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mercredi 2 septembre 2015

La frontière et la mer

À Kelibia, au nord-est de la Tunisie, lorsque la météo est de la partie, l'île italienne de Pantelleria, montagne dressée en Méditerranée, est visible depuis le littoral.
Sur l'horizon, depuis une plage de Kelibia, au coeur de la brume maritime et numérique, l'île de Pantelleria et sa Montagna Grande

De même, sur la colline du fort et sur certaines plages, il est possible de capter des opérateurs téléphoniques transalpins.

L'opérateur téléphonique italien TIM reçu à Kelibia

Pourtant, faisant fi de la liberté des ondes - aux deux sens du terme - quelque part en mer passe une invisible mais bien réelle frontière entre le pays du jasmin et celui de la pizza, entre l'Afrique et l'Europe.
Des milliers de migrants, au péril de leur vie, sur des embarcations de fortune payées à prix d'or à des mafieux, se jettent à l'assaut de cette limite mythique.

Même si ma tête me rappelle que les frontières sont des éléments - si j'ose m'exprimer ainsi - incontournables de real politik, mon cœur ne peut s'empêcher de souhaiter leur disparition.
Ces lignes arbitraires de démarcation accentuent, en pratique, les différences entre des personnes aux nombreux points communs.

Peut-être, devrions-nous nous souvenir que Méditerranée se disait en latin mare nostrum, notre mer ...
À quand une Schengen-Méditerranée devenue un lac intérieur ?
Mosaïque d'Ulysse du musée du Bardo de Tunis, symbole d'une Méditerranée unie
Humainement votre

Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
Images réalisées par l'auteur à Kelibia et au musée du Bardo en août 2015

dimanche 16 août 2015

"Muse dis-moi les raisons" - Musée du Bardo, 5 mois après l'attentat

L'auteur latin Virgile est, sans conteste, le poète du musée du Bardo à Tunis.
Son œuvre majeure, l'Énéide, se déroule en bonne partie sur l'actuel territoire de la Tunisie et relate les amours impossibles entre Énée, héros troyen, et la reine phénicienne Elyssa Didon, fondatrice légendaire de Carthage.

Le huitième des 10 000 vers de l'Énéide figure sur une mosaïque représentant Virgile qui accueille, au Bardo, le visiteur en haut du premier escalier :
Musa, mihi causas memora
Muse, dis-moi les raisons
Bien qu'écrite il y a plus de 2 000 ans, cette phrase entre en résonance avec les tragiques événements qui ont ensanglanté ce musée en mars 2015.

Virgile entouré de Clio la muse de l'histoire à sa droite et de Melpomène la muse de la tragédie à sa gauche - Mosaïque du IIIème siècle exposée au Bardo et découverte à Hadrumète à proximité de Sousse (image David Bjorgen / Wikimedia Commons)

Abattre de sang froid des personnes, choisies au hasard, avec pour seule justification leurs supposées religions, nationalités, ethnies, opinions ou occupations est l'archétype de la barbarie.
Les grandes religions, spiritualités et philosophies n'enseignent-t-elles pas le respect de la vie et de la personne humaine ?
Musa, mihi causas memora
Muse, dis-moi les raisons



Mémorial en mosaïque exposé dans le hall d'entrée du musée du Bardo en hommage aux 22 victimes de l'attentat du 18 mars 2015

Perpétrer cette tuerie dans un musée consacré à 2 500 ans de civilisations méditerranéennes entrelacées et à leurs expressions artistiques est - si cela est possible - encore plus ignoble.
Ces œuvres immémoriales ne constituent-elles pas le patrimoine de toute l'humanité ?
Musa, mihi causas memora
Muse, dis-moi les raisons


Une des nombreuses mosaïques romaines du musée du Bardo

La charge émotionnelle des traces de balles sur les murs et vitrines est à l'exact opposé du plaisir esthétique que l'art suscite.
Les lieux de culture ne devraient-ils pas être des sanctuaires ?
Musa, mihi causas memora
Muse, dis-moi les raisons


