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jeudi 27 décembre 2012

L'amant français - Notes de lecture franco-indiennes


Si l'Inde et la France vous intéressent, je vous recommande la lecture "l'amant français", un roman de Taslima Nasreen, écrivaine de Bangladesh exilée sous la pression des barbus à neurone court en Inde puis en Europe et aux USA.
Ce livre, écrit en bengali, raconte l'odyssée d'une indienne de Calcutta qui se marie avec un compatriote établi comme restaurateur à Paris et quitte sa ville natale pour s'établir au pays de Baudelaire.
Si le récit fait la part belle au thème de la condition des femmes, les différences culturelles entre la France et l'Inde sont aussi (d'abord ?) au cœur de chaque page.
Je vous en confie trois et vous laisse découvrir les autres dans l'ouvrage de Taslima Nasreen.

"L'amant français" dépeint la France à travers les yeux de Nila, une indienne du Bengale.
Elle a beaucoup de difficultés, lors de ses premiers contacts avec des français, de faire comprendre que l'Inde n'est pas exclusivement le pays de la pauvreté. Ainsi, son "amant français" (et moi aussi par la même occasion) découvre avec stupeur que Madhusudan Dutta, un des plus grands poètes bengalis, a vécu en région parisienne au XIXème siècle et y a composé une grande partie de son œuvre.

Les indiens sont les champions de la phonétique alors que les français adorent l'orthographe.
Dans "French Lover", version anglaise éditée en Inde, presque tous les noms propres français sont écorchés. Le personnage qui donne son titre au livre se prénomme "Benoir". Nila habite un moment près du parc "George Brassein" avant d'aller loger à "Sandani". Seuls Simone de Beauvoir et Versailles sont écrits à la française. Toutefois les jardins du château de Louis XIV restent le fruit du travail de "La Notre".
Malheureusement, l'édition française a aseptisé la graphie phonétique.

La politesse est très différente entre les deux pays.
L'héroïne passe pour mal polie et égoïste auprès de ses premières collègues françaises car elle ne dit pas assez souvent "merci".
A l'inverse, celles-ci tombent des nues quand Nila débarque à l'improviste vers 22 heures un jour de semaine.

En espérant avoir suscité l'envie de lire "l'amant français", franco-indianiquement votre.

Références et compléments
- Sur l'usage récurrent de la phonétique par les indiens, voir aussi les chroniques "Des noix et des rouleaux" et "Rosbif au curry".
- "L'amant français" de Taslima Nasreen a été édité en français par Stock mais est aujourd'hui épuisé. Il est toutefois possible de le trouver en furetant sur des sites de livres d'occasion.
En anglais, le livre est intitulé "French Lover' et est publié par Penguin.
- Pour découvrir la biographie et l'œuvre de Taslima Nasreen - aussi orthographiée Taslima Nasrin (!) - féministe, athée, écrivaine engagée et persécutée, les articles Wikipedia en français et en anglais sont de bons points d'entrée.
Taslima Nasreen / Nasrin est active sur Twitter sous l'alias @taslimanasreen
 

dimanche 27 mai 2012

Lettre ouverte à Manuel Valls

Mon cher Manuel

Tout d'abord, je te prie d'excuser le tutoiement mais, que veux-tu, j'adopte les us et coutumes de la police dite nationale que tu diriges depuis quelques semaines.

Ensuite, si je te dérange si tôt après ta prise de fonction, c'est pour éviter que tu prennes la place de Claude G., ton prédécesseur au ministère de l'intérieur, comme tête de turc favorite de ce blog.
Un type qui, à ton instar, s'habille en permanence comme s'il était le témoin de mariage de son meilleur pote ne devrait pas être foncièrement mauvais. Et puis, François Hollande a su faire montre de son sens aigu du calembour en choisissant comme responsable en chef des contredanses un dénommé Valls. Comment s'en plaindre ?
Toutefois, si tu souhaites sortir de ma ligne de mire, il va falloir que tu ailles sérieusement au charbon.

