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mardi 1 septembre 2015

Fanfares quasi-balkaniques en Tunisie

Durant chaque soirée d'été, les rues de Kelibia, dans le nord-est de la Tunisie, résonnent des cuivres et tambours des fanfares dites "Hassinya".

Je vous propose de retrouver :

samedi 27 avril 2013

Vu d'avion, l'ordre règne en Syrie

Bien que les temps soient au mariage pour tous, le monde, contrairement aux apparences, n'est pas bi mais tri.
Je parle, bien entendu, des dimensions qui définissent l'espace dans lequel nous évoluons.

Grâce à Clément Ader, aux frères Wright et aux compagnies d'aviation, des personnes de plus en plus nombreuses s'envoient régulièrement en l'air.
A chaque instant, environ 700 000 humains - l'équivalent de l'agglomération de Grenoble - planent au dessus des 7 milliards d'autres scotchés au plancher des vaches.
Avec la complicité active d'Airbus et Boeing, cette nouvelle aristocratie, à l'instar des anciennes hiérarchies féodales, profite de privilèges dont ne peuvent jouir ceux qui, par choix ou obligation, restent au sol.
Pour preuve, un confortable voyage aérien effectué cette semaine dans un appareil affrété par un émir entre la calme Genève et la kitschissime Dubaï.

- Un sympathique apéro a permis aux 300 passagers de surmonter sans effort la crise politique italienne.

- Durant le repas, les Balkans furent avalés sans encombre.
Toutefois à Sarajevo, un attentat fut commis contre la propreté de ma chemise par des gouttelettes de café fuyant à vitesse stratosphérique une cuillère tombée de ma main gauche à l'insu de mon plein gré.

- Le passage en Turquie s'est effectué comme un seul homme.
A l'heure de la sieste, les différences entre Anatolie et Kurdistan ne se remarquent guère. Manifestement, le récent processus de paix a déjà porté ses fruits dans la haute atmosphère.

- Les désordres de la guerre civile syrienne sont très surfaits.
Malgré une observation attentive, je n'ai pas réussi à détecter un seul dommage aux populations civiles ou au patrimoine.

- D'Erbil à Basra, en passant par Bagdad, la traversée de l'Irak fut aussi peu remarquable que celle du pays des Omeyyades.
Le fracas du conflit ethnique et électoral qui ensanglante à nouveau la Mésopotamie n'a pas suffi à troubler la sérénité du cockpit.
Vol au dessus de Bagdad (Irak)
Vol au dessus de Bagdad / بغداد
- L'émirat du Kuwait a été expédié en quelques minutes.
Si Voltaire avait été à bord de cet avion parti de son ancienne propriété de Ferney, il n'aurait pas manqué de souligner que naguère on s'y battit pour quelques arpents de pétrole.

- Les pétarades des bolides de Formule 1 et des pétoires de la police de Bahreïn sont strictement inaudibles à 11 000 mètres au dessus du niveau de la mer.
Cela a évité que les cris des victimes de la répression gênent l'équipage peu de temps avant qu'il amorce la descente.

- Le Qatar et sa bonbonne souterraine de gaz ressemblent, d'en haut, à un confetti.
La première syllabe est particulièrement appropriée pour cette dictature d'opérette qui coffre ses poètes et qui finance, en vrac, djihadistes et footballeurs inconstants.

- L'approche finale s'effectue dans le corridor de la démocratie : l'Arabie Saoudite à droite et l'Iran - qui l'eût cru ? - à gauche.
J'ai cru un court instant que le souffle de la Liberté et de l'Humanité secouait l'appareil jusqu'à ce qu'une hôtesse nous mette en garde contre des turbulences.

- Pour finir, l'opulence ostentatoire et gaspilleuse de Dubaï ne se remarque qu'au sol.
Depuis le ciel, les émirats soit disant arabes et unis sont d'abord un gigantesque tas de sable.

Aériennement votre

Références et compléments
- Chronique rédigée au dessus du Moyen Orient alors qu'un Boeing 777 reliant Genève à Dubaï m'avait envoyé en l'air.
  

mardi 8 mai 2012

Tunisie sur Balkans

A Kelibia, en Tunisie, cuivres et tambours résonnent chaque soir d'été.
Ces fanfares populaires, typiques de la région du Cap Bon, s'appellent "hassinya". Elles accompagnent surtout mariages et circonsions, nombreux en juillet et en août. Les musiciens, juchés sur des pick-up Isuzu, sillonnent la ville pour animer les fêtes familiales.
Les airs joués ont peu de parenté avec la musique arabe traditionnelle mais ressemblent furieusement à ceux des fanfares balkaniques. A la nuit tombée, retentissent soudainement des mélodies improbables et légèrement dissonantes qui ne dépareraient pas les films du serbe Emir Kusturica !


Le nom "hassinya" dérive de Hussein, la dynastie beylicale qui regna sur la Tunisie de 1705 à l'indépendance en 1956. La légende veut que ces fanfares soient l'héritage de celles des troupes ottomanes qui servirent au fort de Kelibia durant environ trois siècles. Beaucoup de ces soldats, notamment des officiers, étaient originaires des Balkans, autre possession du Sultan turc. Le Bey de Tunis possédait d'ailleurs, au début du vingtième siècle, une musique militaire semblable aux "hassinya" actuels de Kelibia.


Tous les métallurgistes vous le diront, la fusion du cuivre est aisée à obtenir.
Aussi, comment ne pas rapprocher les "hassinya" de Kelibia qui bricolent leur répertoire avec, par exemple, Haïdouti Orkestar, formation gypsy-turque, qui combine des mélodies allant des Balkans à l'Afrique du Nord.
Dans les deux cas, le métissage culturel - osons le mot ! - fournit de la musique survitaminée.
La vidéo ci-dessous fournit un petit échantillon du talent d'Haïdouti Orkestar. Vous y découvrirez une danse de ventre étonnante et un accordéon balkanique un peu plus vigoureux que son cousin corrézien.


Cuivriquement votre

Références et compléments
- Les deux premières vidéos ont été tournées dans la rue par mes soins à Kelibia avec un petit appareil photo ce qui explique leur qualité approximative. La page dédiée aux fanfares balkanico-tunisiennes "hassinya" du site kelibia.fr fournit d'autres enregistrements.
- Je vous recommande la page web du Haïdouti Orkestar ainsi que trois autres vidéos de leurs prestations musicales : GezelimTurska & Padam Kolo (les amoureux de la musique qui dépote apprécieront particulièrement Padam Kolo).