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mardi 27 septembre 2016

J’ai testé le site internet de campagne électorale de François Hollande

Aujourd’hui, des sympathisants ont mis en ligne un site à la gloire de l’actuel président français, baptisé « notre idée de la France ».

Ce media clame « oui ça va mieux » et nous invite à le vérifier, chiffres à l’appui, département par département.
Les résultats pour l’Isère, où je réside, sont, pour le moins, maigrelets.

Extrait du site « notre idée de la France »

Chômage

« 611 créations nettes d’emplois depuis 2012 »
La population active de l’Isère avoisine 800 000 personnes.
Le gouvernement en place a donc accru l’emploi en 5 ans dans une proportion de 1 pour 1 300.
Mon professeur de physique de terminale aurait qualifié cet exploit d’épaisseur du trait.

Jeunesse

« 1 171 jeunes ont bénéficié d’un emploi d’avenir »
La phrase complète n’étant pas très claire, il est difficile de déterminer si cette valeur se rapporte à la seule année 2015 ou à l’ensemble du mandat présidentiel.
Le trait a bien grossi, un jeune isérois sur 200 est concerné.

Enseignement

« 1 304 postes créés depuis 2012 dans l’académie de Grenoble »
Le territoire départemental étant un peu étriqué, il a été étendu à l’académie, c’est à dire à 4 autres départements limitrophes.
Le trait devient poutre. Les effectifs de l’Éducation Nationale ont augmenté de 2% en 5 ans !

Entreprises

« 2 562 entreprises sont soutenues par BPI France », la banque publique d’investissement.
La poutre se confirme à 2% des sociétés dauphinoises.

Retraites

« 8 972 retraités ont bénéficié d’un départ anticipé depuis 2012 »
Le compteur s’emballe à 3.5% des pensionnés isérois !

Impôts

« 174 618 foyers ont bénéficié d’une baisse d’impôt sur le revenu en 2015 »
Cette fois, le match se joue presque à guichets fermés. Près d’un ménage sur trois a été moins ponctionné par les percepteurs de l’Isère l’an dernier.
Il manque toutefois la statistique des augmentations de prélèvements obligatoires de 2012 à 2016.

Supporter une équipe reléguable ressemble parfois à un sacerdoce.

Factuellement votre

Références et compléments
L’image et les citations sont issues du site « notre idée de la France » le mardi 27 septembre 2016 vers 18 heures.

Les valeurs ayant permis l’étalonnage des données hollandaises proviennent de l’INSEE et de l’Académie de Grenoble.

samedi 18 juin 2016

Ma visite impromptue chez Charles de Gaulle

Cette semaine, un accident ayant fermé l'autoroute que je devais emprunter, je me suis retrouvé fortuitement aux environs de Colombey les Deux Églises.

Mu par une sorte d'appel, j'ai fait halte quelques instants dans le village du général de Gaulle.

Humilité

Vastes, frustes et tristes horizons ; bois, prés, cultures et friches mélancoliques ; relief d'anciennes montagnes très usées et résignées ; villages tranquilles et peu fortunés dont rien, depuis des millénaires, n'a changé l'âme, ni la place...


Le minuscule village de Colombey est toujours pareil à la description qu'en donnait Charles de Gaulle dans ses mémoires.
Maisons et rues ne semblent pas avoir changé depuis la retransmission télévisée des obsèques du "général" en novembre 1970.

Le cimetière - modeste par sa taille mais aussi par la simplicité et l'absence d'ornements des tombes - jouxte l'église.
La sépulture du général de Gaulle, de son épouse et de sa fille cadette ne se distingue en aucune façon de ses voisines.
À quelques pas, dans une tombe très similaire, reposent son autre fille et son gendre.




Afin de ne pas dénaturer ce lieu de recueillement, les innombrables plaques commémoratives ainsi que les fleurs sont reléguées, en vrac, dans un coin du cimetière, à l'écart des tombes.
Parmi elles, la gerbe tricolore déposée par François Hollande trois jours plus tôt.




Grandeur

Au sommet d'une colline, face au cimetière et à "la Boisserie" - la propriété des de Gaulle - se dresse une croix de Lorraine en granit de 45 mètres de haut, symbole de la France Libre et du gaullisme.

Plusieurs kilomètres avant Colombey, le regard du visiteur est accroché par ce monument incongru émergeant de la forêt.



Contraste

La mise en scène de la mémoire de Charles de Gaulle à Colombey reflète les contradictions intérieures de ce personnage singulier.

La vie personnelle simple ainsi que le goût pour la solitude et l'austérité sont illustrés par le dépouillement de sa tombe.

À l'opposé, l'attachement viscéral à la France et l'obsession, à la limite de la mégalomanie, de sa "grandeur" s'incarnent dans la gigantesque croix de Lorraine.



Nostalgie

En quittant Colombey les Deux Églises, je ne peux m'empêcher de regretter que les politiciens français actuels - y compris dans le parti se réclamant encore vaguement du gaullisme - aient inversé l'équation du "grand Charles".

Obsédés par leur propre destin, ils semblent avoir oublié celui du pays.
Pourquoi changeraient-ils puisque nous les élisons et réélisons inlassablement ?



Historiquement votre

Références et compléments
Les photos ont toutes été effectuées par mes soins à Colombey les Deux Églises en Haute Marne le 17 juin 2016 (j'ai, en quelque sorte, devancé l'appel).
Pour agrandir les images, cliquer dessus.

Voir aussi les autres chroniques traitant de près ou de loin de Charles de Gaulle.

Pour aller plus loin, les articles Wikipedia

La citation décrivant Colombey les Deux Églises est extraite des mémoires de guerre de Charles de Gaulle.

La croix de Lorraine est une croix avec deux barres horizontales.
Elle a été choisie comme emblème de la France libre en juillet 1940 par l'amiral Muselier, militaire lorrain qui fut un des premiers compagnons du général de Gaulle en Grande Bretagne, en opposition à la croix gammée des nazis.

samedi 28 février 2015

Cartographie d'un français de souche

Les gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts,
La race des chauvins, des porteurs de cocardes,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.
Georges Brassens
Récemment, François Hollande a employé l'expression "français de souche" pour désigner les jeunes crétins qui ont saccagé plusieurs dizaines de tombes et hurlé "Heil Hitler" dans le cimetière juif de Sarre-Union en Alsace.

Cette formule, prisée par l'extrême-droite, m'a laissé perplexe.
En effet, le Trésor de la Langue Française Informatisé indique que souche signifie "base du tronc d'un arbre prolongée par ses racines".
Jusqu'à plus ample informé, chaque titulaire de la nationalité française possède des parents - base de son propre tronc - et des racines.
Aussi "français de souche" ressemble furieusement à un pléonasme, puisqu'il parait difficile d'imaginer une personne, même dotée de l'incomparable génie français, sans souche.

À bien y réfléchir, notre président - soucieux de tourner la page Charlie pour aller refroidir le climat - a surement voulu clore au plus vite son discours en raccourcissant la trop longue locution "français de souche française".
Car certains de mes compatriotes ont des parents et des racines exclusivement hexagonales, quand d'autres sont d'ascendance américano-belge, finlandaise, serbo-croate, néerlandaise, grecque, hispano-tamoul voire arabe !

À demi-convaincu par cette explication, je m'en suis ouvert auprès de mon entourage.
De bons esprits m'ont savamment expliqué qu'effectivement l'aspect français de la souche était sous-entendu dans le propos hollandais et que l'expression permettait de différentier les pieds d'arbre bleus-blancs-rouges de ceux juifs ou musulmans, beaucoup plus basanés.
J'avoue n'avoir pas compris la logique de cette classification qui amalgame allègrement nationalité et religion.
En la poussant un peu plus loin, il y aurait donc aussi des souches catholiques, protestantes, bouddhistes, hindoues, agnostiques et même athées.
Une pincée de génétique ne pouvant pas faire de tort, je trouve que l'importance donnée aux souches à la chevelure brune, aux yeux marrons, myopes et daltoniens ainsi qu'avec une prédisposition naturelle à la fainéantise est par trop insuffisante.

Perturbé par ce désintérêt et cette sémantique floue, j'ai finalement entrepris, pour me remettre les idées en place, de cartographier ma souche personnelle.

Venu au monde à Paris, de père et de grand-père tout deux nés aussi à Lutèce, je pensais jusqu'alors que la gauloisitude de mon pedigree n'avait d'égal que celle de ma moustache - encore que certains y voient de la polonitude façon Lech Walesa.
À partir de mon arbre généalogique, j'ai placé sur une carte les lieux de naissance connus de mes ancêtres vers 1700, au coeur du règne de Louis XIV, 8 à 9 générations en arrière.

