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mercredi 21 septembre 2016

Le métro de Barcelone concerné par le daltonisme

La signalétique du métro de Barcelone inamicale aux daltoniens a été le thème d'une récente chronique.
Soucieux d'aider la capitale de la Catalogne, j'avais poussé le zèle jusqu'à envoyer ma prose à TMB, la régie de transports en commun de la ville de Gaudí.
Trois semaines et demi après, je recevais, coup sur coup, deux mails de réponse...

Daltoniens linguistiques

Le site web de TMB est trilingue, catalan, espagnol et anglais.
Ma maîtrise des langues de Lluis Llach et de Cervantes laissant à désirer, j'avais transmis mon irritation chromatique dans l'idiome de Shakespeare.

TMB - très à l'écoute de ses clients - m'a fait un premier retour en espagnol et un second en catalan.

J'ai du faire appel à mes restes de latin (un peu) et à Google Translate (beaucoup) pour comprendre les messages du métro barcelonais.

Transfert chez les concernés

Le premier mail émane d'un service d'attention aux citoyens.



Ce qui veut dire en substance d'après l'impayable Google :
Nous répondons à la communication concernant la conception des cartes d'information et de signalisation service de métro.
Dans ce numéro, nous vous informons que vous que nous avons déplacé sa lettre du département concerné de prendre connaissance de leurs commentaires.
Nous avons remercié les considérations sans aucun doute nous aider à améliorer le service que nous offrons aux citoyens.
Désolé pour la gêne occasionnée.
Bien cordialement.
Je déduis donc entre les lignes que TMB est probablement la seule compagnie de transports publics au monde à avoir mis sur pied un département concerné par le daltonisme.

Répondre à la réponse

Le mail suivant est aussi rédigé par le service d'attention aux citoyens.



Soit en Googlangue :
Récemment, vous avez reçu une réponse à la communication que vous soumettez à Transports Metropolitans de Barcelona (TMB).
Afin d'améliorer le service, nous demandons votre aide pour répondre à un court sondage.
Cliquez ici pour accéder au sondage.
Nous vous remercions de votre coopération.
TMB est donc aussi le seul exploitant de métro à posséder un service concerné par les personnes dont l'avis a été transmis à un département concerné.

Pierre Dac sors de ce métro !

Pour conclure, je souhaite exprimer ma profonde gratitude à TMB.
Ses courriers auront eu le mérite de me remettre en mémoire une citation du regretté Pierre Dac :
Un concerné n'est pas forcément un imbécile en état de siège.

Daltoniquement votre

Références et compléments
Voir aussi la chronique à l'origine des messages de TMB "À Barcelone, les héritiers de Gaudí ne se soucient guère des daltoniens" ainsi que l'ensemble de mes billets sur le daltonisme.

Voir aussi deux chroniques en lien avec Lluis Llach, le grand chanteur catalan :
- "L'Estaca grande chanson et petit air entêtant de liberté"
- "Votre parole est libre, votre musique est belle - Message personnel à Emel Mathlouthi" à propos de sa reprise de la chanson l'Estaca.

Cette chronique est aussi l'occasion d'un clin d'oeil amical à mes collègues catalans de travail.

André Isaac, dit Pierre Dac (1893 - 1975), est un humoriste et comédien français.
Il a également été, pendant la Seconde Guerre mondiale, une figure de la Résistance contre l'occupation de la France par l'Allemagne nazie grâce à ses interventions sur Radio Londres.
Plus de détails sur Wikipedia.

lundi 1 août 2016

​À Barcelone, les héritiers de Gaudí ne se soucient guère des daltoniens

​Quand un gaucher daltonien se rend dans la capitale de la Catalogne...

Gaudí l'ergonome

L'architecte Antoni Gaudí est emblématique de Barcelone.
Ses œuvres qui parsèment le tissu urbain sont désormais inscrites au patrimoine mondial.

Dans chacune de ses réalisations, ce novateur - prototype des designers - a porté une attention particulière à l'esthétique mais aussi, simultanément, à l'usage et à l'ergonomie, jusque dans les plus petits détails.

Ainsi les poignées de porte très originales de la Casa Batlló - grande maison bourgeoise en centre-ville entièrement conçue par Antoni Gaudí - permettent indifféremment à un gaucher ou à un droitier de pousser ou tirer, sans réflexion ni effort.



Des bus pour pompiers écolos

Malheureusement, l'industrie touristique barcelonaise, dont, pourtant, une part de la prospérité est due au génial créateur, ne fait guère montre de préoccupations ergonomiques.

Par exemple, de flamboyants autobus rouges, à impériale décapotable, permettent au visiteur de découvrir rapidement et sans se fatiguer l'essentiel des points d'intérêts de la ville.

Deux circuits sont proposés.
Le premier est sensé arborer la même couleur que les bus.
Le second est soit-disant vert, mais d'une nuance que votre serviteur peine à distinguer de celle de la carosserie des fourgons anti-incendie.


Extrait du plan des bus "Barcelona City Tour".
En haut l'image d'origine, en bas la simulation de la perception visuelle par un daltonien deutéranope.
[Cliquez sur l'image pour zoomer]

Un métro pastel

Le réseau ferroviaire barcelonais est encore plus perturbant.
Les multiples lignes de métro sont repérées par des couleurs suaves qui, à mes yeux, se valent à peu près toutes.

De surcroît, peu est fait par ailleurs pour assister le Dalton désorienté.

La signalétique sur les quais et dans les couloirs est moins fréquente qu'à Paris ou à Berlin et manque parfois de cohérence.

Le souffle d'Antoni Gaudí a aussi omis de passer sur l'application pour smartphone de TMB, la régie barcelonaise de transports en commun.
La seule manière de vérifier son trajet lorsqu'on n'entrave rien aux pastels serait de pouvoir passer rapidement du plan général du réseau au diagramme d'une seule ligne pour vérifier le nom des stations.
Hélas, cela relève de l'exploit olympique. Pas étonnant dans ces conditions que Barcelone ait accueilli les Jeux en 1992 !