Je viens d'effectuer un déplacement professionnel en Inde. Samedi 26 mai, à mon retour à l'aéroport Charles de Gaulle de Roissy, j'ai pu constater que les pratiques de la police de l'air et des frontières n'avaient pas évolué depuis ton arrivée place Beauvau.

Dès notre sortie de l'avion, nous sommes attendus par des fonctionnaires de la PAF pour un contrôle surprise à la tête du client. Devant moi, le papy de plus de 70 ans devait avoir une sale tronche puisqu'il a été prié d'attendre qu'on daigne s'occuper de lui. Ma bobine casquettée et moustachue, beaucoup plus avenante il est vrai, est passée sans encombre.
Je m'étonne de cette vérification inopinée. Jusqu'ici, je croyais naïvement qu'il était impossible de quitter la zone internationale de l'aéroport sans passer par un guichet de police.
Si c'est bien le cas, quelle est l'utilité du comité d'accueil au pied de l'avion si ce n'est de diminuer le nombre de policiers présents au contrôle habituel et donc d'allonger les files d'attente.
Si, par contre, il y a des trous dans la raquette policière de Roissy, il serait peut-être urgent d'y remédier avec une organisation fiable plutôt que de mettre en place des bouche-trous aléatoires. Pour t'aider, mon cher Manuel, je peux te présenter d'excellents spécialistes des méthodes industrielles, du contrôle qualité et de la logistique.

Quelques minutes après, je suis en vue du poste de vérification des passeports. A l'heure d'arrivée de tous les long-courriers, seuls deux guichets sur une dizaine sont ouverts. Baptisée "tous passeports", une queue forte d'une bonne centaine de voyageurs y mène.
Une autre file étiquetée "Union Européenne" ne contenant que cinq ou six personnes conduit à des cabines fermées. Instruit par l'expérience kafkaïenne de mes passages précédents, je la choisis envers et contre tout.
Voyant que des passagers privilégiés étaient sur le point de commencer à attendre, le policier en faction a réexpédié un "tous passeports" sans ménagement dans sa file en lui criant "out". D'un geste autoritaire du doigt, il a sommé, un par un, les "Union Européenne" de se présenter devant son hygiaphone. Ce fonctionnaire, à l'uniforme taché et débraillé, n'a pas cru bon de répondre à mon salut pourtant courtois et s'est contenté d'un coup d'œil expéditif à mon passeport qu'il m'a rendu en grommelant.

Après un voyage aérien, le premier contact avec un pays s'effectue toujours avec les services de l'immigration.
Par exemple, à Bangalore ou à Mumbai en Inde, cette fonction est tenue par des fonctionnaires souriants et en civil. Une grande pancarte indique qu'il sont heureux de vous accueillir. Cette politesse n'exclut pas les contrôles très tatillons qu'ils exercent.
Mon cher Manuel, ton gouvernement s'est engagé dans le "redressement productif". Pour réussir ce louable objectif, la France a un besoin impératif des étrangers, que ce soit pour nos exportations ou pour notre tourisme. Aussi, il faudrait vraiment que tu profites de ton état de grâce auprès des pandores pour rappeler les basiques de l'accueil et de la politesse à la police de l'air et des frontières.
Pour ce faire, je t'incite à t'interroger sur ce que penserait Charles de Gaulle de l'image de la France que projette "ta" police dans l'aéroport qui porte son nom ...

Cosmopolitement votre

Références et compléments
- Sur le même thème, deux précédents chroniques : "Narita, Roissy, Carthage, même art martial" & "Lettre ouverte à Mr Claude G."

dimanche 7 novembre 2010

Gare aux vertèbres japonaises

Un conseil médical de la plus haute importance s'impose : les personnes sensibles des vertèbres cervicales ou lombaires doivent s'abstenir de voyager au Japon.
En effet, dans ce pays de la Politesse Totale, la plus banale des interactions entre deux personnes requiert force salutations, remerciements et sourires mais aussi moult inclinaisons de la tête et du buste.
Arthritiques, cette contrée est un enfer pour vous !

