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mardi 27 septembre 2016

J’ai testé le site internet de campagne électorale de François Hollande

Aujourd’hui, des sympathisants ont mis en ligne un site à la gloire de l’actuel président français, baptisé « notre idée de la France ».

Ce media clame « oui ça va mieux » et nous invite à le vérifier, chiffres à l’appui, département par département.
Les résultats pour l’Isère, où je réside, sont, pour le moins, maigrelets.

Extrait du site « notre idée de la France »

Chômage

« 611 créations nettes d’emplois depuis 2012 »
La population active de l’Isère avoisine 800 000 personnes.
Le gouvernement en place a donc accru l’emploi en 5 ans dans une proportion de 1 pour 1 300.
Mon professeur de physique de terminale aurait qualifié cet exploit d’épaisseur du trait.

Jeunesse

« 1 171 jeunes ont bénéficié d’un emploi d’avenir »
La phrase complète n’étant pas très claire, il est difficile de déterminer si cette valeur se rapporte à la seule année 2015 ou à l’ensemble du mandat présidentiel.
Le trait a bien grossi, un jeune isérois sur 200 est concerné.

Enseignement

« 1 304 postes créés depuis 2012 dans l’académie de Grenoble »
Le territoire départemental étant un peu étriqué, il a été étendu à l’académie, c’est à dire à 4 autres départements limitrophes.
Le trait devient poutre. Les effectifs de l’Éducation Nationale ont augmenté de 2% en 5 ans !

Entreprises

« 2 562 entreprises sont soutenues par BPI France », la banque publique d’investissement.
La poutre se confirme à 2% des sociétés dauphinoises.

Retraites

« 8 972 retraités ont bénéficié d’un départ anticipé depuis 2012 »
Le compteur s’emballe à 3.5% des pensionnés isérois !

Impôts

« 174 618 foyers ont bénéficié d’une baisse d’impôt sur le revenu en 2015 »
Cette fois, le match se joue presque à guichets fermés. Près d’un ménage sur trois a été moins ponctionné par les percepteurs de l’Isère l’an dernier.
Il manque toutefois la statistique des augmentations de prélèvements obligatoires de 2012 à 2016.

Supporter une équipe reléguable ressemble parfois à un sacerdoce.

Factuellement votre

Références et compléments
L’image et les citations sont issues du site « notre idée de la France » le mardi 27 septembre 2016 vers 18 heures.

Les valeurs ayant permis l’étalonnage des données hollandaises proviennent de l’INSEE et de l’Académie de Grenoble.

samedi 11 juin 2016

Liberté Inégalité Hérédité

En France, personnalités et politiciens dénoncent avec constance l’accentuation par le système scolaire des inégalités sociales.
Hélas, les démonstrations des uns et des autres sont souvent mal étayées.

Aussi, fidèle aux habitudes de ce blog, j’ai tenté d’en savoir plus. 
Jugez sur pièces.

Quelle égalité des chances ?


Avec une parfaite égalité des chances, chaque jeune pourrait accéder aux meilleures formations exclusivement en fonction de ses capacités propres et indépendamment de son origine sociale.

Avec un tel idéal, les effectifs de toutes les filières de l’enseignement supérieur refléteraient la diversité nationale.
Dans n’importe quel mastère, quel que soit sa spécialité, 1 étudiant sur 3 devrait être un enfant d’ouvriers et 1 sur 5 issu d’une famille de cadres.

Répartition des français âgés de 18 à 23 ans en fonction de la profession de leurs parents

Des écoles héréditaires d’ingénieurs


Dans notre bel hexagone imprégné de méritocratie républicaine, la logique voudrait que les formations parait-il les plus prestigieuses - immodestement baptisées « grandes écoles » - soient celles où l’ascenseur social fonctionne le mieux.

Il n’en est rien !
Les enfants de cadres sont 3 fois plus nombreux dans les écoles d’ingénieurs que dans l’ensemble de la population. Les rejetons d’ouvriers sont, dans le même temps, quasiment 5 fois moins représentés.

Tous comptes faits, les probabilités pour un jeune de devenir ingénieur sont à peu près 13 fois plus fortes lorsque ses parents le sont que s’il vient des catégories dites « populaires ».
Les écoles de management et les formations de médecine affichent des scores comparables.

Probabilité d'entrée en école d'ingénieurs des jeunes français en fonction de la profession de leurs parents comparée à celle d'un enfant d'ouvriers

Quel remède ?


Étant un mauvais connaisseur du système scolaire, je me garderais bien d'énoncer des recettes magiques.

Toutefois, il est vraisemblable qu'augmenter et, surtout, différentier les moyens de l'enseignement maternel et primaire - suggestions proposées notamment par les dissemblables Luc Ferry et Jacques Attali - serait un investissement pour notre avenir.

La société française se sclérose de plus en plus. Les écarts socio-culturels rapportés ici en sont autant une cause qu'un symptôme.

Quand allons-nous comprendre que le maintien crispé du statu quo sur lequel, paradoxalement, « France d’en haut » et « France d’en bas » s’accordent, est notre pire ennemi collectif ?

Égalitairement votre


Post-scriptum : des statistiques fragiles

Les chiffres de cette chronique sont issus des données officielles du ministère français de l’éducation nationale pour l’année scolaire 2014-2015.

Les valeurs relevées ainsi que leurs conséquences sont toutefois sujettes à caution :
  • Suivant les formations, 10% à 40% des étudiants ne révèlent pas leurs origines sociales.
  • Les statisticiens pistent la profession du « chef de famille ».
    Avec l’évolution des moeurs, cette notion paternaliste est en état de décomposition avancée.
    Dans quelle catégorie, par exemple, se déclare un étudiant fils d’un infirmier (profession dite intermédiaire) et d’une manageuse (cadre) ?
  • Le regroupement des artisans, des commerçants et des chefs d’entreprise - auxquels sont aussi adjoints les agriculteurs - est un fourre-tout disparate.
    Il en est de même pour les professions dites intermédiaires, qui vont du clergé aux contremaitres, ainsi que pour les retraités et inactifs.
    Les déterminants économiques, sociaux et culturels ne sont pas homogènes au sein de toutes ces catégories.

Néanmoins, l’écart d’accès aux études supérieures des enfants d’ouvriers par rapport aux autres catégories sociales est trop criant pour ne pas être significatif, même si prudence et analyses complémentaires restent de mise.

samedi 4 juin 2016

L’Europe est au fond de nos poches

L’air grisâtre du temps nous susurre que tous nos malheurs ont pour unique cause « l’Europe ». Seul un repli résolu vers nos ancestraux états-nations rétablirait prospérité, sécurité et sérénité.

Je suggère aux tenants de cette thèse d’examiner leurs poches avant de poursuivre leur propagande.
Jugez, si j’ose m'exprimer ainsi, sur pièces.

Ce matin, après avoir effectué mon devoir familial, c’est à dire quelques courses destinées à emplir le garde-manger, je me suis amusé à inventorier de mon porte-monnaie.


Sur 8 pièces, 2 étaient françaises, 2 autres italiennes, 1 espagnole, 1 néerlandaise, 1 allemande et 1 autre finlandaise.

Des statistiques plus fouillées que ce déballage personnel indiquent qu’environ 4 pièces sur 10 que nous manipulons sont « étrangères ».

Avant d'être un marqueur économique - la menue monnaie représente une faible part des échanges pour l’essentiel dématérialisés - ce mélange numismatique illustre l'immense et permanent brassage humain au sein de notre continent.

