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jeudi 13 juin 2019
lundi 4 mai 2015
La batterie Tesla Powerwall va-t-elle bouleverser l’électricité ?
Au moment où je rédigeais ma précédente chronique sur le coût de nos consommations énergétiques quotidiennes, le sémillant Elon Musk, dirigeant et fondateur de Tesla Motors, annonçait en fanfare le lancement commercial de Powerwall, une batterie domestique design et installable, comme son patronyme l'indique, sur un mur.
L'objectif affiché de ce nouveau produit est de faire de chaque foyer le gestionnaire, voire le producteur, de sa propre électricité.
Le multi-entrepreneur a mis en avant la simplicité et le design de son dernier bébé et annoncé trois usages à Power Wall :
La plupart des gazettes s'étant contentées de reproduire béatement l'argumentation promotionnelle de Tesla, j'ai cherché, fidèle aux habitudes de ce blog, à évaluer concrètement Powerwall.
Pour ce faire, j'ai fait l'hypothèse - raisonnable - que cette batterie lorsqu'elle sera disponible tiendra effectivement ses promesses de simplicité d'installation et d'utilisation et me suis focalisé sur les ordres de grandeur économiques.
La durée moyenne de panne s'établit en moyenne autour de 100 minutes par an, toutes causes confondues. Dans les zones urbaines, ce chiffre s'effondre.
Dans ces conditions, investir 3 000 Euros pour gagner 1 à 2 heures annuelles d'électricité n'a de sens que pour des entreprises avec des processus ne supportant aucun arrêt.
Il en est tout autrement dans les pays - comme l'Inde, mais aussi la Californie - où les investissements dans les centrales de production et le transport d'électricité sont à la traîne par rapport à la demande.
Dans de telles situations, se prémunir contre les coupures fréquentes n'est pas un luxe et améliore notablement sécurité, productivité et confort.
Ces plaques de silicium produisent en moyenne 3 à 4 kWh quotidiens, soit entre 1 000 et 1 500 kWh annuels.
Cela représente de l'ordre de 250 € par an au tarif français des heures dites pleines.
En plus des panneaux, il faut ajouter une batterie à environ 3 000 €, soit un total de sensiblement 11 000 €.
Avec ces prix, l'investissement mettrait 45 ans à être rentabilisé !
La présence massive du nucléaire et de l'hydraulique dans la production électrique d'EDF rend l'électricité française très compétitive et donc le solaire et l'éolien difficiles à s'imposer sans subventions.
Toutefois dans de nombreux pays l'électricité est notablement plus chère. Ainsi le kWh est 2 à 4 fois plus coûteux en Californie qu'en France, avec des écarts élevés entre les tranches horaires.
De surcroît, plus un lieu est ensoleillé et proche de l'équateur, plus la production photovoltaïque augmente.
Un panneau implanté en Tunisie ou en Californie délivre annuellement environ un tiers de kWh en plus qu'à Grenoble.
De ce fait, le Powerwall s'amortit dans la Silicon Valley entre 8 et 15 ans, un ordre de grandeur loin d'être stupide.
Ma consommation annuelle est de l'ordre de 10 000 kWh, dont seulement 40% en heures creuses.
En moyenne, ma famille consomme donc quotidiennement une quinzaine de kWh en heures pleines.
Une, voire même 2 ou 3, batteries de 10 kWh répondraient donc correctement à l'usage d'effacement des heures pleines au profit d'une électricité stockée durant les heures creuses.
Ce faisant j'économiserais de l'ordre de 300 € par an. L'achat d'un Powerwall serait amortie en une douzaine d'années.
Un investissement pas délirant à défaut d'être complètement sexy...
Il y a toutefois un très léger hic. Les batteries lithium-ions utilisées par Tesla sont capables aujourd'hui d'environ 1 000 cycles de charge et décharge.
Avec les performances actuelles, Powerwall serait bon pour la casse entre le tiers et la moitié de sa vie économique. Le site de Tesla est curieusement muet sur ce sujet crucial.
De surcroît, de nombreuses équipes de recherche travaillent sur la chimie du stockage de l'électricité aussi une augmentation du cyclage est raisonnablement envisageable.
Dans le même temps, le photovoltaïque est en pleine ébullition technique et industrielle.
À horizon de 10 ans, une amélioration du rendement d'un facteur 1.5 à 2 et une baisse de coût de fabrication du même ordre sont imaginables, même si ces performances ne sont pas encore acquises.
