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dimanche 20 janvier 2013

Djihadistes ou djiha-schiste ?

La rente pétrolière dont bénéficient les états riverains du golfe dit arabo-persique a un effet délétère persistant sur une bonne partie de la planète.
Comprenons-nous bien. Un pays a parfaitement le droit de tirer des profits conséquents d'un sous-sol riche en matières premières. Par contre, la manne géologique devient une calamité lorsqu'elle est captée par des systèmes politiques non démocratiques ou par des structures étatiques archaïques.

Les monarchies de la péninsule arabique et la théocratie iranienne réussissent l'exploit de combiner ces deux caractéristiques.
La distinction entre argent public et privé y est plus que floue. En pratique, les pétro-féodaux et les soi-disant gardiens de la révolution sont les véritables propriétaires-exploitants de leurs territoires respectifs.
De surcroît, ces régimes, sans aucune légitimité populaire et peu ouverts sur la contradiction, utilisent leurs épais excédents monétaires pour sponsoriser les causes qu'ils chérissent.

Ainsi en Syrie, le sinistre clan El Assad résiste encore grâce à l'appui sans limite de l'Iran. Pendant ce temps, les guérillas et partis islamistes d'un arc allant de la Mauritanie à l'Indonésie, en passant notamment par Tombouctou, Tunis et Damas, sont copieusement arrosés par l'Arabie Saoudite et le Qatar.

Cette agitation angoisse les émirs arabes unis d'Abu Dhabi et Dubaï  tout aussi corrompus mais plus ouvertement jouisseurs que leurs rigoristes voisins. Ils ont donc décidé de s'offrir les services de l'armée française, transformée en entreprise de mercenariat international, pour tenter d'assurer la sécurité de leurs territoires en forme de timbres-poste.
Inquiets par les développements récents au Sahel, les émirs unifiés subventionnent désormais aussi l'intervention militaire de la France au Mali.

Pendant ce temps, le souverain du Qatar, soucieux de ne pas trop porter tort au pays où ses fils et épouses successifs se font respectivement éduquer et habiller, camoufle son engagement islamiste en faisant pleuvoir quelque menue monnaie sur les banlieues françaises et l'équipe footballistique parisienne.

La grande concentration de pétrole autour de l'Arabie et les cours très élevés permettent ces dérives sanglantes et kafkaïennes. Tant que l'essentiel des démocraties - j'y inclue l'Inde - seront dépendantes de la naphte de despotes, ceux-ci pourront continuer à jouer avec les passions et la misère des trois quarts du monde.

Depuis quelques années, gaz et pétrole de schiste sont devenus une possibilité de desserrer ce carcan. Leurs réserves semblent importantes et principalement situées en Europe et aux Etats-Unis.
Les américains ont bien compris l'intérêt de ces carburants dits non conventionnels. Ils s'approchent de l'autosuffisance énergétique et leur industrie se revivifie sous l'effet d'une énergie meilleur marché.
A l'inverse, les européens, pourtant frappés par le chômage et aux premières loges des conflits au financement qataro-saoudien, refusent obstinément l'exploitation de ces nouveaux hydrocarbures.
Au nom de la défense de l'Environnement et des Valeurs Universelles de la République Française, François Hollande et son gouvernement ont choisi de broyer du barbu au Mali plutôt que du schiste dans l'Hexagone.
Sommes-nous certains que l'hasardeuse guerre des sables sahariens dans laquelle la France vient de s'engager ne provoque pas, à court et long terme, plus de victimes que la fracturation hydraulique de roches dans le sous-sol du Massif Central ?
Et si le djiha-schiste était la meilleure arme contre les djihadistes ?

No pasdaran !

Moustachiquement votre

Références et compléments
Voir aussi trois chroniques précédentes sur des thèmes connexes :
- Bosnie, Bâmiyân, Tombouctou ... - Chronique de la barbarie
- Barbus des ténèbres ou barbus du boson ? - Chronique photographique des collisions
- Plaidoyer pour la Tunisie de toujours - Cri du coeur
  

dimanche 4 mars 2012

Sarkozy et le Halal : la vérité

Contrairement à ce que bruits médiatiques et propos de tribune ont laissé entendre ces derniers jours, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant raffolent de la viande dite "Halal".
Ce qu'ils détestent en fait, c'est la viande industrielle "Halal".
Par contre, ils apprécient les productions artisanales réalisées par de véritables professionnels amoureux de leur art.
Les boucheries familiales, gardiennes de la tradition, ont leur préférence comme en témoigne cette photo d'une dégustation à l'Elysée de steaks "Halal" bien saignants avec un équarrisseur syrien particulièrement renommé.

