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samedi 10 octobre 2015

Un ophtalmo industriel répond à nos questions

Suite à une récente chronique dans laquelle je relatais mon expérience de l'ophtalmologie industrielle, François Pelen, fondateur des centres Point Vision, a répondu aux questions d'Humeurs Mondialisées.



Qu'est-ce que Point Vision ?
Un réseau de centre d'ophtalmologie (16 à ce jour) sur l'ensemble du territoire [français].

Pourquoi avez-vous créé Point Vision ? Quel a été votre raisonnement ?
Il y a maintenant 6 ans, ophtalmologiste et vice-président de Pfizer à l'époque, je constate ce problème d'accès à l'ophtalmologiste sur tout le territoire et je vois qu'il y a des solutions (plateau technique pour automatiser certaines mesures, recours à des paramédicaux que sont les orthoptistes pour les mesures, la réfraction et les examens complémentaires) pour redonner du temps à l'ophtalmologiste.
Je décide donc, avec mes associés (Patrice Pouts et Raphael Schnitzer) de créer les centres Point Vision pour répondre à une demande inassouvie des patients d'un accès facilité à l'ophtalmologiste.

Quels obstacles et difficultés avez-vous rencontré pour lancer et faire croître Point Vision ?
Tout d'abord, créer une startup en France est une vraie aventure, passionnante mais exigeante.
Nous devons gérer l'hypercroissance : nous étions 3 en 2011, 350 ce jour.
Il a aussi fallu faire évoluer les mentalités : quand on fait différemment, cela surprend !

Qu'apporte Point Vision aux myopes, astigmates et autres presbytes ?
Notre but est de proposer des bilans de la vue avec correction des troubles que vous décrivez dans des délais raisonnable à un tarif maîtrisé.

N'est-ce pas dangereux d'industrialiser la santé, d'en faire un domaine de productivité et de rentabilité financière ? Est-ce que je ne cours pas plus de risques sanitaires à me faire examiner les yeux chez Point Vision plutôt que chez un ophtalmologiste traditionnel ?
Nous sommes très attaché à maintenir à un haut niveau la qualité de nos soins.
Nous sommes impliqués dans une démarche de qualité et de certification de nos centres.

Quelles actions mène Point Vision pour améliorer "l'expérience utilisateur" et la satisfaction de ses clients ?
Nous suivons avec une grande attention la satisfaction de nos patients : nous avons à ce jour plus de 100 000 patients qui ont pris le temps de remplir nos questionnaires de satisfaction.
Comme cela n'est pas suffisant, car interne à notre groupe, nous avons fait pratiquer une enquête indépendante qui confirme les résultats de nos questionnaires.

Quels sont les axes de développement de Point Vision ? Des diversifications vers d'autres secteurs de la santé sont-elles envisagées ?
Nous sommes 100% dédiés à l'ophtalmologie et ne souhaitons pas nous disperser
Nous avons le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) et investissons sur de nouvelles techniques d'examen en ophtalmologie.

Pour conclure, pourquoi selon vous, alors que la sécurité sociale est le premier poste de dépenses publiques mais aussi d'impôts & cotisations, la santé en France n'est-elle pas plus "industrielle" ?
Nous sommes dans un pays où la qualité des soins est de haut niveau. Tous les ans l'espérance de vie, tout particulièrement en bonne santé, s'allonge.
En ophtalmologie, les nouvelles techniques d'investigation et de prise en charge ont permis de faire des progrès notables.
Je ne sais pas si la santé est industrielle, mais elle est ... bonne.
La campagne récente de l'ordre des médecins montre que l'image des médecins reste excellente dans la population.

Industriello-myopiquement votre

Références et compléments
- Voir ma chronique initiale "j'ai testé les ophtalmos industriels"

- Site web de Point Vision et compte Twitter de François Pelen

jeudi 17 septembre 2015

J'ai testé les ophtalmos industriels

Je m'enorgueillit d'être - à l'instar du Mahatma Gandhi, de Bill Gates et de Claude Nougaro - depuis mon plus jeune âge, un membre de la tribu des taupes.
Aussi, tous les deux à trois ans, un professionnel dûment patenté doit revoir mes yeux, préalablement au renouvellement de mes indispensables lunettes.