En supposant que ces percées auront effectivement lieu, vers 2025, l'amortissement d'une installation solaire ou l'effacement des heures creuses s'obtiendrait en environ 8 ans.
Une combinaison des deux usages serait encore plus économique, avec un retour sur investissement autour de 5 à 6 ans.
De plus, les rivières françaises étant déjà presque toutes équipées de barrages et le nucléaire ainsi que les lignes haute tension n'ayant plus très bonne presse, il est très probable qu'EDF va être contraint de relever ses prix, notamment ceux des heures pleines. Toute hausse de tarif accroît mécaniquement l'intérêt de Powerwall.
Ces rentabilités raisonnablement rapides ouvrent la porte à généralisation de Powerwall et de ses concurrents à une échéance rapprochée à l'échelle industrielle. Nous assisterions à la première véritable rupture depuis plus d'un siècle dans la production et l'acheminement de l'électricité.
Les distributeurs traditionnels d'électricité ainsi que les fabricants de matériels gagneraient à intégrer fissa dans leurs stratégies cet avis de tempête.
Tesla - jeune entreprise venue de nulle part - fait clairement le pari de rafler le gros de la mise en créant ce nouveau marché et capitalisant l'expérience acquise auprès des premiers utilisateurs.
Il n'est toutefois pas trop tard - même si le chrono tourne déjà - pour qu'un Microsoft de la batterie décroche un pompon plus gros que celui d'Elon Musk.
Electriquement votre
Post Scriptum du 5 mai 2015
Un fidèle lecteur me fait remarquer qu'actuellement l'électricité photovoltaïque est rachetée en France grâce à des subventions aux particuliers presque au double du tarif des des heures pleines, à environ 0.25 € le kWh.
Je n'ai pas intégré cette valeur majorée dans mon calcul pour trois raisons :
- La page (en anglais) consacrée à Powerwall sur le site de Tesla d'où j'ai extrait l'image de la batterie.
- Le post de blog de Philippe Siberzahn sur le même sujet “Pourquoi la batterie PowerWall de Tesla est vraiment disruptive ?” qui traite ce sujet sous un autre angle, mais avec les mêmes conclusions.
- La précédente chronique “Combien d'énergie contient une pièce de 1 Euro ?”
- Pour les lecteurs n'ayant pas l'immense bonheur d'être abonnés à l'électricité en France, EDF signifie Électricité De France. Cette entreprise étatique, autrefois monopolistique, est le producteur-distributeur historique d'électricité dans l'Hexagone.
L'objectif affiché de ce nouveau produit est de faire de chaque foyer le gestionnaire, voire le producteur, de sa propre électricité.
Le multi-entrepreneur a mis en avant la simplicité et le design de son dernier bébé et annoncé trois usages à Power Wall :
- La continuité d'alimentation électrique en cas de panne du réseau.
- L'autoproduction individuelle d'électricité par le biais essentiellement de panneaux solaires, la batterie faisant le tampon entre la production aux heures les plus ensoleillées et l'utilisation le plus souvent en décalage.
- Le stockage de l'électricité du réseau en heures creuses pour un usage en heures pleines.
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| Batterie Powerwall de Tesla |
Pour ce faire, j'ai fait l'hypothèse - raisonnable - que cette batterie lorsqu'elle sera disponible tiendra effectivement ses promesses de simplicité d'installation et d'utilisation et me suis focalisé sur les ordres de grandeur économiques.
Les pannes d'électricité sont trop rares en France
La fourniture d'électricité en France, et d'une manière générale en Europe, est d'excellente qualité.La durée moyenne de panne s'établit en moyenne autour de 100 minutes par an, toutes causes confondues. Dans les zones urbaines, ce chiffre s'effondre.
Dans ces conditions, investir 3 000 Euros pour gagner 1 à 2 heures annuelles d'électricité n'a de sens que pour des entreprises avec des processus ne supportant aucun arrêt.
Il en est tout autrement dans les pays - comme l'Inde, mais aussi la Californie - où les investissements dans les centrales de production et le transport d'électricité sont à la traîne par rapport à la demande.
Dans de telles situations, se prémunir contre les coupures fréquentes n'est pas un luxe et améliore notablement sécurité, productivité et confort.
Le solaire photovoltaïque est cher et peu abondant dans notre bel Hexagone
En France, installer 10 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit d'une maison coûte actuellement aux alentours de 8 000 €.Ces plaques de silicium produisent en moyenne 3 à 4 kWh quotidiens, soit entre 1 000 et 1 500 kWh annuels.
Cela représente de l'ordre de 250 € par an au tarif français des heures dites pleines.
