Affichage des articles dont le libellé est vidéo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vidéo. Afficher tous les articles

mercredi 10 mai 2017

Comment la calculatrice a pulvérisé la règle à calcul : histoire d'une innovation de rupture

Entre 1975 et 1980, alors que naissait Emmanuel Macron le nouveau président français, les règles à calcul ont été rayées de la carte par l'émergence des calculatrices électroniques.

L’histoire de cette rupture révèle 3 aspects essentiels de l’innovation, singulièrement qu’un développement réussi ne cible jamais les clients du produit qu’il veut mettre à mal.

Cette vidéo de la série "Le Projet Fait Rage" détaille cette révolution dans les méthodes de calcul.


S'abonner au podcast sur iTunes pour appareils Apple
Obtenir le podcast pour d'autres systèmes (RSS)

Compléments
Voir aussi l'épisode n°10 qui relate les façons d'appréhender les besoins des clients


Liens
LPFR Le Projet Fait Rage

lundi 30 janvier 2017

mercredi 18 janvier 2017

L'achat de pneus un art délicat

De quelle manière prenons-nous nos décisions d’achat ?
Avec quels éléments implicites ou explicites ?
Sommes-nous toujours rationnels dans nos décisions ?
Le prix a-t-il de l’importance ?
A qui et à quoi accordons-nous confiance ?
Est-il possible tout savoir d’un produit ?
Quelles répercussions pour le client ? pour les entreprises ?
Cette vidéo de la série "Le Projet Fait Rage" décortique ces fondamentaux marketing depuis un exemple peu glamour.


S'abonner au podcast sur iTunes
S'abonner au podcast sur d'autres systèmes (RSS)
Plus de détails sur ce film

Compléments

Sur un sujet très proche, voir aussi l'épisode n°10 "Quelles questions poser pour définir un besoin client ?"

Liens
LPFR Le Projet Fait Rage

dimanche 13 novembre 2016

Vidéos Le Projet Fait Rage

Je débute aujourd'hui de nouvelles chroniques - cette fois en vidéo - intitulées "Le Projet Fait Rage".

Ces petits films, publiés sur YouTube, traiteront d'innovation, de marketing et de développement de produits ou services.
Avec un parti-pris résolu : l'agilité, c'est à dire l'humain et l'imagination plutôt que les procédures préétablies !

Pour cette première livraison, un avant-goût du programme.



Références et compléments
LPFR Le Projet Fait Rage

lundi 15 décembre 2014

MOOC : avis de tempête sur l'enseignement

Je viens, pour la première fois, de suivre un MOOC.

Cet acronyme anglais, qui se prononce mouque, signifie Massive Online Open Course, cours en ligne massif et ouvert.
Durant un mois et demi, j'ai, chaque semaine, consacré environ 2.5 heures à regarder des vidéos, répondre à des évaluations, corriger celles d'autres participants et dialoguer sur des forums.

Cette expérience enrichissante laisse entrevoir des bouleversements rapides dans l'éducation, domaine où les méthodes n'ont que peu évolué depuis le Moyen-Âge.
Dans la décennie qui vient, l'université traditionnelle, mais aussi une partie du lycée, voire du collège, seront emportés.

Analysons ensemble cette mutation annoncée.

C'est quoi un MOOC ?
Un MOOC est un cours gratuit diffusé par internet.

Le ou les professeurs enregistrent leurs interventions en vidéo.
Elles sont ensuite visionnées par les participants à l'horaire et au rythme de leur choix.
Les MOOC sont souvent des modules de 6 semaines, avec 1 à 2 heures hebdomadaires de vidéos.
Généralement, supports de cours et vidéos sont non seulement consultables mais aussi téléchargeables.

Le MOOC comporte aussi des évaluations à remplir en ligne, généralement une par semaine, la dernière étant plus étoffée.
Pour obtenir sa note, il est indispensable de corriger les évaluations d'environ 5 autres participants. Le système se prémunit ainsi des erreurs de notation.