Mes lorgnons actuels - pourtant hors de prix, made in France et siglés par un designer tricolore qui pourrait passer pour austère auprès d'oreilles anglophones - n'ont pas attendu la traditionnelle visite de contrôle pour rendre l'âme.
Lorsque l'on est simultanément myope et presbyte, des verres de guingois et instables deviennent vite inconfortables, voire gênants.

Hélas, comme presque tous ses confrères dits libéraux, mon ophtalmo habituel - en dépit d'une indéfectible relation client-fournisseur de plus de 30 ans - est systématiquement booké pour les 6 mois à venir.
De ce fait, pressé par une branche cassée et des plaquettes fuyantes ainsi que par le souci d'informer toujours mieux mes fidèles lecteurs, je me suis décidé à essayer Point Vision, sorte de franchise voulant transformer l'ophtalmologie, déjà évoquée dans la chronique sur l'ubérisation des pharmacies.

Récit d'une expérience vécue dans la capitale des Alpes mi-septembre 2015.


Fin août, je me connecte sur le site internet de ces oculistes 2.0 et j'obtiens en quelques clics un rendez-vous sous une douzaine de jours.
Amis lecteurs, inutile de vous précipiter sur votre mail pour me signaler une coquille, j'ai bien écrit jours et non pas semaines ou mois.

Un mail me confirme le rendez-vous et un autre, la veille, le rappelle à mon bon souvenir.

À l'heure H, je me présente à l'entrée de locaux tous neufs, situés dans un immeuble de bureaux au centre de Grenoble, à proximité de plusieurs transports en communs et d'un grand parking.
L'accueil est poli mais minimaliste. Je suis délesté de ma carte Vitale et dirigé vers une salle d'attente au confort spartiate et remplie au trois quarts.

À ma grande et agréable surprise, mon test de l'étonnante dureté des chaises est interrompu au bout de trois minutes.
Je suis pris en main par une personne efficace et avenante qui me dirige successivement vers plusieurs machines dernier cri où mes yeux sont soumis, durant une petite dizaine de minutes, à des examens divers et variés.
Le dernier d'entre eux est bien évidemment la traditionnelle lecture de lettres sur un tableau lumineux pour déterminer mon degré de myopie et de presbytie. Toutefois cette litanie alphabétique se déroule à l'aide d'un "réfracteur automatique" qui, en deux temps trois mouvements, détermine, sans coup férir, la correction adaptée à mes yeux changeants.


Ayant manifestement été reçu avec les honneurs aux examens, je suis aiguillé vers une seconde salle d'attente.
À ce stade, le beau process industriel semble chercher son second souffle. Pendant vingt et une longues minutes, sans aucune information sur la durée probable d'attente, je n'ai rien eu de mieux à faire que de profiter de la remarquable rigidité des chaises dont le plastique semble être le même que celui des boucliers de CRS.

Finalement, je suis appelé par un médecin ophtalmologiste - du moins la blouse blanche qu'il arbore me le laisse supposer.
Il passe mes yeux en revue avec une sorte de longue-vue lumineuse, admire mes résultats aux examens, imprime et signe négligemment mon ordonnance. En 4 minutes chrono - salutations d'usage incluses - la consultation est expédiée avec brio. Chapeau bas !

Encore deux petites minutes à l'accueil pour payer le tarif conventionné de la sécurité sociale et je ressors, quarante minutes après mon arrivée, muni du précieux paplard me permettant de commander de nouvelles et robustes binocles.

Mon ressenti de cette séance d'ophtalmologie industrielle est toutefois mitigé.

Les délais raisonnables de rendez-vous ainsi que l'impression de maîtrise et de technologie durant la consultation sont très positifs.

Néanmoins, "l'expérience utilisateur" - pour parler comme les spécialistes du web - est nettement améliorable.

L'accueil pourrait être plus chaleureux et informatif, les salles d'attente mieux aménagées, un mail de synthèse, incluant prescription, facture et explications, devrait être expédié à l'issue de la visite et, surtout, le temps mort entre examens et consultation notablement réduit.
Une réflexion de type "lean manufacturing" permettrait d'améliorer ce point.
Par exemple, j'ai observé que le temps passé par les toubibs seuls dans leur bureau entre deux patients était du même ordre de grandeur que la durée moyenne d'une de leurs consultations.