Impact de balle sur une vitrine du musée du Bardo

Visiter presque seul un musée majeur en pleine saison touristique est un déprimant privilège.
La liberté n'est-ce pas aussi de pouvoir être très nombreux à profiter, sans entraves, des endroits d'exception ?
Musa, mihi causas memora
Muse, dis-moi les raisons


Affiche "Musa, mihi causas memora" de Fabiola Napoli

Toutefois, finir par rencontrer, dans ce musée martyr, plusieurs groupes d'enfants et d'adolescents tunisiens, beaucoup arborant des t-shirts "I love Tunisia", parcourant les salles dans les éclats de rire et une certaine pagaille, réconforte.
La Tunisie touchée ne s'est pas couchée !
L'insouciance de la jeunesse n'est-elle pas la meilleure réponse à la terreur ?
Muse, dis-moi les raisons d'espérer ...

Groupe d'enfants venant du sud de la Tunisie en visite au musée du Bardo. Au premier plan, le baptistère paléochrétien de Gightis dans l'île de Djerba datant du VIème siècle.

No pasaran
Humainement et tunisiquement votre

Références et compléments
Sur le même thème tragique, voir aussi les chroniques :

Quelques explications additionnelles :
  • Dans la mythologie grecque, les 9 muses sont les filles de Zeus, le dieu en chef, et ont le rôle de gardiennes des arts.
    Le mot musée découle directement de muse.
  • Le vers latin de Virgile "Musa, mihi causas memora / Muse dis-moi les raisons" figure sur une affiche d'une jeune artiste italienne Fabiola Napoli reproduite ci-dessus et exposée au musée du Bardo dans la salle la plus atteinte par les tirs.
    Cette oeuvre, très forte par sa simplicité, représente des fragments de mosaïque criblés de balles. Elle est lauréate du concours organisé en juin dernier par l'Académie des Beaux Arts de Florence en soutien aux victimes et au musée.
  • La direction du musée du Bardo, en hommage aux victimes et en rappel silencieux de la barbarie, a choisi de ne pas réparer les murs et vitrines endommagés par des projectiles.
    Ces traces d'armes de guerre, totalement incongrues parmi les mosaïques et statues, sont extrêmement poignantes.
  • Les attentats successifs du Bardo et de Sousse ont, à ce jour, eu raison de la fréquentation touristique en Tunisie. A titre d'exemple, le principal hôtel de Kelibia est fermé au cœur du mois d'août.

Les photos ont été prises par l'auteur le 14 août 2015 au musée national du Bardo de Tunis à l'exclusion de l'image de la mosaïque représentant Virgile et les deux muses qui provient de Wikimedia Commons et qui a été réalisée par David Bjorgen.
L'affiche "Musa, mihi causas memora" de Fabiola Napoli figure aussi sur le site de l'Académie des Beaux Arts de Florence.

Pour aller plus loin :

jeudi 18 septembre 2014

Brassens l'oriental

La musique, parfois, a des accords majeurs,
Qui font rire les enfants, mais pas les dictateurs.
Bernard Lavilliers

Je signale aux "sectaires de tout poil" que leurs succès récents sont loin d'être acquis. Diversités culturelles et métissages vont longtemps leur "donner bien du fil à retordre".

Voici un bel exemple glané au fil de mes pérégrinations sur le web.

Joueur de oud et chanteur, Djamel Djenidi, a acclimaté Georges Brassens à l'ambiance de la rive sud de la Méditerranée, en le chantant sur le mode chaâbi, la musique populaire algéroise.
Mieux même, il a adapté en arabe des chansons du barde de Sète.

Je vous laisse découvrir le résultat grâce aux deux vidéos ci-dessous.