La plupart des MOOC sont accompagnés de forums en ligne où les participants, et parfois l'équipe pédagogique, peuvent échanger autour des thèmes du cours.


Qui peut suivre un MOOC ?
Toute personne munie d'une connexion internet peut s'inscrire à un MOOC, quels que soient son âge, son niveau initial de formation, son expérience, son lieu de résidence, ses revenus, ses horaires, sa motivation, sa maîtrise linguistique…
Le M de MOOC, qui signifie massif, indique que ces cours s'adressent au plus grand nombre.


Quels sont les avantages des MOOC ?
Les MOOC mettent le savoir à la portée du plus grand nombre. Désormais, d'excellentes universités mondiales mettent en ligne les cours de leurs meilleurs professeurs.
Toute personne, qui souhaite se former ou tout simplement approfondir un thème, peut désormais y parvenir sans difficulté logistique ou pécuniaire. Plus besoin de se rendre dans une métropole, de s'inscrire, éventuellement de payer ou encore d'être tributaire d'horaires prédéfinis.

Pour des enseignements de niveau basique, pour faire simple de la fin du lycée à la licence, les MOOC donnent accès aux meilleurs pédagogues.
La loi d'Ohm ou les principes de la comptabilité générale sont plus faciles à digérer lorsqu'ils sont présentés par une bête de scène effectuant un vrai show devant la caméra.

Le haut niveau est aussi mis à la portée de tous et non plus réservé à quelques dizaines d'heureux élus d'une faculté bien précise.
Si la biologie marine des fosses de l'océan pacifique vous fait palpiter, les spécialistes du domaine ont mis leurs connaissances à votre disposition.


Y a-t-il des inconvénients ?
L'enseignement traditionnel qui regroupe, durant une année, les mêmes étudiants, dans une unité de temps et de lieu, pallie partiellement, par ses structures et ses rituels, notamment les examens, au manque de motivation.

Avec un MOOC, l'apprenant est seul devant son écran et doit affronter les baisses d'envie sans le secours d'une institution et de condisciples.
Tracer sa propre voie en solitaire est plus exigeant que de rester dans des rails collectifs.

De surcroît, un campus ou un lycée est aussi un lieu de socialisation où de nombreuses interactions humaines se nouent et se dénouent.
Cette absence de contacts bien réels est le principal défaut de tous les outils en ligne. Les MOOC ne font pas exception en la matière.
Ainsi, par exemple, il n'est pas certain que votre serviteur aurait pu, lors d'un MOOC, tisser une relation solide avec celle qui allait devenir son épouse préférée.

Autre imperfection des MOOC, ils se prêtent à la transmission de connaissances, mais pas à leur mise en pratique matérielle.
Beaucoup de disciplines, surtout scientifiques, nécessitent, non seulement une maîtrise théorique, mais aussi un entraînement à la mise en oeuvre concrète. Pour l'instant, en dehors de l'informatique et des mathématiques, le matériel et les encadrants ad hoc ne se prêtent guère à la mise en ligne.


Un MOOC est-il vraiment gratuit ? Comment est-il financé ?
Dans un MOOC, le plus souvent, le cours et l'évaluation sont totalement gratuits.
Par contre, la certification de la note est payante. Habituellement de l'ordre de 100 € pour un cours de 6 fois une heure.
Les participants désirant un diplôme assurent donc la mise à disposition gratuite au plus grand nombre de connaissances et de pédagogie.
Il s'agit d'un renversement du modèle traditionnel. Jusqu'alors, dans une école privée, le totalité de la scolarité était payante, sans distinction entre enseignement, évaluation et certification.

Les tarifs actuels de certification sont très loin d'être bradés.
Suivant les disciplines, un enseignement traditionnel post-bac varie entre 15 et 25 heures hebdomadaires, réparties sur 9 mois par année.
Un étudiant souhaitant réaliser le même programme annuel avec des MOOC doit donc débourser entre 8 000 et 14 000 € pour être complètement certifié, un montant comparable aux 12 000 € que l'état français dépense pour chaque étudiant dans l'enseignement supérieur public.

