Affichage des articles dont le libellé est qualité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est qualité. Afficher tous les articles

vendredi 13 juin 2014

Lettre ouverte au PDG de Bouygues Telecom

À en croire les gazettes et le plan social récemment annoncé, l'entreprise Bouygues Telecom se débat dans des difficultés économiques provoquées par la guerre des prix attisée par Free.

Soucieux de conserver sa clientèle actuelle, Olivier Roussat, présentement PDG de Bouygues Telecom, s'est fendu aujourd'hui d’un message à ses abonnés.

J'ai donc reçu en plein milieu de l'après-midi simultanément un mail et un SMS.
Ce soir, j'ai tenté de répondre à ces messages mais Bouygues Telecom refuse d'acheminer les SMS qui lui sont destiné. Quant à mon mail, il est revenu affublé de l'antipathique, anglophone et mal typographiée sentence “Recipient address rejected: Access Denied”.

Bouygues Telecom, qui d’après son PDG “oeuvre chaque jour pour me servir et me délivrer un service de qualité”, ne semble pas souhaiter prendre connaissance de ce que j’en pense.
Qu'à cela ne tienne, cela me permet d'en faire profiter les lecteurs de ce blog. Voici donc le texte que j'ai vainement tenté d'expédier il y a quelques minutes à Olivier Roussat.

Cher Olivier Roussat

Je comprends les difficultés de votre entreprise, sachez que j'y compatis et surtout que je compatis au sort de vos salariés.

Toutefois en tant que client fidèle et acharné de Bouygues Telecom, peut-être n'ai-je pas mérité de recevoir votre dernier message simultanément par mail et par SMS, de surcroît en plein milieu de mes heures de travail.

Personnellement, je réserve les SMS pour mon entourage, principalement pour des sujets présentant un caractère d'urgence ou d'instantanéité. Pour les reste, le mail, splendide média asynchrone, suffit.

Comme depuis plus de 10 ans je verse mensuellement mon écot à Bouygues Telecom, peut-être pourriez-vous demander à vos services d'avoir la gentillesse de cesser de m'abreuver de SMS promotionnels. Je reçois déjà votre newsletter, c'est bien assez !
Depuis le temps que vous annoncez des réductions, je m'étonne que mon téléphone ne soit pas devenu gratuit.
De surcroît, votre système de désabonnement ne fonctionne pas et il est impossible de répondre à vos envois non sollicités.

Cordialement

Spamiquement votre

samedi 29 mars 2014

Fréquence brouillée à la SNCF

Aventurier dans l'âme, j'ai effectué récemment un aller-retour Grenoble-Paris en TGV.

J'ai voyagé en l'heureuse compagnie de la titulaire d'une carte d'abonnement plaisamment baptisée Fréquence qui fournit des réductions substantielles en échange d'une somme forfaitaire. Ce système devient avantageux à partir de 5 voyages par an.

Lors d'un achat de billet sur internet, le tarif fréquentiel ne s'obtient qu'après avoir dûment décliné son identité et un numéro tout aussi fréquentiel aussi long qu'un jour sans même le pain d'un sandwich SNCF.

Touchée par l'inadvertance ou par ma présence - on ne sait - ma camarade de grande vitesse avait, à l'insu de son plein gré, omis d'emporter le précieux petit sésame en carton prouvant sa fréquentialisation.

À l'aller, le contrôleur, soucieux de jouer à fond le rôle de composition d'agent commercial qu'il venait manifestement d'apprendre, a souri et passé l'éponge sur cet oubli.

Au retour, nos titres de transport ont subi l'examen scrupuleux d'un chef de bord.
Faisant montre de l'autorité conférée par sa fonction, cet ersatz de sous-officier a décidé d'appliquer illico au billet fréquentiel non sésamisé le prix le plus élevé possible.
Devant nos mines déconfites, le lider maximo de la rame a fini par se fendre d'un "de toute façon, vous pourrez vous faire rembourser à n'importe quel guichet moyennant une retenue de 10 €".
Comme quoi, être chef de bord n'empêche nullement de pratiquer l'oxymore !

Cette anecdote, semblable à des milliers d'autres vécues quotidiennement par les usagers du rail, montre que la Société Nationale des Chemins de Fer français est une des très rares entreprises qui réussit, de manière permanente, le double exploit de minimiser simultanément son empreinte carbone et son empreinte commerciale.

Vive le train !

Déficitiquement votre

mercredi 2 janvier 2013

Les politiciens devraient s'inspirer de l'industrie qu'ils font mine de défendre

Le conseil constitutionnel français vient de censurer la taxation à 75% des très hauts revenus, mesure emblématique annoncée par François Hollande durant sa campagne présidentielle.
Plus de six mois de textes en tout genre, de discussions solennelles, de petites phrases et de votes parlementaires auront été nécessaires pour aboutir à une absence de changement de l'impôt des plus riches.
Tout cela, parce qu'un président de la république, plusieurs ministres, leurs cabinets pléthoriques et leurs hauts fonctionnaires ainsi qu'un petit millier de parlementaires ont oublié, qu'en France, l'imposition s'effectue, non pas par personne, mais par foyer fiscal. N'importe quel contribuable qui remplit lui-même sa déclaration annuelle sait cela !

Faisant partie des français de plus en plus rares travaillant dans l'industrie, je vais utiliser le vocabulaire de mon activité professionnelle pour montrer que ce récent fiasco est d'abord un pur gaspillage de deniers et de temps publics.

La production législative doit être conforme à la constitution, véritable système qualité politique, à l'instar de celui prôné par les normes ISO 9000.
Un service national d'assurance qualité, le conseil constitutionnel, atteste que les lois françaises respectent ce standard.
Depuis 2010, via la Question Prioritaire de Constitutionalité (QPC), les sages du Palais Royal sont même en charge de la garantie après-vente du stock de lois existantes.

Si le souci de qualité législative est louable, son organisation est totalement archaïque.
Dans l'industrie, afin de limiter les coûts et d'obtenir des délais courts, il y a une grande lurette que les vérifications qualité sont situées le plus en amont possible de la production voire même de la conception. Cette façon de faire limite les fabrications de produits finis qui doivent être réparées voire jetées. Dans la mesure du possible, il est toujours plus économique de "faire bien du premier coup" que de reprendre ou rebuter.
Un tel principe, au bon sens ancestral, transposé à la production législative amènerait le conseil constitutionnel a effectuer ses contrôles préalablement au dépôt d'un projet de loi et non pas postérieurement à son vote.
De même, l'opposition parlementaire devrait pouvoir déposer un recours en début de discussion législative et non pas exclusivement à l'issue de la clôture du trop long débat.
Chaque loi française coûte en moyenne 15 millions d'Euros (1200 ans de SMIC), je n'ose imaginer les surcoûts d'une loi censurée. Sans parler du trou supplémentaire de 500 millions d'Euros dans le budget national de 2013 qu'il faudra bien combler d'une façon ou d'une autre ...

Depuis plus de 30 ans, le personnel politique français de tous bords accélère tranquillement l'agonie de l'industrie en faisant porter le coût de la protection sociale presque exclusivement sur le travail, en alourdissant les contraintes réglementaires et en laissant se scléroser le dialogue syndical.
Au lieu de faire semblant dans leurs discours convenus et leurs parcimonieuses visites d'usines de nous protéger, les élus de gauche et de droite feraient mieux de reprendre à leur compte les méthodes industrielles. Ils augmenteraient grandement leur efficacité et, corrélativement, diminueraient quelque peu dépenses publiques et surtout coût du travail.

Productivement votre

Références et compléments