Lorsqu'une pièce finlandaise rejoint la France, c’est qu’un compatriote d’Alain Prost a visité ceux de Mika Häkkinen ou qu’un électeur de Sauli Niinistö est passé par le pays de Hollande.
Certains euros suivent des trajets encore plus complexes via plusieurs pays.

Si d'aventure, nous refermions nos frontières nationales, au delà de l’effet négatif sur nos emplois et revenus, c’est d'abord notre manière quotidienne de vivre qui serait affectée.

Un petit rappel historique pour conclure : les très croissantes et très regrettées années 1960, que d’aucuns voudraient faire renaitre, furent la période la plus dynamique de la construction européenne.

Monétiquement votre

Références et compléments
Voir aussi sur le thème des statistiques du quotidien la chronique "petit rappel de probabilité à l'usage des amalgameurs".

L’euro est la monnaie officielle de 26 états et territoires :
  • Les 19 membres de la « zone euro » : Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Slovénie.
  • Quatre timbres-poste : Andorre, Monaco, Saint-Marin, Vatican.
  • Et même un territoire britannique plaisamment baptisé « Akrotiri et Dhekelia », c’est à dire les bases militaires de Sa Très Gracieuse Majesté situées sur l’île de Chypre.

Pour des détails statistiques fouillés, se reporter à l’article d’avril 2012 de l’INED « Dix ans de diffusion des euros étrangers en France ».

Alain Prost et Mika Häkkinen sont des pilotes automobiles professionnels respectivement français et finlandais.
Sauli Niinistö est, comme presque chacun le sait, le président de la république de Finlande.

Comme à l'accoutumée sur ce blog, la photo a été réalisée sans trucage.

dimanche 7 février 2016

​Mon écriture est-elle trop peu féminine ?

Une twittonaute a récemment souligné que la langue de mes chroniques est indubitablement et péjorativement sexuée.

À l'en croire, je biaiserais souvent avec les femmes, en les affublant de qualifications dévalorisantes.
Elle relevait ainsi l'expression "effarouché comme une première communiante" et me demandait pourquoi j'associais systématiquement l'hystérie à la féminité.

Bien qu'un peu surprise, je décidais, fidèle aux habitudes de mes bafouilles sur la toile, de vérifier par les statistiques la pertinence de cette interpellation.

Remarque sur une de mes saillies postée par la twittonaute "Chica guisante / @laburlanegra" à la fin de la troisième semaine de l'année 2016

Ambiguïtés sexo-linguistiques

Les personnes ou les choses neutres n'existent officiellement pas dans la langue de Simone de Beauvoir.
Mais, en pratique, beaucoup de tournures françaises ne permettent pas d'exercer une sélection entre femmes et non-femmes.

Si "la cycliste a triomphé" désigne, sans hésitation, une sportive ; l'affirmation "les cyclistes grimpent la butte" ne permet pas, sans informations complémentaires, de savoir si ces amies de la pédale sont des meufs, des non-meufs ou une mixture.

Soucieuse de complaire à mes lectrices, j'ai relevé et dénombré dans mes 100 dernières publications, les expressions masculines, féminines et indéterminées.

Les gonzesses à la trappe !


Part des expressions masculines, féminines et indéterminées dans les 100 dernières chroniques Humeurs Mondialisées

À ma grande honte, bien que la qualification "Humeurs Mondialisées" appartienne à la féminitude, je dois reconnaître que mes chroniques sont assurément mâles.
La gent masculine y est évoquée 4 fois plus fréquemment que la féminine !

Pour rétablir la parité, il faudrait que j'abandonne plusieurs de mes matières de prédilection, notamment la politique, la terreur, la guerre et les religions, spécialités où les femmes brillent surtout par leur heureuse absence.

Toutefois, seule une minorité de ma prose est sexuée. Ma production n'est genrée qu'à hauteur de 40%.
Toutes additions faites, je suis peut-être plus politiquement correcte que je ne le crois.

Louanges aux greluches !


Connotations négatives ou positives dans les différentes familles d'expressions des 100 dernières chroniques Humeurs Mondialisées

Je m'exprime peu sur les femmes, mais c'est pour en faire l'apologie.
En ce qui concerne les connotations, les filles d'Ève mènent nettement à la marque, tant vis à vis des non-femmes que des indéterminées.

Ces statistiques sémantiques relancent, en quelque sorte, la sempiternelle dialectique entre la quantité et la qualité.

De surcroît, cette chronique pourrait bien devenir l'ébauche d'une démasculinisation allègre de ma production. J'y ai réussi la prouesse de n'y employer que des expressions féminines.

Honnie soit qui mal y pense !
Genriquement votre

Références et additions
Voir aussi sur des thématiques proches deux chroniques malheureusement peu fémininement titrées :

La phrase complète relevée par la twittonaute "Chica guisante / @laburlanegra" et qui a déclenché ces statistiques sexuées de mon écriture est "histoire de brouiller les pistes, j'ai même déjà expérimenté le divin plaisir de me faire passer pour un adorateur de Satan auprès d'un intégriste devenu aussi effarouché qu'une première communiante".
Elle figure dans la chronique à la nomination semi-indéterminée "les musulmans en France, combien de divisions ?".

samedi 23 janvier 2016

2 français sur 3 hors religion

​Le terrorisme et l'augmentation des migrants ont déchaîné en France un maelström de passions religieuses et anti-religieuses.
Désormais, bistrots, médias et politiques s'enflamment à propos d'islam, de laïcité, de catholicisme, d'identité et de judaïsme. Au point, je pense, de rendre jaloux bouddhistes et protestants.

Fidèle aux rites de ce blog, je vous propose d'examiner les croyances et incroyances hexagonales avec le regard distancié des statistiques.

Le pays de Voltaire, Pascal et Diderot

Les français, pris dans leur ensemble, ont un positionnement varié et équilibré vis à vis des religions.

Un tiers s'énonce non religieux, c'est à dire qu'il doute ou encore que la métaphysique ne l'intéresse pas.
Dans le même temps, un copieux tiers affirme être croyant et un petit tiers ne placer aucune foi en Dieu.

Proportions de français se déclarant religieux, non religieux ou athées

Le pays du petit père Combes

Toutefois, en rassemblant athées et non religieux, les fidèles apparaissent nettement minoritaires.
Les français qui dédaignent le Ciel sont presque deux fois plus nombreux que ceux qui s'y réfèrent.

Proportions de français se situant "hors religion" et de français religieux

Le pays de Charles de Gaulle, Abd al Malik et André Chamson

2 croyants sur 3 - soit 1 français sur 4 - sont catholiques.

L'islam, deuxième foi hexagonale, est clairement distancé avec environ 1 français sur 20, un peu plus d'un croyant sur 7.
Les tenants du catholicisme gallican sont 5 fois plus nombreux que les musulmans bleu-blanc-rouge.

Bien que la France soit la patrie de Jean Calvin, à peine 1 français sur 25 s'énonce protestant, un gros dixième des croyants.

Les autres confessions pèsent sensiblement autant que le protestantisme.
Parmi elles, le judaïsme - pourtant plus ancienne religion française avec plus de 2 000 ans de présence ininterrompue - n'atteint pas 1% de la population hexagonale, grosso modo 1 croyant sur 40.


Paysage religieux et spirituel français

Le pays de 2 traditions

L'histoire religieuse complexe, turbulente et ensanglantée de la France a créé deux fortes traditions structurantes.