Extrait du plan de métro de TMB.
En haut l'image d'origine, en bas la simulation de la perception visuelle par un daltonien deutéranope.
[Cliquez sur l'image pour zoomer]

La règle de la photocopie

Pour être utile à chacun, une signalétique devrait rester compréhensible après une distorsion de ses couleurs et même après une photocopie monochrome.

La compagnie de bus qui n'a que 2 trajets à distinguer aurait tout simplement pu utiliser le blanc et le noir plutôt que le rouge et le vert.
De surcroît, l'un des deux parcours pourrait être rehaussé d'un élégant pointillé.

Faciliter la navigation des daltoniens dans le métro barcelonais sans changer la palette de couleurs est aisé.
Adjoindre à la représentation de chaque ligne une forme différente de trait (épais, maigre, double, triple, pointillé...) ajoute un élément de repérage indépendant des couleurs qui ne gêne en rien les personnes dotées d'une vision standard.

Modernismement votre

Références et compléments
Antoni Gaudí a vécu de 1852 à 1926.
Il est le principal représentant du courant artistique et architectural dit du modernisme catalan. Plus de détails sur sa vie et ses réalisation sur Wikipedia.
Site web et article Wikipedia sur la Casa Batlló construite entre 1904 et 1906.

La dyschromatopsie, couramment baptisée daltonisme, est une anomalie de la vision dans laquelle un ou plusieurs des 3 types de cônes de la rétine oculaire, responsables de la perception des couleurs, sont déficients.
Environ 1 homme sur 12 et seulement 1 femme sur 200 ont les cônes qui déconnent. Ces statistiques diffèrent toutefois grandement en fonction des origines ethniques.
Pour plus de détails se reporter aux articles Wikipedia sur le daltonisme en français et en anglais.

Voir aussi les autres chroniques de ce blog traitant du daltonisme.
 
Les images simulant la perception visuelle d'un daltonien deutéranope (c'est à dire avec une vision déficiente de la couleur verte) ont été réalisées avec l'application pour smartphone iDaltonizer.

Site web de Barcelona City Tour.
Le plan des bus touristiques vient de ce site.
​À l'exclusion de la couleur de ses lignes, je recommande cette excursion bien conçue et bien opérée.

Site web de TMB l'exploitant du métro de Barcelone.
Le plan de métro est issu de ce service peu ergonomique et tout aussi peu polyglotte.

samedi 21 février 2015

Orange lauréat du Dalton d'or

Mon chromatique et agrumique fournisseur de télécommunications m'a récemment expédié un nouvel engin de connexion à internet, plaisamment baptisé en français “boîte vivante”, afin de remplacer le précédent qui commençait à être atteint d'Alzheimer électronique.

Malheureusement, la mise en marche de nouveau dispositif n'a pas été instantanée. J'ai du batailler avec ma toute neuve passerelle vers le cyber-espace et son interface de réglage.

La notice qui l'accompagnait, au demeurant fort bien rédigée, ne m'a été d'aucun secours car le diagnostic dépendait de la couleur de voyants gros comme des têtes d'épingle et pouvant arborer chacun indifféremment les 3 couleurs les moins distinguables par un daltonien : rouge, orange, vert.
Comble d'infortune, ces lumignons ont la riche idée, par moments, de clignoter afin de rendre la détection de leur teinte encore plus hasardeuse.

Heureusement, mes enfants, qui jouissent d'une vision chromatique standard, ont pu et du me venir en aide.
Familialement unis dans l'effort, nous avons pris le dessus sur les clignotants de la “boîte vivante” et retrouvé, dans des délais raisonnables, un lien vers la Toile.
Si j'avais été seul, j'aurais probablement continué à galérer pendant une sacrée lurette. J'aurais peut-être même du faire appel à un voyant pour obtenir leurs couleurs.

Pour convaincre les nombreux lecteurs non daltoniens de ce blog, je vous propose deux photos.

Tout d'abord, ma “boîte vivante” en vision standard, c'est à dire, en l'occurrence, à travers l'objectif parfaitement objectif de mon appareil photo.


Ensuite, la même “boîte vivante”, telle que perçue par un daltonien deutéranope.


Si, comme votre serviteur, vous ne distinguez aucune différence de teinte des loupiotes entre les deux images, trois possibilités s'offrent à vous :
- soit l'écran sur lequel vous lisez cette chronique a un gros souci,
- soit vous êtes sous l'effet de substances que, généralement, la faculté de médecine et les forces de police recommandent simultanément de prohiber,
- soit vous êtes très probablement daltonien.

À l'inverse, si votre perception des voyants n'est pas identique entre les deux clichés, vous êtes, à coup sur, un client privilégié d'Orange.

Daltoniquement votre

Références et compléments
- Tel un technicien de cinéma césarisé, je remercie vigoureusement ma famille à qui je dois doublement cette chronique, par le rétablissement de la connexion internet et par l'assistance apportée pour ne pas mélanger les 2 images ci-dessus.

- Voir aussi les chroniques :
- L'image transformée a été obtenue grâce à l'application ChromaGlass

- Le Dalton d'or est un trophée destiné à récompenser les systèmes cassant les pieds aux daltoniens dans leur vie quotidienne.
Les candidatures au Dalton d'or sont les bienvenues et peuvent être envoyées à l'auteur de ce blog qui démocratiquement délibérera seul en son âme et rétine.

- La dyschromatopsie, couramment baptisée daltonisme, est une anomalie de la vision dans laquelle un ou plusieurs des trois types de cônes de la rétine oculaire, responsables de la perception des couleurs, sont déficients.
Environ 1 homme sur 12 et 1 femme sur 200 ont les cônes qui déconnent.
Pour plus de détails se reporter aux articles Wikipedia sur le daltonisme en français et en anglais.
   

samedi 3 janvier 2015

Une météo agréable aux daltoniens

Le site meteo-grenoble.com et ses déclinaisons dans une vingtaine de villes européennes font partie de mes favoris pour au moins deux raisons.
Tout d'abord, ils ont le bon goût de nous annoncer gratuitement la pluie et le beau temps de manière moins imprécise que leurs confrères.
Ensuite, ce service météorologique fait l'effort d'être sympathique aux daltoniens.

