Affichage des articles dont le libellé est Lénine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lénine. Afficher tous les articles

vendredi 6 mai 2016

​Le charme méconnu de l'odonymie tunisienne

​Les odonymes - c'est à dire des noms des voies de communication - sont d'excellents révélateurs de l'inconscient collectif d'une société.
Jugez sur pièces avec ces quelques exemples glanés dans l'agglomération du grand Tunis.

Faut-il se coucher avant ou après avoir reçu une illumination ?

Peu de botanistes le savent mais l'hybridation du lilas avec le palmier permet d'obtenir de la gulycine, à ne pas confondre avec la glycine.

Tous les chemins mènent au stade !

Réunir Garibaldi, Lénine, Gandhi et Jean Jaurès entre Marseille et Le Caire, il fallait oser !

Quand l'auteur du Petit Prince voisine les astronautes d'Apollo XI, on s'approche des étoiles ...

Pas moins de 18 nids de poule ralentissent la circulation sur cette avenue !

Le triomphe des sciences annonce une ère nouvelle.

Si les associations rencontrent l'arbitrage ...

Eurêka s'écria Archimède en rencontrant Thalès. Vu le caractère tortueux de ces rues, Euclide n'y avait pas sa place.

Les rêves longent l'autoroute et rencontrent Aristote.

Quartier exclusivement réservé aux mathématiciens et aux numérologues.

Apparemment, les terroristes tunisiens s'approvisionnent en explosifs dans les teintureries.
Tunisiquement votre
​
Références et compléments
Chaque image a été capturée sur Google Maps les 5 et 6 mai 2016.
Beaucoup d'odonymes - je ne me lasse pas de l'utilisation de ce terme - affichés sur ce service cartographique sont signalés ou rectifiés par les usagers.
Aussi son remplissage n'est pas toujours le meilleur ami de l'orthographe.

Article odonymie sur Wikipedia

samedi 4 avril 2015

L'utopie marxiste enfin à portée de main

Au lieu du mot d'ordre conservateur “un salaire équitable pour une journée de travail équitable”, les ouvriers doivent inscrire sur leur drapeau le mot d'ordre révolutionnaire “abolition du salariat”.
Karl Marx - 1847
Le capitalisme libéral est étrangement ironique.
Non content d'être devenu le système économique et social planétaire, il est en passe de réaliser les utopies des marxistes, ses plus grands pourfendeurs.

Les fonds dits de pension - pension funds, initialement anglo-saxons, désormais largement mondiaux - sont aujourd'hui les plus importants propriétaires d'entreprises.
Ces structures financières sont alimentées par les cotisations de leurs adhérents titulaires d'un emploi.
Avec cet apport d'argent, elles acquièrent des actions et autres actifs qu'elles cherchent à faire prospérer.
Les plus-values, intérêts et dividendes sont employés pour payer la retraite des membres ayant cessé leur activité professionnelle.
Beaucoup de ces fonds sont dirigés par des représentants, souvent syndicalistes, des salariés dont ils préparent la retraite.
Ainsi, par exemple, CalSTRS, le fond des fonctionnaires de l'enseignement de l'état de Californie - sorte de MGEN américaine - gère, pour le compte de ses 800 000 adhérents, 200 milliards de dollars d'investissements répartis dans le monde entier. L'équivalent d'un petit mois d'activité économique de toute la France.
Ainsi, ces sympathiques instituteurs et institutrices, bronzés et syndiqués, possèdent, au sens strict, des parts non négligeables d'Apple, Google, BMW et Samsung mais aussi d'Alstom, l'Air Liquide, BNP, Carrefour, Dasssault, Orange, Schneider Electric, TF1, Vivendi, j'en passe et des meilleures.
Grâce aux fonds de pension, "l'appropriation collective des moyens de production", chère aux regrettés Karl Marx et Vladimir Illitch Oulianov alias Lénine, est en marche !

L'autre grand rêve marxiste était l'abolition du salariat.
Là encore, les deux plus grandes aventures capitalistes de l'histoire, les industrie des semi-conducteurs et du logiciel s'emploient à envoyer au tapis “l'asservissement général qu'implique le régime du salariat” que Tonton Karl fustigeait.
L'ubérisation - néologisme dérivé de la marque Uber, célèbre pour ses taxis qui n'en sont pas - remplace les employés d'entreprises aisément identifiables par un tissus d'auto-entrepeneurs branchés sur des réseaux.

Prolétaires de tous les pays, connectez-vous !