Le fait de réserver son ophtalmo en ligne renforce le niveau d'attente et d'exigence des clients.
Spontanément, on a envie de jauger et juger Point Vision, non pas rapport à la performance plan plan d'un médecin traditionnel, mais à l'aune des géants d'internet comme Amazon ou les meilleurs prestataires d'hôtellerie et de voyage.
Si des acteurs de la santé réussissent à fournir ce type de prestations innovantes, l'impact sur ce secteur traditionnel sera massif et brutal.

Point Vision n'est pas très loin de cet objectif mais doit s'améliorer s'il souhaite devenir incontournable et, surtout, difficile à concurrencer.

Lunettiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
- Site web de Point Vision

- Il va sans dire que je n'ai personnellement aucun intérêt dans le groupe Point Vision ni dans aucun cabinet d'ophtalmologie.

lundi 20 août 2012

Le Commandant Cousteau honoré par Moncef Marzouki

Ces derniers jours, presse et réseaux sociaux ont abondamment commenté la photo ci-dessus où le binoclard en chef et très provisoire président de la Tunisie Moncef Marzouki remet un cadeau à une personne dont la totalité du corps à l’exclusion des yeux est recouvert.

La tonalité générale des gazettes et des blogueurs était que, par ce symbole, Moncef Marzouki faisait fi des acquis féministes tunisiens, foulait au pied ses idéaux droit-de-l’hommistes et offrait une magnifique publicité aux tenants d’un islam intégral.

Je suis au regret de m’inscrire en faux contre ces critiques qui auraient du se souvenir que, pas plus que le moine, l’habit ne fait l’imam.
La personne célébrée par le président tunisien n’est autre que Francine Triplet, seconde et dernière épouse de feu le Commandant Cousteau. Depuis la mort de son mari, cette veuve éplorée vit en permanence revêtue d’un scaphandre afin d’honorer la mémoire du plongeur au bonnet rouge. Tout au plus, consent-elle dans certaines occasions spéciales à ne pas arborer masque, tuba et bouteilles d’oxygène.

En recevant au Palais de Carthage, la continuatrice de l’œuvre du Commandant Cousteau, Moncef Marzouki a fait d’une pierre deux coups.
D’une part, il a célébré la mémoire d’un grand humaniste, défenseur des crustacés, champion de la décroissance démographique et partisan de la stérilisation des pauvres.
D’autre part, le président tunisien a réalisé le rêve de l’enfant qu’il était naguère et qui regardait avec passion « le Monde du Silence ». A soixante-sept ans révolus, il a, enfin, pu serrer la main, fût-elle gantée, d’un membre de la prestigieuse équipe de la Calypso.

Scaphandriquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les autres chroniques mettant en scène le binoclard en chef Moncef Marzouki

lundi 23 juillet 2012

Bronzer idiot en Tunisie ?

Lors de sa récente visite en France, Moncef Marzouki, le provisoire et binoclard président de la république tunisienne, a déclaré en réponse à une interrogation sur l'importance économique du tourisme, "il ne faut plus venir bronzer idiot en Tunisie".

Jusqu'alors, naïvement, je pensais que la priorité de la "troïka" - coalition tripartite issue des premières élections libres de l'automne 2011 - était de créer le plus possible d'emplois pour résorber le chômage massif. Il n'en est rien, le bien-être des hôtes du pays du jasmin ne saurait céder le pas à aucune autre préoccupation !

Les consignes présidentielles sont claires.
Dans chaque aéroport, les agents en charge du contrôle des passeports questionneront chaque touriste fraichement débarqué sur son projet de vacances.
Si son intention est de se relaxer et de mettre ses neurones au repos, il sera immédiatement mis à l'ombre par la police nouvellement démocratique. Les forces de l'ordre lui éviteront ainsi mélanomes et autres maladies de peau induites par une exposition prolongée aux ultra-violets. Pour ce faire, les sinistres brigades d'intervention seront bientôt dotées de parasols, beaucoup plus efficaces pour abriter les visiteurs que les boucliers anti-émeutes.
A l'inverse, le vacancier souhaitant utiliser son séjour tunisien pour écluser quelques romans policiers ou écrire des chroniques sera sommé par la même police récemment réformée d'aller illico sur une plage en plein cagnard. Désormais plus question de bouquiner sous les claies ombragées de Jammoulti - le bistrot de la plage de Kelibia - le bronzage intelligent, fruit de la volonté populaire, s'impose !