Mes ancêtres vers 1700
Rouge : attesté aux alentours de cette date.
Vert : attesté après 1700 (branche généalogique interrompue).
Bleu : attesté avant 1700.
Noir : non formellement attesté mais très probable vers 1700.
Le résultat est pour le moins dispersé.
D'ouest en est, on repère successivement :
  • La Normandie, vers Avranches.
  • Les confins de l'ancienne Bretagne, désormais département de l'Ile et Vilaine, et de la province du Maine, devenue Mayenne.
  • La Sologne, au sud d'Orléans.
  • Le Berry, autour de Bourges, de la Châtre et de Vallon en Sully.
  • Le Bourbonnais, à l'ouest de Montluçon.
  • Paris.
  • La vallée de l'Oise.
  • Les Ardennes, des deux côtés de la frontière franco-belge, pourtant tracée par Louis XIV en 1697 à l'issue des traités de Ryswick.
  • La Savoie, qui ne devint française qu'en 1860 et dont les ducs, qui régnèrent à Turin après Chambéry, s'auto-promurent rois d'Italie à cette occasion.
  • L'Alsace qui eut, du quinzième au vingtième siècle, des propriétaires nombreux, enchevêtrés et changeants.
  • La vallée du Rhin aux alentours de Mayence en Allemagne.
  • La Galicie aux limites entre l'empire des Habsbourg et celui des Tsars russes, aujourd'hui partagée entre Pologne, Slovaquie et Ukraine.
Bref, ma souche, à l'instar de celles de beaucoup d'arbres, est sérieusement ramifiée et non exclusivement française.
Finalement, ma polonitude moustachière est peut-être moins fortuite que je ne le pensais jusqu'ici.

Souchiquement votre

Références et compléments
- Consulter une version interactive de la carte généalogique de mes ancêtres au début du dix-huitième siècle.

- Voir aussi mes autres chroniques traitant de généalogie, notamment :
. Descendants de sans-papiers morts pour la France en 1914-1918
. Généalogie de la croissance - L'histoire familiale raconte l'économie et la démographie
. Un enfant c'est un papa et une marâtre

- Mes pages de généalogie

mercredi 12 novembre 2014

Fragments d'actualité

L'actualité nous laisse souvent atterrés, perplexes mais aussi émerveillés.
Retour sur quelques événements récents.
  • Au Nigéria, un fanatique à poils longs n'a rien de trouvé de mieux pour rejoindre son dieu que de se faire sauter le caisson au milieu de la cour d'un lycée.
    Il a ainsi pu faire le voyage vers le ciel dans un bus scolaire.
     
  • On apprend que les deux plus belles têtes de gendre de la politique française - l'avant-dernier premier ministre et l'adjoint direct du président de la république - ont déjeuné ensemble.
    Selon leurs dires, leurs discussions n'auraient porté ni sur le chômage, ni sur la reprise économique, ni même sur les fanatiques de tous poils.
    Ils ont probablement parlé coiffure et mode.
     
  • Le 11 novembre, un aviateur à poils ras, désireux de renvoyer François Hollande en Corrèze, a perturbé une cérémonie d'hommage aux morts de toutes nationalités de la première guerre mondiale.
    Je me demande comment ses arrière-grands-pères auraient apprécié cette très pale imitation de Guynemer.
     
  • Des crânes d'œuf et des ingénieurs de 34 pays différents ont préparé durant dix ans un robot automatique apte à se poser sur une lointaine comète au nom ukrainien. Ils ont, de surcroît, attendu une décennie supplémentaire que leur engin rejoigne finalement sa cible et déclenche leur enthousiasme.
    La patience est l'art d’espérer !
Humainement votre

jeudi 21 août 2014

Photos de vacances et interview emblèmes du décalage de François Hollande

Au delà des éléments conjoncturels, la crise dans laquelle nous sommes englués depuis 2008 est le fruit des mutations de la troisième révolution industrielle.
L'essentiel des emplois et de l'activité d'aujourd’hui, et encore plus de demain, sont directement ou indirectement liés au numérique. Aussi, sortir du marasme ambiant suppose, a minima, de comprendre les évolutions très profondes qui remuent société et économie..
Rien de tel pour ce faire que de se forcer à l'usage concret et personnel des éléments les plus caractéristiques et grand public des changements en cours.

À quelques jours d’intervalle, François Hollande a fait, à deux reprises, la démonstration de son décalage patent avec le monde actuel.

Premier épisode, des photos de vacances - semble-t-il prises à son insu - montrent le président à la plage en train de lire un quotidien national payant dans sa version papier.
Notre élu suprême est-il au courant que le lectorat de ce type de publication chute de plusieurs pourcents chaque année ?
Sait-il que cette pratique est devenue minoritaire ?
Est-il conscient que les moins de 30 ans - pourtant priorité de son quinquennat - sont étrangers à l'univers de la presse papier ?
Ne devrait-il pas au contraire profiter de la pause estivale pour s'initier à l'information et à la lecture numériques ?

Second épisode, soucieux de valoriser son action et de montrer que la barre est fermement tenue, le même François Hollande a donné une longue interview écrite plus propice aux explications structurées que le traditionnel ping pong télévisuel.
Pour cette tribune, il a choisi le Le Monde, figure de proue de la presse dinosaure.
Certes, le site internet du journal a publié le dialogue du président avec ses journalistes, mais exclusivement dans sa version payante pour ses abonnés.
Résultat, l’immense majorité des internautes qui auraient souhaité lire l'interview présidentielle n'a eu accès qu'aux résumés plus ou moins fidèles des autres sites web.
À coup sur, cette communication d'un autre âge n'a atteint que très peu de personnes de moins de cinquante ans.

Ce travers n'est pas spécifique à François Hollande, mais commun à la plus grande part des leaders politiques. Si Nicolas Sarkozy était sorti vainqueur de l'élection présidentielle, j'aurais pu écrire un billet similaire.

Comment penser un monde dont on ne maîtrise plus les codes de base ?
Pourquoi continuons-nous à porter au pouvoir des personnes autant éloignées de notre réalité ?

Numériquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques
. “François Hollande allergique au numérique ?”
. "Allons-nous renoncer encore longtemps ? Réaction épidermique aux élections européennes"

- Je dédie cette chronique au twittonaute @YvesCohenTanugi qui relaie souvent mes chroniques. Je ne suis pas systématiquement d'accord avec lui mais c'est une personne de convictions, passionnante à suivre, avec qui le débat est aisé et respectueux. Et quand l'essentiel est en cause, nous nous retrouvons !

vendredi 9 mai 2014

En Tunisie Moncef Marzouki unique sujet du bac 2014

Mehdi Jomaa, l'actuel premier ministre de Tunisie, à la tête d'une conséquente délégation, s'est rendu récemment à Paris pour des conversations au plus haut niveau avec le gouvernement français.

Humeurs Mondialisées est en mesure de révéler que François Hollande a suggéré à son hôte tunisien d'appliquer les mêmes méthodes d'économie de dépenses publiques que celles brillamment mises en place dans l'Hexagone.

Séduit par l'efficacité retrouvée du Pays de Descartes, Mehdi Jomaa a enjoint ses ministres de prendre exemple sur le gouvernement de Manuel Valls.

Aussitôt dit, aussitôt fait !
Ainsi, Fathi Jarray, le ministre de l'enseignement de l'antique Carthage, s'est rapproché de Benoît Hamon pour appliquer les recettes de l'Éducation Nationale Française.
L'organisation du baccalauréat tunisien 2014 servira de terrain d'expérimentation de cette nouvelle approche.
Aussi, à l'instar de son homologue hollando-français, proximité binoclarde oblige, Moncef Marzouki, le très provisoire président de la république tunisienne, deviendra l'unique sujet du bac. 
Les sujets français ont été très obligeamment fournis aux pédagogues tunisiens afin qu'ils puissent être adaptés rapidement.

Voici en exclusivité, avec quelques semaines d'avance sur l'épreuve tant redoutée par les adolescents, le résultat de cet exemplaire exemple de coopération éducationnelle franco-tunisienne.

Philosophie
Les échecs politiques conduisent-ils aux succès littéraires ?

Mathématiques
Résoudre l'équation suivante :
-2/3 * 30 000 dinars = x pois chiches + y burnous
L'emploi des nombres imaginaires est vivement recommandé.

Physique
À partir du principe d'Archimède, de la relation d'incertitude d'Heisenberg, du théorème d'échantillonnage de Nyquist-Shannon et de la théorie de la relativité générale d'Einstein, démontrez pourquoi un burnous et une paire de binocles plongés dans une tourmente post-révolutionnaire provoquent un affaissement généralisé de la popularité et de la santé mentale.

Économie
Par souci, justement, d'économie(s), cette épreuve est supprimée.
Son coefficient est réparti à parts égales entre philosophie et mathématiques.

Histoire - Géographie
2 sujets au choix :
. Retracez l'histoire de la culture du pois chiche en Tunisie depuis le beys husseinites jusqu'à nos jours.
. Dressez une synthèse comparative historique entre Kheireddine Pacha, Habib Bourguiba et Moncef Marzouki.

Sciences de la Vie et de la Terre
Rédigez une synthèse commentée et argumentée sur les failles, leurs causes et leurs évolutions.

Éducation physique et sportive
Une seule épreuve possible, toujours par souci d'économie(s), le 110 mètres haies, en burnous pour les garçons, en costume Cousteau pour les filles.
La Présidence de la République tunisienne s'est engagée à prêter des scaphandres et des burnous aux différents lycées qui organiseront un roulement.