Cette politesse et ce respect permanents sont probablement le point le plus surprenant au Japon pour les natifs des pourtours de la Méditerranée. Quelques exemples vécus au gré de mon voyage.

Sur le tarmac d'un aéroport, lorsqu'un avion quitte son point de stationnement, le personnel de piste se met en rang, se courbe à 90° puis agite les mains en signe d'au revoir.
De même, dans les gares, les agents de la compagnie ferroviaire présents sur le quai assouplissent leurs lombaires à l'arrivée de chaque train ainsi que leurs collègues ouvriers travaillant sur la voie.

Dès que vous faites mine d'envisager de franchir le seuil d'un commerce, le vendeur ou la vendeuse se lance dans un babillage effréné de bienvenue, exécuté comme il se doit en regardant ses chaussures.
Au moment de payer, le babillage reprend de plus belle. Votre monnaie et votre reçu sont déposés dans un petit plateau qui vous est tendu à deux mains.
Bien entendu, vos achats, même les plus insignifiants, sont dûment emballés.
Cet accueil est identique dans tous les types de commerces. Même les rabatteurs patibulaires des soaplands de Beppu incitent à entrer dans leur établissement avec révérence et sourire.

A l'entrée routière de l'aéroport de Narita à Tokyo, tous les véhicules sont contrôlés.
Des policiers montent dans chaque bus et vérifient les passeports. Rien de très étonnant, me direz vous. Sauf que le keuf de service porte un magnifique badge bleu ciel "Welcome to Narita!" et s'incline en souriant pour demander vos paplards !

Devant la Diète à Tokyo, comme dans n'importe quelle capitale, d'importantes forces de sécurité surveillent le bâtiment et filtrent l'accès.
Ignorant si les photos sont possibles, je m'approche d'un des gardes, m'incline et lui montre mon appareil. Le policier me rend mon salut en se penchant encore plus que moi et, tout sourire, tend un bras martial pour me permettre d'immortaliser l'édifice. La photo faite, nouvel échange de courbettes pour se quitter.

Je pourrais poursuivre cette énumération des courbettes durant des dizaines de pages.

Le plus étonnant est que cette politesse extrême est contagieuse. Très vite, le gaulois borné que je suis a pris l'habitude de sourire et d'incliner la tête. Il faudra que je pense à reprendre les habitudes antérieures pour ne pas risquer l'outrage à agent de retour à Roissy.
L'effet relaxant et cordial de cette attitude générale est très fort.
Ainsi, dans la file pour enregistrer auprès d'une compagnie aérienne dont le système informatique a oublié de tomber en marche - cela survient au Japon aussi ! - une hôtesse s'incline devant chaque passager, informe du problème, présente ses excuses et invite à revenir 30 minutes plus tard.
Dans un aéroport européen, cet incident courant aurait provoqué, y compris chez votre serviteur, des grognements voire des protestations. Ici, prévention, sourire et politesse gomment efficacement les énervements.

Deux réflexions saugrenues pour terminer.

Les japonais qui visitent l'Europe du Sud ou le Maghreb doivent être atterrés. Nous devons passer pour d'infâmes braillards grossiers et arrogants.
Je n'ose imaginer le nippon devant prendre un train à la Gare de Lyon, faire tamponner son passeport à Tunis ou encore rallier en bus l'aéroport Lyon Saint-Exupéry à la gare de Grenoble …

L'Education Nationale française devrait offrir à certains "djeuns" qui demandent régulièrement le "respect" un stage au Japon. Le mot respect n'a apparemment ni le même sens, ni surtout la même mise en pratique des deux cotés de la Sibérie …

Je plie mentalement mon épine dorsale pour espérer rester humblement nipponiquement votre …

Compléments lexicaux
- Un soapland est la version japonaise et hygiénique de la maison close (se rapporter à la chronique "tiens voilà du muda").
- La Diète est le parlement japonais.

vendredi 5 novembre 2010

Tiens, voilà du muda !