Après la saillie marzoukienne, la saison touristique tunisienne, contrairement aux discours officiels, s'annonce difficile.
Les amateurs de plage qui n'apprécient pas plus que n'importe qui de se faire traiter d'idiots, préfèreront probablement aller combler la dette de la Grèce, de Chypre ou de l'Espagne plutôt que celle de la Tunisie.
Quant à moi, j'appréhende mon prochain départ vers le Cap Bon.
Moncef Marzouki va-t-il réussir là où Habib Bourguiba et Zine el Abidine Ben Ali alliés à l'ensemble de ma famille ont piteusement échoué ?
Vais-je, démocratiquement mais fermement, être obligé de passer mon séjour durablement allongé au soleil sur le sable du "Petit Paris" ou du "Belge" ?

Idiotiquement votre

Post Scriptum du 24 juillet 2012 :
J'ai reçu de Marc, fidèle lecteur des Humeurs Mondialisées, la photo ci-dessous prise en juin de cette année à Djerba qui illustre parfaitement le bronzage idiot en Tunisie avant l'ultimatum présidentiel.

Références et compléments
- Je dédie cette chronique à Roland, Brigitte, Françoise et Benoît qui ont eu la chance de visiter la Tunisie cette année avant l'injonction de Moncef Marzouki sur le bronzage idiot.
- "Petit Paris" et le "Belge" sont les sobriquets de deux des plages de Kelibia. Pour en savoir un peu plus sur ces plages, je vous recommande les chroniques "Mieux vaut p'tard que jamais" et "Sabotage belge".
- Désormais, de nombreuses chroniques de ce blog ont pris Moncef Marzouki et ses lunettes comme sujet de prédilection.
- L'interview où Moncef Marzouki s'oppose au bronzage idiot est parue dans le journal français La Provence le 20 juillet 2012.

samedi 9 juin 2012

e-Panthéon 2.0

Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon,
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon,
Pauvres cendres de conséquence,
Vous envierez un peu l'éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,
Qui passe sa mort en vacances.
Georges Brassens - Supplique pour être enterré sur la plage de Sète

La "crise d'une ampleur inégalée" dans laquelle nous nous débattons depuis quatre ans, au delà des turbulences économiques qui nous frappent de plein fouet, est révélatrice de profonds bouleversements techniques et sociétaux.
L'univers issu des révolutions industrielles "hard" du charbon, de la vapeur, de l'acier, du moteur à explosion et de l'électricité reflue sous nos yeux tandis qu'un nouveau monde "soft" émerge autour des technologies de l'information et des télécommunications.

La plupart des célébrités du passé ne survivront pas à ce changement radical. Je propose donc de vider illico presto le Panthéon physique du Quartier Latin de Paris de ses franchouillardes "cendres de conséquence" et de le convertir en cyber-café.
Dans le même temps, un e-Panthéon 2.0 virtuel serait mis en ligne dans lequel figureraient les personnalités internationales, vivantes ou décédées, ayant contribué de façon décisive aux évolutions en cours.

Voici une première livraison de dix heureux élus à l'e-Panthéon 2.0 :

- Sadi Carnot (Nicolas Léonard Sadi Carnot)
Ce physicien français formula dans les années 1820 les principales lois de la thermodynamique.
Ses travaux montraient l'impossibilité de créer ex nihilo de l'énergie ainsi que la limitation des rendements. Ils laissaient aussi entrevoir l'augmentation irrépressible de l'entropie, c'est à dire du bordel ambiant. Alors que la Révolution Industrielle battait son plein, Sadi Carnot annonçait déjà sa fin.

- Joseph Schumpeter
Economiste austro-apatride, Schumpeter, durant la crise des années 1920 et 1930, battit en brèche les théories économiques libérales, marxistes et keynésiennes.
Pour lui, le coeur de l'activité économique est l'innovation qu'il qualifie de destruction créatrice. Il a aussi mis en avant que le profit n'était pas le seul mobile de l'entrepreneur-innovateur mais aussi la volonté de puissance, le goût sportif de la victoire ou l'envie de créer.

- Alan Turing
Ce mathématicien britannique est le père conceptuel de l'ordinateur. Ses recherches fondamentales et ses travaux sur le décryptage des codes durant la seconde guerre mondiale ont jeté les bases de l'informatique.
Persécuté pour son homosexualité, Alan Turing s'est suicidé en 1954 à 42 ans alors que sa production scientifique était à son zénith.