[Groucho] marxistement 2.0 votre

Références et compléments
- Au sujet de la fin du salariat, je recommande la lecture de l'article de Jean-Marc Vittori dans les Échos.
- Les différents actifs de CalSTRS peuvent être consultés ici.
- Cette chronique est due aux suggestions insistantes de Jean pour j'écrive un billet sur un sujet totalement différent.

mardi 4 juin 2013

J'ai été le spectateur d'un suicide économique

Le regretté Lénine affirmait, après la révolution d'octobre 1917, à ses camarades soviétiques que "les capitalistes nous vendrons tout, jusqu'à la corde pour les pendre !".
La fin de cette histoire est désormais connue. Non seulement, les capitalistes, en dehors de la Russie rouge et de ses satellites, n'ont pas été pendus par les bolcheviques mais ils ont triomphé, dans la durée, du régime communiste.

Le week-end dernier à Paris, les kiosques à journaux semblaient vouloir réussir là où le leader marxiste avait piteusement échoué.
Sur de nombreux boulevards de l'antique Lutèce, les célèbres guitounes arboraient fièrement des affiches faisant l'article pour la tablette iPad d'Apple, meilleure approximation actuelle de la corde à pendre la presse papier et ses distributeurs.
Publicité pour l'iPad sur un kiosque à journaux près du métro Saint-Paul à Paris le 2 juin 2013
Fort heureusement, la plupart des professions sont plus prudentes que les marchands de journaux. Il ne viendrait pas à l'esprit, par exemple, aux fabricants de tabac d'inscrire "Fumer tue !" sur leurs paquets de cigarettes !

Oxymoriquement votre

Références et compléments
- Cette chronique, sous une forme légèrement remaniée, fait désormais partie du recueil disponible en ligne "Humeurs Économiques".

dimanche 28 octobre 2012

Le cyclisme sport stalinien

La révolution passera par le vélo, camarades !
Julos Beaucarne

Camarades, réjouissons-nous !

Depuis la tragique chute du Mur de Berlin, le souffle puissant du marxisme-léninisme était singulièrement asthmatique. Fort heureusement, la ventoline rouge est de retour !
Au cœur même de l'hydre capitaliste et au mépris des difficultés, une valeureuse avant-garde de travailleurs perpétue les méthodes de la glorieuse Union Soviétique.

Les cyclistes professionnels sont les véritables bolcheviques du vingt-et-unième siècle. Qui, mieux que Lance Armstrong peut symboliser le formidable effort du prolétaire soucieux de mettre sa force de travail au service d'objectifs le dépassant ?
A l'instar d'Alekseï Stakhanov qui, plusieurs fois, surpassa ses propres records de production charbonnière, le cycliste texan a avalé kilomètres et cols à l'allure d'une escadrille de MIG.
Les performances du mineur soviétique furent obtenues grâce au soutien résolu de ses camarades. Il en est de même de Lance Armstrong, épaulé dans sa réussite par des postiers américains et des contremaîtres belges soucieux de ne pas apparaître comme des laquais du grand patronat.
Le mineur soviétique du Donbass Alekseï Stakhanov, inventeur du stakhanovisme et inspirateur moral de Lance Armstrong.
Les dirigeants du cyclisme ne sont pas en reste dans cette course vers le communisme. Véritables fers de lance de la classe ouvrière, ils ne sont pas sans rappeler celui qui, même après sa mort, reste notre phare au milieu des ténèbres, le camarade Joseph Staline.
Ce dirigeant éclairé et lucide n'a pas hésité, afin de conserver sa pureté à notre glorieuse révolution bolchevique, à faire disparaître tous ceux qui osèrent trahir la cause de la patrie du socialisme. Il a su gommer de toutes les archives le nom et les images de ces traîtres odieux.
En décidant de laisser vides les palmarès de sept Tour de France, l'Union Cycliste Internationale remet enfin au gout du jour une efficace pratique stalinienne malencontreusement tombée en désuétude.
En mai 1920, après presque trois ans ininterrompus de victoires bolcheviques, Lénine est récompensé sur un podium moscovite par une ovation bien méritée, en présence, à sa gauche sur l'escalier, de ses coéquipiers Léon Trotski et Lev Kamenev coiffés de la casquette de leur sponsor (image du haut).
Trotski et Kamenev ayant honteusement trahi l'Union Soviétique après la mort de Lénine, Joseph Staline les fera avantageusement disparaître du podium afin de tourner définitivement la page du dopage trotskiste (image du bas).
Soviétiquement votre

Références et compléments
- Voir aussi la chronique "Tour de France carnaval des transgressions"
- Article Wikipedia sur le mineur soviétique survitaminé Alekseï Stakhanov. La photo de Stakhanov provient de cet article.
- Page du site "l'Histoire par l'image" consacrée à "l'Histoire soumise à l'idéologie". Les photos, avant et après retouche stalinienne, de Vladimir Illitch Oulianov dit Lénine haranguant la foule depuis son podium à Moscou en 1920 figurent dans cet article.