En plus des panneaux, il faut ajouter une batterie à environ 3 000 €, soit un total de sensiblement 11 000 €.
Avec ces prix, l'investissement mettrait 45 ans à être rentabilisé !
La présence massive du nucléaire et de l'hydraulique dans la production électrique d'EDF rend l'électricité française très compétitive et donc le solaire et l'éolien difficiles à s'imposer sans subventions.
Toutefois dans de nombreux pays l'électricité est notablement plus chère. Ainsi le kWh est 2 à 4 fois plus coûteux en Californie qu'en France, avec des écarts élevés entre les tranches horaires.
De surcroît, plus un lieu est ensoleillé et proche de l'équateur, plus la production photovoltaïque augmente.
Un panneau implanté en Tunisie ou en Californie délivre annuellement environ un tiers de kWh en plus qu'à Grenoble.
De ce fait, le Powerwall s'amortit dans la Silicon Valley entre 8 et 15 ans, un ordre de grandeur loin d'être stupide.
Les heures pleines au tarif des heures creuses : on y est presque !
Actuellement, mon logement est “tout électrique”. Chauffage, eau chaude, cuisson, électroménager, éclairage et autres usages sont assurés exclusivement par EDF.Ma consommation annuelle est de l'ordre de 10 000 kWh, dont seulement 40% en heures creuses.
En moyenne, ma famille consomme donc quotidiennement une quinzaine de kWh en heures pleines.
Une, voire même 2 ou 3, batteries de 10 kWh répondraient donc correctement à l'usage d'effacement des heures pleines au profit d'une électricité stockée durant les heures creuses.
Ce faisant j'économiserais de l'ordre de 300 € par an. L'achat d'un Powerwall serait amortie en une douzaine d'années.
Un investissement pas délirant à défaut d'être complètement sexy...
Il y a toutefois un très léger hic. Les batteries lithium-ions utilisées par Tesla sont capables aujourd'hui d'environ 1 000 cycles de charge et décharge.
Avec les performances actuelles, Powerwall serait bon pour la casse entre le tiers et la moitié de sa vie économique. Le site de Tesla est curieusement muet sur ce sujet crucial.
D'ici moins de 10 ans, la situation devrait être nettement plus favorable à Powerwall
Elon Musk prévoit que l'augmentation du nombre de batteries produites et vendues par Tesla permettra de d'abaisser les coûts d'un tiers dans la décennie à venir.De surcroît, de nombreuses équipes de recherche travaillent sur la chimie du stockage de l'électricité aussi une augmentation du cyclage est raisonnablement envisageable.
Dans le même temps, le photovoltaïque est en pleine ébullition technique et industrielle.
À horizon de 10 ans, une amélioration du rendement d'un facteur 1.5 à 2 et une baisse de coût de fabrication du même ordre sont imaginables, même si ces performances ne sont pas encore acquises.
En supposant que ces percées auront effectivement lieu, vers 2025, l'amortissement d'une installation solaire ou l'effacement des heures creuses s'obtiendrait en environ 8 ans.
Une combinaison des deux usages serait encore plus économique, avec un retour sur investissement autour de 5 à 6 ans.
De plus, les rivières françaises étant déjà presque toutes équipées de barrages et le nucléaire ainsi que les lignes haute tension n'ayant plus très bonne presse, il est très probable qu'EDF va être contraint de relever ses prix, notamment ceux des heures pleines. Toute hausse de tarif accroît mécaniquement l'intérêt de Powerwall.
Ces rentabilités raisonnablement rapides ouvrent la porte à généralisation de Powerwall et de ses concurrents à une échéance rapprochée à l'échelle industrielle. Nous assisterions à la première véritable rupture depuis plus d'un siècle dans la production et l'acheminement de l'électricité.
Les distributeurs traditionnels d'électricité ainsi que les fabricants de matériels gagneraient à intégrer fissa dans leurs stratégies cet avis de tempête.
Tesla - jeune entreprise venue de nulle part - fait clairement le pari de rafler le gros de la mise en créant ce nouveau marché et capitalisant l'expérience acquise auprès des premiers utilisateurs.
Il n'est toutefois pas trop tard - même si le chrono tourne déjà - pour qu'un Microsoft de la batterie décroche un pompon plus gros que celui d'Elon Musk.
Electriquement votre
Post Scriptum du 5 mai 2015
Un fidèle lecteur me fait remarquer qu'actuellement l'électricité photovoltaïque est rachetée en France grâce à des subventions aux particuliers presque au double du tarif des des heures pleines, à environ 0.25 € le kWh.