- Claude Shannon
Si Turing a formalisé la notion de calcul et d'algorithme, l'ingénieur américain Claude Shannon a élaboré la théorie de l'information. Nous lui devons le bit et l'octet et toutes leurs conséquences.
Comble de l'ironie grinçante, ce grand créatif, amateur de paradoxes, a été lourdement frappé à la fin de sa vie par la maladie d'Alzheimer.

- John von Neumann (János Neumann de Margitta)
Mathématicien et physicien, esprit éclectique, cet américano-hongrois - malgré ses nombreux défauts : coureur de jupons, anticommuniste viscéral, promoteur actif de l'arme atomique ... - a  été décisif dans la création de l'architecture des ordinateurs toujours employée aujourd'hui.

- Steve Jobs & Bill Gates
A l'instar du pneu, créé par Goodyear mais popularisé par Dunlop et les frères Michelin, l'informatique de Turing, Shannon et von Neumann est véritablement devenue universelle grâce aux deux binoclards d'Apple et de Microsoft.
Si le "gentil" Steve Jobs a rendu les ordinateurs utilisables par tout un chacun, son "vilain" compère Bill Gates en a fait un véritable produit de masse.

- Linus Torvalds
Ce finlandais suédophone - difficile de faire plus minoritaire à l'échelle planétaire - a rendu public et libre le logiciel Linux qu'il a créé. Cette action d'apparence anodine a révolutionné la propriété intellectuelle. Les licences libres et le "copyleft" concurrencent désormais les brevets et le copyright.

- Taiichi Ono & Shigeo Shingo
Ces deux ingénieurs japonais ont mis en place le Toyota Production System (TPS), plus connu dans nos contrées sous le vocable de lean manufacturing (littéralement production maigre). Cette organisation industrielle frugale, aux antipodes du taylorisme, s'efforce d'économiser toutes les ressources nécessaires à une fabrication et d'éliminer toutes les causes de gâchis (muda en japonais). Née dans les ateliers, cette école de pensée s'intéresse désormais aux bureaux et aux systèmes tertiaires.

Le principal avantage de ce virtuel e-Panthéon 2.0 est d'être totalement subjectif et versatile.
Une célébrité ne vous plait plus, désinstallez la ! Un vénérable ancêtre vous tape dans l'oeil, recopiez le !
Je vous invite, par l'entremise des commentaires ci-dessous, à faire preuve de destruction créatrice dans cette liste de talents 2.0.

Glorio-virtuellement votre

Références et compléments

mercredi 9 mai 2012

Lunettes hollandaises

Autant vous l'avouer, j'ai piteusement foiré mes prévisions électorales.
Le 24 novembre 2011, dans un billet intitulé "visions politiques", je prédisais qu'Eva Joly, la verte aux lunettes rouges, allait reprendre au président provisoire de la Tunisie Moncef Marzouki le titre enviable de miro en chef.
Hélas, aveuglé par mon daltonisme, j'avais gravement sous-estimé le candidat aux lunettes normales François Hollande qui a battu ces deux freluquets à plates coutures.

Pourtant, le nouveau président de la France avait commencé sa carrière de binoclard par un coup d'éclat.
En 1977, affublé de lunettes marzoukiennes, il refuse la discrimination faite aux myopes et exige auprès de l'état-major d'effectuer son service militaire alors que les "trois jours" l'avaient exempté. L'armée prudente prendra quand même soin d'affecter son futur chef dans le génie.

La suite est connue, François Hollande, dans l'ombre de Mitterrand, de Chirac et de Ségolène, fait paisiblement carrière en Corrèze.
Ses binocles reflètent les tournants idéologiques du Parti Socialiste. Plus ce dernier abandonne le marxisme pour le libéralisme, plus les montures hollandaises s'allègent.
Gageons qu'avec ses lorgnons poids plume actuels, le chef de l'état fraichement désigné n'aura aucun mal à s'accorder avec Angela Merkel, une fois passées les élections législatives de juin.

En 2005, pendant quelques mois, François Hollande est tenté par le double foyer. Mais - influence de sa nouvelle compagne ? - il préfère opter pour le progressif sur le plan focal et le très progressif sur le plan fiscal.
Compte tenu de l'ampleur de la dette nationale, espérons que cela lui permette d'avoir une excellente vision de prêts.

