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vendredi 13 juin 2014

Lettre ouverte au PDG de Bouygues Telecom

À en croire les gazettes et le plan social récemment annoncé, l'entreprise Bouygues Telecom se débat dans des difficultés économiques provoquées par la guerre des prix attisée par Free.

Soucieux de conserver sa clientèle actuelle, Olivier Roussat, présentement PDG de Bouygues Telecom, s'est fendu aujourd'hui d’un message à ses abonnés.

J'ai donc reçu en plein milieu de l'après-midi simultanément un mail et un SMS.
Ce soir, j'ai tenté de répondre à ces messages mais Bouygues Telecom refuse d'acheminer les SMS qui lui sont destiné. Quant à mon mail, il est revenu affublé de l'antipathique, anglophone et mal typographiée sentence “Recipient address rejected: Access Denied”.

Bouygues Telecom, qui d’après son PDG “oeuvre chaque jour pour me servir et me délivrer un service de qualité”, ne semble pas souhaiter prendre connaissance de ce que j’en pense.
Qu'à cela ne tienne, cela me permet d'en faire profiter les lecteurs de ce blog. Voici donc le texte que j'ai vainement tenté d'expédier il y a quelques minutes à Olivier Roussat.

Cher Olivier Roussat

Je comprends les difficultés de votre entreprise, sachez que j'y compatis et surtout que je compatis au sort de vos salariés.

Toutefois en tant que client fidèle et acharné de Bouygues Telecom, peut-être n'ai-je pas mérité de recevoir votre dernier message simultanément par mail et par SMS, de surcroît en plein milieu de mes heures de travail.

Personnellement, je réserve les SMS pour mon entourage, principalement pour des sujets présentant un caractère d'urgence ou d'instantanéité. Pour les reste, le mail, splendide média asynchrone, suffit.

Comme depuis plus de 10 ans je verse mensuellement mon écot à Bouygues Telecom, peut-être pourriez-vous demander à vos services d'avoir la gentillesse de cesser de m'abreuver de SMS promotionnels. Je reçois déjà votre newsletter, c'est bien assez !
Depuis le temps que vous annoncez des réductions, je m'étonne que mon téléphone ne soit pas devenu gratuit.
De surcroît, votre système de désabonnement ne fonctionne pas et il est impossible de répondre à vos envois non sollicités.

Cordialement

Spamiquement votre

dimanche 8 janvier 2012

Timbres, iPhone et salaires ouvriers

En France, vers 1860, sous Napoléon III, la journée ouvrière de 10 heures est payée 2 Francs. Un kilogramme de pain s'achète 30 centimes, soit une heure et demie de travail.
A cette époque, alors que la Révolution Industrielle bat son plein, les communications sont bouleversées. Le train et le timbre ont fait exploser le trafic postal. Affranchir une lettre nécessite 20 centimes, soit une heure de travail. L'acheminement est rapide et fiable, deux jours suffisent pour traverser l'Hexagone. Beaucoup de plis sont distribués le lendemain de leur envoi, parfois le jour même.

En 2012, avec un SMIC horaire net à 7.2 € et une baguette de 250 grammes à environ 1 €, il faut travailler trois fois moins longtemps pour s'acheter du pain.
Pour le courrier, la baisse est encore plus spectaculaire, puisque la lettre standard à 0.6 € ne représente plus que 5 minutes de SMIC, une division par 12 en 150 ans.
Toutefois, la fiabilité d'acheminement s'est amenuisée. Pour obtenir le même service que sous le Second Empire, Colissimo s'avère nécessaire. Le délai de 2 jours est garanti en échange de 8.1 €, une grosse heure de SMIC, autant qu'en 1860. Ne parlons pas de Chronopost qui assure l'acheminement en une demi-journée au prix de 3 heures de travail ouvrier (22.5 €) !

Toutefois, l'usage de la lettre comme moyen de communication semble désormais révolu.
Internet et télécommunications mobiles bousculent les coûts et les usages à l'instar du timbre au XIXème siècle.
L'utilisation d'un smartphone s'établit grosso modo à 50 € par mois, soit 7 heures de SMIC. Cet engin permet d'émettre et recevoir communications téléphoniques, SMS, mails, pages web, photos, musiques, videos et bien d'autres contenus. Il nous coûte mensuellement autant que 7 lettres en 1860, avec un abonnement pour un volume de données correspondant à plus de 1000 à 2000 missives !

Timbriquement votre

Références et compléments
- La chronique "le prix de l'essence et des voitures en forte baisse !" reprend la même méthode de comparaison des prix avec le SMIC pour mettre en perspective le coût du carburants et des automobiles.
J'ai aussi appliqué le même procédé de comparaison avec les salaires au coût du logement.

- Le site histoirepostale.net, réalisé par Roland Goutay et votre serviteur, résume l'histoire postale de chaque pays d'Europe vers 1860, au moment où nait la Poste moderne et où le volume de courrier s'emballe.
La comparaison avec les communications d'aujourd'hui est très instructive notamment l'invention du premier timbre en 1840 en Grande Bretagne par Rowland Hill et la naissance du timbre "20 centimes Cérès" en France en 1849.

- L'idée de comparer les tarifs postaux aux salaires sous Napoléon III et aujourd'hui est inspirée du livre de Jean Fourastié & Béatrice Bazil "Pourquoi les prix baissent ?" (Editions Hachette 1984).
  

vendredi 6 mai 2011

Réveil spirituel - Chronique indienne

L'Inde est le berceau de nombreuses religions. Encore aujourd'hui, la spiritualité joue un grand rôle dans la vie quotidienne.

Ainsi, l'usine que j'ai visitée est une usine syndiquée.
L'adhésion au syndicat est obligatoire pour les ouvriers. Le syndicat est confessionnel, de religion hindoue. Il est dirigé, de l'extérieur, par un "gourou" qui négocie avec la direction et décide du sort des accords sociaux.
Le syndicat a obtenu qu'un petit temple soit édifié dans l'enceinte de l'usine afin d'apporter sur celle-ci croissance économique, prospérité et emploi.
Un jour par an, les ouvriers viennent mais ne travaillent pas. Ils nettoient les machines et équipements, les couvrent de fleurs et de rubans et effectuent en pèlerinage le tour des ateliers afin d'attirer quelques bonnes grâces sur la santé économique de la boutique.

La spiritualité emprunte parfois un tour encore plus moderne. Les technologies de communication sont devenues des auxiliaires précieux de la sagesse ancestrale.
Ainsi, la nuit dernière, vers trois heures, l'arrivée d'un SMS énigmatique émis par un étrange barbu a interrompu mon sommeil.
L'interrogation contenue dans le message a déclenché chez moi une introspection salutaire : "si tu as une heure de libre à Paris, vas-tu au Louvre ou au musée d'Orsay ?".
J'ai répondu derechef à mon gourou virtuel "Orsay !".
Le maître ne tarda pas à me faire part de sa satisfaction par un second SMS : "Déjà ! Tu ne dors donc pas …".
Ravi que mon maître éthéré ait constaté mon réveil spirituel, je tentais de retourner dans les bras de Morphée en comptant les Monet et les Pissarro.

Laurentiquement votre … (il se reconnaitra !)