Bachar El Assad le boucher de Syrie en compagnie de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Carla Bruni
Références
- La photo provient de Twitter, du fil de Johanna Barasz @johannabarasz

mercredi 29 février 2012

Sauvons la Syrie, la Grèce et Costa Croisières

L'ami des myopes et des burnous, Moncef Marzouki, provisoire président de la république tunisienne, a proposé récemment d'accueillir Bachar El Assad, le boucher de Homs, et son encombrante famille au pays du jasmin.
Cette idée peut paraître saugrenue mais elle procède d'une louable intention car les temps deviennent difficiles pour les dictateurs déchus ou en passe de l'être. Le nombre d'états susceptibles de les héberger diminue singulièrement.
De surcroît, l'alaouite étant peu miscible avec le wahhabite, le despote syrien est en froid avec l'Arabie Saoudite, pourtant classée AB+ "receveur universel" par l'agence de notation Bloody's.
Du coup, le bourreau de Damas s'accroche à son pouvoir et à ses tanks. S'il passe le nez à la portière, il risque un aller simple pour la Haye, sa Cour Pénale Internationale et ses geôles bataves. Aussi lui chercher un point de chute décent est, peut être, la dernière façon d'arrêter le massacre.

Toutefois, la Tunisie ne saurait être la prochaine villégiature du tyran de Syrie. Ce serait faire injure au peuple ayant déclenché les révolutions arabes. D'autres solutions plus élégantes et efficaces existent.

En 1814, le tsar Alexandre Ier et ses alliés donnèrent à Napoléon Bonaparte la microscopique île d'Elbe pour qu'il y exerce ses talents d'empereur et cesse de mettre l'Europe à feu et à sang.

Or, comme l'a fait remarquer le sympathique député allemand Frank Schäffler, les îles sont actuellement à peu près le seul patrimoine notable qu'il reste à la Grèce. Tout le reste n'est que ruines.

En rapprochant tous ces points, un plan de sauvetage international se dessine, résolvant d'un seul coup de nombreux problèmes du moment.
- La monarchie gazière du Quatar, au lieu d'acquérir des équipes de football de banlieue, achète quelques ilots en Mer Egée en échange d'un paquet de pétrodollars pour renflouer le Trésor hellénique et les banquiers véreux.
- Ces îles se voient attribuer par l'UNESCO le statut de "Parc Mondial".
- La "communauté internationale", après une délibération du conseil de sécurité de l'ONU, offre à la clique des El Assad un sauf-conduit depuis la Syrie jusqu'à une des îles néo-quatariotes où ils pourront bronzer tranquilles.
- Pour faire bonne mesure, des garanties similaires sont, tout aussi amicalement, fournies aux généraux algériens ainsi qu'aux multiples monarques marocains, saoudiens, bahreïnis, émiratis etc ...
- L'OTAN organise des patrouilles maritimes pour occuper ses soldats et éviter toute fuite des réfugiés vers leur pays d'origine.
- Enfin, la compagnie Costa Croisières, afin de mettre fin à sa série noire, organise des "dictateurs tours" en faisant faire des ronds dans l'eau à ses paquebots devant les nouvelles réserves à despotes. La présence sur zone de navires militaires devrait normalement dissuader tout capitaine libidineux et éméché de s'approcher trop près de la côte. Néanmoins, en cas de baisse de charge des chantiers navals de Saint Nazaire, des dérogations seraient accordées par un amiral français pour permettre aux touristes de photographier les séances de naturisme de la famille Bachar.
Onusiquement votre

Références et compléments
- Site personnel et article Wikipedia (tous deux en allemand) de Frank Schäffler, le député allemand qui souhaite brader les îles grecques et bouter la Grèce hors de l'Europe.