Les plus grands éditeurs de MOOC sont pour l'instant américains. Venus d'un système où l'enseignement supérieur est massivement payant, ils ont défini leurs tarifs par rapport aux frais traditionnels de scolarité.
L'attrait économique pour les étudiants se situe, à l'heure actuelle, essentiellement dans la diminution des dépenses annexes, principalement de logement.


Quelles conséquences pour le système d'éducation traditionnel ?
Les MOOC sont récents. Les mutations qu'ils vont engendrer sont multiples et pas encore définitives. Néanmoins, il est possible d'esquisser quelques tendances qui, très vite, pourraient devenir réalité.

  • L'enseignement en ligne va mettre à mal l'enseignement traditionnel. Un éventuel système mixte ne sera pas durable.
    À chaque fois qu'une nouvelle technologie apparaît, les acteurs de l'ancien système, en bonnes autruches, font l'éloge du mélange des genres.
    Avec le recul de l'histoire, passé une période de transition, souvent assez courte, cela ne s'est jamais produit. Ainsi, diligences, machines à vapeur, télégraphes ou chanteurs de rue ont mal survécu.
    Il n'y a pas d'exemple où une baisse drastique de coûts de production n'ait pas révolutionné rapidement un secteur.
     
  • Les tarifs des institutions privées d'enseignement vont s'écrouler.
    Le coût d'un MOOC est fixe et peut s'amortir sur plusieurs années.
    Plus le nombre d'étudiants désireux d'être certifiés en ligne augmentera ; plus, concurrence aidant, les tarifs baisseront.
     
  • Les acteurs de l'éducation vont se concentrer internationalement.
    À l'instar de Google, Apple ou Amazon, les acteurs de l'éducation en ligne vont très probablement se concentrer. Les meilleurs et les plus connus rafleront toute la mise.
    Pourquoi suivre un MOOC et payer pour avoir une certification de l'Université de Corrèze ou de Kelibia lorsque, pour le même prix, on peut décrocher, dans la même discipline, un diplôme de Stanford ?
    Le monde académique s'industrialise et va faire l'objet de batailles concurrentielles mondiales.
     
  • Les MOOC sont la bouée de sauvetage de l'enseignement public gratuit et égalitaire.
    Aujourd'hui, en France, grosso modo 300 à 500 professeurs enseignent les rudiments du génie électrique en premier cycle.
    Il en est de même dans toutes les disciplines de base, pour l'ensemble des pays francophones.
    L'usage de main d'oeuvre enseignante et de bâtiments est important et pèse directement sur des deniers publics de plus en plus rares.
    De surcroît, des acteurs privés internationaux vont venir concurrencer les systèmes nationaux publics et gratuits.
    Sans de très forts changements volontaires, l'inégalité sociale du système éducatif français va s'accroître.
    Avec des MOOC, il suffirait que les puissances publiques financent, pour toute la Francophonie, 3 à 5 professeurs par discipline ainsi que quelques vidéastes pour obtenir un service identique, voire meilleur, que les cours universitaires traditionnels actuels.
    L'économie en personnel et en immobilier serait gigantesque, surtout si les MOOC empiètent, au moins partiellement, sur le lycée.
    Seules les séances de travaux pratiques, partiellement remplaçables par un couplage entre des MOOC et de l'apprentissage, auraient besoin d'être maintenues avec enseignants et salles de classe.
     
  • Professeur de lycée ou de premier cycle sera très prochainement une profession sinistrée.
    Plus un enseignement est basique et non spécialisé, plus il est menacé par les alternatives en ligne.
    Une partie des professeurs surnuméraires pourra devenir des tuteurs pour guider et suivre les étudiants en mal de motivation.
    Une autre fraction pourra s'investir plus dans la recherche et les thématiques de pointe.
    Mais, revers terrible de la médaille, une majorité d'enseignants actuels devra trouver un autre travail.
    Se destiner au professorat est, pour un futur bachelier de 2015, un choix suicidaire.
    De même, pour une institution traditionnelle d'éducation, agrandir son campus est devenu une option mal avisée.
     