D'une part, le catholicisme, autrefois religion d'état et longtemps dominateur, tient une solide seconde place sur le podium de la foi.

D'autre part, pour faire simple, les Lumières, la Révolution Française et les Républicains sont à l'origine d'un courant difficile à qualifier alliant athées, agnostiques, libre-penseurs et anti-cléricaux plus ou moins virulents.
Depuis les années 1960-1970, cette mouvance a décroché la médaille d'or et va, probablement, la conserver un très long moment.

Jointes l'une à l'autre, ces deux traditions françaises écrasent aujourd'hui la scène spirituelle avec l'adhésion de presque 9 français sur 10.

Les autres religions, même si certaines affichent de sympathiques taux de croissance, sont loin derrière.
Si musulmans sunnites et chiites, protestants de toutes dénominations, juifs, orthodoxes, bouddhistes, hindous et de nombreux autres que je n'ai pas la place de citer se réunissaient, ils n'atteindraient qu'un septième du collectif groupant libres-penseurs et catholiques.

Proportion de français d'une part "hors religion" ou catholiques et, d'autre part, adeptes d'une autre spiritualité.

Coexisto-diversement votre

Références et compléments
Cliquer sur les graphiques pour les agrandir.

Voir aussi sur des thèmes connexes les chroniques :
Brève présentation des personnalités citées :
  • Charles de Gaulle (1890 - 1970) n'a jamais dissimulé sa foi catholique. Toutefois, en bon laïque, il n'en a jamais fait de démonstration publique dans ses fonctions officielles
  • Emile Combes (1835 - 1921), surnommé le "petit père Combes", fut un homme politique emblématique du combat laïc et anticlérical aux alentours de 1900.
  • André Chamson (1900 - 1983) écrivain, conservateur de musée et résistant français.
    Protestant engagé, il prit plusieurs fois la parole lors de l'Assemblée annuelle du Désert dans les Cévennes.
    Un extrait d'un de ces discours fait partie des "10 citations contre le terrorisme et la barbarie".
  • Abd al Malik, alias Régis Fayette-Mikano, est un rappeur, compositeur, écrivain et réalisateur français né en 1975.
    Converti à la foi musulmane, initialement très proche des milieux tabligh, il revendique désormais, notamment dans son livre "Qu'Allah bénisse la France", une pratique soufie ainsi qu'un islam "des Lumières" compatible avec la laïcité française.
  • Les trois grands écrivains des XVIIème et XVIIIème siècles représentent la diversité spirituelle française.
    - Voltaire (1694 -1778) était un déiste non religieux à la pointe du combat pour le respect de toutes les croyances.
    Ce lien permet de télécharger le traité sur la tolérance de Voltaire, texte splendide, aisé à aborder et, hélas, toujours d'actualité.
    - Denis Diderot (1713 - 1784) s'affirmait athée.
    - Blaise Pascal (1623 - 1662) clamait son catholicisme tendance janséniste, nous dirions aujourd'hui rigoriste, voire intégriste.
  • Jean Calvin - à ne pas confondre avec les jeans Calvin Klein - est né à Noyon en Picardie en 1509 et est mort à Genève en 1564.
    Ce théologien est, avec l'allemand Martin Luther, un des deux principaux instigateurs de la réforme protestante. Calvin transforma Genève en rigoriste république religieuse, un prototype du Téhéran des ayatollahs en quelque sorte.
    L'auteur s'enorgueillit toutefois d'avoir étudié au lycée pourtant public et laïc de Noyon, plaisamment baptisé, si j'ose dire, Calvin.
     
Les données proposées dans ce billet sont les mêmes, avec une autre présentation notamment graphique, que dans la chronique de janvier 2015 "Les musulmans en France combien de divisions ?".

Principales sources :
  • Deux sondages CSA & IFOP de 2013, intitulés chacun “le catholicisme en France”
  • Sondage WinGallup & REDC de 2012 “global index of religion and atheism” employé aussi dans la chronique "Les religions combien de divisions ? Statistiques de la foi"
  • Sondage IFOP de 2011 “les français et la croyance religieuse”
  • Sondage IFOP de 2009 “étude sur l'implantation et l'évolution de l'islam en France”
  • Sondage CSA de 2004 “les français et la religion”
Ces enquêtes ont des questions et des méthodes très disparates, difficiles à réconcilier. Aussi j'ai procédé avec la méthode dite "des manifestations" consistant à moyenner les chiffres des organisateurs et ceux de la police.

Ce nouveau billet statistique sur les religions et l'athéisme en France doit beaucoup à la twittonaute Bee / @ElisabethBelloc ainsi qu'aux échanges caféinés avec Jean. Un grand merci à tous les deux.

lundi 11 janvier 2016

Les religions combien de divisions ? Statistiques de la foi

Régulièrement, des événements à connotation religieuse font la une de l'actualité, trop souvent à cause d'exactions commises par des fanatiques.

Afin de prendre un peu de hauteur et fidèle - le terme est particulièrement approprié - aux habitudes de ce blog, je vous propose de porter un regard statistique et distancié sur les religions et les croyances.

Un marché mal connu

Première surprise, peu de chiffres sont disponibles sur les religions et il est difficile de donner foi à beaucoup d'entre eux. À croire que nous n'avons pas envie de savoir qui croit quoi.

Une partie des rares sources sont des organisations prosélytes qui cherchent, par le biais de grands nombres, à montrer que les croyances qu'elles promeuvent progressent à la vitesse de la marée au Mont Saint-Michel.

Les pays à religion d'état ne sont pas non plus avares de chiffres montrant l'alignement spirituel de la quasi-unanimité de leurs citoyens.
Ainsi, dans la plupart des pays musulmans, les autorités affirment, sans aucune vérification, que toute la population est de confession islamique, à l'exclusion des personnes issues de familles ancestralement chrétiennes ou juives.

La seule façon de surmonter cette difficulté est d'utiliser la méthode dite des manifestations.
La moins mauvaise estimation du nombre de participants à un défilé consiste à moyenner les valeurs fournies par la police avec celles proclamées victorieusement par les organisateurs.

2 multinationales omniprésentes

En recoupant les différentes sources, il ressort que catholicisme et islam sunnite dominent nettement la sphère religieuse.

En moyenne mondiale, un peu plus d'un croyant sur 5 est un fidèle de chacune de ces deux grandes confessions.

La clientèle du Christ nettement en tête

Par contre, en tenant compte des filiales, le christianisme est nettement leader.
Un fidèle sur 6 place sa foi en Jésus sans pour autant reconnaître l'autorité du pape romain.
Réunis, protestants, orthodoxes, anglicans, coptes et ouailles d'autres dénominations chrétiennes occupent la troisième place sur le podium de la dévotion.

L'islam est plus monolithique.
Aux 21% de croyants musulmans sunnites viennent seulement s'adjoindre 3% supplémentaires de chiites de toutes obédiences.

Un marché qui reste fractionné

L'hindouisme, avec son ancienneté trois fois supérieure à celle de l'islam ou du christianisme, obtient une très honorable quatrième place, avec légèrement moins d'un fidèle sur 6.

À l'inverse, le bouddhisme peine dans la côte avec un peu glorieux 7%, seulement un croyant sur 14 !

