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dimanche 3 janvier 2016

Discrimination des gauchers à Meylan dans la banlieue de Grenoble

​Les voies et chemins de Meylan apportent au piéton de multiples occasions de méditation et d'étonnement.
Après avoir évoqué dans ces colonnes un trottoir philosophique et le multilinguisme des pancartes, je vous propose d'examiner en images le tropisme directionnel mis en place par les services techniques municipaux.

Serait-ce une piste cyclable discriminatoire autorisée aux seuls droitiers ?

Les gauchers cordialement invités à éviter la commune de Meylan

Renseignements pris, les agents de la municipalité ont cherché à tester l'acuité intellectuelle et visuelle du chroniqueur myope et gaucher afin qu'il puisse mettre un peu d'ambiance en ce début d'année.
Le lecteur de ce blog est, par voie de conséquence, invité, lui aussi, à challenger son acuité intellectuelle et visuelle en regardant attentivement à droite (et non à gauche) du N de Meylan.
Très bonne année 2016

Oxymoro-photographiquement votre

Références et compléments
- Photos prises par l'auteur à Meylan (sympathique commune du non moins sympathique département de l'Isère située dans la banlieue Est de Grenoble) le 3 janvier 2016.

- Voir aussi les chroniques :
. Lettre ouverte à Barack Obama sur le rattachement de la Crimée de l'Isère aux USA
. Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément

mercredi 28 octobre 2015

​Un trottoir vers nulle part ou comment creuser les déficits et le sol simultanément

​Depuis quelques jours, le chemin du Vieux Chêne, voie de circulation d'une zone industrielle de la commune de Meylan dans la banlieue de Grenoble, est affecté par un chantier.
Une entreprise spécialisée, manifestement mandatée par nos élus et payée par nos impôts, est en train d'y réaliser un trottoir d'une centaine de mètres de longueur.
Chantier du futur trottoir philosophique de Meylan partant de presque rien pour aller franchement vers nulle part et ayant nécessité l'abattage d'un arbre ancien
Une fois achevés, ces travaux - plaisamment qualifiés de publics probablement parce qu'ils sont financés par des fonds du même acabit - permettront à d'hypothétiques piétons d'aller en toute sécurité de la sortie d'un parking à un rond-point routier intraversable.
Le flâneur désireux d'effectuer ce curieux trajet pédestre sera bientôt dispensé d'emprunter un trottoir situé de l'autre coté de la rue et existant depuis des lustres.

Je profite donc de cette chronique pour solennellement remercier les élus de Grenoble-Alpes Métropole, connue aussi sous l'appellation paradoxalement parisienne de "La Métro".
Par leurs décisions avisées, ces champions des émoluments épais et de la transparence financière sont en train de doter la capitale du Dauphiné d'un cheminement méditatif digne des meilleurs jardins zen ou du Philosophenweg d'Heidelberg.
Permettre à des marcheurs inspirés, au sortir de leur travail, de relier sur leurs deux jambes l'improbable à l'impossible méritait bien l'abattage d'un vieil arbre et la dépense de quelques menus kilo-euros d'argent citoyen.

Enerviquement votre

Références et compléments
Voir aussi :
- mes autres chroniques sur Meylan

- d'autres billets sur Grenoble-Alpes-Métropole / La Métro et ses gaspillages

jeudi 13 août 2015

Ces gouttes qui font déborder la vase : incuries tunisiennes

Je me rends en Tunisie depuis plus de 30 ans et - les colonnes de ce blog s'en font régulièrement l'écho - je nourris une vraie passion vis à vis de ce territoire et de ses habitants.
Toutefois, comme n'importe où ailleurs, les nombreux bons côtés avoisinent des aspects moins sympathiques.
Aussi, une fois n'est pas coutume, je voudrais piquer un coup de gueule à l'encontre de mon pays de coeur.

Le 12 août 2015, plusieurs petits orages se sont abattus sur Kelibia, dans le Cap Bon.
Bien que ce soit un peu tôt dans la saison, ces pluies drues et brèves n'ont rien d'exceptionnel. Elles sont même caractéristiques du bassin méditerranéen, le crachin tant breton que britannique n'ayant guère droit de cité dans l'antique Carthage.

Le résultat de ces courtes averses ne s'est pas fait attendre.
À chaque pluie, plusieurs centimètres d'eau envahissent les rues transformées en ruisseaux.
Le retour du soleil illumine ensuite flaques et plaques de boue. Les voies non asphaltées ressemblent alors à des fondrières.

Pluie le 12 août 2015 à Kelibia
Je dois constater, amèrement, que l'écoulement des eaux pluviales et, plus généralement, la voirie restent un des talons d'Achille de la Tunisie.
La situation s'est même aggravée car l'urbanisation grandissante et le goudronnage des rues réalisé sans aucune évacuation accroissent singulièrement le ruissellement.

Malgré les successions politiques - Bourguiba, Ben Ali, un gouvernement révolutionnaire puis deux démocratiques - et la croissance économique soutenue, délivrer des services publics basiques de qualité acceptable semble être le cadet des soucis des administrations tunisiennes et de leurs dirigeants.

Pourtant les routes sont - au moins en ce qui concerne la maîtrise d'ouvrage - franchement du ressort de la sphère publique.
Comment une somme d'intérêts individuels pourrait s'accorder pour les tracer et les entretenir ?

Une des causes des inondations récurrentes est la construction anarchique qui laisse tout un chacun bâtir ou agrandir sa maison sans véritable contrainte, en se souciant peu des autres et en dirigeant allègrement les eaux pluviales vers les caniveaux, voire directement sur les trottoirs.

Au même titre qu'une surveillance résolue et punitive de la très meurtrière circulation routière, une amélioration durable des voiries et des écoulements ainsi qu'une police des constructions sont indispensables.
Les gouvernements en place et à venir gagneraient à se préoccuper efficacement de l'intendance. Un état se rend respectable en s'intéressant au quotidien de ses citoyens.

Mais, d'abord et avant tout, dans la vie courante, chaque tunisien pourrait et devrait faire montre d'un chouïa plus de - osons ce gros mot plus viking que gaulois - civisme.
La sécurité et le bien-être collectifs proviennent plus des efforts de tous que des décisions "d'en haut".
Comme le chantait le regretté Serge Reggiani, "il suffirait de presque rien" ...

Humidement votre

Références et compléments
- Voir aussi mes autres chroniques sur la Tunisie, notamment le billet sur la violence routière.