  • Les cursus linéaires de formation et la sélection à l'entrée vont prendre un coup de vieux.
    Chacun peut s'inscrire à un ou plusieurs MOOC ans aucune condition. Seul l'acquis par rapport au sujet du cours est évalué en fin de MOOC.
    Cette manière peu rigide de procéder est bien adaptée à la formation continue tout au long de la vie. Les tenants des diplômes traditionnels vont devoir se repositionner par rapport à ces nouvelles pratiques flexibles.
    Quant à la détestable sélection à l'entrée pratiquée en France et Tunisie au moment du bac et des classes préparatoires, ses jours sont comptés...
       
  • La tempête des MOOC va aussi impacter l'immobilier.
    Les besoins en bâtiments d'enseignement vont s'écrouler. Des réserves foncières gigantesques seront ainsi libérées dans les années à venir.
    De même, le marché des résidences étudiantes risque de connaître un sacré coup de mou.
    Au final, la physionomie et la sociologie de villes comme Grenoble, Montpellier ou Toulouse pourraient être radicalement modifiées.

Mutationnellement votre

Post Scriptum : j'ai conscience et j'assume le caractère perturbant, provocant et polémique de cet exercice de prospective simultanément pédagogique et technologique.
Je vous invite à le commenter et le critiquer. Merci, pour ce faire, de me contacter.

mardi 13 novembre 2012

Sommes-nous des web-justiciers ?

J'ai récemment visionné une courte vidéo où, sur un chantier de construction, un homme très en colère agonit d'injures, dans un anglais de caserne, les ouvriers présents. Les propos ont un net caractère raciste et le successeur du Capitaine Haddock finit par s'emparer d'une plaque de tôle ondulée qu'il lance en direction de la personne qui le filme.
Le site des Observateurs de France 24 qui rapporte cette vidéo, en plus de fournir une traduction française des invectives, indique que la scène a eu lieu fin octobre à Singapour et que son héros est le prototype du sale con : un expatrié français plein aux as, trader de haut vol dans une banque anglo-saxonne d'envergure internationale.
Le chantier aurait troublé la quiétude matutinale de la maison familiale de mon vociférant compatriote.
L'article se termine par la mention que la banque, citée sur internet, a licencié illico presto le golden boy gaulois.

Spontanément, en découvrant ce film, j'ai pris fait et cause en faveur des ouvriers qui ont filmé les saillies du trader. La lecture de l'article a renforcé cette opinion qui s'est transformé en exultation quand j'ai appris que l'arroseur avait terminé arrosé. Je me suis aussitôt empressé de poster un lien vers le billet de France 24 sur plusieurs réseaux sociaux.

Toutefois, quelques temps après, j'ai été pris d'un sentiment de malaise.
Qu'avais-je vraiment vu ? Une scène assez banale de la vie quotidienne où une personne très énervée en insulte d'autres dans un registre, hélas, raciste.
Que savais-je de vraiment fiable du contexte et des personnes en présence ? Pas grand chose !

En fouillant sur internet, j'ai retrouvé le site où cette vidéo a été initialement mise en ligne. Il s'agit d'un média singapourien très racoleur auquel tout un chacun peut envoyer des films scandaleux ou salaces. Environ un article sur six de ce site propose un contenu relevant le comportement "inapproprié" des étrangers à Singapour.
Le court texte qui accompagne la vidéo du trader a été écrit par le chef de chantier qui, dès la seconde phrase, souligne - peut-être pour faciliter le décryptage des images par les daltoniens - que le héros hurleur est un blanc.

Je n'ai pas réussi à trouver d'éléments rapportés par des personnes tierces sur les évènements avant et après les soixante secondes qui ont été filmées.
Il est donc possible que notre ami le trader soit véritablement un sale con raciste ayant agressé verbalement des ouvriers faisant normalement leur travail.
Mais, il est tout aussi plausible que le personnel du chantier ait provoqué, sciemment ou pas, l'expatrié français déclenchant ainsi un pétage de plomb dans les règles de l'art !