Le reste du marché religieux est dispersé.
Environ 15% des fidèles suivent une myriade de religions tribales, chamaniques ou chinoises mais aussi le judaïsme, le jaïnisme, le sikhisme, le zoroastrisme, la scientologie ou encore le rastafarianisme cher au regretté Bob Marley.
J'arrête ici une énumération qui pourrait occuper de nombreuses lignes.

Répartition mondiale des croyants des différentes religions

4 personnes sur 10 hors marché

Ces chiffres sont fort sympathiques mais oublient allègrement que nombres d'entre nous ne peuvent ou ne veulent se définir vis à vis d'une religion ou d'une foi.

Un célèbre institut de sondages pose régulièrement, dans 57 pays représentant trois quarts de la population mondiale, la question "indépendamment de votre fréquentation de lieux de dévotion, diriez-vous que vous êtes une personne religieuse, une personne non religieuse ou un athée convaincu ?".

Les résultats de la dernière livraison datée de 2012 changent la perspective.
Un petit quart de l'humanité se considère non religieux, 13% s'affichent athées et une personne sur 20 ne sais même pas se situer.

Répartition mondiale des attitudes vis à vis de la foi

Un marché spatialement mal réparti

Ces moyennes internationales recouvrent de fortes disparité géographiques.

La palme de la croyance revient au Ghana qui bat, sur le fil, le Nigeria, l'Arménie et les Îles Fidji.
Dans chacun de ces états, plus de 90% de la population s'affirme religieuse.

A l'autre bout du spectre, Chine, Japon et République Tchèque sont médaillés en mécréance avec de l'ordre de 8 de leurs ressortissants sur 10 à l'écart de la foi.

La fille aînée de l'Église est d'abord mécréante

La France, vieux pays catholique, n'affiche qu'un gros tiers de personnes religieuses, autant qu'en Australie ou à Hong Kong.

Le pays de Voltaire se distingue toutefois par son fort taux d'athéisme (29%).
Sur ce dernier point, Paris, Prague et Tokyo se valent.
Ils sont toutefois largement dépassés par Pékin qui explose l'agnostimat avec une petite moitié d'athées déclarés, les célèbres athées de Chine.

Près d'un tunisien sur 4 à l'écart de la religion

En Tunisie, trois quarts des habitants se déclarent religieux.

Dans le même temps, 22% des tunisiens s'énoncent non religieux, 2% ne répondent pas et un microscopique pourcent s'affirme même athée.

Ces valeurs sont comparables à celles relevées en Arabie Saoudite.

L'absence de religion première religion mondiale

Combiner et agréger mondialement les types de croyances avec les attitudes vis à vis des religions débouche sur une troisième image.

Le groupe de loin le plus nombreux - 4 humains sur 10 - est formé par les personnes en dehors des religions.

Les chrétiens, tous dossards confondus, obtiennent la médaille d'argent avec un petit quart de la population planétaire.

Suivent ensuite les musulmans et les hindous avec, respectivement, 1 personne sur 7 et 1 sur 10.

L'ensemble de toutes les autres religions recueille l'adhésion d'un citoyen du monde sur 8.

Répartition mondiale des attitudes vis à vis de la foi et des religions

Cette exposition chiffrée de la réalité mondiale de la foi a peu de chances de plaire aux zélateurs de tous poils, longs ou ras, à qui elle rappelle que l'univers de nos croyances, non-croyances et incroyances est divers.
Un hymne statistique au respect mutuel en quelque sorte ...


Humainement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
- Les données sur l'attitude vis à vis de la religion et de l'athéisme proviennent du Global Index of Religion and Atheism 2012 réalisé par REDC et Win-Gallup International.

- Les valeurs du nombre de croyants ont été moyennées d'après les 3 sources principales citées par Wikipedia dans son article sur la religion :
. Status of Global Mission 2013
. adherents.com
. chartsbin.com
La première source est éditée annuellement par des missionnaires chrétiens.
Les deux autres sont des compilations de multiples données réalisées collaborativement par des amateurs de statistiques.

- Ce billet sur le comptage des religions et de l'athéisme a été initialement publié sous une forme légèrement différente mais avec les mêmes chiffres en août 2013.

- Je n'ai pas su résister au calembour "athées de Chine". Je prie, si j'ose dire, les âmes sensibles de me pardonner.

vendredi 8 janvier 2016

Fermer les frontières diminuerait le chômage

​Les attentats et l'afflux de réfugiés ont ravivé en France le débat sur les contrôles systématiques aux frontières.
Hélas, ni les politiciens soutenant cette mesure, ni les journalistes qui les questionnent ne semblent se soucier de mise en oeuvre concrète.
Pour combler cette lacune, voici une évaluation chiffrée d'une clôture de la patrie du regretté André Maginot.

Poste de douane de Meyrin à la frontière franco-suisse près de Genève
(voir la chronique sur les confins de l'Union Européenne)

1 500 passages par minute

Tous les ans, au bas mot, 800 millions de personnes entrent ou sortent de notre bel Hexagone.

Ce gigantesque va-et-vient est comparable au départ du territoire national puis au retour, répétés tous les 2 mois, de l'intégralité de la population française, des nouveaux-nés aux centenaires.

Une illusoire fortification

Les djihadistes susceptibles de venir jusque dans nos bras égorger nos femmes et nos enfants seraient, d'après les gazettes, de l'ordre du millier.

Autrement dit, pour les bloquer, la police frontalière devrait effectuer ses vérifications avec une efficacité très nettement supérieure à 1 pour 1 million, soit 10 à 100 fois mieux que les exigences pour la pharmacopée ou les airbags.

Si nous faisons l'hypothèse optimiste que les forces de l'ordre ne se trompent qu'une fois sur 1 000 - c'est à dire que nos pandores sont aussi performants que les meilleurs examens médicaux - 800 000 personnes sans histoire seraient annuellement considérées à tort comme terroristes et devraient faire l'objet d'une enquête approfondie.
Soit, à peu près 4 suspects supplémentaires par policier ou gendarme français.
Le temps passé à dédouaner ces braves gens limiterait d'autant les investigations ciblées par effet de saturation de la police et de la justice.

Portail matérialisant la frontière France-Suisse vers Meyrin

2 fois plus de képis

Monitorer l'ensemble des passages frontaliers mobiliserait entre 20 000 et 40 000 argousins et gabelous, suivant la longueur des files d'attente que nous serions prêts à tolérer.

Ralentir la traversée des frontières provoquerait quelques menus dommages collatéraux puisque, sensiblement, un quart de notre consommation vient de l'étranger, qu'un quart de notre production quitte notre beau pays et que le tourisme emploie 1 français sur 12.

De surcroît, verrouiller les postes frontière sans surveiller étroitement les 3 000 km de limites terrestres ainsi que les 4 700 km de littoral de notre splendide métropole n'aurait aucune utilité.
Garder les pourtours de la France demanderait à peu près 50 000 patrouilleurs, c'est à dire l'équivalent de 5 dispositifs Sentinelle.

Remplir ces deux missions conduirait, grosso modo, à doubler l'actuelle gendarmerie nationale.
Toutefois, créer ces 90 000 postes de flics comblerait d'aise François Hollande à la recherche désespérée de l'inversion de la courbe des sans-emplois.

Il ne faut pas non plus oublier les passeurs basques, savoyards, jurassiens ou ardennais qui reprendraient un service, artisanal mais lucratif, de transport des personnes que le départ de la Wehrmacht et les accords de Schengen ont injustement mis à mal.

Un nouvel impôt

Selon toute vraisemblance, la gendarmerie bis affectée à la défense de nos frontières coûterait autant que sa sœur aînée, environ 8 milliards d'euros annuels.