Le site propose des prévisions à 15 jours. Toutefois, soucieux de ne pas être confondu avec Madame Irma, il indique “à confirmer” ou bien “très incertain” lorsque les modèles météorologiques ne permettent pas de pronostiquer le temps avec une probabilité décente.

Initialement, une pastille ronde jaune signifiait “à confirmer” et la même en rouge “très incertain”.
Malheureusement, lorsque, comme votre serviteur ainsi que 8% à 10% des lecteurs mâles de ces chroniques, on est affecté d'une vision défaillante des couleurs, les deux icônes sont difficiles à distinguer.

meteo-grenoble.com a modifié ses pictogrammes pour prendre en compte le daltonisme.
Il utilise toujours le rond jaune pour “à confirmer” mais a transformé “très incertain” en carré rouge.
Les personnes dotées d’une vision standard bénéficient désormais d'un double moyen de distinguer les deux états : la couleur plus la forme.
Les daltoniens se reposent exclusivement sur l’aspect géométrique sans se soucier de la couleur.

Extrait du site meteo-grenoble.com du 6 janvier 2015 avec les pictogrammes "à confirmer" et "très incertain".
Cette astuce très simple - emploi groupé d'une double distinction par la couleur et par la forme - est similaire à celle utilisée par Apple dans son service cartographique d’informations routières décrite dans une autre chronique. Elle devrait faire systématiquement partie des bonnes pratiques ergonomiques de tout bon site web.

Merci, bravo et excellente année à meteo-grenoble.com !

Daltoniquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
- La dyschromatopsie, couramment nommée daltonisme, est une anomalie de la vision dans laquelle un ou plusieurs des trois types de cônes de la rétine oculaire, responsables de la perception des couleurs, sont déficients.
Environ 1 homme sur 12 et 1 femme sur 200 ont les cônes qui déconnent.
Pour plus de détails se reporter aux articles Wikipedia sur le daltonisme en français et en anglais.
 
- Les sites de prévisions météorologiques

lundi 7 avril 2014

La politique française à marée basse

C'est à marée basse qu'on découvre ceux qui nagent sans maillot.
Warren Buffet
Les récentes élections municipales françaises sont un formidable désaveu de la classe politique dans son ensemble, avant d'être une défaite pour la majorité de gauche ou une victoire de la droite et de l'extrême-droite .

Pour en juger, j'ai recalculé les résultats, non pas en fonction des suffrages exprimés, mais d'après le nombre d'inscrits. J'ai aussi regroupé tous ceux qui se sont mis hors vote, soit en s'abstenant, soit en votant blanc ou nul.

Nationalement, au premier tour, 2 électeurs sur 5 ont déserté le scrutin.
La droite et le centre, qui se sont autoproclamés premier parti de France, n'ont rallié qu'un citoyen sur 3.
Les tenants de François Hollande n'ont pas dépassé 1 sur 6.
Les extrêmes et inclassables de tous poils n'ont attiré qu'une personne sur 10.

Résultats du 1er tour des élections municipales françaises de 2014

Dans presque chaque commune, les scores sont similaires et aux antipodes des titres de la presse.

Ainsi, en Isère, à Meylan où je réside, l'amère maire sortante a été réélue par un tout petit tiers des électeurs, presque autant que la liste de gauche.
Les hors vote ont représenté plus d'un inscrit sur 3.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Meylan (Isère)

À Grenoble, à écouter gazettes et gagnants, un raz de marée daltonien - vert et rouge - redessinerait les contours d'une nouvelle gauche.
Ce n'est pourtant qu'une vague vaguelette !
Seul un petit quart des grenoblois a soutenu la liste menée par Eric Piolle, alors que plus de 4 électeurs sur 10 ont boudé les urnes.
L'équipe sortante, totalement déconfite, n'a convaincu qu'un citoyen sur 6.
Quant aux candidats de droite, ils ont obtenu un résultat inversement proportionnel à leur performance judiciaire.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Grenoble (Isère)

À Béziers, le triomphe de l'extrême-droite n'est qu'une petite victoire aux points.
Robert Ménard, le reporter du front d'hier, n'a attiré que 2 biterrois sur 7.
Même dans cette ville où l'enjeu symbolique était élevé et où quatre listes se disputaient le second tour, un tiers des habitants a refusé le vote.

Résultats du 2nd tour des élections municipales 2014 à Béziers (Hérault)

Abstentionniquement votre

Références et compléments
- Les graphiques et pourcentages ont été déterminés à partir des chiffres officiels du ministère de l'intérieur français.

dimanche 17 novembre 2013

Les constructeurs automobiles devraient cesser de faire des voitures

Depuis 2008, la construction automobile européenne, et tout particulièrement française, connait une très mauvaise passe, avec pour conséquences de multiples restructurations et pertes d'emplois.
Au delà de la conjoncture difficile, cette méforme, sur le vieux continent, du secteur emblématique de la seconde révolution industrielle semble être appelé à durer.
Les fabricants de voitures, à l'exclusion des trois allemands spécialisés dans les véhicules de luxe, peinent à s'adapter aux évolutions de leur clientèle.
Pour modeste preuve, mon récent et décevant contact avec un concessionnaire.

La semaine dernière, le commercial d'une marque française à l'emblème géométrique m'a appelé pour me proposer découvrir un modèle susceptible de m'intéresser. Le bonhomme étant sympathique et m'ayant vendu ma voiture actuelle, je me suis rendu à son invitation.