Je n'ai pas intégré cette valeur majorée dans mon calcul pour trois raisons :
- Tesla se situe délibérément dans une perspective d'autoproduction énergétique et de moindre dépendance au réseau électrique.
C'est une des clefs de la simplicité annoncée de Powerwall.
C'est aussi exactement l'inverse de "l'usine à gaz" du rachat subventionné du photovoltaïque par EDF et de son double comptage. - Si le photovoltaïque devient moins coûteux, les subventions disparaîtront.
- Au tarif actuel subventionné de l'électricité photovoltaïque, le Powerwall s'amortirait en 7 ans.
Toutefois cette batterie ne servirait à rien puisque EDF est obligé réglementairement de racheter les kWh solaires quelle que soit le moment de leur production.
Dans une conférence de presse donnée hier, Elon Musk a apporté des précisions intéressantes.
- Le lancement en fanfare de Powerwall semble réussi puisque les précommandes enregistrées en ligne représentent un an de capacité de production de Tesla.
- Par contre, en termes de simplicité, Powerwall ne semble pas être au rendez-vous de ces promesses.
En effet, batteries et cellules photovoltaïques nécessitent de l'électricité dite continue (en anglais DC) alors que nos usages quotidiens sont en électricité alternative (AC).
Pour passer d'un mode à l'autre, il existe des appareils plaisamment baptisés convertisseurs AC/DC qui transforment le courant alternatif en continu et vice versa.
Elon Musk a indiqué que Powerwall n'intégrait pas de convertisseur.
Pour faire fonctionner la batterie, les clients de Tesla doivent donc se procurer un tel engin et réaliser l'installation du système complet.
La concurrence de Tesla bénéficie donc d'une opportunité gigantesque si elle réussit à développer des combinés batterie-convertisseur "plug and play".
Les calculs économiques présentés ci-dessus n'intègrent pas le coût du convertisseur AC/DC.
- La page (en anglais) consacrée à Powerwall sur le site de Tesla d'où j'ai extrait l'image de la batterie.
- Le post de blog de Philippe Siberzahn sur le même sujet “Pourquoi la batterie PowerWall de Tesla est vraiment disruptive ?” qui traite ce sujet sous un autre angle, mais avec les mêmes conclusions.
- La précédente chronique “Combien d'énergie contient une pièce de 1 Euro ?”
- Pour les lecteurs n'ayant pas l'immense bonheur d'être abonnés à l'électricité en France, EDF signifie Électricité De France. Cette entreprise étatique, autrefois monopolistique, est le producteur-distributeur historique d'électricité dans l'Hexagone.
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Pays/territoire :
Grenoble, France
vendredi 1 mai 2015
Combien d'énergie contient une pièce de 1 Euro ?
Des siècles, voire des millénaires, d'éclairage à la bougie, de cuisson au bois et de chauffage au charbon ont durablement biaisés notre perception de l'énergie.
Souvent, nous confondons allègrement ce concept, aussi vital qu'impalpable, avec température ou puissance.
Aussi, nous peinons à attribuer une valeur économique à nos consommations énergétiques habituelles.
Afin d'y voir un peu plus clair - sans pour autant dépenser trop d'éclairage - j'ai calculé ce qu'un Euro permet de s'offrir en électricité, eau et gazole.
Références et compléments
- Merci à Benoît de m'avoir soufflé le dernier item de la liste.
- Les références économiques sont celles de mes dernières factures :
- La citadine diesel est supposée consommer 6 litres de gazole pour 100 km.
- La longue soirée d'hiver dure 5 heures.
- Un poulet et même le demi-poulet se rôtissent au four en une heure et quart. Le bol de café au lait tiédit sensiblement 1 minute dans un four à micro-ondes du meilleur aloi.
- L'ordinateur de bureau possède un écran de 23 pouces et une alimentation de 150 W. Il fonctionne sensiblement 10 heures par jour.
- Un smartphone à la marque fruitée refait le plein en environ en une heure avec un chargeur de 10 W.
- Les calculs n'intègrent ni l'amortissement des appareils, ni les différents consommables.
- Pour faciliter le calcul, la pièce de 1 Euro a été approximée à 80% de cuivre et 20% de Nickel. Les valeurs énergétiques proviennent du site Ecoinfo CNRS et le kilowatt-heure électrique industriel a été shooté à 5 centimes.
- L'image de la pièce de 1 Euro provient du site de la Banque Centrale Européenne
Souvent, nous confondons allègrement ce concept, aussi vital qu'impalpable, avec température ou puissance.