Au 1er janvier, sous peine de déchéance de nationalité, chaque français devrait verser volontairement une obole obligatoire de 125 € pour financer ces nouveaux poulets qui transformeraient la France en camp retranché, sans pour autant diminuer le terrorisme.

Daech et consorts veulent nous faire perdre la raison.
Résister à ces crétins barbares ne sera possible que si nous ne conservons nos pieds au sol et notre clairvoyance.

Réalistement votre

Références et compléments
Voir aussi d'autres chroniques ayant pour thèmes les frontières :


Malgré une recherche fouillée sur le web, je n'ai pas réussi à trouver des statistiques fiables sur le franchissement des frontières françaises.
Mon évaluation de 800 millions de passages annuels provient de l'agrégation de :

  • 85 millions de touristes et 120 millions d'excursionnistes étrangers chaque année.
    L'excursionniste est, pour le statisticien, un visiteur venu une journée et ne passant pas de nuit sur le territoire français alors que le touriste, lui, dort au pays de Novotel.
  • Environ 700 000 frontaliers français allant quotidiennement travailler dans un pays limitrophe.
    Les chiffres concernant cette catégorie de personnes sont très flous et varient du simple au triple.
    Les frontaliers étrangers travaillant en France n'ont pas été comptés.
  • Une trentaine de millions de français non frontaliers se rendant à l'étranger.
    Les valeurs sur ce point sont encore plus vaseuses.

Au final, 800 millions de passages me paraît être proche de la valeur réelle qui se situe dans une vaste fourchette allant de 500 millions à 1.2 milliards, voire plus.

L'estimation des effectifs policiers pour garder les frontières repose sur les hypothèses plus roses que grises :

  • 1 minute en moyenne pour contrôler une personne à la frontière.
  • "Taux de service" compris entre 25% et 50% pour limiter, mais pas supprimer, les files d'attente.
  • 2 hommes au kilomètre pour surveiller les frontières terrestres et un seul pour le littoral avec une organisation en 5 équipes pour assurer la permanence.

André Maginot est un homme politique français connu pour avoir initié la construction des fortifications frontalières baptisées "ligne Maginot" qui, comme chacun sait, ont parfaitement protégé la France en 1940 des assauts de l'Allemagne nazie.

Mes principales sources sont Wikipedia, Google et l'INSEE.

Merci à Jean et Dominique qui, autour du tasse de café, m'ont aidé à finaliser cette chronique numérico-frontalière.

dimanche 4 octobre 2015

​Les Hautes-Alpes détiennent le record mondial des homicides

​En France, un des sports nationaux consiste à saisir la moindre circonstance permettant de dénigrer les Etats-Unis d'Amérique.
L'évènement le plus insignifiant est prétexte à railleries.
Ainsi, cette semaine, une fusillade ordinaire dans une université rurale de l'Oregon a permis de dauber, une fois de plus, un pays de cow-boys mal dégrossis et psychotiques, à la gâchette beaucoup trop facile.

Pourtant, les statistiques, rapportées dans un précédent billet, sont formelles. On n'homicide annuellement aux USA qu'une personne pour 20 000 habitants.
Certaines régions de France atteignent des taux nettement plus élevés qui devraient nous conduire à mettre en sourdine notre anti-américanisme spontané.

Pour preuve, une série de trois émissions télévisées, baptisée "Alex Hugo", diffusée au mois de septembre 2015 sur la chaîne publique France 2, média de haute qualité et fiabilité, puisque financé par nos impôts et ne dépendant pas d'industriels milliardaires de la téléphonie, du luxe ou de l'armement en mal de lobbying et de prêts bancaires.

Trois semaines d'affilée, durant 90 minutes, le téléspectateur a pu suivre le difficile travail des policiers ruraux au coeur des villages d'altitude des Hautes-Alpes.

Contrairement aux gardes champêtres de mon enfance, ces protecteurs montagnards de la loi consacrent l'essentiel de leur temps, non pas à la lutte contre le maraudage et le braconnage, mais à empêcher de nuire les auteurs d'homicides alpestres.
En une vingtaine de jours, pas moins de dix meurtres, ainsi que quelques coups et blessures notables, ont été, grâce à la redevance audiovisuelle, retransmis sur les écrans de France 2.

Pourtant, le charmant département des Hautes Alpes ne compte que 140 000 habitants, dont 60 000 dans l'agglomération de Gap.
10 assassinats en 3 semaines au sein d'une population de 80 000 personnes conduisent à l'exorbitant taux annuel d'un homicide pour 500 habitants.
Le record mondial du Honduras et le ruban bleu français de la Guyane avec, par année, respectivement, un zigouillage pour 1 200 et 7 000 têtes de pipe sont très largement enfoncés.

Comme le chantait le regretté Jean Ferrat, la montagne est belle mais peut s'avérer, à en croire mon téléviseur, très meurtrière !
Aussi, je m'étonne que le conseil départemental des Hautes Alpes ait contribué au financement de cette série mettant en valeur l'insécurité régnant dans un territoire à vocation touristique.

Samuel Le Bihan, héros éponyme de la série TV policière Alex Hugo
Homicido-alpestrement votre

Références et compléments
- Pour une vision numériquement plus posée sur les meurtres et assassinats, se reporter au billet "les nombres qui tuent - chronique statistique des homicides".

- Je profite de cette chronique pour saluer Franck des Hautes Alpes qui se reconnaîtra.

- Article Wikipedia sur la série télévisée Alex Hugo

mercredi 12 août 2015

Avons-nous cessé de manger : quelle est notre vraie consommation ?

Nombre d'analyses de la consommation en France se focalisent exclusivement sur les pourcentages.
Leurs auteurs peuvent ainsi nous expliquer doctement que nos dépenses d'alimentation et d'habillement s'écroulent alors que celles consacrées aux télécommunications et aux loisirs explosent.
À les croire, les entreprises de victuailles ou de textile devraient dare-dare se reconvertir dans l'internet ou, à défaut, mettre la clef sous la porte.

La réalité est plus subtile. Je propose que nous l'examinions ensemble.

En 50 ans, notre consommation a doublé

Vers 1960, la génération de mes parents - une fois soustraits impôts et épargne - dépensait en moyenne mensuelle un peu moins de 600 € (valeur 2007) par personne.
Actuellement, nous approchons des 1 200 € par français.
Hors inflation des prix, en moins de deux générations, nous avons multiplié par 2 nos achats.

Dépenses mensuelles de consommation en France en euros constants (valeur 2007) par personne

La bouffe toujours largement en tête

Un quart de notre consommation est consacré à manger, boire et fumer, 300 € mensuels par bouche à nourrir.
En 1960, 210 € suffisaient. À l'époque, cela équivalait à un gros tiers des dépenses des ménages. L'expression "gagner son pain" conservait alors tout son sens.
Un demi-siècle plus tard, nous ne mangeons pas plus mais notre alimentation est devenue plus élaborée et plus diverse.

Avoir un toit nuit gravement à son portefeuille

Juste après le couvert, le gîte est le second adversaire de nos comptes en banque.
Un cinquième de nos dépenses, 220 € par mois et par personne, sert à nous abriter de la pluie et des embruns.
En 1960, s'abriter coûtait 80 € mensuels, mais le confort actuel et d'alors sont-ils comparables ?