Le marchand d'autos débuta le rendez-vous en m'annonçant fièrement qu'il m'imaginait aisément conducteur et propriétaire d'une bagnole appartenant à l'étrange catégorie des crossover dont j'ignorais jusqu'alors l'existence.
Cet engin bizarre, nettement plus grand que mon petit monospace urbain actuel, possède un style agressif, rehaussé par des coloris voyants, une calandre massive ainsi que des roues hautes et larges. De surcroît, il est affublé d'un nom fleurant bon la chasse et l'univers carcéral.

Je dépitais mon hôte en lui expliquant que je n'envisageais pas une seule seconde de consacrer une quelconque fraction des revenus familiaux dans l'acquisition et l'entretien d'un tel cheval de rodéo.

Soucieux d'atteindre son objectif commercial personnel, le vendeur me suggéra alors un autre modèle, baptisé du prénom de la muse grecque de l'Histoire et entièrement repensé par le constructeur l'année dernière.
Les déconvenues continuaient.
Je découvrais une petite berline manifestement conçue par la même équipe de designers à haute teneur en testostérone que le crossover, avec des teintes tout aussi peu agréables pour un daltonien, sans compter des flancs et une calandre sortis d'un tonneau de dopants pour cyclistes.

Malgré ma répulsion esthétique, j'acceptais, à contrecœur, d'essayer ce véhicule au patronyme mythologique.
Dans son argumentaire, le commercial losangé mettait en avant "l'équipement haut de gamme" comprenant notamment une "centrale de bord avec tout : bluetooth, GPS et USB !"
Aussi, m'étant rendu compte très rapidement que volant, pédales, levier de vitesse et clignotants fonctionnaient à merveille, je m'arrêtais deux pâtés de maisons plus loin pour connecter mon smartphone au système audio de la voiture.
Je mis en marche la dent bleue de mon téléphone à tête de pomme et enjoignis l'autoradio de s'y relier.
Ce dernier, pendant trois minutes d'horloge, m'assura d'être en train "d'établir la connexion avec un nouveau périphérique" avant de jeter l'éponge et de m'inviter à réitérer l'opération.
À l'issue de la troisième tentative, à l'instar de la "centrale de bord", je jetais ma propre éponge et ramenais le véhicule de démonstration à la concession où j'annonçais au vendeur déçu que je ne lui passerais pas commande dans un terme prévisible.

Perturbé par cette expérience, en rentrant chez moi, j'observais attentivement les voitures autour de moi, ce que je ne fais plus depuis de nombreuses années.
À ma grande surprise, j'ai découvert que les autos récentes ornées d'un lion ou de deux chevrons ont subi la même dérive machiste et m'as-tu-vu que celles frappées d'un losange. Ne parlons pas d'Audi, BMW et Mercedes dont c'est la déprimante marque de fabrique.
La crise semble avoir poussé les constructeurs à revenir à ce qu'ils savent faire de mieux : créer des voitures pour les personnes intéressées, voire passionnées, par l'automobile.
Malheureusement, leur nombre est en constante diminution.

Enfant, les adultes de mon entourage débattaient passionnément sur les mérites respectifs de la Renault R16, de la Citroën DS et de la Peugeot 504. Je participais parfois à ces joutes verbales et était alors incollable sur les différents modèles proposés à la vente.
Plus tard, jeune salarié, mes deux premières voitures, une Renault R5 puis une Peugeot 205, me procurèrent une vraie joie. D'ailleurs, jusqu'aux années 1990, l'achat d'un nouveau véhicule entraînait inévitablement l'organisation d'un pot pour ses collègues de travail.
Petit à petit, mon intérêt pour l'automobile a fondu, sans que je sache très bien expliquer pourquoi.
Aujourd'hui, j'utilise ma voiture quotidiennement tant pour me rendre à mon travail que pour ma vie personnelle et mes loisirs. C'est un indéniable et indispensable élément de liberté, de praticité et de confort, mais plus du tout un objet d'enthousiasme.

Les constructeurs automobiles devraient se rappeler que crossover signifie mot à mot "croix dessus". C'est la décision que trop de leurs clients prennent au moment de renouveler leur véhicule.
Si ces entreprises veulent regagner les cœurs et les faveurs commerciales des gens dans mon style, elles devraient focaliser plus sur l'usage et son imaginaire plutôt que sur l'objet.
C'est à dire ne plus créer de voitures, pour, à la place, inventer et nous vendre des mobilités dont nous avons, tous, différemment, envie et besoin.
Je crains que, comme la plupart des grosses organisations, elles n'aient ni l'agilité ni la sociologie pour changer radicalement de point de vue.

Les catastrophes industrielles et sociales risquent donc, hélas, de se poursuivre encore longtemps.
Les innovations qui bousculent et détruisent un secteur économique établi commencent toujours par séduire subrepticement les non-clients et les mal-clients, bien avant de convaincre et d'emporter, dans un second temps, le cœur du marché traditionnel.

Mobilement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique "canassons et chevaux fiscaux, même combat !" consacrée à la comparaison entre le coût actuel d'une voiture et celui d'un cheval sous Louis XV.

- Les 3 véhicules dont il est question dans ce billet sont, par ordre d'entrée en scène, les Renault Captur, Modus et Clio IV.

- La traduction non littérale de crossover est croisement ou hybridation. Je n'ai franchement pas compris en quoi cette métaphore génétique s'appliquait à des automobiles trop voyantes et d'un autre âge.
  

mardi 22 octobre 2013

L'informatique est une réincarnation de la SNCF

Depuis quelques semaines, j'ai la chance, dans mon activité professionnelle, de côtoyer quotidiennement des spécialistes de l'informatique. Le choc des cultures et des sémantiques est particulièrement brutal.
Jugez sur quelques pièces.

Ordinateurs et logiciels ont une tendance prononcée, dès qu'on les regarde de près, à préférer la langue d'Alan Turing à celle de Blaise Pascal.
Toutefois, la plupart des informaticiens français optent résolument pour une prononciation plus gauloise que texane.
Ainsi le nuage de données qui plane au dessus de nos smartphones et de ce blog s'appelle le "clou deux", peut-être parce que les machines qui assurent son fonctionnement font partie du hardware, la quincaillerie en anglais.
Seule exception, pour désigner leur domaine - IT Information Technologies - ces professionnels tiennent absolument au phrasé new-yorkais "ail ti". En effet, clamer que l'on travaille "alité" risque de vous faire passer pour un indécrottable fainéant.