Aussi, nous peinons à attribuer une valeur économique à nos consommations énergétiques habituelles.
Afin d'y voir un peu plus clair - sans pour autant dépenser trop d'éclairage - j'ai calculé ce qu'un Euro permet de s'offrir en électricité, eau et gazole.
- 11 jours de fonctionnement d'un réfrigérateur-congélateur de 300 litres
- 10 fournées de lave-vaisselle
- 20 lessives à 30°C, mais seulement 9 à 60°C
- 165 litres d'eau chaude domestique, soit une agréable douche de 20 à 30 minutes permettant de cogiter tranquillement une chronique d'ampleur moyenne
- 65 litres d'eau bouillante
- L'éclairage durant 2 mois de longues soirées d'hiver avec une ampoule dite économique de 20 watts
- Trois poulets et demi rotis au four électrique
- 9 heures de four à micro-ondes, grosso modo 500 bols tièdes de café au lait
- Un tiers de marathon, soit 14 km, dans une voiture citadine diesel
- 17 jours de fonctionnement d'un PC de bureau
- Un an et demi de recharge de smartphone
- Un petit millier d'expressos italiens sortant serrés et brûlants d'un vrai percolateur tout aussi italien. À ce tarif économique, il devient urgent de refuser le jus de chaussettes américain nettement plus dispendieux !
- Sensiblement de quoi fabriquer une grosse centaine de pièces de 1 Euro, de l'extraction des minerais à la frappe.
Références et compléments
- Merci à Benoît de m'avoir soufflé le dernier item de la liste.
- Les références économiques sont celles de mes dernières factures :
- Électricité en heures creuses : 0.10 Euro / kWh
- Électricité en heures pleines : 0.15 Euro / kWh
- Eau : 0.61 Euro / m3
- Gazole : 1.20 Euro / litre
- La citadine diesel est supposée consommer 6 litres de gazole pour 100 km.
- La longue soirée d'hiver dure 5 heures.
- Un poulet et même le demi-poulet se rôtissent au four en une heure et quart. Le bol de café au lait tiédit sensiblement 1 minute dans un four à micro-ondes du meilleur aloi.
- L'ordinateur de bureau possède un écran de 23 pouces et une alimentation de 150 W. Il fonctionne sensiblement 10 heures par jour.
- Un smartphone à la marque fruitée refait le plein en environ en une heure avec un chargeur de 10 W.
- Les calculs n'intègrent ni l'amortissement des appareils, ni les différents consommables.
- Pour faciliter le calcul, la pièce de 1 Euro a été approximée à 80% de cuivre et 20% de Nickel. Les valeurs énergétiques proviennent du site Ecoinfo CNRS et le kilowatt-heure électrique industriel a été shooté à 5 centimes.
- L'image de la pièce de 1 Euro provient du site de la Banque Centrale Européenne
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Pays/territoire :
Grenoble, France
dimanche 22 septembre 2013
Énergie, gazole, carbone, que consommons-nous vraiment ?
En France, un parti politique ayant réussi le score exorbitant de 2% aux élections nationales et le président de la république ont ranimé récemment un débat éminemment pollué sur l'écologie et la fiscalité.
L'occasion faisant le larron, je vous propose de prendre un peu de hauteur en évaluant les sources et les usages de l'énergie, non pas en Mtep, PJ ou TWh qui peuplent les rapports officiels, mais en litres tant décriés de carburant pour moteurs diesel.
L'équivalent de 65 pleins de gasoil par français chaque année
Chaque habitant de notre bel Hexagone dépense annuellement, tous ages et usages confondus, une énergie équivalente à un peu moins de 2 800 litres de gazole, un plein de carburant tous les 6 jours, une soixantaine de janvier à décembre.
Cette valeur est en retrait de 4% depuis le pic historique de 2008. Nous n'avons pas le recul suffisant pour déterminer s'il s'agit d'un effet de la crise économique ou d'une amorce de changement structurel.
Les hydrocarbures, pétrole et gaz, se taillent la part du lion avec l'équivalent de 1 800 litres de gazole, une quarantaine de pleins, par personne et par an, deux tiers de l'énergie que nous utilisons.
Cette très forte dépendance à l'or noir permet à Vladimir Poutine et aux dictatures arabo-persiques, nos meilleurs fournisseurs, de dormir tranquille. A court terme, nous ne risquons pas de chercher des noises à ces antipathiques détenteurs de derricks.
