Rabbin de France Gilles Bernheim

- La chanson "Histoires de Faussaires" de Georges Brassens

jeudi 4 avril 2013

De Cahuzac, du téléphone et de la passion des archives


A la demande générale d'un fidèle lecteur, je me vois contraint de vous fournir quelques réflexions inspirées par les aveux de blanchiment du récent ministre français en charge de la lutte contre la fraude fiscale.
Afin que cette chronique ne rivalise pas avec un roman de Tolstoï, je me suis néanmoins limité à mettre en évidence quelques aspects peu évoqués dans les gazettes.

Le point de départ de cette édifiante affaire remonte à l'année 2000.
Jérôme Cahuzac réussit alors, à l'insu de son plein gré, à faire enregistrer par le répondeur téléphonique de son principal adversaire politique, une conversation où il indique être embarrassé par un compte bancaire illicite en Suisse dont il ne sait comment se dépêtrer.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont donc confié un budget d'environ 800 milliards d'Euros à un type qui, non seulement, était un fraudeur patenté - cela devient une tradition à Bercy - mais, de surcroît, était incapable d'effectuer l'opération élémentaire de raccrocher son téléphone en fin d'appel.
Quel discernement dans le recrutement !

La bourde téléphonique a atterri dans les mains d'une personne à la vocation contrariée.
Michel Gonelle, avocat, ancien député et maire de Villeneuve sur Lot, aurait aimé, étudiant, faire l'École Nationale des Chartes. Malheureusement, pression familiale et réalisme économique ont conduit ce futur notable de province vers la faculté de droit.
Au fil du temps, malgré un vie professionnelle et politique bien remplie, Michel Gonelle a conservé un goût prononcé pour les archives et en a même fait un hobby.
Aussi, quand il découvre les confidences de Jérôme Cahuzac sur son répondeur, il ne peut s'empêcher de conserver la bande son.
Soucieux de se faire épauler dans l'analyse de ce document incomparable, il disséminera plusieurs copies autour de lui, à des amis politiques, aux services fiscaux, à un ancien juge ...
Ce petit monde, mu par la même passion archivistique, a été totalement assourdi par la qualité du témoignage et, durant une dizaine d'années, n'a jamais songé à prévenir les autorités judiciaires.
Malheureusement pour le chirurgien blanchisseur et l'actuel locataire de l'Élysée, fin 2012, un journaliste cupide à qui l'on demandait une expertise complémentaire, faisant fi de la confiance qui lui était témoignée, a publié la fatale conversation sur Mediapart, media électronique dirigé par un journaliste autrefois victime d'écoutes téléphoniques illégales.

Scandaleusement votre