Les acronymes sont pléthore. Pour qu'un concept, aussi basique soit-il, ait une once de crédibilité, il doit impérativement être désigné par un sigle d'obédience anglo-saxonne. Une interprétation un peu trop phonétique peut conduire à de désagréables contresens.
Ainsi un "sas" n'est pas un espace de transition mais tout simplement la location d'un logiciel domicilié dans un cumulo-nimbus.
De même un "path", n'est pas comme son étymologie rosbif pourrait le laisser supposer, le chemin permettant d'accéder à un fichier ou à un document mais, une fois encore, la location d'un bazar peu déterminé réfugié dans un strato-cumulus.
Dans la même veine, l'inénarrable Bill Gates n'a rien trouvé de mieux que d'affubler ses nuages du qualificatif "azur". De deux choses l'une, soit le créateur de Microsoft est encore plus daltonien que votre serviteur et croit que les nébulosités sont bleues ; soit, à force d'être scotché à un écran de son ordinateur, Mister Windows a fini par oublier les plus élémentaires notions de météorologie.

Il y a une trentaine d'années, lorsque je commençais mon long parcours de salarié, l'endoctrinement alors en vogue inculquait que le client est le personnage le plus important de l'entreprise et que le choyer en permanence était indispensable à la survie du business.
L'informatique vient bousculer ce superbe catéchisme.
Ce que tout épicier ou boulanger nomme un client est dans le monde "ail ti" un usager.
Afin d'avancer masqué et ne pas trop désespérer les habitués des TER ou de la RATP, l'américain "iouzeur" est toutefois d'emploi systématique.
Le client - pour faire riche dîtes "claille hante" - est en fait le logiciel qu'utilise le client, pardon le "iouzeur".
Ce "claille hante" est désormais l'objet des soins assidus du personnel.
La preuve, un serveur est en permanence à son écoute, prêt à répondre à ses moindres requêtes grâce à un voire même plusieurs protocoles soigneusement établis.
La dernière mode venue de Californie est soucieuse de la sveltesse des "clailles hante". Les clients trop lourds n'ont plus la cote. Pour continuer à être servi, il est impératif de faire maigrir l'élément le plus important de l'informatique.

Quant à la satisfaction de l'usager, un logiciel - pardon, un client très léger - tachera de s'en enquérir dès que les règles business appropriées auront été définies ...

Informatiquement votre

Eléments de décodage, pardon, de reverse engineering
Pour les très rares lecteurs qui ne se sont pas encore "alités" :

. Cloud, nuage en français, se dit des installations informatiques réparties à travers la planète et accessibles par internet.
À titre d'exemple, les Humeurs Mondialisées sont domiciliées quelque part dans le "clou deux".

. Le "sas" est en fait le SaaS, Software as a Service, logiciel en tant que service c'est à dire un programme fonctionnant dans le "clou deux" et dont vous louez l'usage.

. Le "path" s'ecrit PaaS, Platform as a Service, plateforme en tant que service. Il s'agit de la location simultanée de machines et de logiciels dans le "clou deux".

. Windows Azure (avec un E terminal) est la marque déposée du "clou deux" de Microsoft.

. Un client est un logiciel fonctionnant sur la machine du client, pardon du "iouzeur".
Un client est dit léger, par opposition au client lourd, quand l'essentiel des traitements est effectué dans le "clou deux" par un autre programme baptisé serveur.
Le monde virtuel des clients légers est aussi inégalitaire que notre monde bien réel. Certains clients, non contents d'afficher un tour de taille particulièrement réduit, sont nettement mieux dotés que leurs confrères et sont alors qualifiés de clients riches.
Que le lecteur de gauche se rassure, bien que ni Arnaud Montebourg, ni Jean-Luc Mélenchon ne soient intervenus dans ce domaine, le client riche est en très nette perte de vitesse.

. Les business rules, qui se traduisent dans la langue de Louis Renault par règles métier, ont rarement un rapport direct avec le coté sonnant et trébuchant des entreprises. Ce sont, tout simplement, des savoir-faire incorporés dans un logiciel.
Par exemple, savoir que pour serrer des boulons il faut tourner dans le sens des aiguilles d'une montre est une règle business.

Références et compléments
- Tous mes remerciements et mêmes mes excuses à mes nouveaux compagnons de labeur. Qui aime bien, ironise bien ...
- J'ignore si Bill Gates est daltonien.
Par contre, Marc Zuckerberg, le fondateur de Facebook ne fait pas mystère de sa vision altérée des couleurs. Il s'agit même de la raison pour laquelle il a choisi le bleu comme emblème de sa marque car il s'agit d'une teinte qu'il sait détecter sans problème.

mardi 13 novembre 2012

Sommes-nous des web-justiciers ?

J'ai récemment visionné une courte vidéo où, sur un chantier de construction, un homme très en colère agonit d'injures, dans un anglais de caserne, les ouvriers présents. Les propos ont un net caractère raciste et le successeur du Capitaine Haddock finit par s'emparer d'une plaque de tôle ondulée qu'il lance en direction de la personne qui le filme.
Le site des Observateurs de France 24 qui rapporte cette vidéo, en plus de fournir une traduction française des invectives, indique que la scène a eu lieu fin octobre à Singapour et que son héros est le prototype du sale con : un expatrié français plein aux as, trader de haut vol dans une banque anglo-saxonne d'envergure internationale.
Le chantier aurait troublé la quiétude matutinale de la maison familiale de mon vociférant compatriote.
L'article se termine par la mention que la banque, citée sur internet, a licencié illico presto le golden boy gaulois.