Arabe
Commentez en arabe ces vers bachiques du regretté Abou Nawas
ألا فاسقني خمراً وقل هي الخمر    ولا تسقني سراً إذا أمكن الجهر
فما العيش إلا سكرة بعد سكرة    فإن طال هذا عندها قصر الدهر
Français
2 sujets au choix
. Commentez,en français, en la plaçant d'abord dans son contexte historique, puis en envisageant son application contemporaine, la phrase du regretté Georges Clemenceau "il voulut être César, il ne fut que Pompée".
. Commentez, en français, ces vers du poème du regretté Arthur Rimbaud "le bateau ivre"
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ...
Anglais
Commentez en anglais cette citation de "Antony and Cleopatra" / "Antoine et Cléopâtre" du regretté William Shakespeare.
Vous relèverez notamment les points de résonance avec l'actualité de la Tunisie de 2011 à 2014.
Come, thou monarch of the vine,
Plumpy Bacchus with pink eye
Marzoukinollandiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
- Cette chronique a été sponsorisée par la pétillante "Dadya Madi" dont l'excellente palette culinaire dépasse de très loin le cadre trop strict du pois chiche.

samedi 3 mai 2014

Tunisie : est-ce sensé de recenser ?

Ces derniers temps, villes et villages de Tunisie sont sillonnés par des voitures de location arborant fièrement sur leur carrosserie le millésime de l'année en cours. Les distraits peuvent ainsi se rappeler plusieurs fois par jour que nous sommes en 2014.

En y regardant de plus près, il s'agit des véhicules mobilisés pour les personnes effectuant pour le compte de Statistiques de Tunisie le recensement national.

Alors que la machine économique et sociale tunisienne peine à tourner à plein régime et sans hoquets, que l'état souffre d'un déficit abyssal et que la balance des paiements tangue, l'administration du pays du jasmin semble espérer que cette massive opération de comptage provoque un choc de croissance.

Inventorier les chômeurs serait-il un substitut à la création d'emplois ? Dénombrer les logements un succédané de construction ? Décompter les enfants une nouvelle méthode de contrôle des naissances ?

Tout cela n'est pas sans rappeler l'évanescente inversion de la courbe du chômage chère à François Hollande.
Les statistiques sont une manière efficace d'appréhender la réalité, ce blog s'en fait souvent l'écho.
Toutefois, remplacer l'initiative concrète par le fétichisme des chiffres ressemble fort à un symptôme d'action publique déficiente.

Heureux loueurs de voiture tunisiens !

Eco-tunisiquement votre

lundi 7 avril 2014

La politique française à marée basse

C'est à marée basse qu'on découvre ceux qui nagent sans maillot.
Warren Buffet
Les récentes élections municipales françaises sont un formidable désaveu de la classe politique dans son ensemble, avant d'être une défaite pour la majorité de gauche ou une victoire de la droite et de l'extrême-droite .

Pour en juger, j'ai recalculé les résultats, non pas en fonction des suffrages exprimés, mais d'après le nombre d'inscrits. J'ai aussi regroupé tous ceux qui se sont mis hors vote, soit en s'abstenant, soit en votant blanc ou nul.

Nationalement, au premier tour, 2 électeurs sur 5 ont déserté le scrutin.
La droite et le centre, qui se sont autoproclamés premier parti de France, n'ont rallié qu'un citoyen sur 3.
Les tenants de François Hollande n'ont pas dépassé 1 sur 6.
Les extrêmes et inclassables de tous poils n'ont attiré qu'une personne sur 10.

Résultats du 1er tour des élections municipales françaises de 2014

Dans presque chaque commune, les scores sont similaires et aux antipodes des titres de la presse.

Ainsi, en Isère, à Meylan où je réside, l'amère maire sortante a été réélue par un tout petit tiers des électeurs, presque autant que la liste de gauche.
Les hors vote ont représenté plus d'un inscrit sur 3.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Meylan (Isère)

À Grenoble, à écouter gazettes et gagnants, un raz de marée daltonien - vert et rouge - redessinerait les contours d'une nouvelle gauche.
Ce n'est pourtant qu'une vague vaguelette !
Seul un petit quart des grenoblois a soutenu la liste menée par Eric Piolle, alors que plus de 4 électeurs sur 10 ont boudé les urnes.
L'équipe sortante, totalement déconfite, n'a convaincu qu'un citoyen sur 6.
Quant aux candidats de droite, ils ont obtenu un résultat inversement proportionnel à leur performance judiciaire.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Grenoble (Isère)

À Béziers, le triomphe de l'extrême-droite n'est qu'une petite victoire aux points.
Robert Ménard, le reporter du front d'hier, n'a attiré que 2 biterrois sur 7.
Même dans cette ville où l'enjeu symbolique était élevé et où quatre listes se disputaient le second tour, un tiers des habitants a refusé le vote.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Béziers (Hérault)

Abstentionniquement votre

Références et compléments
- Les graphiques et pourcentages ont été déterminés à partir des chiffres officiels du ministère de l'intérieur français.

mercredi 29 janvier 2014

Combien de salaires, d'impôts et d'importations dans 100 € d'achats ?

Les récentes déclarations de François Hollande ont ranimé le débat jamais éteint entre partisans de la politique de l'offre et de celle de la demande.

Les tenants de la première clament sur l'air des lampions que la baisse des coûts est le meilleur moyen de tonifier une croissance anémique.
Les supporters de la seconde chantent en chœur que seules des hausses de salaire et de prestations sociales peuvent faire tourner la machine à plein régime.

La polémique entre ces deux camps est aussi vieille que la théorie économique et ressemble souvent aux querelles théologiques de l'antique Byzance sur le sexe des anges ou le nombril d'Adam et Ève.

D'ailleurs, à l'issue de la conférence de presse présidentielle, les adeptes de l'offre ont accueilli le changement de pied du leader social-libertin avec le mélange d'enthousiasme et de scepticisme réservé aux nouveaux convertis.
Dans le même temps, les disciples de la demande commençaient à instruire un procès en hérésie, voire en apostasie.

Ne prisant guère les chapelles et les sectes, cette chronique est consacrée à résumer quelques ordres de grandeur afin que chacun puisse se forger sa propre opinion.
Pour ce faire, nous allons prendre, tour à tour, la position des responsables d'entreprises puis celle des consommateurs.

Point de vue d'un chef d'entreprise
En France, une PME moyenne emploie sensiblement 30 personnes et le total de ses ventes annuelles avoisine 6 millions d'euros hors taxes.
Les entreprises plus conséquentes étant généralement très décentralisées, chaque secteur autonome peut être assimilé à une petite société.

Les achats effectués par notre PME type - 4 millions d'euros par an - représentent les deux tiers de son chiffre d'affaire
Vient ensuite la rémunération nette des salariés, un gros sixième de ses ventes, 900 000 €.
Les cotisations sociales, celles des employeurs additionnées à celles des employés, s'élèvent à 600 000 €, un dixième du chiffre d'affaire.
Enfin, la fameuse "marge brute" n'atteint que 500 000 €, 8% des ventes. Cet "excédent d'exploitation" finance à parts sensiblement égales les investissements, la rémunération des actionnaires et l'impôt sur les sociétés.

Répartition du chiffre d'affaire annuel d'une PME française type
Une entreprise qui veut abaisser ses prix pour séduire ou conserver ses clients face à la concurrence, a d'abord intérêt à améliorer ses achats.
Pour vendre 5% moins cher, elle peut, en théorie :
- soit trouver des fournisseurs en moyenne 7.5% meilleur marché,
- soit baisser ses salaires de 30%,
- soit stopper ses investissements et, dans le même temps, cesser de verser des dividendes à ses actionnaires.

Cette équation explique en grande partie, l'ampleur des délocalisations et des fermetures en cascade de nombreuses usines.
Chaque société se tourne vers des fournisseurs moins chers, souvent dans des pays à bas salaires, et, par voie de conséquence, assèche le carnet de commande de ses partenaires traditionnels.
Actuellement, environ un quart de ce qui est consommé en France est importé.

Point de vue d'un consommateur
Les produits plus ou moins périssables et les services plus ou moins utiles que nous achetons proviennent de la production des entreprises décrite ci-dessus à laquelle il faut adjoindre les taxes sur la consommation, essentiellement la TVA et la fiscalité des carburants.

Reprendre les comptes de notre PME type et décomposer ses achats en importations, salaires et prélèvements sociaux ou fiscaux permet de déterminer où va notre argent à chaque fois que nous sortons 100 € de notre poche pour payer des achats.
Ce sont évidemment des chiffres moyennés qui regroupent la totalité de notre consommation : nourritures, logements, coiffures, informatiques, meubles, services bancaires, loisirs, voitures, vêtements, énergies, livres, maquillages, vacances, téléphonies, boissons alcoolisées ou non, assurances, scooters, casques, presse people, que sais-je encore sans oublier le raton-laveur de Jacques Prévert.

Le ruban bleu est aisément remporté par la fiscalité. Cotisations sociales, impôts sur les sociétés et taxes payés en France atteignent 40 €.
Suivent les salaires et les importations qui s'élèvent chacun à un quart de nos achats, 25 €.
Bon derniers, les investissements, c'est à dire la préparation du futur, et la rémunération des actionnaires ferment la marche avec 5 €.

Répartition moyenne de 100 € d'achats de consommation en finale en France
Ces ordres de grandeur facilitent l'évaluation rapide des propositions et contre-propositions des politiques de tout poil.
Bizarrement, ceux-ci oublient trop souvent l'usage de la règle de 3 et de la preuve par 9 que l'École de la République s'est pourtant échinée à nous enseigner grâce aux impôts de nos parents ...

Économiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique "Le pacte de responsabilité de François Hollande peut-il réussir ?".
- Les chiffres proviennent des statistiques officielles de l'INSEE et ont été arrondis par mes soins pour plus de lisibilité.
  

vendredi 17 janvier 2014

François Hollande unique sujet du baccalauréat 2014

Les paparazzi employés par Humeurs Mondialisées ont réussi, au risque d'un contrôle fiscal et après de longues heures de planques et de mauvais sandwiches, à se procurer les sujets du baccalauréat 2014.

