Affichage des articles dont le libellé est automne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est automne. Afficher tous les articles

dimanche 22 juillet 2012

Fin d'été - Chronique nostalgique

Bien que cela ne soit mentionné dans aucun éphéméride, l'été se termine réellement aujourd'hui, aux deux tiers du juillet, lorsque le Tour de France atteint Paris.

Pendant quelques semaines encore, la belle saison va tenter de faire illusion mais le coeur n'y sera plus.
Des jours de canicule sont probablement encore à venir, les vacances d'août se profilent et les Jeux Olympiques essaieront de faire croire qu'ils sont un évènement sportif populaire.
Mais le peloton cycliste gagnant Lutèce n'est pas, si j'ose m'exprimer ainsi, le seul des signes avant-coureurs.
L'automne nous guette avec délectation :

- Des feuilles sèches ou malades commencent à se détacher des arbres.

- Après un répit allant des feux de la Saint Jean aux bals du 14 juillet, les jours se sont mis à raccourcir sérieusement. Le jeûne du Ramadan qui a l'immense mérite de nous apprendre l'astronomie, diminue quotidiennement de trois minutes.

- Pour nous préparer aux temps froids et sombres, François Hollande, le tout nouveau président de la République française, visite son prédécesseur corrèzien, le grand moderniste Jacques Chirac.
La même semaine, Moncef Marzouki, le provisoire et anémique président de la République tunisienne a certifié au Palais Bourbon que l'hiver islamiste n'avait pas (encore ?) frappé le printemps de janvier. Malheureusement pour lui, son discours est passé inaperçu car il a harangué les députés français pendant la grande étape des Pyrénées du Tour de France et la victoire de Thomas Voeckler.

- Les plus précoces des juillettistes reprennent le travail dès demain.

- Profitant du relâchement général, le parlement, comme souvent, vote quelques menus impôts supplémentaires.
Cet alanguissement est aussi propice aux fermetures d'usines. Ainsi la direction de Peugeot annonce une hémorragie d'emplois.
Pendant ce temps, pour masquer leur impuissance, les leaders syndicaux promettent, comme à l'accoutumée, une rentrée chaude, bien que de mémoire d'homme, l'été indien social n'ait jamais eu lieu.

J'espère que cette chronique ne vous a pas trop mis le bourdon mais comment regrouper autrement mes sujets de prédilection ?
Pour me faire pardonner, je vous souhaite, selon vos préférences aoûtiennes ou juillettistes, de profiter pleinement de ce début d'automne, soit en vacances, soit dans un travail épanouissant et rémunérateur.

Saisoniquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique "Tour de France, carnaval des transgressions".

mercredi 3 novembre 2010

Alcools d'automne au Japon

Il m'aura fallu venir au sud du Japon à presque 10 000 km de la Mère Patrie pour enfin assouvir un de mes rêves les plus anciens : déguster un vin sentant le raisin !
D'habitude, ce produit de la vigne et de la culture méditerranéenne exhale toutes sortes d'arômes sans aucun rapport avec ses origines : banane, fruits rouges, caramel, vanille, touches boisées, balsamiques ou florales, sans oublier parfois le bouchon.
Eh bien, le "Ste Neige Excellente - Pinot et Cabernet", production viticole de la préfecture d'Oita sur l'île de Kyushu, va directement à l'essentiel : son goût est franchement celui du raisin et il s'annonce fièrement "sulfite free" !

Le picrate ayant les mêmes vertus sociales au Japon que partout ailleurs, le "Ste Neige sulfite free" m'a permis de prendre langue avec un vénérable universitaire nippon.
Au quatrième godet, ce dernier a abandonné les mondanités d'usage ("France is beautiful … Japan is very safe … Shinto is very different from Christianism …") pour se mettre à déclamer de tête et dans la langue de Paul Verlaine :
"Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens.
Et je pleure.
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte."


Il m'a ensuite demandé se je pouvais lui réciter d'autres poèmes français car il avait, 50 ans en arrière, étudié de nombreuses traductions japonaises qui lui avaient donné l'envie d'apprendre par cœur l'original.
Quelques souvenirs scolaires issus de l'Albatros et du Bateau Ivre (encore un coup du "Ste Neige") m'ont évité le ridicule et ont permis à la conversation de bifurquer sur la poésie japonaise et ses trois formes principales.

Je me cantonnerais à la plus courte : le Haïku composé de seulement 17 syllabes (5 + 7 + 5). Voici le plus célèbre écrit par Basho au XVIIème siècle :
"Furu ike ya
Kawazu tobi komu
Mizu no oto"
Ce qui donne à peu près en français :
"Vieil étang,
Au plongeon de la grenouille,
L'eau bruisse"

Aussi, pour rendre impérissable cette belle soirée, je finirais par une sorte de Haïku français du genre Senryu, c'est-à-dire parodique, en m'inspirant de Guillaume Apollinaire, l'auteur d'Alcools :
"Ah ! Ste neige !
Sans sulfite et que n'ai-je ton goût
de raisin entre mes lèvres !"

Hips ! Nipponiquement votre …

Complément bibliographique
- Le poème original de Guillaume Apollinaire est intitulé Blanche Neige.