Petit mais costaud, l'atome décroche la médaille d'argent. Uranium et plutonium assurent à chacun de nous un bon demi-mètre cube de gasoil annuel, une dizaine de pleins.
Les sources renouvelables, essentiellement l'hydraulique et le bois, talonnent le nucléaire et représentent 400 litres de diesel par an et par tête de pipe, 9 pleins.
L'éolien et le solaire, chers au parti à 2% d'électeurs, ont une contribution symbolique, respectivement 20 et 7 litres d'équivalent gazole, un demi-plein annuel !
Enfin, le charbon, jadis flamboyant, ferme la marche avec une quote-part de 100 misérables litres de carburant par français, soit 2 pleins.
Presque moitié moins d'émissions de CO2 qu'il y a 30 ans
Au total, près de 70% de notre énergie contient du carbone qui se transforme, lors de la combustion du gaz, du charbon et des dérivés du pétrole, en dioxyde de carbone, le célèbre et désormais infamant CO2.
Chaque français produit ainsi, en moyenne annuelle, un peu plus de 5 tonnes de CO2 par an en provenance de combustibles fossiles, le contenu de 1 000 gros extincteurs, 10 fois le volume que nous créons par notre respiration.
Cette valeur, qui peut paraître énorme, a fortement chuté depuis le sommet de 1980 où nous culminions à quasiment 10 tonnes annuelles par personne, le double d'aujourd'hui.
Nous sommes actuellement revenus au niveau d'émissions de CO2 d'origine fossile de 1960.
Deux tiers de l'énergie française pour les transports & le logement
Un tiers de l'énergie que nous consommons est consacré aux transports qui dépendent des hydrocarbures à plus de 90%, malgré l'électrification de la plupart des réseaux ferrés.
Ce montant se répartit en deux parties sensiblement égales. Environ 500 litres de gazole par français assure les déplacements individuels, essentiellement en voiture.
La part restante permet le transport des marchandises. Chaque travailleur de ce secteur brûle l'équivalent de 20 000 litres de diesel à l'année.
Les logements suivent de près avec 800 litres d'équivalent gasoil par résident.
Les activités productives, industrie et agriculture, signe de leur déclin mais aussi de leur efficacité, absorbent à peine le quart de l'énergie nationale, grosso modo 6 500 litres de gazole par emploi dans ces secteurs.
Le tertiaire arrive bon dernier avec seulement un sixième de l'énergie française.
Votre serviteur, à l'instar des autres salariés des bureaux, de la santé et des services, s'échine, par et pour son travail, à dissiper annuellement 1 500 litres d'équivalent gasoil, dont une petite moitié d'origine nucléaire.
Énergiquement votre
Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
Les valeurs arrondies présentées dans cette chronique proviennent de recoupements de données publiées dans :
L'occasion faisant le larron, je vous propose de prendre un peu de hauteur en évaluant les sources et les usages de l'énergie, non pas en Mtep, PJ ou TWh qui peuplent les rapports officiels, mais en litres tant décriés de carburant pour moteurs diesel.
L'équivalent de 65 pleins de gasoil par français chaque année
Chaque habitant de notre bel Hexagone dépense annuellement, tous ages et usages confondus, une énergie équivalente à un peu moins de 2 800 litres de gazole, un plein de carburant tous les 6 jours, une soixantaine de janvier à décembre.
Cette valeur est en retrait de 4% depuis le pic historique de 2008. Nous n'avons pas le recul suffisant pour déterminer s'il s'agit d'un effet de la crise économique ou d'une amorce de changement structurel.
Les hydrocarbures, pétrole et gaz, se taillent la part du lion avec l'équivalent de 1 800 litres de gazole, une quarantaine de pleins, par personne et par an, deux tiers de l'énergie que nous utilisons.
Cette très forte dépendance à l'or noir permet à Vladimir Poutine et aux dictatures arabo-persiques, nos meilleurs fournisseurs, de dormir tranquille. A court terme, nous ne risquons pas de chercher des noises à ces antipathiques détenteurs de derricks.
Petit mais costaud, l'atome décroche la médaille d'argent. Uranium et plutonium assurent à chacun de nous un bon demi-mètre cube de gasoil annuel, une dizaine de pleins.
Les sources renouvelables, essentiellement l'hydraulique et le bois, talonnent le nucléaire et représentent 400 litres de diesel par an et par tête de pipe, 9 pleins.
L'éolien et le solaire, chers au parti à 2% d'électeurs, ont une contribution symbolique, respectivement 20 et 7 litres d'équivalent gazole, un demi-plein annuel !