Ceux-ci viennent, en effet, d'être totalement réécrits suite à la dernière conférence de presse de François Hollande.

À peine sorti de la salle des fêtes de l'Élysée, Vincent Peillon, soucieux de mettre en application immédiate le pacte du président social-libertin, a illico enclenché une vague d'économie de dépenses publiques au ministère de l'éducation nationale française.

« Pourquoi - s'est-il exclamé devant son cabinet et ses chefs de service - payer grassement des jurys pléthoriques de professeurs agrégés pour mettre au point les futurs sujets du bac quand l'actualité fournit gratuitement de quoi interroger les élèves ?
La pensée illuminatrice et les directives éclairées de François Hollande doivent inspirer la moindre de nos actions, y compris l'organisation des examens ! »

Recteurs et inspecteurs d'académie se sont aussitôt attelés à l'élaboration de sujets hollandais et low cost pour le prochain baccalauréat.
Voici donc, en exclusivité, les questions sur lesquelles nos chères têtes blondes auront à plancher en juin prochain.

Philosophie
Les échecs économiques conduisent-ils aux succès amoureux ?

Mathématiques
Résoudre l'équation suivante :
-35 G€ de charges ± 20 G€ =
600 M€ de lutte contre la fraude sociale -1 Mchômeurs ± 1 Mchômeurs
L'emploi des nombres imaginaires est vivement recommandé.

Physique
À partir du principe d'Archimède, de la relation d'incertitude d'Heisenberg, du théorème d'échantillonnage de Nyquist-Shannon et de la théorie de la relativité générale d'Einstein, démontrez pourquoi un casque plongé dans un océan d'information provoque un déplacement de masses d'air et de volumes de papier sans commune mesure avec le contenu du casque.

Économie
Par souci, justement, d'économie(s), cette épreuve est supprimée.
Son coefficient est réparti à parts égales entre philosophie et mathématiques.

Histoire - Géographie
2 sujets au choix :
. Retracez l'histoire des deux roues motorisés en France du XIXème siècle à 2014.
. Dressez une synthèse comparative historique entre Henri IV, Louis XV, Napoléon Bonaparte, Félix Faure et François Hollande.

Sciences de la Vie et de la Terre
Rédigez une synthèse commentée et argumentée sur les failles, leurs causes et leurs évolutions.

Éducation physique et sportive
Une seule épreuve possible, toujours par souci d'économie(s), le 150 mètres départ arrêté en scooter.
La Présidence de la République s'est engagée à prêter son parc de deux roues aux différents lycées qui organiseront un roulement.

Français
2 sujets au choix
. Commentez, en la plaçant d'abord dans son contexte historique, puis en envisageant son application contemporaine, la phrase de Georges Clemenceau "il voulut être César, il ne fut que Pompée".
. Commentez ce poème de Paul Verlaine "Si tu le veux bien, divine ignorante". Vous relèverez notamment les points de résonance avec l'actualité de la France de 2014.
Si tu le veux bien, divine ignorante,
Je ferai celui qui ne sait plus rien
Que te caresser d'une main errante,
En le geste expert du pire vaurien,

Si tu le veux bien, divine ignorante.

Soyons scandaleux sans plus nous gêner
Qu'un cerf et sa biche ès bois authentiques.
La honte, envoyons-la se promener.
Même exagérons et, sinon cyniques,

Soyons scandaleux sans plus nous gêner.

Surtout ne parlons pas littérature.
Au diable lecteurs, auteurs, éditeurs
Surtout ! Livrons-nous à notre nature
Dans l'oubli charmant de toutes pudeurs,

Et, ô ! ne parlons pas littérature.

Jouir et dormir ce sera, veux-tu ?
Notre fonction première et dernière,
Notre seule et notre double vertu,
Conscience unique, unique lumière,

Jouir et dormir, m'amante, veux-tu ?
Anglais
Commentez en anglais ce passage de "the Taming of the Shrew" / "la Mégère Apprivoisée" de William Shakespeare. Vous relèverez notamment les points de résonance avec l'actualité de la France de 2014.
GREMIO
To cart her rather: she's too rough for me.
There, There, Hortensio, will you any wife?


KATHARINA
I pray you, sir, is it your will
To make a stale of me amongst these mates?


HORTENSIO
Mates, maid! how mean you that? no mates for you,
Unless you were of gentler, milder mould.


KATHARINA
I'faith, sir, you shall never need to fear:
I wis it is not half way to her heart;
But if it were, doubt not her care should be
To comb your noddle with a three-legg'd stool
And paint your face and use you like a fool.

Humeurs Mondialisées, désormais ouvert au sponsoring, rappelle aux lycéens que le magasine Closer est idéal pour les révisions du bac !

Ségolèno-valériano-juliettiquement-françoisiquement votre

Références et compléments
- Cette chronique fait désormais l'objet d'un remake tunisien "En Tunisie Moncef Marzouki unique sujet du bac 2014".

- Voir aussi les chroniques "Quand François exposait sa vie privée en entretien d'embauche" et "le pacte de responsabilité de François Hollande peut-il réussir ?".

- Felix Faure est, à ce jour, le seul président de la république française à être décédé au palais de l'Élysée, qui plus est, dans les bras de la sulfureuse Marguerite Steinheil, sa maîtresse attitrée.
La citation de Clemenceau à propos de César et Pompée fut le lapidaire éloge funèbre que rendit le Tigre à ce politicien volage et cardiaque.

- Si, comme votre serviteur, vous comprenez mieux l'anglais de Bob Marley ou de Yasser Arafat que la langue du XVIème siècle de William Shakespeare avec ses tournures surannées et son orthographe phonétique, la traduction française de l'extrait de la Mégère Apprivoisée a été mise en ligne par le projet Gutenberg.

- Je tiens à présenter mes excuses aux lecteurs qui, comme moi, sont lassés des frasques concubiniques de François Hollande. Un certain Jean de Bayonne, mécontent de mon précédent opus, m'a contraint et forcé à en rédiger un second sur ce thème éculé (si j'ose m'exprimer ainsi).
  

mercredi 15 janvier 2014

Quand François exposait sa vie privée en entretien d'embauche

Les (més)aventures de François Hollande, président social-libertin, avec ses concubines successives, voire simultanées, m'ont remémoré une anecdote survenue dans ma vie professionnelle il y a une petite vingtaine d'années, au siècle dernier, avant la survenue des téléphones portables et d'internet. 

Travaillant dans une grande entreprise, j'étais alors responsable hiérarchique d'une équipe de 15 personnes.
L'activité étant en augmentation, le recrutement d'un ingénieur supplémentaire fut décidé.
Après analyse de multiples CV, je rencontrais, ainsi que le RH de mon secteur, trois candidats.

L'un d'entre eux, appelons-le François, crevait littéralement l'écran.
Il possédait exactement les compétences et l'expérience que nous recherchions, semblait dynamique et parlait avec passion et talent du poste qu'il occupait dans une petite société située à plus de 500 km.

Au cours de notre échange, je posais à François deux questions traditionnelles en entretien d'embauche.
Pourquoi recherchait-il un nouvel emploi ?
Le changement de domicile n'allait-il pas lui poser de problèmes familiaux ? (Son CV mentionnait marié, 2 enfants).

Très à l'aise, François expliqua souhaiter évoluer tant du point de vue des responsabilités que du salaire, ce que la PME où il travaillait ne lui permettait plus.
De surcroît, il venait d'hériter d'une grande maison familiale à proximité et désirait s'y installer durablement.
Spontanément, il ajoutait même que sa femme infirmière ne devrait pas avoir de difficulté à retrouver un travail et que ses fils étaient suffisamment jeunes pour supporter un déménagement.

À l'issue des entretiens, mon collègue RH, mon patron de l'époque et votre serviteur, prirent, sans état d'âme, la décision d'envoyer une proposition d'embauche écrite à François.
Celui-ci nous téléphona deux jours plus tard et demanda 1 à 2 semaines de réflexion car il hésitait entre nous et une autre entreprise mieux située géographiquement par rapport à son nouveau domicile.
Le délai lui fut accordé, en lui laissant même sous-entendre qu'un petit coup de pouce sur sa rémunération n'était pas complètement impossible.
François promit de nous contacter avant 15 jours pour nous faire part de sa décision, quelle soit positive ou négative.

Au bout de 3 semaines, n'ayant reçu aucune nouvelle de François, nous appelâmes le numéro de téléphone indiqué dans son CV.
Une voie féminine décrocha et se présenta comme Valérie, l'épouse de François.
Elle réagit à l'explication de notre appel par un grand silence suivi de sanglots !
Nous venions de lui apprendre les démarches, qu'elle ignorait, de son mari pour décrocher un nouveau job à 6 heures d'autoroute du domicile familial.
Manifestement, comme aurait dit Brassens, François couvrait copieusement Valérie de safran.

À peine avions nous raccroché que les interrogations se firent jour.
Qu'allions nous faire si François répondait positivement à notre proposition ? Allions-nous maintenir notre offre ou pas ?
François nous avait volontairement donné de nombreux détails personnels et familiaux que nous n'avions pas sollicité. Était-ce pour crédibiliser sa candidature ou bien fallait-il rechercher une explication plus freudienne ou même lacanienne ?
Devions-nous tenir compte des mensonges ou dissimulations de François concernant se vie privée pour une embauche à caractère strictement professionnel ?

