Affichage des articles dont le libellé est métropole. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est métropole. Afficher tous les articles

mercredi 28 octobre 2015

​Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément

​Depuis quelques jours, le chemin du Vieux Chêne, voie de circulation d'une zone industrielle de la commune de Meylan dans la banlieue de Grenoble, est affecté par un chantier.
Une entreprise spécialisée, manifestement mandatée par nos élus et payée par nos impôts, est en train d'y réaliser un trottoir d'une centaine de mètres de longueur.
Chantier du futur trottoir philosophique de Meylan partant de presque rien pour aller franchement vers nulle part et ayant nécessité l'abattage d'un arbre ancien
Une fois achevés, ces travaux - plaisamment qualifiés de publics probablement parce qu'ils sont financés par des fonds du même acabit - permettront à d'hypothétiques piétons d'aller en toute sécurité de la sortie d'un parking à un rond-point routier intraversable.
Le flâneur désireux d'effectuer ce curieux trajet pédestre sera bientôt dispensé d'emprunter un trottoir situé de l'autre coté de la rue et existant depuis des lustres.

Je profite donc de cette chronique pour solennellement remercier les élus de Grenoble-Alpes Métropole, connue aussi sous l'appellation paradoxalement parisienne de "La Métro".
Par leurs décisions avisées, ces champions des émoluments épais et de la transparence financière sont en train de doter la capitale du Dauphiné d'un cheminement méditatif digne des meilleurs jardins zen ou du Philosophenweg d'Heidelberg.
Permettre à des marcheurs inspirés, au sortir de leur travail, de relier sur leurs deux jambes l'improbable à l'impossible méritait bien l'abattage d'un vieil arbre et la dépense de quelques menus kilo-euros d'argent citoyen.

Enerviquement votre

Références et compléments
Voir aussi :
- mes autres chroniques sur Meylan

- d'autres billets sur Grenoble-Alpes-Métropole / La Métro et ses gaspillages

vendredi 13 mars 2015

Que coûte vraiment la politique locale en France ?

Imaginez que chaque jour de l'année - dimanches, fêtes et vacances inclus - quatre vigiles fassent le planton devant l'entrée de votre domicile et réclament pour vous laisser passer que chaque membre de votre foyer - y compris les bébés et grabataires - leur verse quotidiennement un peu d'argent.
  • Le premier cerbère, vêtu aux couleurs de votre région, exige 1 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Pour faire bonne mesure, la seconde sentinelle, vêtue aux couleurs de votre département, exige 3 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Pour ne pas être en reste, le troisième garde, vêtu aux couleurs de votre communauté de communes ou de votre métropole, exige aussi 3 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
     
  • Enfin, le quatrième guichetier, survitaminé et vêtu aux couleurs de votre ville, exige le double, 6 € par personne et par jour.
    En échange, il vous promet de s'occuper de transports, d'éducation, de voirie, d'emploi, de protection sociale, de sécurité, de culture et de quelques autres missions assez peu définies, parmi lesquelles le sponsoring d'équipes sportives, la distribution mensuelle dans votre boîte à lettre d'un journal inepte ainsi que le défraiement d'élus et de leurs cabinets.
Au total, 13 € par jour. Avec ce système, une famille de 4 personnes débourserait en péages individuels chaque année, de l'ordre de 18 mois de SMIC.

Si une telle situation se produisait en France, à n'en pas douter, l'esprit de 1789, des 3 glorieuses de 1830, de 1848, de la Résistance et de mai 68 renaîtrait de ses cendres et balaierait, dans un grand soulèvement populaire, ces iniques percepteurs.

Pourtant, nous vivons chaque jour cet état de fait.
Les chiffres et les missions sont ceux de l'actuel mille-feuille administratif français, plus précisément de la région Rhône-Alpes, du département de l’Isère, de Grenoble-Alpes-Métropole et de la commune de Meylan où je réside.
Les ordres de grandeurs ailleurs dans l'Hexagone sont identiques ...

Localo-énerviquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique “Comment politiques et institutions pourraient sortir de leur discrédit ?”
- Mes remerciements sincères à l'internaute pieveml qui a su rectifier mes chiffres initialement déficients.