De plus en en plus mobiles

Aujourd'hui, comme durant les trente glorieuses, les transports en tous genres constituent le troisième poste de nos dépenses.
Un sixième de nos achats sert nous transbahuter, 200 € par mois et par tête de pipe.
Soit le triple qu'en 1960, l'automobile mais aussi aux transports collectifs nous ont donné la bougeotte.

Habillement et loisirs progressent gentiment

Vers 1960, un français consacrait de l'ordre de 60 € mensuels à chacun de ces deux types de consommations.
Actuellement, ces valeurs ont presque doublé. Pas si mal pour des montants soit-disant en recul !

Télécommunications et informatique arrivent de nulle part

Lorsque la moitié de la France attendait sa ligne téléphonique et l'autre moitié la tonalité, les dépenses de communication se limitaient à l'achat de timbres et de papier à lettre, soit à peine 1 € mensuel par personne.
En 2007, téléphonie mobile, ordinateurs et internet obligent, cette somme s'était envolée à 70 €.
Depuis la progression n'a pas cessé et ne semble pas décidée à stopper.

De plus en plus de services

Santé, éducation, assurances, finances ... toutes ces activités contribuent à trouer notre porte-monnaie de 180 € chaque mois. Deux fois et demi plus qu'en 1960.
Toutes catégories confondues, un petit tiers de nos achats est devenu immatériel.

Toujours plus ?

N'en déplaise aux prophètes grisâtres, malgré les vicissitudes et surtout les inégalités, en moyenne, notre consommation ne cesse de croître.
De toutes les rubriques détaillées suivies par la comptabilité nationale française, une seule a diminué en volume depuis 1960, la réparation des biens de consommation courante. Nous préférons désormais jeter plutôt que de retaper.

Toutefois, certains produits ou services tirent mieux leur épingle du jeu que d'autres. Même avec beaucoup de bonne volonté, il est vraiment difficile de manger deux fois plus, par contre notre soif d'information - au sens étymologique - est potentiellement illimitée.
La stratégie des entreprises doit s'adapter à cette donne.
Ainsi, le secteur agro-alimentaire doit rechercher l'augmentation de la valeur de ses productions alors que télécommunications & informatique ont intérêt, pour l'instant, à être obsédées par les volumes.

Consumériquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
- L'idée de cette chronique m'a été soufflée, il y a très longtemps, par le twittonaute @gael2010

- Tous les valeurs proposées dans ce billet sont issues, directement ou après recalcul, du dossier de l'INSEE, l'institut français de statistiques économiques, "la consommation des ménages depuis 50 ans" publié sur la base de données de 2007.
Ce sont, malheureusement, les chiffres détaillés les plus récents que j'ai réussi à dégoter.
Les valeurs sont exprimées, hors inflation, en euros constants de 2007.
Il s'agit de la consommation et non pas des revenus. Impôts, cotisations sociales et épargne viennent s'intercaler entre ces deux agrégats.
La catégorie santé recouvre exclusivement les cotisations aux mutuelles ainsi que les dépenses non remboursées.
Les chiffres ont été arrondis pour faciliter la compréhension.

lundi 1 juin 2015

Si on mettait les immigrés dans des bus ?

En France, l'immigration est devenue une obsession nationale.
J'ai déjà utilisé vis à vis de cette fixette le froid étalon des statistiques.

Toutefois, de bons esprits, de gauche comme de droite, m'ont rétorqué que nous n'étions pas dans le domaine des chiffres mais dans celui de l'identité, des perceptions et des sensations.

Soucieux de me conformer à l'air du temps et - comme aurait dit le regretté Georges Brassens - de complaire aux sycophantes, j'ai choisi d'illustrer l'immigration au fil du temps plutôt de la décompter.

Les transports en commun étant des endroits de brassage de la population, j'ai fait monter dans des bus une cinquantaine de personnes représentatives de la France de leur époque.

En 1930, en moyenne, un bus Renault TN6 emportait 47 français, 2 italiens et 1 polonais

En 1960, un bus Renault TN6 véhiculait 47 français, 1 italien et 2 européens d'autres origines


En 2015, un très moderne autobus MAN NG313 transbahute 46 français, 1 européen, 1 algérien, 1 marocain et 1 personne venant du reste du monde

Mélangiquement votre

Références et compléments
- Pour voir les illustrations en plus grand format, cliquer dessus.

- Voir aussi la chronique “Combien d'immigrés musulmans en France ?”

- J'ai beaucoup de plaisir à indiquer que le daltonien que je suis peine à distinguer les "badges drapeaux" français et italiens.
Le myope-presbyte que je suis aussi confond les autres !

- Le nombre de passagers est issu des très sérieuses statistiques de l'INSEE que je me suis contenté d'arrondir avant de les faire grimper dans les autobus.

- Les photos des bus de la RATP proviennent de Wikimedia Commons
. bus Renault TN6
. bus Somua OP5
. bus MAN NG313

- Les "badges drapeaux" sont l'oeuvre de Nordic Factory

jeudi 7 mai 2015

Je suis un crétin des Alpes catholique et islamophobe

Cette semaine, grâce à deux vedettes médiatiques paradoxales, que je remercie, j'en ai plus appris sur ma personnalité profonde qu'au cours des 54 premières années de mon existence.

Prénom catholique = religion catholique

Tout d'abord, Robert Ménard - maire d'extrême-droite de la ville de Béziers après avoir été le défenseur de la liberté d'expression "sans frontières" - nous a doctement expliqué que "les prénoms disent les confessions" et "qu'affirmer l'inverse c'est nier une évidence".
Ainsi, avec cette technique anthropométrique dernier cri, ce brillant édile a pu mesurer que 68.1% des enfants de sa bourgade pratiquaient les rites de la Musulmanie.

Mes parents m'ayant appelé Didier, je suis, en vertu de la méthode Ménard, indéniablement catholique.
En effet, ce prénom est celui du saint très catholique Didier, évêque de Vienne en Isère, canonisé pour être malencontreusement décédé d'un accident de travail dans l'exercice de ses fonctions aux alentours de l'an 608.
En effet, Brunehaut, alors reine des Francs, pourtant convertie au catholicisme, appréciait peu que son management du royaume, belliqueux et brouillon, soit critiqué par un ecclésiastique volubile.
Telle Daech, elle a embauché des repris de justice qui ont cloué le bec du prélat trop bavard en le lapidant.

Il y a juste un détail qui m'échappe dans la manière biterroise de ficher la religiosité de la population.
Comme sensiblement deux tiers des français se déclarent hors religion, je n'ai pas compris comment détecter un prénom athée.
Si le très savant Robert Ménard souhaite nous éclairer sur ce point, je me ferai un devoir de reproduire ses prescriptions éclairées.

Je suis Charlie = je discrimine les musulmans

Ensuite, Emmanuel Todd - autrefois analyste subtil des structures familiales, désormais défenseur autoproclamé de l'esprit de Valmy face aux hordes germano-libéralo-cosmopolites - a, tout aussi doctement que son confrère Ménard, démontré que le catholicisme de mon prénom couplé à mon lieu de résidence avait des influences délétères sur mon comportement et mon libre-arbitre.

Au début de cette année, comme de millions d'autres français, j'ai eu le grand tort d'être "Charlie" et d'avoir manifesté les 7 et 11 janvier.
Ce faisant, je me suis "menti à moi-même". Je n'ai pas réagi à une attaque barbare contre nos libertés et valeurs mais, au contraire, j'ai affirmé haut et fort mon appartenance à une oxymorique "oligarchie de masse" et fait la promotion d'une "domination" de la "France blanche".