Enfin, le charbon, jadis flamboyant, ferme la marche avec une quote-part de 100 misérables litres de carburant par français, soit 2 pleins.
![]() |
| Répartition de la consommation énergétique de la France en 2012 par type de source (litres d'équivalent gazole par français et par an) |
Au total, près de 70% de notre énergie contient du carbone qui se transforme, lors de la combustion du gaz, du charbon et des dérivés du pétrole, en dioxyde de carbone, le célèbre et désormais infamant CO2.
Chaque français produit ainsi, en moyenne annuelle, un peu plus de 5 tonnes de CO2 par an en provenance de combustibles fossiles, le contenu de 1 000 gros extincteurs, 10 fois le volume que nous créons par notre respiration.
Cette valeur, qui peut paraître énorme, a fortement chuté depuis le sommet de 1980 où nous culminions à quasiment 10 tonnes annuelles par personne, le double d'aujourd'hui.
Nous sommes actuellement revenus au niveau d'émissions de CO2 d'origine fossile de 1960.
![]() |
| Emissions de CO2 fossile par habitant en France de 1960 à 2012 (tonnes de CO2 par français par an) |
Deux tiers de l'énergie française pour les transports & le logement
Un tiers de l'énergie que nous consommons est consacré aux transports qui dépendent des hydrocarbures à plus de 90%, malgré l'électrification de la plupart des réseaux ferrés.
Ce montant se répartit en deux parties sensiblement égales. Environ 500 litres de gazole par français assure les déplacements individuels, essentiellement en voiture.
La part restante permet le transport des marchandises. Chaque travailleur de ce secteur brûle l'équivalent de 20 000 litres de diesel à l'année.
Les logements suivent de près avec 800 litres d'équivalent gasoil par résident.
Les activités productives, industrie et agriculture, signe de leur déclin mais aussi de leur efficacité, absorbent à peine le quart de l'énergie nationale, grosso modo 6 500 litres de gazole par emploi dans ces secteurs.
Le tertiaire arrive bon dernier avec seulement un sixième de l'énergie française.
Votre serviteur, à l'instar des autres salariés des bureaux, de la santé et des services, s'échine, par et pour son travail, à dissiper annuellement 1 500 litres d'équivalent gasoil, dont une petite moitié d'origine nucléaire.
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| Répartition de la consommation énergétique de la France en 2012 par type d'usage (litres d'équivalent gazole par français et par an) |
Références et compléments
Voir aussi les chroniques :
- "Un porte-conteneurs est-il plus écologique qu'une Twingo ?"
- "Une voiture est-elle moins chère qu'un cheval sous Louis XV ?"
- "Djihadistes ou djiha-schiste ?"
Les valeurs arrondies présentées dans cette chronique proviennent de recoupements de données publiées dans :
- Bilan énergétique de la France pour 2012 (ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie)
- Chiffres clés de l'énergie 2012 (même ministère)
- Chiffres clés des transports (ADEME)
- Gapminder World
- Wikipedia
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Pays/territoire :
Grenoble, France
mardi 20 décembre 2011
En Corée du Nord honneur à l’Électricien en Chef !
C'est avec beaucoup d'affliction que j'ai appris hier le décès de Kim Jong-il. Même si les départs de Cesaria Evora et de Vaclav Havel nous avaient préparés, cette nouvelle inopinée m'a laissé dans un état d'hébétude que j'ai mis plus de vingt-quatre heures à surmonter.
2011 aura été une annus horribilis pour les despotes : Ben Ali exilé, Moubarak emprisonné, Saleh limogé, Khadafi liquidé, Assad secoué et maintenant Kim Jong-il terrassé. Heureusement Fidel Castro et Abdallah d'Arabie, malgré leur évidente faiblesse, semblent devoir finir l'année.
Fort heureusement, la septentrionale République Populaire Démocratique de Corée est un pays aux ressources infinies. Le régime en place, dans son immense clairvoyance, a su allier le stalinisme le plus pur, l'autarcie extrême et la monarchie héréditaire de droit divin. Le regretté Kim Jong-il avait reçu le pouvoir de son père Kim Il-sung et a transmis le flambeau à son fils Kim Jong-un. Depuis la fin du second conflit mondial, seuls les Saoud, champions toutes catégories, peuvent se targuer d'une plus grande lignée familiale de tyrans.
Le point le plus admirable en Corée du Nord n'est pas ses dictateurs successifs mais ses armoiries. Le pays du Juche est le seul état au monde à arborer un pylône électrique au milieu de son blason. Même les CGTistes d'EDF en 1945 n'ont pas osé remplacer notre Marianne nationale par ce symbole du progrès en marche.