Fort heureusement pour nos consciences, nous n'eûmes plus jamais de nouvelles de François.
D'ailleurs, si au détour d'internet, ce dernier se reconnait et souhaite effectuer un rectificatif, il peut contacter le magazine culturel Closer qui transmettra.

Concubiniquement votre

Références et compléments
- Les faits ci-dessus sont strictement authentiques. J'ai juste amendé quelques détails et, bien évidemment, utilisé des prénoms d'opérette afin que les protagonistes ne puissent être retrouvés.
- Ma gratitude à Jean et Laurence qui m'ont, par leur amicale pression, conduit à rédiger une chronique sur un thème qui ne m'inspirait guère.

dimanche 12 janvier 2014

Le pacte de responsabilité de François Hollande peut-il réussir ?

Blood, toil, tears and sweat
Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur
Winston Churchill - 13 mai 1940
Le soir de la Saint Sylvestre, François Hollande a profité que les français, occupés par la préparation de leur réveillon, ne l'écoutaient pas pour annoncer, subrepticement, un "pacte de responsabilité" avec les entreprises : une baisse de charges en échange d'un surcroît d'embauches.

Cette proposition a-t-elle une chance d'abaisser le chômage ?
Quels sont les montants pour une réforme efficace ?
L'annonce du MEDEF de 100 milliards d'allègements contre 1 million d'emplois est-elle crédible ?
Essayons de répondre à ces questions en raisonnant sur les ordres de grandeur.


Combien de français au chômage et en emploi ?

Une petite moitié de la population, sensiblement 30 millions de personnes, est en âge de travailler et le souhaite.
Malheureusement, 1 français dit "actif" sur 10, soit un total avoisinant 3 millions, ne réussit pas à décrocher un emploi et est frappé par le chômage.
Les personnes au travail se répartissent en :
. 16 millions de salariés - légèrement plus d'un actif sur 2 - sont employés par des entreprises privées,
. 6 millions - 1 actif sur 5 - sont agents de l'état et des collectivités publiques,
. 4 millions de personnes - un peu moins d'un actif sur 7 - exercent une profession libérale ou un travail individuel,
. un petit million de français - 1 actif sur 30 - est embauché par des associations.

Emploi et chômage en France

Quels sont les secteurs susceptibles de créer des emplois ?

Le secteur public, impécunieux et endetté, n'est plus en capacité d'augmenter ses effectifs. Une diminution est même probable, voire souhaitable.

Les activités libérales sont peu sensibles au coût du travail et modérément propices au développement. Elles recèlent donc peu de gisements d'emplois.

Seules les activités marchandes, entreprises et une partie des associations, sont en mesure de générer des embauches.


Quelle devrait être l'ampleur d'une baisse du chômage qui changerait la donne ?

La France étant engluée dans le chômage de masse depuis le premier choc pétrolier de 1973, une baisse conséquente des demandeurs d'emplois est indispensable pour redonner moral et confiance à la majorité d'entre nous et mettre notre machine économique en marche avant toute.
Quelques pourcents d'inscrits de moins à Pole Emploi ne seraient guère perceptibles et passeraient pour des élucubrations statistiques ou politiciennes.

À l'inverse, un gouvernement qui réussirait à diminuer d'au moins un tiers le nombre de chômeurs verrait, à l'instar d'Angela Merkel, son avenir électoral assuré.
Un million d'emplois en une période de 2 ou 3 ans parait être un minimum pour créer un déclic.
Obtenir ce résultat suppose donc que les entreprises accroissent leurs effectifs d'un seizième, 6%


Quelle est la part des cotisations sociales dans les coûts des entreprises ?

Pour répondre à cette question, nous allons nous focaliser sur les petites et moyennes entreprises, les fameuses PME à moins de 250 personnes.
En effet, même si ces sociétés ne représentent qu'un tiers de l'emploi salarié, leur fonctionnement n'est pas si différent de celui des plus grosses entreprises.
Ces dernières sont presque toutes organisées en établissement ou "centres de profit" dont la taille est limitée et dont les responsables bénéficient d'une forte autonomie de décision. Les embauches, in fine, se décident plus sur "le terrain" "qu'en haut".

Une PME moyenne emploie sensiblement 30 personnes et le total de ses ventes annuelles avoisine 6 millions d'euros.

Ce chiffre d'affaire se répartit en 4 grandes masses.
La plus importante - deux tiers des ventes, 4 millions d'euros par an - sont les achats effectués par l'entreprise.
Vient ensuite la rémunération nette des salariés, un gros sixième du chiffre d'affaire, 900 000 €.
Les cotisations sociales, celles des employeurs additionnées à celles des employés, s'élèvent à 600 000 €, un dixième des ventes.
Enfin, la marge, dite brute, ferme la marche avec 500 000 €, 8% du chiffre d'affaire. Cet "excédent d'exploitation" finance à la fois les investissements, l'impôt sur les sociétés et la rémunération des actionnaires.

Décomposition simplifiée du chiffre d'affaire d'une PME moyenne française

Comment provoquer un changement de comportement des entreprises ?

En économie, l'homéopathie fonctionne rarement.
Les évolutions de prix ou de coûts doivent être substantielles pour modifier les comportements, que ce soit de la part des individus ou des entreprises. Qui se rendrait à des soldes affichant un rabais de 2% ?

Afin de nous mettre les idées au clair, je vous vous propose d'évaluer les conséquences d'une baisse psychologique de l'ensemble des coûts des entreprise de l'ordre de 10%.
Une telle valeur commencerait à être suffisamment importante pour amener les différents "acteurs" à réviser leurs schémas de pensée.
Une diminution notablement plus faible serait noyée dans la gestion courante et n'aurait que peu d'effets.

En moyenne et à la grosse, cette hypothétique baisse de 10% des coûts totaux produirait, à mon avis, 3 effets.
Tout d'abord, environ une moitié, soit 5%, serait consacrée à une baisse des prix de vente afin d'augmenter les volumes vendus. Moins diminuer les prix ne stimulerait guère l'activité.
Ensuite, un quart, c'est à dire 2.5%, irait à l'amélioration des marges, pour investir plus et mieux rémunérer les actionnaires.
Enfin, le dernier quart, toujours 2.5%, serait destiné aux salariés, soit sous forme d'augmentation de salaire, soit sous forme d'embauches pour préparer l'avenir.

Avec de telles hypothèses, les entreprises embaucheraient pour des montants de masse salariale compris entre 0.5% (version raisonnablement pessimiste) et 3% (version très optimiste) de leurs coûts totaux, c'est à dire entre 3% et 20% de leurs effectifs, autrement dit entre 500 000 et 3 millions de nouveaux emplois.
Un tel changement aurait enfin des effets perceptibles sur le chômage.


De combien faudrait-il abaisser les cotisations sociales pour provoquer cette vague notable d'embauches ?

Si nous reprenons notre PME type, ses coûts annuels sont de 5.5 millions d'euros.
Une baisse de de 10% suppose d'être capable de générer 550 000 € d'économies.

En conservant nos hypothèses, les achats de cette entreprise seraient diminués de 5% car, en moyenne, ses fournisseurs baisseraient aussi leurs prix. 200 000 € seraient ainsi sauvegardés.

À moins d'envisager un recul des salaires nets, les 350 000 € restants ne peuvent venir que d'une baisse des cotisations sociales employeurs et employés qui s'élèvent actuellement à 600 000 €.

Cela signifie que plus de la moitié des cotisations sociales devraient être financées différemment !
Au niveau national, une fois agrégées toutes les entreprises, on obtient une somme de l'ordre de 200 à 250 milliards (et pas millions) d'euros, plus du double des 100 milliards clamés et réclamés par l'impayable MEDEF.


Est-il possible de diviser par 2 les cotisations sociales ?

Si les montants économisés sur les cotisations sociales sont transférés en masse sur les impôts, les effets sur l'emploi seront faibles car les baisses de prix seront gommées par une baisse du revenu disponible.
Cet effet nocif peut être atténué en taxant plus les importations que la production nationale. C'est la justification des hausses de TVA, naguère baptisées sociales et désormais compétitivité.
Les importations représentant un quart l'ensemble de nos achats, les taxes sur la consommation pourraient être élevées d'une cinquantaine de milliards. C'est à dire une TVA à 24% au lieu de 20% ainsi que 10 à 20 centimes additionnels de taxe sur les carburants.
De telles décisions seraient très impopulaires mais sont probablement inévitables.

La baisse du chômage attendue serait aussi une source d'économie.
L'indemnisation des demandeurs d'emplois coûte annuellement de l'ordre de 100 milliards. Une baisse d'un tiers économiserait 30 milliards.

Pour que ce gigantesque big bang économique soit vraiment efficace, les 120 milliards restant à trouver doivent impérativement provenir d'une réduction des coûts des l'état, des collectivités locales et de la sécurité sociale, soit 12% de leurs dépenses actuelles, 1 € sur 8.
Cela représente des efforts conséquents mais pas insurmontables. Beaucoup d'entreprises mais aussi de familles réussissent à franchir, certes dans l'effort et la douleur, des caps encore plus difficiles.
Cela suppose un leadership churchillien, un cap très net avec des priorités claires et peu nombreuses, une communication soignée et transparente, un appel à l'intelligence et à la responsabilité de tous ainsi que beaucoup de patience et de courage.