Si le regretté physicien Sadi Carnot, disparu en 1832, revenait parmi nous, il choisirait à coup sur le Japon comme champ d'observation pour confirmer son célèbre Second Principe de la Thermodynamique.
Ce Principe Physique explique que, quoiqu'on fasse, le désordre - le bordel diraient certains - que les spécialistes nomment entropie, ne peut qu'augmenter.
Autrement dit, plus vous mettez d'ordre quelque part, plus vous générez de chaos ailleurs.

Le Japon est un parfait exemple de ce Principe.

En apparence, tout semble beaucoup plus ordonné qu'ailleurs sur la planète :
- La politesse est partout et permanente.

- Les trains sont nombreux et à l'heure.
De surcroît, dans les liaisons inter-villes, les sièges sont toujours dans le sens de la marche.
Au guichet, les gens attendent patiemment dans des files monodimensionnelles.

- Les véhicules respectent les feux tricolores et les piétons aussi !
Votre serviteur latino-maghrebin beaucoup moins ! Ce qui lui a permis d'observer une particularité psycho-anatomique : des japonais stupéfaits lui faisant les gros yeux.

- La propreté des centres des villes est impeccable.
Les zones fumeurs et non fumeurs sont partout clairement délimitées et respectées. Dans la rue, les adeptes du tabac ne s'adonnent à leur passion que devant des fumoirs en plein air dûment signalés. Hors de question de déambuler avec une cigarette allumée.

- Les employés de bureau sont tous habillés de la même manière : costume gris, cravate sombre, chemise claire. De même, collégiens et lycéens portent un uniforme bleu marine du meilleur aloi.

- Comble de la modernité, la cuvette des toilettes est équipée de réglages hydro-électroniques en tous genres et possède un mode d'emploi copieux.

Toutefois, dès que l'on gratte la surface et que l'on tourne un peu la tête, un autre Japon apparaît, nettement plus entropique :
- Des salarymen rebelles arborent parfois des chemises à liserés - voire à carreaux ! - sous leur veston sombre.

- Leurs bureaux (au moins ceux visibles de la rue) recèlent un foutoir incroyable : des piles instables de cartons et de papiers s'accumulent en tous sens, souvent au ras des fenêtres.
De même, la sacoche que chaque bureaucrate porte dans le métro de Tokyo est en fait un réceptacle pour de multiples paplards. Le PC portable ne fait pas partie de l'attirail du cadre japonais.

- Chaque soir, des hordes entières de ces employé(e)s partent en goguette et oublient en masse leur quotidien dans l'alcool ou les love hotels.

- Les quartiers les plus animés de Tokyo sont totalement exubérants : l'ambiance à Shibuya relègue la Gran Via madrilène en division 2 et les passages commerçants d'Asakusa rappellent les souks tunisiens.

- Les pachinkos - regroupements gargantuesques de machines à sous - sont des enfers de bruit, de néons clignotants et d'addiction.

- Les plans d'urbanisme n'existent pas.
Les buildings de Tokyo sont construits en tous sens et n'importe où.
A Oita, les quartiers d'habitation sont un méli-mélo disparate de petites maisons individuelles sans véritable style ni harmonie, flirtant parfois avec la favella brésilienne.
A Beppu, c'est encore pire ! Dans le même centre-ville, maisons en bois ou en tole ondulée, immeubles, temples shinto ou bouddhistes, galeries commerçantes, restaurants plus ou moins chics, échoppes traditionnelles, karaokés, bars et soaplands s'enchevêtrent sans aucun fil directeur.
C'est un peu comme si, à Paris, une église était implantée au milieu de la rue Saint Denis entre une école maternelle, une librairie ésotérique, un peep show et la Tour d'Argent.

- Beaucoup d'artisans et même certaines usines (autant que mon regard de cycliste myope m'a permis d'en juger) ne sont vraiment pas des champions du rangement. La pratique assidue des 5 S et la lutte contre les 7 mudas chères à Taiichi Ono ne sont apparemment pas encore devenues des sports nationaux.
Sur les chantiers de construction et de travaux publics, le muda de l'attente n'a rien à envier à celui de nos DDE franchouillardes, bien au contraire !