J'espère que ces interprétations originales, à tous les sens du terme, vous ont séduit, voire ému, autant que je l'ai été. Elles peuvent même s'avérer une excellente auto-défense.
En cas d'approche de "dragons de vertu", de "sycophantes", de "fanatiques de la cause", de "boutefeux" et autres "tristes bigots", il suffit passer en boucle et à tue-tête les chansons de Djamel Djenidi pour rappeler “à ces engeances de malheur” que notre monde, envers contre tout, va continuer à carburer au mélange.

"Plus de danses macabres autour des échafauds !"

Brassensiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi les chroniques :
. "Brassens raconte la Tunisie d'après la révolution"
. "L'Estaca, grande chanson et petit air entêtant de liberté"
. "Tunisie sur Balkans"

- Pour tout savoir (ou presque) sur Djamel Djenidi et son orchestre El Djamila, il suffit de se rendre sur leur site web.

- Les expressions simultanément en italique et entre guillemets sont issues ou adaptées de chansons de Georges Brassens.

- Mehdi a été le déclic de cette chronique.

samedi 2 août 2014

Tunisie Italie, si lointaines si proches

Dans ce bassin où jouent
Des enfants aux yeux noirs,
Il y a trois continents
Et des siècles d'histoire …

Plusieurs fidèles lecteurs ayant manifesté leur appréciation à propos de la photographie de la frontière fossile de Savoie, je me permet de vous proposer une nouvelle image captée sur une plage de Kelibia en Tunisie.
Distinguez-vous une forme montagneuse, sur l'horizon, au centre de la photo, estompée par une brume conjointement maritime et numérique ?

Au centre, sur l'horizon, au cœur de la brume, l'île de Pantelleria
Cette montagne au milieu de la mer est l'île italienne de Pantelleria / Pantiddirìa.

Ici, au nord-est de la Tunisie, à l’instar des eaux du canal de Sicile, deux univers voisins s'entremêlent.

Le nom de ce territoire italien vient de l’arabe : بنت الرياح / Bint al-Riyāḥ, la fille des vents.
Il est situé à 70 km de la côte tunisienne et est parfaitement visible du Cap Bon lorsque la météo s’y prête.

Quelque part au milieu de l'image, en pleine mer, passe la triste limite sud de l'espace dit Schengen.
Ces flots paradisiaques et ceux plus au sud autour de l’île cousine de Lampedusa sont devenus un calvaire et même un cimetière pour les candidats toujours plus nombreux à l'émigration.
Partis de Tunisie, de Libye et aussi d'Afrique subsaharienne, les “brûleurs” tentent de rejoindre l'Europe et son opulence dans des embarcations de fortune payées au prix de la business class aérienne auprès de passeurs, véritables trafiquants modernes d'esclaves.

Non loin, à El Haouaria, à l'extrémité du Cap Bon, par nuit claire, on distingue aisément les lumières de la côte sud-ouest de la Sicile.
Marsala / Mars al-Allah / le port de Dieu où débarquèrent en 1860 les milles chemises rouges de Garibaldi parties de Bergamo / Bergame ainsi que Porto Empedocle, la ville de Vigata dans les romans d'Andrea Camilleri, semblent à portée.
Le commissaire Montalbano rode à quelques encablures.

Les radios italiennes s'écoutent sans difficulté dans tout le Cap Bon. Radio 24 indique un bouchon sur la tangenziale de Milano / Milan, mais reste muette au sujet des rues encombrées du cente de Kelibia.
Souvent, sur le littoral, les téléphones accrochent le signal des opérateurs transalpins.

Le dialecte tunisien s'orne des langues de Dante et de Pirandello.
À table, on utilise une fourguitta. On pêche et on mange de délicieux scombri. Dans les cafés, on peut boire des capucins et jouer à la scopa / chkobba / شكبة .

Cette photo, avec un peu d'imagination et d'optimisme, laisse entrevoir un monde - le mien, le votre sûrement, le notre j'espère - fait de plusieurs cultures connexes, de nombreuses relations et de peu de barrières.