Les qualités de stratège et de fin politique du septième président de la cinquième république devrait lui permettre de réaliser l'union des taupes.
Les écologistes qui ont pourtant perdu le contact avec leurs électeurs, semblent décidés à toutes les concessions pour un plat de lentilles, pardon pour un ministère.
Pour rallier le récalcitrant Front de Gauche, je suggère à François - entre miros, comme entre diplômés d'HEC, on se tutoie et on s'appelle par son prénom - de faire sienne une demi-promesse du demi-binoclard Jean-Luc Mélenchon en rendant intégralement remboursables par la sécurité sociale toutes les lunettes de vue. Tant pis pour les prothèses dentaires, le peuple n'avait qu'à élire un type aux dents déchaussées ...
Bien fait aussi pour Bayrou qui ne s'assume pas et évite de porter ses lorgnons en public.

Quant à Moncef Marzouki, je lui conseille d'abandonner la lutte dans le domaine des bésicles. Burnousman pourra toujours boxer dans la catégorie costume folkorique. Il est, en effet, peu probable que François Hollande adopte le chapeau à larges bords et le gilet noir de la Corrèze. Qu'il se méfie toutefois d'Eva Joly qui pourrait revêtir une coiffe lapone.

Myopiquement votre

PS : François, comme il parait que ta retraite corrézienne t'a conduit à être peu au fait des usages internationaux, n'oublie pas si tu croises Moncef Marzouki de l'embrasser sur le front ou la main. C'est apparemment la nouvelle mode à Carthage.
Les binocles c'est maintenant !

Références et compléments
- Pour François et les autres français pouvant avoir raté les dernières péripéties de l'actualité tunisienne, Moncef Marzouki, après avoir promu le traditionnel burnous, a, depuis quelques jours, réhabilité le bisous. Lors de ses déplacements officiels, il ne participe plus à des bains de foule mais à de véritables "love parades" où, tel un gourou hindou, il se laisse embrasser par le peuple en transe.
- Pour les tunisiens pouvant avoir manqué quelques subtilités de la campagne présidentielle en France, Jean-Luc Mélenchon a la fâcheuse manie d'enlever et de remettre sans cesse ses lunettes durant ses meetings. Serait-ce le signe qu'il assume mal son rôle de taupe socialiste chez les communistes ?


jeudi 22 décembre 2011

La fille de Degache et le président

À en croire les gazettes électroniques tunisiennes - il est vrai, pas toujours bien informées - Moncef Marzouki, binoclard suprême et récent président de la République de Tunisie, aurait, hier, demandé la main de Sihem Badi, probable future ministre de la femme du gouvernement en gestation.

Etant moi-même membre de la tribu des taupes, j'exhorte notre meilleur représentant à la plus grande prudence concernant ses projets matrimoniaux.

Tout d'abord parce que les prédécesseurs du myope en chef ont été frappés par la malédiction de la seconde épouse. Sans Wassila (Bourguiba) et Leila (Ben Ali), le sort de la Tunisie aurait été bien différent.
Mais surtout, parce que la fiancée putative réside en ce moment dans la localité de Degache dans le sud tunisien. C'est en scandant le nom de cette bourgade injustement méconnue que les tunisiens ont fait, le 14 janvier dernier, "dégager" le prédécesseur de Marzouki.

Convoler avec une degachite est un risque que ne devrait pas prendre le roi des lunettes.
Imaginez que la belle Sihem lui dise innocemment à la veille d'un week-end "je retourne à Degache", le nouveau président pourrait très mal le prendre.

De surcroît, comme le risque de mégalomanie présidentielle et familiale n'étant pas encore complètement écarté, imaginez l'impact sur la scène internationale si le couple Marzouki-Badi décidait de faire de Degache la capitale de la Tunisie révolutionnaire ...

Dégagiquement ou degachiquement votre

La ville de Degache au bord du Chott El Jerid en Tunisie (source Wikipedia)
Sources et compléments
- Article du site Tunisie Numérique du jeudi 22 décembre 2011 annonçant la possible demande en mariage de Moncef Marzouki à Sihem Badi (le rédacteur de cet article n'a manifestement pas encore eu le temps d'apprendre l'usage du conditionnel, souhaitons que son activité professionnelle débordante lui en laisse le loisir)

samedi 10 décembre 2011

Notations de crise

Les maux de la crise ne seraient-ils pas dans ses mots ?