Tout cela parce que j'habite dans une région "périphérique" où "perdure une subculture catholique".
Cette dernière a le même effet sur moi que le dopage sur le peloton cycliste.
À l'insu de mon plein gré, je suis, comme beaucoup trop d'habitants de Rhône-Alpes, un "catholique zombie".
D'après le distingué anthropologue, la proximité de Notre-Dame de la Salette et du Saint-Suaire de Turin, les ondes telluriques alpines et le manque d'iode réunis me pousseraient à revêtir un masque d'apparence laïque et libertaire pour mieux mettre en avant mes véritables sentiments "religieux", "vichyssois et anti-dreyfusards" et ainsi opprimer sans vergogne les "musulmans minoritaires".

Au vu du diagnostic du docteur Todd, les membres de mon entourage avec qui j'ai arpenté les rues de Grenoble le 11 janvier dernier gagneraient à annuler leurs prochains pèlerinages, à consulter rapidement un spécialiste de la thyroïde ou encore à songer sérieusement à transférer leur domicile dans une région de subculture républicaine.

Çà aurait pu être pire !

Pour conclure, une petite lueur d'espoir dans mon malheur : je suis né un dimanche.
Si j'étais venu au monde un Jedi, j'aurais avec moi une Force sans limite pour décupler les effets islamophobes de mon crétinisme alpestre.

Iodiquement votre (Yodiquement votre ?)

Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
- Tentative d'explication de la laïcité française à mes amis hors de l'Hexagone
- Les musulmans en France, combien de divisions ?
- Les religions, combien de divisions ? Statistiques de la foi

dimanche 29 mars 2015

Combien de gaulois entravent le rosbif ?

Depuis les attentats à Paris en janvier dernier, politiciens en panne d'idées et experts autoproclamés nous rebattent, à nouveau, les oreilles avec l'établissement de statistiques ethniques en France.

Il est pourtant un domaine voisin, les pratiques linguistiques, qu'il est possible et légal de mesurer aisément.
Or, après avoir longuement fourragé dans Google, à ma grande surprise, il n'existe pratiquement aucun chiffre fiable sur les langues employées en France, au travail, dans la vie sociale ou en famille.

Pourtant, capter et parler d'autres jargons que le sien est un immense avantage.
Économique tout d’abord, dans toute exportation ou importation, l'échange linguistique précède toujours l'échange commercial et monétaire.
Humain ensuite, comprendre les autres est une bonne manière de ne pas les craindre.

Fidèle aux habitudes de ce blog, je suis parti à la recherche des chiffres manquants.

La seule enquête un peu fouillée que j’ai réussi à dégotter concerne exclusivement la pratique de l’anglais chez les cadres.
Réalisée conjointement par un site d’offres d'emploi en ligne et un organisme de formation … à la langue de Bill Gates, sa méthode laisse à désirer. Néanmoins, il nous faut faire contre mauvaise fortune bon coeur car il s'agit de la seule base disponible.

J'ai étendu ces données, en faisant l'hypothèse optimiste que l'idiome d’Henry Ford était légèrement, mais pas drastiquement, moins utilisé et donc maîtrisé dans les autres catégories professionnelles.

Les résultats obtenus sont accablants.
Plus de 8 compatriotes de Molière sur 10 peinent avec Shakespeare.
Estimation de la pratique de l'anglais en France
Environ deux tiers des français sont coupés du monde anglophone. Un gros quart baragouine.
Seulement 1 sur 7 réussit à converser et écrire dans la langue mondiale.

Amis politiciens et électeurs, en ce jour de vote, il y a peut-être des préoccupations plus essentielles pour faire repartir la France d'un bon pied que la présence de porc dans les cantines scolaires et le régime légal de la prostitution ...

Anglophoniquement votre

Références et compléments
- Voir aussi "My tailor writes a mail - Anglais international tous terrains".
- Les chiffres présentés ont été déterminés par mes soins à partir d'une enquête linguistique réalisée début 2015 par Cadremploi et 1to1English et des statistiques socio-profesionnelles de l'INSEE.
 

samedi 24 janvier 2015

Combien d'immigrés musulmans en France ?

De bons esprits, dont la voix au chapitre a été affermie par l'actualité française récente, professent que l'hérédité et la géolocalisation engendreraient, une bonne fois - une bonne foi ? - pour toutes, pratiques religieuses, convictions, voire même comportements.

D'aucuns aperçoivent même une cinquième colonne à l'emblème du croissant et de l'étoile envahir le pays de Vercingétorix, Charles Martel et Jeanne d'Arc et venir jusque dans nos bras … …
À les croire, ces cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers !

Quoi qu'il m'en coûte, j'ai cherché à mesurer la longueur de cette cohorte à l'aide de l'étalon froid et dépassionné des statistiques.

Peu d'informations fiables

Comme pour l'estimation des croyances religieuses, les données indubitables manquent car nul ne peut être sommé d'assumer ses aïeux.

Toutefois, l'INSEE effectue des évaluations avec un niveau correct de sérieux scientifique. Les derniers chiffres datent de 2008 et restent représentatifs des ordres de grandeurs actuels.

Combien de migrants et d'enfants de migrants en France ?

À cette date, 4 résidents français sur 5, c'est à dire 52 millions de personnes, faisaient partie de ce que les démographes baptisent plaisamment la population “majoritaire”, c'est à dire nés en France de parents nés aussi en France.

Un cinquième des hexagonaux, 12 millions d'individus, ne répondaient pas à ce critère, car soit nés à l'étranger, soit ayant au moins un de leurs parents venu au monde loin de la patrie de Charles Maurras.

La tranche d'âge de 18 à 50 ans comporte le plus de personnes liées aux migrations, environ un tiers.
Par voie de conséquence, actuellement, 4 nouveaux-nés sur 10 dans notre bel Hexagone possèdent au moins un grand-parent étranger.

Pour l'ensemble de la population, la statistique n'a pas été actualisée depuis longtemps. Raisonnablement la proportion se situe entre un quart et un tiers.
Je vous invite à faire le test dans votre entourage, en remontant même, dans la mesure du possible, aux arrière-grands-parents. La barre symbolique de la moitié est très souvent franchie.
Répartition de la population résidant en France métropolitaine en 2008. "Issue de l'immigration" regroupe les personnes nées hors de France métropolitaine ou avec au moins un parent né hors de France métropolitaine.

D'où viennent-ils ?

Parmi les personnes immigrées ou d'ascendance directe immigrée, une petite moitié, 5.5 millions, un français sur 12, est originaire d'Europe.

Un peu plus de 3.5 millions, c'est à dire un hexagonal sur 18, ont leurs racines au Maghreb.

L'Afrique subsaharienne et la Turquie ont fourni respectivement 1.2 million et 500 000 personnes.

Enfin 2% de la population française, grosso modo 1.3 millions, sont liés aux autres contrées de notre belle planète.
Répartition de la population résidant en France métropolitaine en 2008. Mêmes critères que graphique précédent.

Combien de “musulmans” parmi eux ?

Faisant fi de la liberté de conscience et des trajectoires individuelles, de doctes commentateurs soutiennent que croyances et conduites sont déterminées par la géographie des ancêtres.
Selon eux est “musulman” tout individu dont une partie de la famille a des attaches dans des régions où l'islam est la religion majoritaire.

Pour éviter à ces brillants cerveaux une trop lourde charge arithmétique, j'ai effectué le comptage à leur place.