Ce monde, l'histoire et beaucoup trop d’hommes s'ingénient à le fracasser.
À trois heures de route d'ici, des barbares à poil long tentent, par les armes et la terreur, d'imposer leur façon d'être et de croire.
Trois heures d'avion plus à l'est, les vers de Georges Moustaki sont, tragiquement, toujours actuels.

Il y a des oliviers
Qui meurent sous les bombes
Là où est apparue
La première colombe,
Des peuples oubliés
Que la guerre moissonne.

Fort heureusement, la géographie et d'autres hommes - en pratique, d'ailleurs, surtout des femmes - refusent l'isolement fratricide et, tels Sisyphe, remettent obstinément sur le métier notre monde rêvé et connecté.

Il y a un bel été
Qui ne craint pas l'automne,
En Méditerranée ...

Voici, pour terminer, une version simultanément franco-grecque et publique de la chanson “En Méditerranée” de Georges Moustaki dont des extraits illustrent ce billet.


Méditerranéennement votre

Références et compléments
- Quelques éléments italiens ou siciliens dans la chickchoucka linguistique tunisienne :
. Fourguitta : fourchette
. Scombri : maquereau
. Scopa / chkobba / شكبة : jeu de cartes italien, littéralement le balai.
. Capucin : café au lait, cappucino

- Photographie prise à Kelibia, avec les moyens du bord c'est à dire avec un téléphone soi-disant intelligent, le 1er août 2014 sur la plage du Petit Paris (autre référence transculturelle).

- Voir aussi la chronique "Fossile à revivifier en Isère et Savoie".

mercredi 21 août 2013

Un gaulois à la plage, un berbère sur le sable

Un gaulois ou un berbère du premier siècle de notre ère, qu'une machine à remonter le temps aurait parachuté cet été sur une de nos plages bondées, seraient pour le moins étonnés du tour pris par l'évolution de l'Humanité.
C'est, à coup sur, avec plus de questions que de réponses qu'ils retourneraient dans leurs villages d'origine.
Jugez sur pièces.

Pourquoi des personnes qui s'ingénient toute l'année à être occupées du matin au soir, subitement au cœur de l'été, semblent atteintes d'une maladie de langueur ?

Pourquoi, nos descendants qui, dès que le printemps survient, s'enferment dans des bâtiments où de l'air frais leur coule sur la tête, s'acharnent trois semaines par an à passer les heures les plus chaudes de la journée dehors en plein soleil ?

Pourquoi, 2000 ans après Vercingétorix, les hommes et les femmes semblent obsédés par leur lavage ?
Non seulement, ils passent de longs moments à patauger dans la mer, mais, à peine leur baignade finie, ils éprouvent le besoin de continuer avec une douche.

Pourquoi presque tous amènent sur la plage des toiles circulaires qu'il plantent dans le sol pour créer de l'ombre, alors qu'ils préfèrent s'allonger au soleil pour se faire rôtir ?

Pourquoi ces gens qui, toute l'année, évitent soigneusement de se salir, par exemple en esquivant les contacts avec la terre, se roulent frénétiquement dans le sable lorsqu'ils se rapprochent d'un rivage marin ?

Pourquoi ces lointains cousins, qui ont développé pour leur vie quotidienne des habits sophistiqués et confortables, les quittent pour aller sur la plage ?
Pourquoi les remplacent-ils par des bandes de tissus de cette nouvelle matière appelée plastique qui provoque, dès qu'on la place au contact de la peau, sudation et démangeaisons ?
Pourquoi nos successeurs, lorsqu'ils se trempent, cachent leurs organes sexuels en les mettant en valeur ?
Pourquoi, d'ailleurs, dans l'ancienne Berbèrie, beaucoup de femmes arborent à la plage des tenues très couvrantes qui, une fois mouillées, moulent et signalent parfaitement ce qu'elles masquaient auparavant ?
Pourquoi, dans l'ancienne Gaule, sur quelques portions de littoral bien délimitées, nos us et coutumes semblent avoir perduré, puisque la baignade s'y effectue à l'état de nature ?