Comme il est impossible de lutter contre l'entropie, le génie du Japon, afin de rendre le pays simultanément attachant et déroutant, a réussi à la répartir très différemment de ce que les fils spirituels de Descartes et d'Ibn Khaldoun ont l'habitude.

Entropiquement votre …

Compléments lexicaux
- Soapland, littéralement terre du savon, en japonais sopurando, est une activité de service où le personnel féminin lave très à fond le corps des clients exclusivement masculins et essore leur portefeuille.
- 5 S est l'abréviation de cinq termes japonais commençant par un S utilisés pour créer un bon environnement de travail.
- 7 mudas signifie littéralement 7 gaspillages. La lutte contre les 7 mudas est à la base du système de production de Toyota.
- Taiichi Ono, ingénieur industriel japonais (1912 - 1990), est considéré comme le père du système de production de Toyota à l'origine du Lean Manufacturing (littéralement fabrication maigre).

lundi 1 novembre 2010

Narita, Roissy, Carthage même art martial

Contrairement aux idées reçues, arriver à l'aéroport Narita de Tokyo en fin d'après-midi n'est absolument pas dépaysant.

Tout se déroule exactement de la même manière qu'à Roissy, Carthage ou tout autre aéroport international de grande métropole.
Une fois sorti de l'avion vous enchainez une enfilade de couloirs interminables et, comme toutes les compagnies aériennes planétaires ont eu la bonne idée de faire atterrir leurs appareils en même temps, vous vous retrouvez englué dans une queue copieuse préalable au contrôle de police.
Comme à l'accoutumée, vous partagez cette attente piétinante avec une foule cosmopolite : quelques inévitables Sujets de Sa Très Gracieuse Majesté, de jeunes scandinaves ou teutons nourris au grain, des compatriotes d'Obama à la dégaine inimitable et une cinquantaine de judokas brésiliens préférant manifestement le dojo à Dilma.
La suite des opérations devant vous conduire à votre hôtel en centre-ville se déroule aussi de manière parfaitement convenue .

Comme partout, une dame fort courtoise et munie d'un brassard officiel remonte la file afin de vérifier que les formulaires de débarquement sont correctement remplis.

Comme partout, le policier en service au guichet vous accueille en souriant et se penche d'environ 25 degrés en direction de son clavier pour vous saluer.

Comme partout, la saisie par les autorités des informations de votre passeport est automatisée et ne nécessite aucune frappe.

Comme partout, vos empreintes digitales et votre photo sont enregistrés avec un appareil qui affiche ses instructions dans votre propre langue : si vous êtes brésilien en portugais, si vous venez de la Communauté Européenne dans la langue de Shakespeare.


Comme partout, les formalités de police durent moins d'une minute et se terminent par une nouvelle courbette du keuf en faction.

Comme partout, personne ne s'agglutine autour des tapis à bagages et la ligne d'attente n'est franchie que pour récupérer sa propre valise.

Comme partout, deux compagnies concurrentes de trains de banlieue acheminent les passagers vers le centre-ville. Bien entendu, on ne peut monter à bord de ces RER que muni d'une place numérotée réservée au guichet.

Comme partout, si vous avez oublié de prendre un reçu lors de l'achat de votre billet, il suffit, à la sortie, de demander à un employé de la compagnie de chemin de fer de vous ouvrir le portillon afin de pouvoir conserver votre titre de transport.

Comme partout, les distributeurs de billets de métro s'expriment dans la langue de la Communauté Européenne.

Comme partout, si vous avez malencontreusement perdu votre ticket lors d'un trajet en métro, il vous suffit de l'indiquer à l'employé en uniforme présent à la sortie afin qu'il vous laisse obligeamment passer (courbette à la clef, cela va sans dire).

Comme partout, le réceptionniste de l'hôtel vous donne l'impression de n'attendre que vous et met dangereusement en péril ses vertèbres lombaires pour vous dire bonjour.

Bref, tous ceux qui vous disent que le Japon est un pays "différent" n'y sont probablement jamais allés.

Nipponiquement votre …