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samedi 10 décembre 2011

Notations de crise

Les maux de la crise ne seraient-ils pas dans ses mots ?

Moody soit mon cerveau lent ! Depuis plus de six jours, ma pensée est devenue Standard & Pauvre et risque d'être emportée dans un cataclysme mondial d'une ampleur inégalée.

La valeur de mes lignes s'effondre. Mon talent rédactionnel subit une sévère crise de solvabilité : il s'est, pour ainsi dire, dissout.
Mes avoirs linguistiques sont réduits à néant, mes activités scripturales frisent le krach. Impossible d'émettre le moindre papier, mes neurones semblent partis dans un paradis fiscal.
Bref, sans même consulter les trois célèbres aaagences fort occupées par ailleurs, je sens bien que ma notaaation se dégrade, que je perds mes précieux A les uns après les autres.
L'heure est grave, le cours de l'humeur mondialisée flanche. Je vous Fitch mon billet que ce blog a une chance sur deux de se défaire avant Noël !

Comment vais-je pouvoir remettre mon appareil productif en ordre de marche ? Comment pourrais-je créer un salutaire choc de confiance ? Faut-il que je révise les traités sur la rédaction de chroniques ? que je convoque un sommet lexical ? Y a-t-il un institut d'émission de bons mots capable, en dernier recours, de m'en prêter quelques uns pour me renflouer ?
Il me faut un sérieux plan de rigueur. Que dis-je ? pas un, au moins trois !

C'est donc décidé, ce blog va devenir austère.
Je vais cesser de relater mes voyages dispendieux et mes humeurs triple C. Désormais, je me consacrerais exclusivement à des sujets sérieux. Deux thèmes permettront à ces chroniques de se désendetter :
- l'exégèse de la pensée mystique et néanmoins sociale de Jean-Claude Trichet,
- la relation de la vie sexuelle de la jeune Angela Merkel dans la République Démocratique Allemande du regretté Erich Honecker.

Zur le blan linguiztik, avin d'an vinir afec la guoubaple vrifolité de l'Eurobe ladine et tu Maqhrep, dézormais zes gronigues zeront rédichées an alleumant foire même an naurfaijien.
Ch'enfizache auzi te m'ajeder tes lunèddes rouches bour afoir l'air anguore blus rikoureux.

Joliment standard & pooriquement votre

lundi 7 novembre 2011

Austère 7 novembre - Chronique tuniso-indienne


Dans la Tunisie pré-révolutionnaire, le 7 novembre était le jour où un agent publicitaire pour teintures capillaires, s'auto-congratulait en célébrant l’anniversaire du coup d'état médical l’ayant porté au pouvoir.

Pour ce premier 7 novembre sans Ben Ali, j'ai délibérément choisi d'aller dans un pays où cette date est restée fériée envers et contre tout.
Aujourd'hui, à Bangalore, c'était, simultanément, le Bakrid musulman et une fête hindoue dont je n’ai pas capté le nom. Bakrid est la version locale de l'Aïd El Kebir. Les chèvres et boucs qui remplacent les moutons ne supportant pas la mousson ont été sacrifiés hier, mais la grande fiesta avait lieu aujourd'hui, ne me demandez pas pourquoi.

La journée a commencé avec mon PC sonnant à tue-tête pour m'annoncer la "fête nationale tunisienne". Le programmeur du calendrier a manifestement survécu au bug de l'an 2000 mais pas à celui du 14 janvier.

Ensuite, pour des raisons trop longues à expliquer, il m'a fallu aller travailler. Cela n’a pas été trop désagréable. La climatisation glaciaire et les néons - plus religieux qu'on ne croit - avaient décidés de s’accorder une journée de répit.
Nous n’étions que 7 (tiens donc !) dans l’immense "open space" accueillant habituellement une centaine de personnes. Seul un poster grandeur nature du PDG, nous surveillait en permanence. Vers quatre heures, satisfaits de notre œuvre, nous avons décidé de plier les gaules.

Rentré à l'hôtel, au bord de la piscine, sous un ciel limpide, bercé par une petite brise, je me suis connecté à France Info, histoire d’avoir des nouvelles fraiches du pays natal.
Décalage horaire oblige, j'ai eu le droit, en direct, à la belle voix grave de l'austère François Fillon égrenant les nouvelles mesures de rigueur budgétaire visant à conserver notre triple A. Quand il a annoncé le gel de son salaire, j'ai failli tomber du transat tellement c'était émouvant.

Pour me remettre de ces intenses émotions, j'ai interrompu la radio et écouté de la musique grecque. Puis, je suis allé manger une pizza …

Rigoureusement votre