Pourquoi, pour se rendre sur le littoral, les enfants des enfants de nos enfants utilisent-ils ces sortes de chariots métalliques appelés voitures qui évitent tout effort, pour ensuite se dépenser vigoureusement au bord de l'eau en courses, jeux de ballon et nage ?

Pourquoi ces personnes, qui clament haut et fort souhaiter calme et tranquillité, se pressent-ils, jusqu'à se toucher, chaque été, sur les mêmes littoraux ?

Pourquoi ces sociétés, qui disent s'être débarrassées de nos croyances chamaniques au profit d'une divinité unique et toute puissante, sacrifient-elles au milieu de l'été à un rite solaire que nos druides ne désavoueraient pas ?

Gauloisement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique "La braguette du druide : les mots gaulois restés dans la langue française".

mercredi 22 février 2012

Les drôles de lotos de Djerba

Les Humeurs Mondialisées vous proposent une deuxième chronique djerbienne rédigée, non pas par leur épicier favori, mais par Roland, à ce jour leur "guest star" préférée.

Ils seront parmi des jujubiers sans épines
Le Coran (Sourate 56  - Verset 28)

Lors de son odyssée homérique, Ulysse aurait accosté à Djerba et dépêché trois de ses hommes pour tâter le terrain et lui trouver un hôtel.
"Mais, à peine en chemin, mes envoyés se lient avec les Lotophages qui, loin de méditer le meurtre de nos gens, leur servent du lotos. Or, sitôt que l'un d'eux goûte à ces fruits de miel, il ne veut plus rentrer ni donner de nouvelles." 
Ulysse dut les ramener de force sur le navire et les y attacher pour espérer rejoindre Pénélope.

Mais qu'est donc ce "lotos" (λωτός) aux propriétés si particulières ?

Le taxi et le guide djerbiens m'ont assuré qu'ils connaissaient parfaitement les Lotophages. C'est le bar le plus branché de l'île à Midoun.

Eliminons tout de suite le lotus du Nil ou lis d'eau (Nymphea Lotus) plante aquatique fort improbable dans ces contrées arides.

Les dattes m'ont paru un candidat possible. Des grecs traversant la Méditerranée pouvaient les rencontrer pour la première fois. Par ailleurs, c'est bien le seul fruit que je connaisse ayant le gout de miel.
Toutefois la seule palmeraie naturelle d'Europe étant située en Crète à Vaï, Ulysse ne pouvait ignorer les dattes. Même si les puristes pourront opposer que les palmiers de Vaï sont des Phoenix Theophrastii dont le fruit n'a pas le goût de celui des Phoenix Dactylifera de Djerba.

La réponse figure dans les Histoires d'Hérodote au livre IV. Le lotos est le fruit du jujubier sauvage (Zizyphus Lotus) que les tunisiens nomment aujourd'hui sedra. On a découvert, bien après le pit-stop d'Ulysse à Djerba, que le jujube lotus contient deux alcaloïdes, les lotusines, aux propriétés narcotiques ...
 
Soporifico-djerbiquement votre

Roland Goutay

Références
- Le séjour d'Ulysse à Djerba est controversé. Certains auteurs soutiennent qu'il aurait accosté près d'un promontoire du Golfe de Gabès.
- L'extrait de l'Odyssée d'Homère provient de la traduction française de Victor Bérard (Editions Les Belles lettres, Paris, 1924).
- Sur l'aridité de l'île des Lotophages, voir la précédente chronique djerbienne "A l'eau Djerba ?"
- Article Wikipedia sur le jujubier sauvage (Zizyphus Lotus)
- Article Wikipedia sur Vaï et sa palmeraie en Crète
- Article Wikipedia sur Hérodote et ses Histoires