Spontanément, en découvrant ce film, j'ai pris fait et cause en faveur des ouvriers qui ont filmé les saillies du trader. La lecture de l'article a renforcé cette opinion qui s'est transformé en exultation quand j'ai appris que l'arroseur avait terminé arrosé. Je me suis aussitôt empressé de poster un lien vers le billet de France 24 sur plusieurs réseaux sociaux.

Toutefois, quelques temps après, j'ai été pris d'un sentiment de malaise.
Qu'avais-je vraiment vu ? Une scène assez banale de la vie quotidienne où une personne très énervée en insulte d'autres dans un registre, hélas, raciste.
Que savais-je de vraiment fiable du contexte et des personnes en présence ? Pas grand chose !

En fouillant sur internet, j'ai retrouvé le site où cette vidéo a été initialement mise en ligne. Il s'agit d'un média singapourien très racoleur auquel tout un chacun peut envoyer des films scandaleux ou salaces. Environ un article sur six de ce site propose un contenu relevant le comportement "inapproprié" des étrangers à Singapour.
Le court texte qui accompagne la vidéo du trader a été écrit par le chef de chantier qui, dès la seconde phrase, souligne - peut-être pour faciliter le décryptage des images par les daltoniens - que le héros hurleur est un blanc.

Je n'ai pas réussi à trouver d'éléments rapportés par des personnes tierces sur les évènements avant et après les soixante secondes qui ont été filmées.
Il est donc possible que notre ami le trader soit véritablement un sale con raciste ayant agressé verbalement des ouvriers faisant normalement leur travail.
Mais, il est tout aussi plausible que le personnel du chantier ait provoqué, sciemment ou pas, l'expatrié français déclenchant ainsi un pétage de plomb dans les règles de l'art !

Internet, en nous amenant sur un plateau des images et des informations fortes faisant appel à nos émotions, tend à faire sauter nos digues.
Les injures racistes d'un surexcité sont choquantes. Toutefois, les livrer en pature sur le web sans aucune contre-vérification expose leur auteur à la vindicte publique sans qu'il puisse se défendre.
L'employeur du trader, très soucieux de son image, a choisi de se débarrasser du boulet de manière expéditive et l'a fait savoir dans la presse économique par le biais de commentaires courageusement anonymes.

Un justicier sommeille en chacun de nous.
Quelques images, quelques larmes ou un peu d'adrénaline suffisent à le réveiller et à nous faire jeter aux orties les principes de présomption d'innocence et de droit à une défense équitable.
Tel la langue d'Esope, internet est la meilleure et la pire des choses ...

Zorroiquement votre

La vidéo objet de cette chronique.
Oreilles sensibles et adversaires du mot anglais en F****** s'abstenir.

Références et compléments

mercredi 7 novembre 2012

Les sites d'information trafic co-lauréats du Dalton d'or

Je suis particulièrement fier de décerner le second Dalton d'or conjointement aux principaux services d'information en ligne sur la circulation routière.
Les cartes qu'ils proposent sont censées aider l'automobiliste à prendre des décisions rapides et pertinentes sur son trajet.
Malheureusement, le résultat est souvent déroutant pour les daltoniens et même aussi parfois pour les personnes dotées d'une vision des couleurs dite "standard". Détecter un bouchon sur un site cartographique ou dans une meule de foin, même combat !
Jugez sur pièces avec ces quelques cartes de l'agglomération de Grenoble.

Open Street Map est un service géographique libre et collaboratif. Cette initiative sympathique, à défaut de recenser les encombrements, fournit gratuitement des tests de dépistage de stupéfiants. Seul quelqu'un ayant copieusement abusé du génépi ou de champignons mexicains est susceptible de trouver sa voie dans un tel enchevêtrement de couleurs. Même le grenoblois de souche peine à reconnaître la rocade "U2" sur la carte ci-dessous.

Dans le genre initiative bizarre, Station Mobile n'est pas mal non plus. Ce "machin", financé par nos impôts via tous les acteurs publics imaginables, a pour mission d'informer le public sur les déplacements dans et autour de la capitale des Alpes. Sa carte de trafic routier, outre quelques soucis de mise à jour, laisse perplexe. Un filet microscopique d'une couleur indéterminable se superpose vaguement au dessin de certaines routes. Une poignée de pictogrammes complète plaisamment le tableau. J'aimerais que mon percepteur soit aussi approximatif.

Les cartes de Bibendum ont accompagné mon enfance aussi trouver Michelin au palmarès des Dalton d'or est une grande déception, un peu comme si on avait dopé une madeleine de Proust au maïs transgénique. Pour indiquer la circulation, le pneumatologue auvergnat s'est contenté de surligner avec un feutre de couleur rougemarronverte les trajets principaux. Résultat, la route de Chamrousse totalement déserte à cette saison possède la même apparence que la rocade pourtant atteinte de thrombose aiguë.

Bison Futé, l'indien adopté par la république française depuis une quarantaine d'années, emploie la méthode dite des peintures de guerre. L'important est d'impressionner l'internaute, le renseigner est accessoire. Prenez une carte simplifiée de l'agglomération de Grenoble, inscrivez quelques noms de lieu à l'aide d'une machine à écrire rachetée d'occasion à la gendarmerie nationale, demandez au chamane le plus proche de choisir quatre ou cinq couleurs aux vertus thérapeutiques et, pour finir, recouvrez de façon aléatoire les grands axes avec ces pigments magiques. Le résultat est élégant, les bouchons introuvables.

Mappy a réutilisé le procédé de Bison Futé. Toutefois, ce site soucieux de rentabilité a fait appel à un chamane "low cost" qui lui a fourni des couleurs au rabais.

Google est lui aussi un adepte des pratiques chamaniques. Toutefois, la firme de Mountain View, manifestement soucieuse de l'accessibilité de ses services par le plus grand nombre, a ajouté une légende. L'enfer, hélas, est pavé de bonnes intentions car la plus grande difficulté pour une daltonien est de relier des couleurs qui apparaissent identiques au commun des mortels. Aussi, malgré la légende, impossible de localiser un bouchon grenoblois sur une carte de Google.