Moody soit mon cerveau lent ! Depuis plus de six jours, ma pensée est devenue Standard & Pauvre et risque d'être emportée dans un cataclysme mondial d'une ampleur inégalée.

La valeur de mes lignes s'effondre. Mon talent rédactionnel subit une sévère crise de solvabilité : il s'est, pour ainsi dire, dissout.
Mes avoirs linguistiques sont réduits à néant, mes activités scripturales frisent le krach. Impossible d'émettre le moindre papier, mes neurones semblent partis dans un paradis fiscal.
Bref, sans même consulter les trois célèbres aaagences fort occupées par ailleurs, je sens bien que ma notaaation se dégrade, que je perds mes précieux A les uns après les autres.
L'heure est grave, le cours de l'humeur mondialisée flanche. Je vous Fitch mon billet que ce blog a une chance sur deux de se défaire avant Noël !

Comment vais-je pouvoir remettre mon appareil productif en ordre de marche ? Comment pourrais-je créer un salutaire choc de confiance ? Faut-il que je révise les traités sur la rédaction de chroniques ? que je convoque un sommet lexical ? Y a-t-il un institut d'émission de bons mots capable, en dernier recours, de m'en prêter quelques uns pour me renflouer ?
Il me faut un sérieux plan de rigueur. Que dis-je ? pas un, au moins trois !

C'est donc décidé, ce blog va devenir austère.
Je vais cesser de relater mes voyages dispendieux et mes humeurs triple C. Désormais, je me consacrerais exclusivement à des sujets sérieux. Deux thèmes permettront à ces chroniques de se désendetter :
- l'exégèse de la pensée mystique et néanmoins sociale de Jean-Claude Trichet,
- la relation de la vie sexuelle de la jeune Angela Merkel dans la République Démocratique Allemande du regretté Erich Honecker.

Zur le blan linguiztik, avin d'an vinir afec la guoubaple vrifolité de l'Eurobe ladine et tu Maqhrep, dézormais zes gronigues zeront rédichées an alleumant foire même an naurfaijien.
Ch'enfizache auzi te m'ajeder tes lunèddes rouches bour afoir l'air anguore blus rikoureux.

Joliment standard & pooriquement votre

jeudi 24 novembre 2011

Visions politiques - Chronique franco-tunisienne


Depuis le 5 octobre 2011, un quart de l'humanité est orphelin d'un représentant emblématique. L'arrivée imminente de Moncef Marzouki à la présidence de la république tunisienne devrait combler ce trou béant.

Le décès de Steve Jobs a laissé les myopes de la planète sans icône. L'ami des pommes avait choisi d'arborer fièrement ses lunettes, sans chercher à les escamoter à l'aide de lentilles ou de chirurgie au laser. Il avait ainsi revitalisé le poste d'ambassadeur universel des binoclards, vacant depuis l'assassinat en 1948 du Mahatma Gandhi.

Cette fois, le délai de carence aura duré moins de deux mois. Les accords politiques, fruits des élections en Tunisie, ont amené sur le devant de la scène une vraie taupe, fière de l'être. La grande tribu des bigleux a retrouvé un leader à sa mesure. Pour preuve, le symbole de son parti sur les bulletins électoraux était une paire de bésicles.

La France, régulièrement en retard sur la Tunisie en matière de parité politique, a décidé de reprendre à l'antique Carthage le poste tant convoité de miro en chef. Les écologistes ont donc propulsé dans l'arène électorale Eva Joly, la verte aux lunettes rouges. Depuis une semaine, elle se démène pour faire le buzz, espérant éclipser la prochaine accession à la magistrature suprème du champion tunisien des lorgnons.

Entre Moncef et Eva, je dois avouer que mon coeur balance. Les lunettes du premier me rappellent mes années 70 de lycéen myope alors que l'ex-dauphine de Miss Norvège, en jouant délibérément sur le contraste de couleurs, ravit les daltoniens.
Pour résoudre mon dilemme, je n'entrevois comme issue pour nos deux héros des miros que leur mariage et leur installation en Sardaigne, à mi-chemin de la Tunisie et de la France ...

Bigleusement votre