Peut-on envisager des mesures d'accompagnement qui allégeraient la facture ?

Comme expliqué plus haut, les seuls vrais gisements d'emplois sont dans les entreprises.
Simplifier leur vie et diminuer les contraintes qui pèsent sur elles aurait le double effet d'améliorer leur fonctionnement et de diminuer les coûts étatiques.
De même, une simplification du droit du travail, qui ne protège les salariés qu'en apparence, serait nécessaire. Trop de droit tue le droit !

Le financement des entreprises est aussi un verrou très important. Moins l'état aura besoin de s'endetter, plus nombreux et bon marché seront les capitaux disponibles pour le secteur marchand.

Une représentation réellement démocratique des employeurs et des salariés est hautement souhaitable afin que les bureaucraties ultra-conservatrices patronales et syndicales ne puisse plus verrouiller l'innovation sociale.
Il y a beaucoup plus d'intelligence chez les dirigeants d'entreprises et leur personnel que chez leurs représentants autoproclamés.
Les pseudos "partenaires sociaux" ne devraient pas non plus gérer la protection sociale et la formation professionnelle. Ces domaines sont essentiels pour la cohésion nationale et ne peuvent rester la chasse gardée d'organisations ne rendant aucun compte. Il est notamment urgent de permettre chacun d'entre nous de rester ou de redevenir employable.

Beaucoup d'explications et de pédagogie politiques sont indispensables. Notamment, parce que dans la phase transitoire les salaires, hélas, devront rester contenus afin que le chômage baisse vraiment.
Les "insiders", surtout ceux des classes moyennes et supérieures dont je fait partie, devront faire preuve de civisme social afin que les "outsiders" puissent trouver la place qui leur est trop souvent refusée.

Enfin, quelques mesures fiscales incitant, voire forçant, la remise dans le circuit économique de l'épargne de très longue durée pourraient apporter un petit coup de fouet bienvenu.
Par exemple, une exemption fiscale des donations faibles et fréquentes adossée à une augmentation significative des droits de succession. Encore un changement peu populaire ...


En conclusion, soyons attentifs au chiffrage des annonces politiques !

Les détails du "pacte de responsabilité" que François Hollande devrait dévoiler dans les jours à venir permettront de déterminer si le locataire de l'Élysée ressemble plus à Winston Churchill qu'à Jacques Chirac.

Les propositions présidentielles ne seront véritablement un programme de sortie de crise que si les allègements de charges dépassent 150 milliards d'euros et les économies de dépenses publiques 100 milliards.

À défaut, une de fois de plus, nos élus nous aurons abreuvés de mesurettes.

Pactico-churchilliquement votre

Post Scriptum du 14 janvier 2014 à 19 heures
Voici les principales annonces étayées de François Hollande lors de sa conférence de presse :
- 35 milliards de baisse de charges pour les entreprises étalées sur 3 ans, à comparer aux 200 évoqués ci-dessus.
- 0.6 milliards d'économies en pourchassant les fraudes à la sécurité sociale, il faudrait en réaliser 200 fois plus.
- Quelques menues augmentations de dépenses publiques non chiffrées : emplois aidés, rémunération des enseignants.

Winston Churchill peut dormir en paix, le président français reste inspiré par le mollasson Jacques Chirac.

Références et compléments
- Toutes les données économiques, arrondies pour plus de lisibilité, proviennent de l'INSEE.
- Ma gratitude à Arezki pour m'avoir activement incité à lire les mémoires de Winston Churchill.
 

samedi 21 décembre 2013

Le choc de simplification était une carabistouille hollandaise

Le 28 mars dernier, François Hollande proclamait télévisuellement un "choc de simplification" administrative censé aider la France de sortir du marasme dans lequel elle barbote depuis trop longtemps.
À en croire le locataire de l'Élysée, avant la fin de l'année, tel un Attila moderne, partout où son cheval simplificateur passerait, la complexité ne repousserait pas !

Dès le lendemain, je me précipitais à la mairie de Meylan, dans la banlieue de Grenoble, pour tester les annonces présidentielles par le biais du renouvellement de ma carte nationale d'identité.

Comme les directives hollandaises n'avaient pas eu d'effet immédiat dans le département de l'Isère, j'avais pu écrire une chronique sur l'absurdité de l'établissement de papiers désormais en plastique. Je relevais, notamment, que 5 millions d'actes administratifs inutiles pourraient être évités annuellement.

Bien entendu, mon esprit civique m'avait aussitôt conduit à avertir Marie-Christine Tardy, maire de Meylan, Olivier Véran, député de l'Isère et François Hollande de ma publication et des trouvailles qu'elle contenait.

N'ayant reçu aucun retour de la part de ces trois éminentes personnalités et 2013 approchant de son terme, j'ai entrepris de vérifier si les instructions de notre premier magistrat avait fini par s'appliquer dans le Dauphiné.
Que les fidèles lecteurs de ce blog se rassurent, il n'en est rien !

Une visite du site Service-Public.fr et un coup de téléphone à la mairie de Meylan suffisent pour s'assurer qu'aucune évolution n'a eu lieu depuis le printemps et que les regrettés Franz Kafka & Alfred Jarry continuent à inspirer l'administration française.

Le changement c'est quand ?
Et la fin des carabistouilles ?

Simplement votre

Addendum du 22 décembre 2013
Le gouvernement français, probablement surmotivé par cette présente chronique et désireux de me mettre en défaut, vient juste de décider de passer, à partir de la prochaine Saint Sylvestre, la validité des cartes nationales d'identité des personnes majeures de 10 à 15 ans.
C'est enfin un petit pas dans la bonne direction même s'il est tardif et manque d'audace.
À quand la carte d'identité à vie comme en Tunisie ?
À quand la suppression des justificatifs de domicile ?
Osons !

Références et compléments
- Voir aussi la chronique initiale du 29 mars 2013 "j'ai testé le choc de simplification".
- Carabistouille, mot employé généralement au pluriel, est un belgicisme signifiant calembredaine, galéjade.
 

mardi 29 octobre 2013

L'impopularité de François Hollande n'est pas arithmétiquement aussi forte qu'on veut bien le dire

Le 6 mai 2012, 18 000 668 électeurs, pas un de plus, pas un de moins, donnaient leur vote à François Hollande qui devenait par la même occasion le 24ème président de la république française.

Près de 18 mois plus tard, rien ne semble plus aller pour notre magistrat suprême.
À en croire gazettes et politologues, l'impopularité de l'ancien maire de Tulle crèverait tous les plafonds. Mister Flamby aurait même dépassé dans le rejet ses prédécesseurs Mitterrand, Chirac et Sarkozy qui, pourtant, avaient su placer la barre à très haut niveau.

Pourtant les chiffres, comme souvent, méritent d'être examinés avec attention.

Si François Hollande a remporté la dernière élection présidentielle avec 51% des suffrages, il convient de noter que seuls 75% des électeurs inscrits ont alors jugé utile de se déplacer et de déposer un bulletin valide dans l'urne.
Ainsi en mai 2012, seulement 39 français sur 100, et non pas la moitié plus epsilon, avaient une bonne opinion du leader socialiste.
Les 61 restants soit préféraient le challenger, soit n'avaient guère de point de vue.

Cette semaine, l'institut de sondages BVA annonce que 26 français sur 100 ont une "bonne ou très bonne opinion" de l'actuel locataire de l'Élysée.
En supposant que cette valeur soit fiable - ce qui reste à démontrer - la chute est spectaculaire mais pas catastrophique.
Passer de 39 à 26 personnes sur 100 qui vous soutiennent signifie qu'une sur trois a changé défavorablement d'avis en un an et demi. Les deux tiers des soutiens présidentiels restent, pour le moment, fidèles au poste contre vents et marées.

Ce mauvais score est certes très ennuyeux pour remporter des élections, notamment les prochaines municipales du printemps.
Toutefois, il n'a pas pour conséquence que le pouvoir en place soit subitement devenu illégitime ou que sa politique doive être en bloc et sine die mise au rencart.

La démocratie a ses délais que des sondages et, surtout, leur interprétation hâtive ne sauraient bousculer sans prendre le risque d'une dérive populiste voire autoritaire.

Arithmético-républicainement votre.

Références et compléments
- Sur la validité des enquêtes d'opinion, voir la chronique "quand sondage rime avec bidonnage"
- Sondage BVA "Observatoire de la politique nationale" publié le 28 octobre 2013
  

lundi 28 octobre 2013

La France de 1945 ressemblait plus à celle de Louis-Philippe qu'à celle de François Hollande

C'est un euphémisme de dire que, sous les coups de boutoir de la "crise d'une ampleur inégalée", les français sont pour le moins déboussolés.
Afin de tenter de nous redonner sens et espérance, de nombreuses voix nous proposent de revenir aux méthodes ayant réussi dans les années 1930 et 1940.
Certains veulent ressusciter Franklin Delano Roosevelt ou Léon Blum. D'autres encore, à l'instar de l'indigné et regretté Stéphane Hessel, proposent de revivifier les riches heures de la Résistance et de la Libération.
Pourtant la société de 2013 n'a plus rien de commun avec celle de 1945. Au sortir de la seconde guerre mondiale, les façons de vivre des français se rapprochaient plus de celles du règne de Louis-Philippe que des nôtres.
Jugez sur pièces.

