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mercredi 12 novembre 2014

Fragments d'actualité

L'actualité nous laisse souvent atterrés, perplexes mais aussi émerveillés.
Retour sur quelques événements récents.
  • Au Nigéria, un fanatique à poils longs n'a rien de trouvé de mieux pour rejoindre son dieu que de se faire sauter le caisson au milieu de la cour d'un lycée.
    Il a ainsi pu faire le voyage vers le ciel dans un bus scolaire.
     
  • On apprend que les deux plus belles têtes de gendre de la politique française - l'avant-dernier premier ministre et l'adjoint direct du président de la république - ont déjeuné ensemble.
    Selon leurs dires, leurs discussions n'auraient porté ni sur le chômage, ni sur la reprise économique, ni même sur les fanatiques de tous poils.
    Ils ont probablement parlé coiffure et mode.
     
  • Le 11 novembre, un aviateur à poils ras, désireux de renvoyer François Hollande en Corrèze, a perturbé une cérémonie d'hommage aux morts de toutes nationalités de la première guerre mondiale.
    Je me demande comment ses arrière-grands-pères auraient apprécié cette très pale imitation de Guynemer.
     
  • Des crânes d'œuf et des ingénieurs de 34 pays différents ont préparé durant dix ans un robot automatique apte à se poser sur une lointaine comète au nom ukrainien. Ils ont, de surcroît, attendu une décennie supplémentaire que leur engin rejoigne finalement sa cible et déclenche leur enthousiasme.
    La patience est l'art d’espérer !
Humainement votre

lundi 1 avril 2013

Partis politiques de masse ou clubs d'élus ?

En France, les partis politiques, les plus récents comme les plus anciens, sont massivement désertés. Les adhérents, tous mouvements regroupés, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, ne sont qu'environ 800 000.
En comparaison, le syndicalisme, pourtant souvent considéré comme non représentatif, fait figure de géant. 7% des salariés appartiennent à une confédération alors que seuls 2% du corps électoral font activement de la politique, trois fois et demi moins.

Les deux partis du centre mou de gouvernement, le PS et l'UMP, encartent à peine 500 000 personnes.
Avec 170 000 membres, les partisans de la rose et de ses épines sont deux fois moins nombreux que les ex-pseudo-néo-gaullistes.

Sur le bord gauche de l'échiquier, le parti communiste affiche un effectif enviable de 140 000 personnes.
Première force politique de France au sortir de la seconde guerre mondiale, l'ancien mouvement stalinien est devenu le parti avec le plus petit nombre d'électeurs par militant, 13 voix par adhérent aux élections législatives de 2012. Grosso modo, chaque communiste actif réussit à faire voter sa famille et c'est tout !

A l'inverse, les écologistes sont particulièrement persuasifs. Chacun des 9 000 verts officiels a convaincu 157 électeurs lors du dernier scrutin. L'écolo est viral !

Les mélenchoniens et les deux variantes trotskystes sont très visibles mais recrutent peu. Avec, respectivement, 12 000 et 10 000 militants, ils pourraient faire un congrès commun dans le stade des Alpes de Grenoble.

A l'extrême-centre, au milieu de nulle part, le modem de Bayrou et son débit rachitique de 35 kilo-adhérents possèdent le même rendement électoral poussif que les communistes. Hors de sa province, le béarnais peine à persuader.
A ce propos, on notera d'ailleurs que l'UMP ne fait pas radicalement mieux. Avec 21 voix par militant, le libéralo-gaulliste ne parvient à ratisser que quelques voisins en plus de ses proches.

Enfin, au bout du bout de la droite, le parti xénophobe des L. P. père, fille et petite-fille (désolé mais je n'arrive toujours pas à écrire ce nom de famille, j'ai comme une crampe dans les doigts) rassemble tout de même 62 000 surexcités, un militant français sur douze, sept fois plus que les écologistes ...
Est-ce un signe de temps ? Avec respectivement 57 et 44 électeurs par adhérent, les fascistes et les socialistes convainquent de manière similaire leurs compatriotes.

Le plus étonnant dans ce décompte est que le nombre total d'élus - 620 000 toutes fonctions confondues - n'est guère différent de celui des militants politiques. En amalgament tous les partis, on ne trouve que 1.3 adhérents par poste électif à pourvoir.
Fort heureusement, cumul des mandats et conseillers municipaux sans étiquette atténuent quelque peu cette affligeante statistique.
Il n'empêche, en forçant légèrement le trait, les partis politiques sont statistiquement composés pour moitié d'élus et pour moitié d'aspirants impatients de prendre leur place ...