Internet, en nous amenant sur un plateau des images et des informations fortes faisant appel à nos émotions, tend à faire sauter nos digues.
Les injures racistes d'un surexcité sont choquantes. Toutefois, les livrer en pature sur le web sans aucune contre-vérification expose leur auteur à la vindicte publique sans qu'il puisse se défendre.
L'employeur du trader, très soucieux de son image, a choisi de se débarrasser du boulet de manière expéditive et l'a fait savoir dans la presse économique par le biais de commentaires courageusement anonymes.

Un justicier sommeille en chacun de nous.
Quelques images, quelques larmes ou un peu d'adrénaline suffisent à le réveiller et à nous faire jeter aux orties les principes de présomption d'innocence et de droit à une défense équitable.
Tel la langue d'Esope, internet est la meilleure et la pire des choses ...

Zorroiquement votre

La vidéo objet de cette chronique.
Oreilles sensibles et adversaires du mot anglais en F****** s'abstenir.

Références et compléments

mercredi 10 octobre 2012

Rire du voile ?

Une étonnante vidéo, sous-titrée en français, de Gamal Abdel Nasser fait ces jours-ci le tour du web.
Dans ce film, probablement enregistré au début des années 1960, le raïs y explique, en arabe dialectal égyptien, sur le ton de la conversation, comment, après le coup d'état de 1952, ses tentatives d'associer les frères musulmans au nouveau pouvoir ont fait chou blanc.
Les islamistes de l'époque conditionnaient, selon Nasser, leur soutien à l'imposition du voile à toutes les égyptiennes.
Le président de feue la République Arabe Unie, très en verve, termine son récit avec une chute humoristique ponctuée d'un geste éloquent de la main. La salle, à coup sur remplie de courtisans, éclate de rire et interpelle l'orateur à plusieurs reprises.
Nasser plaisante sur le voile et les frères musulmans devant un auditoire acquis et hilare.

Il y a une cinquantaine d'années, le voile et l'islamisme étaient un thème de rigolade officielle dans l'Egypte d'alors. Pourquoi, depuis, un voile est-il retombé sur le voile ?

Le monde de Nasser, de Bourguiba et de leurs consorts était simple.
Le rideau, pardon le voile, se levait sur un avenir prometteur. Débarrassé du fardeau de la colonisation, le monde arabe allait se développer à vive allure grâce à un savant mélange de modernisme, d'étatisme, de marxisme et de nationalisme. Les succès économiques et symboliques seraient très vite au rendez-vous.

Depuis, la roue voilée du temps a tourné et les lendemains ont cessé de chanter les mélodies d'Oum Kalthoum.
Sous la pression des réalités, les inefficaces idéologies des luttes nationales ont été remisées et les régimes initialement dynamiques se sont enkystés dans la dictature.
La manne pétrolière n'a profité qu'à la poigne d'airain d'opulentes monarchies d'opérette et d'impudents généraux.
Grâce à un libéralisme économique mais pas politique, l'essor économique a fini par survenir, hélas accompagné d'un cortège d'inégalités.
Transition démographique, exode rural, croissance urbaine et déferlement technologique ont secoué les bases des sociétés civiles.
Et, surtout, aucune réussite emblématique n'est à mettre au crédit des nations arabes. Qui peut citer, au niveau mondial, des vedettes, sportifs, prix Nobel, chefs d'entreprise, leaders d'opinion du Maghreb ou du Machrek ? Les rares individualités qui viennent à l'esprit sont, soit décédées à l'instar de Naguib Mahfouz, soit expatriées comme Carlos Ghosn.

Comment s'étonner que beaucoup cachent leurs frustrations derrière des attitudes rétrogrades trop simplistes ?
Le retour du voile recouvre d'abord les exorbitantes promesses non tenues de Nasser et Bourguiba.