Le niveau de vie à fin des années 1940 était 5 fois plus bas qu'aujourd'hui, à mi-chemin entre l'Algérie du sub-claquant Bouteflika et la Tunisie post-révolutionnaire. Il atteignait un peu moins de 5 000 € actuels par an et par français contre 22 500 € désormais.

Par contre, peu de temps après la Libération, le chômage ne touchait qu'un actif sur 50 alors qu'aujourd'hui il culmine à presque 1 français sur 9.
A cette époque, agriculture, industrie et tertiaire assuraient chacun un tiers des emplois. Dorénavant, 3 français sur 4 opèrent dans les services et à peine 1 sur 25 travaille encore la terre.

La population française était en 1945 de 40 millions d'habitants, sensiblement la même valeur qu'en 1900.
Depuis, elle a augmenté régulièrement de 350 000 personnes chaque année, pour atteindre 65 millions. La croissance démographique a été plus forte de la seconde guerre mondiale à aujourd'hui que de 1700 à 1950.
Une des raisons de cette envolée est que la France actuelle est nettement moins pressée de rejoindre le cimetière que celle de la IVème république.
Malgré la fin des hostilités, entre 1945 et 1950, une personne sur 50 passait l'arme à gauche tous les ans contre une sur 115 dorénavant.
Pire, un enfant sur 15 mourrait en bas age. En 2012, ce taux est passé  à moins de 1 nourrisson sur 300.
Notons, toutefois, que la natalité n'a guère changé avec, grosso modo, une moyenne de 2 enfants par femme et une naissance annuelle pour 75 habitants.
Par voie de conséquence, la France des années 1940 était beaucoup plus jeune qu'aujourd'hui. Une personne sur 3 avait moins de 20 printemps et seulement 1 sur 5 plus de 60 balais. Désormais, moins d'un français sur 4 est jeune alors que les tempes d'un tiers de la population sont argentées.

Après le second conflit mondial, le couple marié ad vitam eternam pour le meilleur et pour le pire restait la norme.
Annuellement, 1 français sur 50 se mariait, à peine 1 sur 450 divorçait et seulement 1 enfant sur 20 naissait en dehors des liens sacrés reconnus par monsieur le maire et monsieur le curé. Moins d'un couple sur 60 vivait dans le pêché.
Les mariages ne concernent plus en 2013 qu'une personne sur 250 alors que les divorces touchent un français sur 130. Un ménage sur 5, dans lesquels naissent près de 6 bébés sur 10, n'éprouve plus le besoin de légaliser son union.

Le patriarcat et les respect des soi-disant bonnes mœurs étaient la règle séculaire.
Même si la Résistance s'empressa de donner le droit de vote aux femmes aussitôt le territoire national débarrassé des nazis, de nombreuses évolutions législatives se firent attendre :
- 1965 pour qu'une femme puisse travailler sans l'autorisation de son mari,
- 1967 pour la pilule contraceptive,
- 1970 pour que le père ne soit plus l'unique chef de famille,
- 1975 pour l'avortement, le divorce par consentement mutuel et la suppression du délit pénal d'adultère,
- 1981 pour abroger la surpénalisation de l'homosexualité,
- 1985 pour l'égalité des époux dans la gestion des biens de la famille et des enfants.

Malgré l'offensive laïque conduite par Émile Combes et Jules Ferry au détour du XXème siècle, l'immense majorité de la France était, en 1945, toujours d'obédience catholique. Deux petits tiers de la population se rendaient hebdomadairement à la messe, contre un vingt-cinquième désormais.
En 2013, les français se répartissent sensiblement à part égales entre croyants, non religieux et athées.

Les 26 journaux quotidiens nés à la Libération tiraient 1 exemplaire pour 9 français. Six chaines de radio complétaient ce paysage médiatique. La télévision a fait son apparition en 1949 et s'est généralisée dans les années 1960.
Aujourd'hui, internet et une profusion de chaines radio & TV ont supplanté la presse papier moribonde qui ne compte plus que 8 titres nationaux diffusant 5 fois moins qu'en 1945.

Cause ou conséquence de ces multiples évolutions, la consommation de vins et spiritueux s'est écroulée. Vers 1945, chaque adulte ingurgitait l'équivalent d'un litre d'alcool pur tous les 13 jours.
En 2013, le même français moyen met plus d'un mois à s'envoyer un litron d'éthanol derrière son absence de cravate.

Statistico-optimistiquement votre

Références et compléments
Voir aussi sur des thèmes proches les chroniques :
- Généalogie de la croissance
- Mariage pour tous, pour beaucoup ou pour quelques uns ?
- Les religions, combien de divisions ? Statistiques de la foi
- Hommages de Hollande au sujet du tropisme du regretté Jules Ferry

Les statistiques citées dans cet article proviennent essentiellement de l'INSEE, de l'INED, de Wikipedia et de Google.

samedi 28 septembre 2013

Travail de nuit et du dimanche : camarades législateurs encore un effort !

Ces derniers jours, deux décisions de justice ont montré avec éclat que, dans notre beau pays de France, il reste suffisamment de magistrats intègres et que la délinquance ne saurait menacer durablement l'ordre républicain.

Les deux sinistres malfaiteurs que les tribunaux ont courageusement exposés au banc d'infamie et condamnés à faire amende honorable sont les parfumeries Sephora et l'enseigne de bricolage Castorama. Au mépris de la Législation et des Droits Élémentaires de la Personne Humaine, ces commerces avaient l'outrance de rester ouverts respectivement nuitamment et dominicalement.

Personnellement, je me réjouis que dans une époque où nos valeurs vont à vau-l'eau, un coup d'arrêt ait pu être mis à des dérives délétères.
Les repos nocturnes et dominicaux sont essentiels et doivent être défendus bec et ongles par les pouvoirs publics.

Soutenu par l'impulsion récente donnée par les juges de Paris et de Bobigny, je profite de cette tribune pour lancer un appel pressant à nos parlementaires de tous bords à voter, d'urgence et dans un sursaut d'union nationale, un réarmement de notre arsenal législatif pour que chaque français puisse profiter de ses nuits et dimanches.

Afin d'aider nos députés et sénateurs dans cette noble tâche, voici les principales dispositions que cette nouvelle Loi sur le Repos Dominical et Nocturne devrait contenir.

- Les restaurants devront cesser d'accueillir de nouveaux clients après 18H30 afin que le personnel ait le temps de faire la vaisselle et de ranger la salle avant le couvre-feu de 21H00.
Les individus asociaux, prisant peu les joies simples d'un repas pris dans son foyer au sein de son cercle familial réuni après une journée de labeur, devront désormais se contenter de goûter vers 16H00 et non pas de dîner.
Bien entendu, cette mesure s'appliquera aussi aux cinémas, théâtres, musées, débits de tabac et autres cabarets.
De la même façon, radios et télévisions s'abstiendront de toute émission en direct passé neuf heures du soir.

- Les enseignants des écoles, collèges, lycées et universités devront cesser de donner des devoirs et des programmes de révision forçant élèves et étudiants à bachoter durant les veillées et le week-end.
Cette réorganisation de l'emploi du temps de la jeunesse pourrait aussi doper la croissance en relançant l'industrie du jeu vidéo et du smartphone, voire aussi celle du préservatif.

- Les pyromanes et terroristes ne pourront plus déposer leurs engins de mort après 16H00 de manière à ce que SAMU, pompiers, policiers et médecins légistes puissent, après avoir nettoyé la scène de crime, bénéficier, comme n'importe quel travailleur, de leur soirée.
Par voie de conséquence, les revendications expédiées après 17H00 ne seront plus acceptées et les attentats commis en dehors de l'horaire légal ne seront plus considérés comme valides.

- La prostitution sera légalisée en échange du charte horaire stricte.
Les tapins n'auront le droit d'exercer leur activité ancestrale qu'en matinée du lundi au jeudi afin qu'aucune excitation superflue ne viennent troubler les périodes d'accalmie collective.

- Les églises catholiques, réformées et orthodoxes seront priées d'adapter leurs cultes afin de cesser cette pratique d'un autre âge qui soumet leurs salariés à un pic d'activité professionnelle le dimanche.
Pour ce faire, curés, pasteurs et popes seront incités via une allocation spéciale à se rapprocher des imams musulmans, qui en exerçant leur ministère hebdomadaire le vendredi en début d'après-midi, ont de longue date rendu sacré le repos dominical.
A tout le moins, les chrétiens pourraient s'aligner sur le judaïsme et accomplir leurs dévotions le samedi.
La République se réserve le droit d'employer à l'encontre des églises récalcitrantes les mesures coercitives expérimentées avec bonheur et succès en 1904.

- Enfin, le dernier article de la nouvelle Loi sera consacré aux parlementaires eux-mêmes.
Leurs interminables séances de nocturnes seront désormais illégales.
Afin d'éviter tout risque d’empiétement horaire, l'Assemblée Nationale et le Sénat se réuniront exclusivement le premier mercredi de chaque mois à 13H30 pour approuver à main levée et en moins de 10 minutes l'intégralité des mesures décrétées par le gouvernement depuis la précédente session.
De même, les élections, qui se tiennent systématiquement un dimanche, seront supprimées. Nos députés actuels deviendront titulaires d'un mandat définitif transmissible à leur conjoint ou à leurs enfants en cas de décès.
Il en sera de même pour le président de la république. François Hollande, Combattant Suprême de la Corrèze, rejoindra ainsi le regretté Habib Bourguiba dans le club très fermé des présidents à vie.

