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mercredi 12 novembre 2014

Fragments d'actualité

L'actualité nous laisse souvent atterrés, perplexes mais aussi émerveillés.
Retour sur quelques événements récents.
  • Au Nigéria, un fanatique à poils longs n'a rien de trouvé de mieux pour rejoindre son dieu que de se faire sauter le caisson au milieu de la cour d'un lycée.
    Il a ainsi pu faire le voyage vers le ciel dans un bus scolaire.
     
  • On apprend que les deux plus belles têtes de gendre de la politique française - l'avant-dernier premier ministre et l'adjoint direct du président de la république - ont déjeuné ensemble.
    Selon leurs dires, leurs discussions n'auraient porté ni sur le chômage, ni sur la reprise économique, ni même sur les fanatiques de tous poils.
    Ils ont probablement parlé coiffure et mode.
     
  • Le 11 novembre, un aviateur à poils ras, désireux de renvoyer François Hollande en Corrèze, a perturbé une cérémonie d'hommage aux morts de toutes nationalités de la première guerre mondiale.
    Je me demande comment ses arrière-grands-pères auraient apprécié cette très pale imitation de Guynemer.
     
  • Des crânes d'œuf et des ingénieurs de 34 pays différents ont préparé durant dix ans un robot automatique apte à se poser sur une lointaine comète au nom ukrainien. Ils ont, de surcroît, attendu une décennie supplémentaire que leur engin rejoigne finalement sa cible et déclenche leur enthousiasme.
    La patience est l'art d’espérer !
Humainement votre

samedi 18 octobre 2014

Molière chez Ennadha : le malade islamistaginaire

Si le regretté Molière était encore parmi nous, les islamistes auraient, presque à coup sur, une place de choix parmi ses têtes, si j'ose dire, de turc.
L'obsession de ces nouveaux Tartuffe pour les poils et cheveux - que les unes devraient voiler et les autres arborer de manière horticole - pourrait lui inspirer une version remaniée du Malade Imaginaire.

Le grand maître du théâtre français refusant obstinément de se réincarner ou de ressusciter, j'ai, très immodestement, glissé mon clavier dans le sillage de sa plume.

VOILETTE
Qui vous guide ?

BARBAN
Monsieur Akoibon.

VOILETTE
Cet homme là n'est point écrit sur mes tablettes entre les grands savants.
Que vous conseille-t-il ?

BARBAN
Il me dit de respecter autrui et d’autres me disent de ne point faire le mal.

VOILETTE
Ce sont tous des ignorants. C'est le pileux qui doit guider votre conduite.

BARBAN
Le pileux ?

VOILETTE
Oui.
De quoi est fait votre quotidien ?

BARBAN
Je sens de temps en temps des douleurs de tête.

VOILETTE
Justement, le pileux !
Une barbe adéquate est un excellent rempart contre les névralgies.

BARBAN
Il me semble parfois que j'ai un voile devant les yeux et que mon épouse en a un sur la tête.

VOILETTE
Justement le pileux !

BARBAN
J'ai quelquefois des peines de coeur.

VOILETTE
Le pileux.
Couvrir les objets de vos désirs, vous éviterait bien des tracas.

BARBAN
Je sens parfois la lassitude me gagner.

VOILETTE
Le pileux.

BARBAN
Et quelquefois il me prend des chatouillements dans le bas-ventre.

VOILETTE
Le pileux.
Vous avez appétit à ce que vous mangez ?

BARBAN
Oui, monsieur.

VOILETTE
Le pileux.
Vous aimez à boire un peu de vin ?

BARBAN
Euh… oui, monsieur.

VOILETTE
Nous seulement vous ne maîtrisez pas le pileux mais vous m'apparaissez n'être pas assez pieux.

BARBAN
Pourtant, j'y vais faire un petit sommeil après le repas !

VOILETTE
Seul ?

BARBAN
Euh… non, monsieur… avec mon épouse.

VOILETTE
La maîtrise stricte du pileux pourrait vous éviter cela.
Le pileux, le pileux, vous dis-je !

Poiliquement votre

Références et compléments
- Facétie très (trop ?) librement inspirée du dialogue entre Toinette et Argan de la scène 10 de l'acte III du Malade Imaginaire de Molière.
- Voir aussi la chronique “Le Malade Twimaginaire - Molière 2.0”.

vendredi 20 août 2010

Merlan au pays du scombri

Les coiffeurs sont une spécialité du Cap Bon, méconnue des "toûrisstes" mais prisée des kélibiens d'origine ou d'adoption.
J'ai ainsi l'immense privilège d'avoir un coiffeur personnel à Kelibia.
C'est la première personne à me souhaiter la bienvenue lors de mon arrivée pour un séjour et, tous les matins, il me gratifie d'un sympathique "sba elle rire" (littéralement bon jour) lorsque je sors acheter le journal.

Une séance chez lui est digne du récent Mondial de football.
Pendant une heure, sans compter les arrêts de jeu, votre système pileux est l'unique préoccupation de cet athlète de haut niveau.

Un véritable match, oserai-je dire un duel, contre vos poils démarre.
Vos cheveux sont d'abord raccourcis avec trois types de tondeuse.
Comme vous êtes encore un peu hirsute, une finition aux ciseaux s'impose avant qu'un rasoir ratiboise vos bordures.
Un très sérieux massage cérébral ainsi que l'épilation quasi-complète et sans laser de vos oreilles et narines clôturent cette première mi-temps.

Après un bref passage par le vestiaire - en pratique un changement de la serviette posée sur vos épaules - la seconde période débute par un remodelage intégral de votre moustache. Le résultat - en risquant quelques néologismes - est une forte diminution de sa gauloisitude au profit d'une tunisianité de bon aloi.
Le temps réglementaire se termine par un rasage micrométrique de votre barbe au moyen d'un blaireau et d'un coupe-chou.

Le match ne saurait se terminer aussi simplement et, sans même une pause, vous enchainez les prolongations.
Votre tête est alors doucement mais très fermement plongée dans le lavabo situé devant vous pour un shampoing total : cheveux mais aussi moustache, nez, yeux, oreilles, front, menton, cou …
Le flacon de shampoing indiquant "Souplesse 2 en 1", le Figaro tunisien est contraint, pour respecter le mode d'emploi, de vous replonger la tête dans l'évier et de répéter son opération de lavage.
Ces grandes eaux sont suivies par un contrôle qualité minutieux. La vision bionique du merlan détecte des poils rétifs dont vous ignoriez l'existence et qui sont immédiatement éradiqués.

Enfin, arrive la terrible séance des penalties.
Elle consiste en une forte friction faciale d'un liquide aux effluves capable de ressusciter un régiment de soldats inconnus et dont la bouteille indique "Jean Paul Gauthier 80°". Manifestement, aucune prescription religieuse, ni aucun règlement sanitaire n'interdit les alcools forts en usage externe.
Si vous avez réussi à supporter cette estocade aux gaz de combat, vous êtes qualifié pour le but en or qui termine le match : l'application d'une couche de gel à polymérisation rapide sur les 3 millimètres de cheveux qu'il vous reste !

Après avoir dument complimenté votre coiffeur pour sa vaillance au combat, vous concluez invariablement cet intense moment capillaire par un tour de stade où vos supporters nombreux et enthousiastes vous saluent aux cris de "saha jaima" (littéralement santé coiffeur).

Poiliquement votre ...

Complément lexical
- Scombri est un terme dialectal tunisien dérivé de l'italien signifiant maquereau.