Alors, amis d'André-Marie Ampère, tifosi d'Alessandro Volta, supporters de James Clerk Maxwell, je vous invite le 28 décembre, jour de ses funérailles, à éteindre la lumière et à observer une minute de silence en hommage l'Électricien en Chef qui vient de nous quitter, tout en restant présent à jamais dans nos coeurs éplorés.
Electro-despotiquement votre
2011 aura été une annus horribilis pour les despotes : Ben Ali exilé, Moubarak emprisonné, Saleh limogé, Khadafi liquidé, Assad secoué et maintenant Kim Jong-il terrassé. Heureusement Fidel Castro et Abdallah d'Arabie, malgré leur évidente faiblesse, semblent devoir finir l'année.
Fort heureusement, la septentrionale République Populaire Démocratique de Corée est un pays aux ressources infinies. Le régime en place, dans son immense clairvoyance, a su allier le stalinisme le plus pur, l'autarcie extrême et la monarchie héréditaire de droit divin. Le regretté Kim Jong-il avait reçu le pouvoir de son père Kim Il-sung et a transmis le flambeau à son fils Kim Jong-un. Depuis la fin du second conflit mondial, seuls les Saoud, champions toutes catégories, peuvent se targuer d'une plus grande lignée familiale de tyrans.
Le point le plus admirable en Corée du Nord n'est pas ses dictateurs successifs mais ses armoiries. Le pays du Juche est le seul état au monde à arborer un pylône électrique au milieu de son blason. Même les CGTistes d'EDF en 1945 n'ont pas osé remplacer notre Marianne nationale par ce symbole du progrès en marche.
Alors, amis d'André-Marie Ampère, tifosi d'Alessandro Volta, supporters de James Clerk Maxwell, je vous invite le 28 décembre, jour de ses funérailles, à éteindre la lumière et à observer une minute de silence en hommage l'Électricien en Chef qui vient de nous quitter, tout en restant présent à jamais dans nos coeurs éplorés.
Electro-despotiquement votre
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| Armoiries de la Corée du Nord (source Wikipedia) |
Complément
Je recommande sur le même thème l'excellent article de Rue89 "En Belgique ou dans la Creuse, on pleure aussi Kim Jong-il".
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samedi 5 novembre 2011
Glaciation - Chronique indienne
Même si la semaine dernière, l'Inde célébrait Diwali, la fête de la lumière, l'éclairage est franchement intermittent.
Le déficit d'électricité est colossal. La demande de consommation excéderait de 20% les capacités nationales de production. Résultat des courses, les différents quartiers de la ville sont successivement et sans préavis mis dans le noir par l'EDF locale.
Pour le pékin moyen, pardon le bangalore inférieur, les conséquences sont désastreuses : lumière, TV et réfrigérateur s'arrêtent des heures entières. Pour les gens un peu aisés et les entreprises, ce n'est guère un problème. Des myriades, pardon des lakhs, de groupes électrogènes rétablissent le courant après quelques secondes de coupure.
Etrangement, à Bangalore ou à Mumbai, où l’activité tertiaire prédomine, l'essentiel de l’électricité sert à conditionner l'air.
Quand la température extérieure excède 35°C, cela se comprend, même si il est permis de douter que refroidir les lieux de vie à 20°C soit optimal.
Actuellement, le mercure oscille entre 18°C et 25°C. Pourtant dans les bureaux, à l'hôtel et dans les taxis, la climatisation reste à bloc. En conséquence, depuis une semaine, je me les gèle ! J'enfile un pull, non pas en sortant, mais en entrant dans les bâtiments. A ce rythme, on pourra bientôt croiser des eskimos sous les tropiques.
A l'inverse de votre serviteur, mes collègues semblent satisfaits de travailler dans un entrepôt frigorifique et de passer l’année enrhumés et enroués.
Dans leurs bureaux, des posters enjoignent d’économiser l’énergie, aussi chacun éteint assidument les néons inutiles, pourtant très frugaux en électricité. Dans le même temps, des mètres cube d’air polaire, voraces en kilowattheures, vous coulent sur la tête.
Face à cette gabegie d’électrons et de carbone, seule ma diplomatie légendaire m'interdit, entre deux frissons et en utilisant l’acronyme anglais, de dire à mes amis indiens que pour avoir plus de lumière(s), il suffit d’avoir moins l’aircon.
Frigorifiquement votre
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