J'arrête ici mes propositions car il est hors de question que je publie cette chronique à la nuit tombée ou bien encore un dimanche.

Nocturnement votre

Références et compléments
- Voir aussi le banc d'essai des textes réglementant le travail du dimanche
- Merci à Myriam qui m'a soufflé, hier soir juste avant le couvre-feu, le thème de cette chronique.
  

jeudi 12 septembre 2013

Liberté, Inégalité, Fraternité

A l'occasion du récent dévoilement de la charte de la laïcité à l'école, Vincent Peillon, le sémillant et philosophe ministre français de l'éducation, a souhaité que les Valeurs de la République inspirent nos comportements.
Celles-ci sont brillamment synthétisées par la devise qui orne le fronton de la plupart des mairies : Liberté, Égalité, Fraternité.

Pouvoir sur ce blog me gausser de ministres en exercice ou publier des statistiques religieuses sans craindre d'être tiré matutinalement du lit par l'équivalent tricolore de la Stasi prouve que le rayon Liberté est très correctement achalandé.

La Fraternité est plus difficile à évaluer. Ce sentiment très personnel n'est pas aisé à détecter. De surcroît, sa mise en œuvre pose quelques problèmes. Être fraternel envers son conjoint ou ses enfants ne serait-ce pas pratiquer une sorte d'inceste inversé ?

Par contre, l'Égalité a le bon goût d'être mathématiquement mesurable.
Aussi afin d'éclairer la lanterne de Vincent Peillon et de ses collègues du gouvernement, je me suis attelé à vérifier si les revenus en France respectaient ou non nos sacro-saintes Valeurs Républicaines.

Pour ce faire, j'ai repris la classification établie par Thomas Piketty, économiste de renom dont les travaux ont inspiré François Hollande durant la primaire socialiste mais aucunement guidé son action présidentielle.

Ce spécialiste de l'étude des salaires, de la fiscalité et des patrimoines répartit les français en 4 catégories dans l'ordre croissant des revenus.
Les classes populaires sont constituées de la moitié la plus pauvre des français. Suivent ensuite, les classes moyennes avec les 40% de personnes situées au "milieu". Enfin, les français les plus riches se partagent entre le dernier pourcent qui forme les classes "très" aisées et les classes "simplement" aisées qui occupent les 9% précédents.

Répartition des classes sociales en France en fonction de leurs effectifs
L'écart de revenu entre ces catégories est gigantesque.
Les 5 millions de personnes les plus défavorisées récupèrent moins de 900 € par mois.
Le revenu moyen net,  après impôts et transferts sociaux, d'un adulte des classes populaires est de 1 500 € mensuels.
Les classes moyennes gagnent sensiblement le double et les classes aisées le quadruple.
Les 500 000 personnes très aisées émargent chacune à 30 000 € par mois, 33 fois plus que leurs concitoyens moins bien lotis. En 2 ans, ils gagnent autant qu'un travailleur des classes populaires en une vie professionnelle complète.
Les 5 millions de français les plus riches ont sensiblement le même revenu cumulé que les 25 millions les moins fortunés.

Répartition des classes sociales en France en fonction de leurs revenus nets mensuels moyens
Afin de rendre notre situation encore plus palpable, voici ce que serait la France si ces inégalités, en plus d'être sociales, devenaient aussi géographiques.
Le nord de la Loire, grosso modo les anciens pays de langue d’oïl, regrouperait les catégories populaires avec un revenu moyen de 1 500 € mensuels par personne.
Les classes moyennes, autour de 3 000 € par mois, se mettraient à l'occitan et occuperaient le sud de la Loire.
La bande littorale provençale de Marseille à Nice serait mise à disposition des français aisés disposant de 6 000 € mensuels.
L'agglomération de Grenoble, qu'il faudrait ceindre de fossés et de barbelés, serait transformée en ghetto pour ultra-riches touchant presque 400 000 € chaque année. Cette nouvelle principauté opterait pour le patois dauphinois comme langue officielle aussitôt son indépendance acquise.

Ces chiffres permettent aussi de comprendre pourquoi seules les grosses pièces de 1 et 2 € portent la devise de la république française. La faire figurer sur la menue monnaie pourrait passer pour de la publicité mensongère vis à vis des citoyens plus pauvres.

Inégalement votre

Références et compléments
Les données, que j'ai arrondi pour faciliter leur compréhension, proviennent :
. du livre de 2011 de Thomas Piketty, Camille Landais et Emmanuel Saez "Pour une révolution fiscale - Un impôt sur le revenu pour le XXIème siècle" accessible gratuitement en ligne en suivant ce lien ;
. de l'observatoire des inégalités qui fournit de très nombreuses statistiques sur les disparités de la société française.

samedi 17 août 2013

Les tunisiens seraient-ils des américains ?

L'un des plus saisissants mystères anthropologiques est le désamour que beaucoup de tunisiens nourrissent à l'égard des États-Unis et des américains.
Pourtant la patrie d'Habib Bourguiba est culturellement et sociétalement beaucoup plus proche du pays de Georges Washington que de celui de Charles de Gaulle.
Jugez sur pièces.

Tout d'abord, depuis début 2011, les tunisiens, à l'instar des états-uniens, arborent leur drapeau et chantent leur hymne national à tout bout de champ.
La terre de Brassens n'admet ces démonstrations patriotiques qu'en cas de victoire à la coupe du monde de football, grosso modo une fois par siècle.

Les habitants de l'antique Carthage sont, comme ceux d'outre-Atlantique, des fervents du libéralisme économique.
La preuve, le marchand ambulant Mohamed Bouazizi, icône tragique de la révolution de Tunisie, était un défenseur de la libre initiative économique, injustement entravé dans son envie d'entreprendre par une représentante de l'arbitraire étatique.
Depuis le 14 janvier, des myriades d'entrepeneurs bouaziziens ont envahi les trottoirs tunisiens et même les bas-côtés des autoroutes.
À l'issue des élections d'octobre 2011, le libéralisme viscéral des tunisiens a littéralement pris son envol. Le gouvernement islamico-hétéroclite a réussi brillamment à mettre l'état en panne, alors que la population, par son auto-organisation, empêche coûte que coûte le PIB de décliner.
Nul besoin, comme en France, de faire intervenir les rouages colbertistes d'un ministère des finances ou de l'industrie pour venir à la rescousse de l'économie.

Autre point commun entre l'Oncle Sam et Ibn Khaldoun, les politiciens des deux nations partagent la même absence criante de compétences et la même méconnaissance de l'environnement international.
François Hollande, fort de son bac avec mention et de ses multi-diplômes de HEC et de l'ENA, a bien fait de se présenter aux élections à Tulle, car à Oklahoma City ou à Béja ses chances étaient nulles.

La religion rapproche aussi la Tunisie et les USA.
Dans ces deux pays, la pratique est majoritaire et visible, signe d'une foi profonde et partagée par le plus grand nombre.
À l'inverse, en France, patrie de la laïcité, deux tiers de la population déclare ne pas être croyante et moins d'un français sur vingt participe régulièrement à des rites religieux.
Comment, dans ces conditions, imaginer voir à Paris, contrairement à Tunis et San Francisco, les pare-brises des taxis arborer la mention "Dieu est grand" ou les billets de banque rappeler "qu'en Dieu nous croyons" ?

Trois éléments anecdotiques révèlent, encore plus, la profonde communion intellectuelle reliant les habitants du Cap Bon ou du Sahel à ceux du Texas ou de Californie.

La boisson préférée du pays du jasmin est le gazouze, c'est à dire le soda en canette à teneur minimale en sucre garantie dont raffolent les américains. Les meilleures ventes sont réalisées par les marques originaires d'Atlanta Coca-Cola et Fanta.

Depuis une sacrée lurette, l'automobiliste tunisien a abandonné l'ancestrale Peugeot 404 bâchée, dernier relent de la présence coloniale française, au profit de pickup trucks, emblèmes des red necks. Chaque année, la taille de ces gouffres à essence et de leurs pneus s'accroît. Les plus récents ne seraient pas ridicules dans les rues de Nashville ou de Baton Rouge.

Enfin, malgré les nombreux italiens présents durant le protectorat et la proximité de la Sicile, la Tunisie, au rayon café, a préféré délaisser le succulent expresso au profit d'un breuvage noirâtre et insipide que ne désavouerait pas un new-yorkais.

Pour conclure, je tiens à rassurer le lecteur que cette chronique aurait angoissé.
La Tunisie n'est pas encore complètement devenue le cinquante-deuxième état fédéré américain.
Pour résorber votre angoisse, il vous suffit de traverser Kelibia à pied, en voiture, ou mieux en mobylette. Vous constaterez alors deux ou trois menues différences de comportement routier par rapport à Memphis, Tennessee.

Tuniso-americainement votre

Références et compléments
- Au delà de la caricature ci-dessus, il existe, depuis le dix-neuvième siècle, d'authentiques libéraux en Tunisie, cherchant à réaliser une synthèse entre pensées arabo-musulmanes et occidentales, sur les plans politiques et économiques.
Pour aller plus loin et découvrir un courant original, peu connu et revigorant en cette période grisâtre que traverse la Tunisie, je recommande la visite du site de l'Institut Kheireddine et du compte Twitter d'Habib M. Sayah @Habsolutelyfree, son principal animateur.