En mettant des lunettes grossissantes, on peut estimer qu'un peu plus de 4.5 millions de résidents français, un sur 14, sont originaires de pays dits “musulmans”.
Ces supposés “musulmans” ne sont pas majoritaires au sein des migrants et enfants de migrants puisque 6 sur 10 d'entre eux ont leurs attaches dans des zones dépourvues de mosquées.
Répartition de la population résidant en France métropolitaine en 2008. Mêmes critères que le premier graphique.

#JesuisCharlie
Mélangiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi, dans la même veine :
- Sources
  • Etudes INSEE "Immigrés et descendants d'immigrés en France - Insee Références - Édition 2012" et "Trajectoires et Origines - Enquête sur la diversité des populations en France - 2010".
  • Article Wikipedia "l'immigration en France"
- Les phrases mises en évidence en début de chronique sont extraites des couplets 1 et 3 de la Marseillaise de Rouget de Lisle, hymne national de la France.
Liberté, Liberté chérie, combats avec tes défenseurs !

mercredi 21 janvier 2015

Les musulmans en France, combien de divisions ?

En France, les attentats ont rallumé le débat sur les religions et l'ethnicité.
Depuis le mitraillage à Charlie Hebdo, "musulman" est devenu un terme tendance dont on ne sait s'il représente les croyants ou les pratiquants de l'islam ou encore les personnes venues de pays à majorité musulmane, voire ceux dont un ancêtre, à un degré mal défini, aurait frayé dans ces lointaines contrées.

Je vous propose, conformément aux habitudes de ce blog, d'envisager ces questions avec le regard froid et dépassionné des statistiques et de vous laisser vous forger votre propre opinion.

L'impossible mesure du religieux

Déterminer les parts de marché des différentes religions dans un pays donné est une question délicate car la foi est de l'ordre de l'intime et nombreux sont ceux sans opinions et pratiques théologiques tranchées.
De surcroît, en France, légalement, la liberté de conscience est absolue et nul n'est tenu de proclamer sa bonne ou sa mauvaise foi.

Imaginons quelques instants un sociologue souhaitant s'enquérir de mes convictions religieuses.
Techniquement, je suis catholique car j'ai été baptisé et mon prénom figure toujours sur les registres ecclésiaux.
Toutefois, à l'exclusion de quelques mariages ou enterrements, je ne vais jamais à la messe.
Quant à mes connaissances des textes sacrés, de leurs commandements et de leur morale ainsi que mes croyances envers les divinités et l'au-delà, ce blog n'étant pas un confessionnal, vous n'en saurez rien et le sondeur non plus !
Histoire de brouiller les pistes, j'ai même déjà expérimenté le divin plaisir de me faire passer pour un adorateur de Satan auprès d'un intégriste devenu aussi effarouché qu'une première communiante.

Le même enquêteur est confronté à de plus grandes difficultés face aux personnes possiblement musulmanes. Les marqueurs statistiques les plus faciles à relever n'existent pas ou peu. L'islam ne comporte pas de sacrements et la prière à la mosquée, quoique recommandée, n'est en rien une obligation. De surcroît, à l'instar du protestantisme, le clergé n'a pas de structure définie et hiérarchique.
La mesure du bouddhisme ou de l'hindouisme n'est pas plus aisée.

Pas étonnant dans ces conditions que les rares sondages et enquêtes sociologiques sur les religions affichent des résultats encore plus flous et contradictoires que les enquêtes politiques.

Afin de surmonter cette difficulté et de complaire à mes fidèles lecteurs, j'ai procédé suivant la méthode dite du comptage des manifestants, consistant à moyenner et à comparer les chiffres de différentes provenances.

Quel est le poids du religieux en France ?

À la question directe "croyez-vous en Dieu ?", une grosse moitié des français interrogés répond oui et une petite non.
Bizarrement, dans cette enquête, l'institut de sondage n'a pas jugé utile de prévoir l'option “ne sais pas”, les agnostiques sont priés de ne plus douter.
Pourcentage de personnes résidant en France vis à vis de la croyance en Dieu

Lorsque le sujet est abordé de manière moins binaire, la population de notre bel Hexagone se répartit grosso modo en 3 tiers.
Un peu plus d'une personne sur 3 se déclare religieuse, 29% s'affirment athées et le tiers restant non religieux.
Cette statistique varie beaucoup avec l'âge. Plusieurs résultats concordants indiquent que pas loin de la moitié des moins de 30 ans s'affirment athées ou sans religion. Il semblerait que les clergés de tout poil aient un problème de positionnement stratégique.
Pourcentage de personnes résidant en France vis à vis de la religion

Tous comptes faits, la France compte environ 24 millions d'ouailles de toutes sensibilités qui s'affirment concernées par le religieux, de l’ordre d'une personne sur 3.
Dans le même temps, 42 millions d’hexagonaux se mettent hors religion.
Pourcentage de personnes religieuses ou hors religion résidant en France

Quel est le poids des religions en France ?

Parmi le tiers religieux, le catholicisme occupe, de très loin, au sommet du podium.
Sensiblement un quart des français - 17 millions de personnes soit 2 croyants sur 3 - y adhère avec une pratique minimale.
Toutefois la messe hebdomadaire n'est suivie que par quelques pourcents de la population, entre un sixième et un dixième des catholiques suivant les sources.

L'islam décroche la médaille d'argent, mais sans avoir participé à la course au titre.
En conservant le critère de croyance associée à une pratique minimale, 3% à 6% des résidents français s'affirment musulmans, soit environ un sur 20 à 25, approximativement 2.5 à 3 millions de personnes. Grosso modo, un croyant sur 8.
Une enquête, avec des gages raisonnables de sérieux, a montré que les personnes vivant en France issues de familles pratiquant la foi musulmane se répartissaient en trois groupes sensiblement égaux : des musulmans se disant croyants et pratiquants, des personnes s'identifiant comme musulmanes mais sans pratique religieuse et des personnes se déclarant sans religion.
À bien y regarder, des affirmations peu éloignées de celles des personnes élevées dans d'autres fois.

Toujours chez les personnes se déclarant religieuses, le protestantisme, en groupant toutes ses obédiences, concerne de l'ordre de 3 à 4 hexagonaux sur 100, c'est à dire de 2 à un petit 3 millions de croyants.
Le judaïsme ferme la marche autour d'un sur 100, voire moins, assez nettement en dessous de la barre symbolique du million.
À ces chiffres microscopiques, il convient d'adjoindre, pour faire bonne mesure, 2% à 3% d'autres religions aussi diverses que variées, environ 2 millions de personnes rétives aux leaders du marché du Ciel.
Pourcentage d'adhésion aux religions des personnes résidant en France

#JesuisCharlie c'est à dire athéico-agnostico-catholico-islamico-protestantico-judaïco-diversico-laïquement votre

Références et compléments
- Voir aussi :
- Voici la liste des différentes sources que j'ai employé. Ces enquêtes ont des questions et des méthodes très disparates, difficiles à réconcilier.
  • Sondages CSA & IFOP de 2013, tous deux intitulés “le catholicisme en France”
  • Sondage WinGallup & REDC de 2012 “global index of religion and atheism”
  • Sondage IFOP de 2011 “les français et la croyance religieuse”
  • Sondage IFOP de 2009 “étude sur l'implantation et l'évolution de l'islam en France”
  • Sondage CSA de 2004 “les français et la religion”