Comme beaucoup de ses confrères, TomTom est très inspiré par les indiens. Outre les peintures chamaniques, nettement plus épaisses que chez Google ou Mappy, le cartographe hollandais a cru bon d'ajouter des flèches. L'effet est plaisant mais, malgré la liste de difficultés sur la gauche de l'écran, je n'ai pas réussi à déterminer quels étaient les trajets les plus roulants.

Malheureusement, un géant emblématique des nouvelles technologies a été exclu du Dalton d'or.
Apple, en dépit d'une compétition féroce avec ses concurrents, a totalement échoué à fournir une information trafic illisible pour les daltoniens. Sa nouvelle application "Plans" propose bizarrement des cartes aisément compréhensibles par tout un chacun.
Tout d'abord, pour éviter de surcharger l'écran, seules les routes encombrées sont rehaussées d'un graphisme supplémentaire. Les voies où la circulation est normale ne sont pas mises en valeur.
Ensuite, le code couleur classique est conservé pour signifier les bouchons. Ce moyen reste le plus efficace pour les personnes dotées d'une vision dite "standard". Pour plus de lisibilité, les couleurs d'encombrement sont très contrastées par rapport à celles représentant les routes.
Enfin, des pointillés, que même une vision monochromatique permet de distinguer, renforcent le tracé des bouchons.
Des pictogrammes bien proportionnés pointent travaux et accidents.
J'ignore si Steve Jobs, en plus d'être myope et dyslexique, était aussi daltonien mais, en tous les cas, Apple a su créer le seul service d'information trafic qui prenne en compte cette particularité de vision.
Dommage, j'aurais aimé remettre un Dalton d'or à l'entreprise à la pomme ...

Coloriquement votre

Références et compléments
- Cette chronique est librement inspirée de questions soulevées par la twittonaute accessologue @Tetue.

- Voir aussi les chroniques
- Toutes les cartes de l'agglomération de Grenoble et de ses bouchons présentées dans ce billet sont des copies d'écran d'iPad réalisées le 5 novembre 2012 aux alentours de 19 heures.

- Le Dalton d'or est un trophée destiné à récompenser les systèmes cassant les pieds aux daltoniens dans leur vie quotidienne.
Les candidatures au Dalton d'or sont les bienvenues et peuvent être envoyées à l'auteur de ce blog qui démocratiquement délibérera seul en son âme et rétine.

- La dyschromatopsie, appelée couramment daltonisme, est une anomalie de la vision dans laquelle un ou plusieurs des trois types de cônes de la rétine oculaire, responsables de la perception des couleurs sont déficients.
Environ un homme sur douze et une femme sur deux cent ont les cônes qui déconnent.
Pour plus de détails se reporter aux articles Wikipedia sur le daltonisme en français et en anglais.
   

dimanche 4 novembre 2012

Les Baux de Provence récompensés par le Dalton d'or

Je suis heureux de décerner le premier Dalton d'or à la municipalité des Baux de Provence pour la qualité exceptionnelle de ses parcmètres.

Ce village perché sur un rocher se parcourant exclusivement à pied, le visiteur doit parquer son véhicule dans l'une des zones prévues à cet effet et s'acquitter d'un droit de stationnement.
Seul hic, le daltonien touriste que je suis a du s'y reprendre à deux fois pour pour payer son dû.

Voici l'heureux gagnant du premier Dalton d'or.
Parcmètre peu amical envers les daltoniens photographié le 3 novembre 2012 le long de la route départementale 27 aux Baux de Provence (Bouches du Rhône - France)

L'horodateur baussenc, outre une fente pour glisser des pièces, comporte six boutons répartis sur deux lignes horizontales et possédant chacun une collerette colorée.
La dyschromatopsie de votre serviteur l'empêche de différencier les couleurs des deux boutons de droite qui ont pourtant des fonctions très différentes. L'un annule la transaction et provoque le remboursement des pièces préalablement insérées alors que l'autre imprime le ticket à apposer dans sa voiture.
La légende située à droite des boutons n'est d'aucun secours. Elle comporte seulement quatre items représentés sur une seule ligne. Comment dans ces conditions savoir sur quelle touche appuyer pour imprimer le sésame autorisant à stationner ? La disposition géométrique ne correspond pas et les daltoniens ne peuvent relier les couleurs.
Je vous laisse imaginer, face à un tel appareil, la perplexité du daltonien non francophone qui ne peut comprendre que le blabla dans la langue de Molière n'apporte aucun éclairage sur les couleurs !

Avec exactement la même taille d'appareil et le même nombre de boutons, il est de multiples manières pour réaliser une interface pratique pour tous les utilisateurs.
Par exemple, il suffit de réduire voire de supprimer la zone de légende, d'agrandir les collerettes colorées et d'écrire dans chacune d'elles, à l'instar des signes moins et plus inscrits autour de deux boutons, la fonction de la touche en français et en anglais.

Je me tiens à la disposition de Monsieur Michel Fenard, maire des Baux de Provence, pour remettre à sa commune le Dalton d'or bien mérité.

Coloriquement votre

Références et compléments
- Le Dalton d'or est un trophée nouvellement créé, destiné à récompenser les systèmes cassant les pieds aux daltoniens dans leur vie quotidienne.
Afin d'éviter tout risque de mélange de couleurs, seul le Dalton d'or existe. Il est hors de question de décerner un Dalton d'argent ou de bronze.
Les candidatures au Dalton d'or sont les bienvenues et peuvent être envoyées à l'auteur de ce blog qui délibérera en son âme et rétine.

- La dyschromatopsie, appelée couramment daltonisme, est une anomalie de la vision dans laquelle un ou plusieurs des trois types de cônes de la rétine oculaire, responsables de la perception des couleurs sont déficients.
Environ un homme sur douze et une femme sur deux cent en sont atteints.
Pour plus de détails se reporter aux articles Wikipedia sur le daltonisme en français et en anglais.