Numérico-politiquement votre

Références et compléments
- Tous les chiffres sont issus ou déduits de Wikipedia, principalement des pages présentant les partis politiques et les résultats électoraux français.
- Nombre d'adhérents des principaux partis politiques français (valeurs arrondies) :
. Union pour un Mouvement Populaire (UMP) [Nicolas Sarkozy, François Fillon, Jean-François Copé] : 325 000
. Parti Socialiste (PS) [François Hollande, Jean-Marc Ayrault] : 173 000
. Parti Communiste Français (PCF) [Pierre Laurent] : 138 000
. ***** ******** (**) [famille L. P.] : 62 000
. Union des Démocrates et Indépendants (UDI) [Jean-Louis Borloo] : 50 000
. Mouvement des Démocrates (Modem) [François Bayrou] : 35 000
. Parti de Gauche (PG) [Jean-Luc Mélenchon] : 12 000
. Europe Écologie Les Verts (EELV) [Cécile Duflot] : 9 000
. Lutte Ouvrière (LO) [anciennement Arlette Laguiller] : 8 000
. Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) [Olivier Besancenot] : 2 500
  

jeudi 29 novembre 2012

Mariage pour tous, pour beaucoup ou pour quelques uns ?

Le très fourni fan club d'Humeurs Mondialisées m'a sommé de rédiger une chronique sur une des deux actualités phare du moment en France : le régime matrimonial des homosexuels et les querelles de clocher à l'UMP.
A vrai dire, aucun de ces thèmes ne m'inspire mais, le client étant roi, je m'incline devant cette injonction et vais tenter de disserter sur le mariage pour tous plutôt que sur le divorce de quelques uns.
Pour ce faire, je vous propose de laisser de coté morales, théologies et passions au profit du point de vue distancié des statistiques.

Un des arguments des opposants au mariage homosexuel est qu'il est étrange que les gays revendiquent des droits matrimoniaux alors que les hétérosexuels ne convolent plus en justes noces.
Cette rhétorique ne vaut pacs tripette car la majorité des français reste unie par les liens du mariage.
Grosso modo, trois français adultes sur quatre vivent en couple.
80% de ces duos sont passés devant Monsieur le Maire, 15% concubinent notoirement et 5% ont conclu un pacte civil de solidarité, mieux connu sous l'acronyme PACS.
Résultat des courses : un peu moins de deux français de toutes conditions sur trois sont mariés.
Bien entendu, ces moyennes recouvrent un fort effet de génération. La bague au doigt a plus de succès chez les aînés que chez les jeunes. Toutefois, en supposant que les comportements matrimoniaux actuels, qui tendent à se stabiliser, perdurent, la proportion de couples mariés ne devrait pacs descendre dans le futur en dessous de 55% à 60%.

De même, il est peu probable, d'un point de vue numérique, que le mariage homosexuel ébranle les fondements de la société.
En 2010, 250 000 mariages, 200 000 PACS hétérosexuels et, seulement, 9 000 PACS homosexuels ont été scellés en France.
Seuls 2% des unions officielles concernaient des personnes de même sexe. Cette proportion est la même dans les pays, comme la Hollande et le Canada, qui ont légalisé de longue date le mariage gay.
Une fois pacsée la période de mise en route, le mariage annoncé pour tous ne devrait intéresser, en pratique, que quelques milliers de personnes chaque année.

Afin de ne pacs être à nouveau forcé par mes supporters d'écrire une chronique contre mon gré, je rappellerais, en guise de conclusion, qu'il y a chaque année plus d'hétérosexuels qui divorcent que d'adhérents à l'UMP, ce qui ouvre de belles perspectives aux chamailleries du couple Copé-Fillon.

Gaullisto-maritalement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques "Union nationale pour tous" et "Quand sondage rime avec bidonnage".
- Les statistiques citées dans ce billet proviennent de l'INSEE et de l'INED. Les chiffres ont été arrondis pour faciliter la compréhension.
- Le parti anciennement gaulliste UMP aurait de l'ordre de 250 000 adhérents vivants. 260 000 personnes divorcent chaque année en France.

dimanche 30 septembre 2012

Combien coûte une loi ?

Viscéralement attaché à la démocratie représentative, je suis pourtant au regret de constater que les parlementaires français coûtent une fortune et produisent peu !
Jugez sur pièces.

Le budget de l'institution législative est exorbitant et sans contrôle.
L'assemblée nationale et le sénat étant, d'après la constitution, les seuls représentants légitimes du peuple souverain, ces deux chambres jouissent d'une autonomie financière absolue.
Nos 925 parlementaires s'octroient donc pour leur fonctionnement annuel 860 millions d'Euros, 900 000 Euros par élu, 13 Euros par français !
Cette année, les dépenses du parlement représenteront à peu près autant que l'ensemble des Peugeot 207 vendues neuves en France.
13 Euros : coût annuel pour chaque français de l'assemblée nationale et du sénat
Ce petit milliard d'Euros finance une production anémique.
Peu ou prou, chaque année, une centaine de textes législatifs est adoptée.
Toutefois, 40% d'entre eux sont des ratifications de conventions internationales négociées par le ministère des affaires étrangères. Dans ce cas, la loi comporte un article unique autorisant le gouvernement à signer un traité.
Les textes réellement fabriqués et débattus à l'assemblée nationale et au sénat sont annuellement de l'ordre de 60, environ un par semaine.
Une règle de trois rapide valorise donc nos lois à 15 millions d'Euros l'unité.
En moyenne, chaque loi - y compris le filandreux texte budgétaire de la loi de finance - comporte 60 articles et 11 500 mots. Par an, chaque parlementaire émet donc 4 articles législatifs, soit 750 mots, à peine plus qu'une seule chronique de ce blog !
Tout mot officialisé par nos parlementaires coûte aux contribuables 1.25 €.