Nasser conclut son intervention filmée en expliquant qu'il n'a ni les moyens, ni la volonté d'imposer aux égyptiennes un voile que même la fille d'un dignitaire islamiste refuse. Ce que le raïs, pourtant peu avare de méthodes musclées, ne pouvait exiger, les sociétés arabes se le sont, au fil du temps, infligées elles-mêmes.

Toutefois, les révolutions de Tunisie et de d'Egypte de début 2011 ont montré que le pire n'est jamais certain.
Aussi, malgré des élections libres ayant produit un personnel politique âgé et déçu du bourguibisme ou du nassérisme, je persiste à espérer que la jeunesse arabe saura faire tomber ses voiles et les hisser en direction du grand large !

Bientôt, pour paraphraser Pierre Desproges, il sera à nouveau possible de rire de tout à Tunis ou au Caire, mais peut-être pas avec toutes les vieilles barbes !

Voiliquement votre.

mercredi 22 août 2012

Chevaux, acier, journaux, disques, livres … à qui le tour ?

La récente sortie de Pierre Lescure, porte-parole désigné par le gouvernement du lobby du show business, « on ne peut pas partir à vau-l'eau et tout consommer gratuit sur internet » procède d’une formidable erreur de perspective.

Le téléchargement et le partage de musiques ou de vidéos est tout, sauf gratuit.
Jusqu’à plus ample informé, ordinateurs, smartphones et abonnements internet sont rarement donnés à titre gracieux. Annuellement, chacun d’entre nous consacre quelques centaines d’euros pour être connecté sur la toile. Ces sommes ne sont pas, ou plus, consacrées à l’achat de disques ou de DVD.
L’essentiel de ce pactole profite aux entreprises dites de « la nouvelle économie ».
Intel, Microsoft, Apple, Google, Free, Orange et quelques autres ont littéralement capturé le chiffre d’affaire d’Universal Music et consorts. Un peu comme si les imprimeurs s’étaient subrepticement emparés de la marge des éditeurs et des libraires.

L’histoire économique regorge de tels glissements de valeur qui, souvent, se terminent par la mort de l’industrie ancienne trop crispée sur son existant.
Trois exemples auxquels nous pensons rarement tellement ils ont pénétré notre quotidien.

La véhicules « auto »-mobiles sont presque venus à bout de leurs concurrents hippomobiles alors que les canassons ont pourtant assuré les déplacements de l’Humanité durant neuf millénaires.

Les fabricants de matières plastiques, à partir de la fin des années 1950, ont fait un tort considérable aux sidérurgistes dont nombre d’usines ont du fermer.
A l’époque de « Lorraine cœur d’acier », je n’ai pas le souvenir que des chanteurs ou des comédiens aient proposé de taxer le plastoc pour maintenir les métallos au boulot.

Dans le domaine « culturel », à partir de l’entre-deux-guerres, la radio puis, plus tard, la télévision ont fourni massivement et « gratuitement » du divertissement et des informations. Ce bouleversement a transformé les chanteurs de rue en espèce en péril et fait fondre comme neige au soleil les effectifs des salles de cinéma et des journaux.

Quelle différence entre ces trois précédents et le téléchargement sur internet aujourd’hui ?

L’establishment français de la « Culture », au lieu de s’adapter à vive allure, tente désespérément de retarder l’échéance avec des gadgets fiscalement coûteux comme l’Hadopi ou la mission de Pierre Lescure. Un château de sable n’a pourtant jamais empêché la mer de monter.
Cette attitude rétrograde dirigera, dans un futur très proche, les retombées économiques du divertissement et de la création artistique vers les héritiers de Steve Jobs plutôt que vers ceux de Charles Cros et de Thomas Edison.

Numériquement votre

Références et compléments
- Sur le même thème, mon appel à François Hollande pour qu'il gracie le premier condamné d'Hadopi
- Article de 01net du 21 août 2012 relatant les récents propos de Pierre Lescure dont est extrait la citation entre guillemets en début de chronique.