- Voir aussi les chroniques :
- Article Wikipedia et site officiel des Baux de Provence village dont, malgré ses parcmètres peu avenants pour les daltoniens, je recommande la visite. Ce site historique perché sur un rocher est réellement exceptionnel.
Les habitants des Baux de Provence s'appellent les baussencs ou baussenques.

mercredi 17 octobre 2012

A Florence Lamblin, les daltoniens reconnaissants

J'inventai la couleur des voyelles !
Arthur Rimbaud

Au nom des trois millions de daltoniens français, je tiens à adresser mes plus vifs remerciements à Florence Lamblin, adjointe au maire de mon arrondissement parisien natal. Depuis ce week-end, cette élue, empêtrée dans une sale affaire judiciaire, nous en fait voir de toutes les couleurs ce qui ne peut que réjouir les personnes qui ont du mal à les distinguer.
Jugez sur pièces.

Cette verte, qui siège avec des roses et des rouges, est accusée de blanchiment. La police aurait retrouvé, dans un coffre lui appartenant, moult billets violets, jaunes et bleus.
La présumée innocente est aussi actionnaire à 40% de l'entreprise Sexecolo qui allie "l'écologie et la sexualité" et commercialise sur internet des objets de plaisir aux magnifiques teintes pastels.

Si l'avocat marron qu'elle a engagé ne redonne pas très vite une blancheur virginale à sa réputation écornée, cette fraudeuse putative risque de se retrouver à l'ombre dans un environnement assez terne.
A n'en point douter, quelques daltoniens compatissants iront alors lui porter des oranges ...

Coloriquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les trophées Dalton d'or remis aux parcmètres des Baux de Provence et aux sites d'informations routières
- Article de Paris Match détaillant les activités commerciales de la verte soupçonnée de blanchir.
- Ce blog tout public ne saurait accueillir un lien vers le site de l'entreprise Sexecolo, l'extrême pureté biologique et environnementale des objets proposés au chaland pouvant choquer les âmes jeunes ou sensibles.

mercredi 9 mai 2012

Lunettes hollandaises

Autant vous l'avouer, j'ai piteusement foiré mes prévisions électorales.
Le 24 novembre 2011, dans un billet intitulé "visions politiques", je prédisais qu'Eva Joly, la verte aux lunettes rouges, allait reprendre au président provisoire de la Tunisie Moncef Marzouki le titre enviable de miro en chef.
Hélas, aveuglé par mon daltonisme, j'avais gravement sous-estimé le candidat aux lunettes normales François Hollande qui a battu ces deux freluquets à plates coutures.

Pourtant, le nouveau président de la France avait commencé sa carrière de binoclard par un coup d'éclat.
En 1977, affublé de lunettes marzoukiennes, il refuse la discrimination faite aux myopes et exige auprès de l'état-major d'effectuer son service militaire alors que les "trois jours" l'avaient exempté. L'armée prudente prendra quand même soin d'affecter son futur chef dans le génie.

La suite est connue, François Hollande, dans l'ombre de Mitterrand, de Chirac et de Ségolène, fait paisiblement carrière en Corrèze.
Ses binocles reflètent les tournants idéologiques du Parti Socialiste. Plus ce dernier abandonne le marxisme pour le libéralisme, plus les montures hollandaises s'allègent.
Gageons qu'avec ses lorgnons poids plume actuels, le chef de l'état fraichement désigné n'aura aucun mal à s'accorder avec Angela Merkel, une fois passées les élections législatives de juin.

En 2005, pendant quelques mois, François Hollande est tenté par le double foyer. Mais - influence de sa nouvelle compagne ? - il préfère opter pour le progressif sur le plan focal et le très progressif sur le plan fiscal.
Compte tenu de l'ampleur de la dette nationale, espérons que cela lui permette d'avoir une excellente vision de prêts.

Les qualités de stratège et de fin politique du septième président de la cinquième république devrait lui permettre de réaliser l'union des taupes.
Les écologistes qui ont pourtant perdu le contact avec leurs électeurs, semblent décidés à toutes les concessions pour un plat de lentilles, pardon pour un ministère.
Pour rallier le récalcitrant Front de Gauche, je suggère à François - entre miros, comme entre diplômés d'HEC, on se tutoie et on s'appelle par son prénom - de faire sienne une demi-promesse du demi-binoclard Jean-Luc Mélenchon en rendant intégralement remboursables par la sécurité sociale toutes les lunettes de vue. Tant pis pour les prothèses dentaires, le peuple n'avait qu'à élire un type aux dents déchaussées ...
Bien fait aussi pour Bayrou qui ne s'assume pas et évite de porter ses lorgnons en public.

Quant à Moncef Marzouki, je lui conseille d'abandonner la lutte dans le domaine des bésicles. Burnousman pourra toujours boxer dans la catégorie costume folkorique. Il est, en effet, peu probable que François Hollande adopte le chapeau à larges bords et le gilet noir de la Corrèze. Qu'il se méfie toutefois d'Eva Joly qui pourrait revêtir une coiffe lapone.

Myopiquement votre

PS : François, comme il parait que ta retraite corrézienne t'a conduit à être peu au fait des usages internationaux, n'oublie pas si tu croises Moncef Marzouki de l'embrasser sur le front ou la main. C'est apparemment la nouvelle mode à Carthage.
Les binocles c'est maintenant !

Références et compléments
- Pour François et les autres français pouvant avoir raté les dernières péripéties de l'actualité tunisienne, Moncef Marzouki, après avoir promu le traditionnel burnous, a, depuis quelques jours, réhabilité le bisous. Lors de ses déplacements officiels, il ne participe plus à des bains de foule mais à de véritables "love parades" où, tel un gourou hindou, il se laisse embrasser par le peuple en transe.
- Pour les tunisiens pouvant avoir manqué quelques subtilités de la campagne présidentielle en France, Jean-Luc Mélenchon a la fâcheuse manie d'enlever et de remettre sans cesse ses lunettes durant ses meetings. Serait-ce le signe qu'il assume mal son rôle de taupe socialiste chez les communistes ?