Le comble est que beaucoup des lois votées au parlement sont inapplicables en l'état.
Députés et sénateurs ont une propension forte à ne jamais finir leur travail et à déléguer les détails - appelés plaisamment modalités d'application - au pouvoir exécutif qui devra compléter le texte législatif par des décrets. Chaque loi renvoie habituellement 15 fois à des décrets.
Dans un cas sur deux, histoire de lutter contre le chômage, le législateur exige du gouvernement qu'il consulte le conseil d'état avant la promulgation d'un décret. Toutefois, l'exécutif n'est légalement tenu ni de suivre, ni même de publier les avis de la haute juridiction administrative qui, pourtant, emploie de l'ordre de 300 fonctionnaires à relire les brouillons de la bande à François Fillon ou à Jean-Marc Ayrault.

Dans notre situation actuelle de chômage massif, de déficit public abyssal et de hausse des prélèvements, les partis politiques des deux bords seraient bien inspirés de réviser leurs pratiques, d'améliorer leur efficacité et de diminuer leurs coûts qui sont d'abord les nôtres.
S'ils ne savent pas comment s'y prendre, je peux leur présenter d'excellents spécialistes des méthodes industrielles.

Politico-productivement votre

Références et compléments
Cette chronique, sous une forme légèrement remaniée, fait désormais partie du recueil disponible en ligne "Humeurs Économiques".

- Les chiffres cités ont été obtenus par recoupement de multiples documents des sites de l'assemblée nationale, du sénat, du conseil d'état et du ministère du budget.
Inutile de préciser qu'aucune synthèse officielle claire n'existe sur la productivité du parlement. Seul le rapport d'activité 2011 de l'assemblée nationale rassemble et résume une quantité honorable de données.
Le contenu des lois en articles, mots et renvois à des décrets a été obtenu par sondage dans le recueil des lois définitivement adoptées entre octobre et décembre 2008. Malgré son budget colossal, depuis cette date, le parlement ne publie plus de récapitulatif de ses travaux.

- Les immatriculations de voitures neuves se trouvent sur le site du Comité des Constructeurs Français d'Automobiles.
  

lundi 7 novembre 2011

Austère 7 novembre - Chronique tuniso-indienne


Dans la Tunisie pré-révolutionnaire, le 7 novembre était le jour où un agent publicitaire pour teintures capillaires, s'auto-congratulait en célébrant l’anniversaire du coup d'état médical l’ayant porté au pouvoir.

Pour ce premier 7 novembre sans Ben Ali, j'ai délibérément choisi d'aller dans un pays où cette date est restée fériée envers et contre tout.
Aujourd'hui, à Bangalore, c'était, simultanément, le Bakrid musulman et une fête hindoue dont je n’ai pas capté le nom. Bakrid est la version locale de l'Aïd El Kebir. Les chèvres et boucs qui remplacent les moutons ne supportant pas la mousson ont été sacrifiés hier, mais la grande fiesta avait lieu aujourd'hui, ne me demandez pas pourquoi.

La journée a commencé avec mon PC sonnant à tue-tête pour m'annoncer la "fête nationale tunisienne". Le programmeur du calendrier a manifestement survécu au bug de l'an 2000 mais pas à celui du 14 janvier.

Ensuite, pour des raisons trop longues à expliquer, il m'a fallu aller travailler. Cela n’a pas été trop désagréable. La climatisation glaciaire et les néons - plus religieux qu'on ne croit - avaient décidés de s’accorder une journée de répit.
Nous n’étions que 7 (tiens donc !) dans l’immense "open space" accueillant habituellement une centaine de personnes. Seul un poster grandeur nature du PDG, nous surveillait en permanence. Vers quatre heures, satisfaits de notre œuvre, nous avons décidé de plier les gaules.

Rentré à l'hôtel, au bord de la piscine, sous un ciel limpide, bercé par une petite brise, je me suis connecté à France Info, histoire d’avoir des nouvelles fraiches du pays natal.
Décalage horaire oblige, j'ai eu le droit, en direct, à la belle voix grave de l'austère François Fillon égrenant les nouvelles mesures de rigueur budgétaire visant à conserver notre triple A. Quand il a annoncé le gel de son salaire, j'ai failli tomber du transat tellement c'était émouvant.

Pour me remettre de ces intenses émotions, j'ai interrompu la radio et écouté de la musique grecque. Puis, je suis allé manger une pizza …

Rigoureusement votre